‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 293 sur 337 · APPARTEMENT BORGIA · texte numérisé non relu

APPARTEMENT BORGIA

Cet appartement doit son nom au pape Alexandre VI, qui le fit construire. C'est sous le même pontife qu'en furent commencées les peintures, achevées ensuite pendant le règne de Léon X. Les trois premières salles contiennent des livres. Les peintures qui ornent les voûtes des deux premières sont dues au pinceau deBonfilj:cellesdela troisième sont Touvrage de Pinturicchio; elles sont relatives aux vertus, aux sciences et aux arts protégés par la famille Borgia.

Quatrième salle. C'est dans cette salle qu'existe la superbe et rare collection d'estampes gravées sur cuivre, et formée par Pie VI. C'est Grégoire XVI, qui la fit placer dans cette salle. Les peintures qui en embellissent les parois et la voûte sont aussi du Pinturicchio. La grande lunette au dessus de la fenêtre représente le martyre de st. Sébastien: en face, on voit la dispute de ste. Catherine d'Alexandrie en présence de Maximien. Dans l'autre lunette, au dessus de la porte d'entrée, est peinte la Visitation de ste. Elisabeth , et dans celle qui lasuit, st. Antoine Abbé visitant st. Paul premier ermite.

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Dans la InncUe en face on observe sainte Barbe fuyant les pièges que lui tend son père; dans celle qui la suit, cesl ste. Julienne dans le moment que son père veut la forcer à épouser un gouverneur païen , et dans le paysage est représenté le martyre de cette même si^inte* Au dessous de la lunette est peinte la Vierge avec T Enfant- Jésus. Les fresques de la voûte représentent la fable d'Isis et d'Osiris.

Cinquième salle. On a réuni dans cette pièceplusieiirs objets de sculpture,dont nous indiquerons les principaux. Sur le mur d'entrée, un bas-relief qui appartint. autrefois à la maison Giustiniani, représentant réducation de Jupiter, et un fragment de la belle frise trouvée au forum de Trajan. En face, outre divers fragmens d'ornement d'un bon style, deux bas-reliefs méritent leplus de fixer Tattention: l'un représente Telephus reconnu par sa mère Auge; dans l'autre on voit les amours de Diane et d'Endymion, d' Ercule et d'iole, et-eelles de Pelée et Tétis. On remarquera sur iaiiiur vis-à-vis de la fenêtre une belle frise antique , placée au dessus de quelques bas-reliefs cbrétiens et de deux sarcophages. Au milieu de la salle on admire un autel de forme ronde, appelé le puits des Justiniens, autour duquel est représentée en bas-relief une bacchanale: Pinturicchio peignit la voûte de cette salle. Ce même peintre exécuta dans la lunette au dessus de l'entrée la résurrection de Jésus-Christ, où il introduisit Alexandre Yl, dans l'attitude d'un homme en prière. Cette peinture est suivie de l'Adoration des mages, de la Crèche, de l' Annonciation de la Vierge , de l'Assomption, de la descente du st. Esprit, et de r Ascension. Dans les lunettes sont peints quelques prophètes.

Sixième salle. Cette salle, qui a une longueur de 54 pieds sur 36 de large, a été appelée la salle des pontifes martyrs, parce qu'on y voyait plusieurs por-

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traits de ces pontifes peints dans les Innettes des parois, mais qui ont été ensuite couverts de grands coquillages. Soos le règne de Léon X, la voûte fat décorée de peintures exécutées par Jean d' Udine et Piérin del Vaga, sous la direction de Raphaël. Parmi de beaux ornemcns on y voit les sept planètes connues des anciens , et figurées dans les sept divinités dont elles tirent leurs noms. Chacune de ces figures est sur un chariot attelé à des animaux symboliques: on y aperçoit de même les douze signes du zodiaque et les autres constellations principales. Au centre de la salle, est une superbe coupe de marbre violet ayant 16 pieds de circonférence.Toat autour sont rangés des chapiteaux et d'anciens f ragmens d*archilecture et de sculpture, également dignes d'être remarqués soit par la rareté, soit par le mérite du travail. Au nombre des bas-reliefs qcM Ton voit sur les murs, il y en a deux qui méritent une attention partieuliére; ils sont vis-à-vis de l'entrée : l'un représente Trajan entouré de licteurs et de plusieurs personnages; on le trouva dans le forum de cet empereur. L'autre, qui a été découvert près de l'arc de Oallien au commencement du XVI* siècle, contient l'eflSgie des deux pngillateurs, connus sous les noms de Darète et d'Entellus: ce dernier bas-relief , ouvrage d'un très-grand prix , fut deasinè par Baph«ël, et gravé sur cuivre par le célèbre Marc-Antoine. Enfin ce qu'il y a de singulier dans cette salle, c'est une cheminée du XVI* siècle supérieurement ciselée en marbre dit païombino. De l'une des fenêtres de cette salle on aperçoit la Cour de Belvédère, C'est Jules II qui fît bâtir cette cour d'après les dessins de Bramitnte, pour réduire à. une espèce d'amphithéâtre rectangulaire l'espace compris entre la grande niche appelée de Belvédère et l'ancien palais pontifical. C'est ici que, suivant 4'asage d'alorS) on faisait de grands tournois

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à roccasion d'événemens extraordinaires 9 ce qui ent lico, par exemple, en 1565, sous le règne de Pie IV, lorsque le comte Annibal Âltemps , neveu du pape, épousa Hortence Borromeo, milanaise. On a une description Irès-exacte de ce tournoi par les historiens contemporains. Du reste , la cour dont nous parlons a été défigurée par la construction de la bibliotl^que et de 1 aiJe annexée au musée Ghiararaonti, ainsi que de plusieurs contre-forts. .

En sortant de la bibliothèque par la même porte par où Ton est entré, on trouve à gauche une grille de fer, qui partage en deux sections le grand corridor de Bramante. C'est par cette grille que Ton entre dans le

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