HÔPITAL DU ST. ESPRIT
Cet hôpital fut bâti par Innocent III rers l'an 1198, sur les dessins de l'architecte Marchionne d'Arez** zo, et fut appelé in Sassia ou in Saxia, parce qu'il fut érigé près du lieu où Inas, roi des Saxons, avait construit, en 717, un hospice pour ses nationaux.
L'édifice étant achevé, le pape en confia la direc-^ tion à Gui de Montpellier, qui avait fondé en Fran^ ce un ordre de frères hospitaliers dit du st. Esprit. C'est là l'origine du nom de cet hôpital. Innocent III le fit desservir par ces frères et par des sœurs qui,
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suiyaot la règle de Gai , soignaient les malades et recevaient les enfans-troutés.
Cet établissement , érigé par Innocent Illy et puis agrandi par Innocent IV, était si mal réduit an temps de Sixte IV , que ce pape , en 1471 , en ordonna la reconstruction à l'architecte Baccio Pintelli , qui y fit une salle de 376 pieds de longueur sur A de hauteur; et sa largeur étant de 37 pieds , elle peut contenir trois rangs de lits de chaque c6ié: cette réédification ne fut achevée que sous le pontificat d*Ia** nocent VIII. On croit qu'André Palladio érigea ensuite dans cette salle la coupole et T autel qu on voit au dessous, et ce serait le seul ouvrage de cet artiste dans la ville de Rome. Sur V autel est un tableau, le st. Job, par Maratta. Paul III ajouta à cet établissement une autre galerie sur les dessins d'An* toine Sangallo; Benoit XIV y fit construire une granule salle par l'architecte Fuga, et enfin Pie VI ordonna la construction du grand édifice, qui est dans la même rue de Borgo s, SpiritOy en face du premier établissement, et qui en fait partie.
L'h^ital du saint Esprit est spécialement destiné aux fiévreux; on n'y reçoit que les hommes, quels que soient leur âge, leur pays, leur état, leur reli* gion. Il y a douze salles , grandes et petites , aui
f meuvent contenir jusqu'à 1600 lits. Dans ces salles es malades sont distribués selon leur genre de maladie, les fièvres , le scorbut, les maladies chroniques, les affections de poitrine, la frénésie, et toutes les maladies du ressort de la chirurgie. Il y a aussi une école de médecine clinique fondée par Pie VII, à laquelle sont affectées deux salles; Tune de douze lits destinée aux hommes, l'autre de six, aux femmes. Les malades de ces deux salles sont sous les soins alternatifs annuels de deux professeurs attachés à l'université ; ils instruisent aussi les élèves qui ont subi leurs examens et reçu leur inscrip-
Hâpiial du st. Esprit. 5^15
tion. Les femmes sonV soignées par deax servantes, et les hommes par quatre étudians en médecine internes qui exercent leurs fonctions à tour de rôle, et qui notent le caractère et la marche de chaque maladie.
L'hôpital est desserti par quatre médecins en chef et deux chirurgiens: chaque médecin a un aide, et chaque chirurgien un substitut qui demeurent dans l'établissement. Le nombre des infirmiers et autrr s assistans varie selon le nombre des malades, mais on peut calculer qu'il s'élève à 150 individus permancns. Le chiffre moyen des malades est annuellement d'environ 12 mille.
Cet hôpital , le plus vaste de tous ceux qui sont à Rome, possède un théâtre anatomiqne , une magnifique salle de dissection , une riche collection d'instrumens de chirurgie, une considérable pharmacie, et une vaste bibliothèque de médecine, dite Lancisiana de ce qu'elle appartenait au célèbre mé*decin Jean*Marie Lancisi.
A cet hôpital sont annexés deux autres grands établissemens placés sous la ngiéme administration. Le premier , qui remonte à l' époque de la fondation, est destiné aux enfans-trouvés, qui sont nourris dans l'établissement ou envoyés en ville au dans les environs de Rome. Le nombre annuel est d'environ 800. Le second établissement est destiné aux aliénés des deux sexes; il peut contenir plus de 500 individus.
Le palais qui est attenant à l'hôpital du st. Esprit, a été érigé par Grégoire XIII sur les dessins de l'architecte Octave Mascherino, et est joint à l'église dédiée au st. Esprit.
Cette église , qui dépend du susdit hôpital , fut construite par Paul III en 1538, sur les dessins d'Antoine Sangallo i à l'exception de la façade , qui est do dit Octave Mascherino. Les peintures sont des ar-^
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listes Jacqaes Zucca, Lnio Âgresti, Marcel Tenusti, P&ris Nogari, etc.
En saivant la rae vis-a-vis de l'hôpital da saint- Esprit, on entre dans celle dite de Borgo NuovOj qai ya directement à la basilique de st. Pierre.
Dans cette rue on troave toat de saite à droite V
ÉGLISE DE STE. MARIE tV TRASPONTINE.
Le nom de cette église dérire de sa situation au delà du pont st. Ange ; elle fut rebâtie en 1563, sar les dessins d^st^aparelli et de Maschcrino, à Texception de LsKfaçade , qui est de Salluste Peruzzi. Le tableau de ste. Barbe, dans la première chapelle à droite, est du cher. d'Arpin, et ceux des autres chapelles sont du chey. Perugino, de Melchiorri , de Ricci de Noyara^ et d'Antoine Gberardi.
Dans cette église est enseyeli Nicolas Zabaglia , suryeillant des ouvriers de la basilique du Vatican, appelés Sampietrini', il fut un des mécaniciens les plus extraordinaires de son temps , et mourut en 175Q. Cet homme inculte, mais fort ingénieux, inventa les machines, p^r le moyen desquelles on peut travailler dans toutes les parties les plus diflBciles et les plus inaccessibles de la susdite basilique. Les dessins de ces machines furent publiés parles soins de l'administration de la fabrique de st. Pierre, et elles sont regardées comme des chefs-d'œuvre de mécanique. . ,.
Près de l' endroit où sont les fonts-baptismaux était une pyramide, que dans le moyen-àge on appelait tombeau de Romulus: on prétend que c'était celui de Scipion Emilien , le destructeur de Carthage. Le pape Dono I fit enlever les dalles de marbre qui la revêtaient pour en paver VcUrium dé st. Pierre; Alexandre Yl acheva de détruire ce monument yers la fin du XY* siècle pour mieux garantir le château st. Ange.
Place de si. Jacqtées Scoisacavalli. 517
Ed saivant la même rue oo (route la place de st. Jacques Scossacavalli^ décorée d'une fontaine et du beau palais Giraud , construit sur les dessins du ce* lèbre Bramante: il appartient aujourd'hui à la mair son Torlonia , qui y a rassemblé un grand nombre de monumens anciens.
Après avoir dépassé cette place on remarque à gauche un autre grand palais qui sert d* hètel aux hérétiques qui se convertissent ; aussi on Tappelte VOspizio de Convertendi. On a souvent confondu ce bâtiment avec celui de Bramante, où, sous Innocent y III, Charlotte, reine de Chypre, finit ses jours en 1490 , et où mourut aussi Raphaël le 6 avril 1520. Mais le palais bâti par le Bramante fut démoli dans la dernière moitié du XVII* siècle, lorsque le pape Alexandre VII fit ériger la colonnade de st. Pierre par le Bernin.
Plus en avant, on remarque à droite une Jolie maison, qu'on croit construite d'après les dessins de Raphaël , et certainement elle présente tout le caractère du style de cet artiste. Les réparations qu'on y fit en 1827 altérèrent un peu la forme des bossages du rez-de-chaussée, en les rendant plus grossiers.
Cette maison est très-près de la