‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 332 sur 337 · GROTTA FERRATA · texte numérisé non relu

GROTTA FERRATA

C'est un petit village, où est l'église de ste. Marie , qui appartient aux religieux grecs de l' ordre de st. Basile. Lorsque cette église fut réparée par le cardinal Farnèse, qui en était le commendataire, la chapelle attenante fut peinte à fresque par le célèbre bominiquin, qui représenta plusieurs traits de la vie de st. Barthélemi et de st. Nil , qui , vers l'an 1000, vinrent s'y établir, pour fuir les Arabes qui désolaient la Calabre.

Le tableau le plus remarquable de cette chapelle, est celui où on voit un exorcisme; c'est un enfant en convulsion que le saint guérit , en lui mettant dans la bouche une goutte d' huile de la lampe qui est devant un petit tableau de la Vierge. Le oesstn,

Ville de Marina. 643

la composition et l'expression des figures sont a(^ mirables. Il y a de grandes beautés de détail dans r autre tableau^ où l'on voit l'empereur Othon III qui Tient à la rencontre de st. Nil , qui le reçoit avec la croix, à la tète de sa communauté. La lunette qui est sur l'autel, a été aussi peinte à fresque par le Domittiquin. Le seul tableau de l'autel, peint à l'huile, est de son mattre, Annibal Carache.

Au dessous de ce TÎlIage et dans le fond du vallon, serpente un ruisseau qu'on appelle la Marranaj il est formé de l'eau Giulia et de l'eau Grabra. A environ deux milles de GrottaFerrata, on trouve la

VILLE DE MÂRINO.

On a prétendu que cette jolie ville a pris son nom de Marins, ou de Lucius Murena, qui y avaient leurs maisons de plaisance; cependant il est certain qu'elle occupe l'emplacement de Castromœnium , ville fort ancienne du Latium dont Denis d'Halicarnasse, Pline, et plusieurs inscriptions font mention. Cette ville vue de loin produit un bel effet, parce qu'elle présente une grande rue flanquée de maisons sur le haut d'une colline. A cause de sa délicieuse situation et de la salubrité de l'air, les habitans de Rome y vont passer la belle saison.

Dans l'église de st. Barnabe, sur l'autel de la croisée, du côté de la sacristie, on voit un beau tableau représentant le martyre de st. Barthélemi , ouvrage de la première manière du Guerchin; le marty-^ re de st. Barnabe , qu' on voit représenté dans le tableau du maltre-autel, est de son école. Dans l'église de la Trinité est un tableau du Guide, représentant la Trinité.

En sortant de cette ville on descend dans la vallée Férentine , ainsi nommée de la déesse de ce nom ; dans cette vallée les peuples du Latium tenaient leurs assemblées nationales avant d'être sub-

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JQgoés par les Romains. La source d' eau qui natt dans le coin de cette yallée, et qu'on appelait 1 eau dé Férentin, a été rendue célèbre par la mort queTar-

Juin le Superbe y fit donner à Turnus Herdoniast éputé d*Aricie, qui s'opposait à ses vues ambitieor ses, comme on peut le voir dans Tite-Live. Â trois milles de Marino est

CASTEL-GAKDOLFO.

Ce petit village est si riant et si agréable par sa belle situation et par la bonté de l'air, que les papes, depuis Paul V, y ont fait bâtir un grand palais et un jardin, pour y passer une partie de l'automne.

A l'entrée orientale du même village, on voit la villa Barberini, qui renferme des restes considérables de la maison de campagne de l'empereur Do-* mitien.

L'église principale, qui est sur la place du village, a été bâtie d' après les dessins du Bernin. Elle est en forme de croix grecque , surmontée d' uue belle coupole. Au mattre-autel est un tableau oyale, porté par des anges; il représente st. Thomas de Villeneuve, ouvrage de Pierre deCortone.Sur l'aQ* tel à main gauche, est une Assomption, de Charles Maratta.

Le lac environné de montagnes qui est sous CasteMjandoIfo, et qui a été le cratère d'un volcan, présente une très-belle vue pittoresque; il a ciuq à six milles de circuit et 48U pieds de profondeur. En descendant au niveau de ce lac, on trouve deux nymphées, c'est-à-dire des grottes ornées autrefois de statues de nymphes et destinées à prendre le frais.

Le canal de ce lac est un des plus anciens et des plus singuliers ouvrages des Romains; c'est un dé^ versoir appelé émissaire, par lequel les eaux du lae vont se rendre dans la plaine , qui est au delà du

Ytlk (TÀlbano. 645

tnonty lorsqu'elles sont trop hautes. II fut fait 394 ans avant 1 ère chrétiennei à l'occasion d'une crue extraordinaire des eaux, arrivée dans le temps même que les Romains étaient occupés au siège de YeYes. Rome ayant envoyé des députés à Delphes pour y consulter Apollon Pythien, l'oracle répon* dit que les Romains ne subjugueraient les Yeïens qu'après avoir donné un écoulement aux eaux de ce lac; ce qui les engagea à percer la montagne qui boi^de le lac un peu au delà de l'endroit où est le village; on exécuta l'ouvrage avec tant de vigueur, qu'au bout d'une année on fit un canal long d'environ un mille, large de trois pieds et demi, et haut de six. Cet ouvrage fait dans le roc, à coups de ciseaux, coûterait des .sommes immenses; il fut fait avec tant de soin qu'il sert encore au même usage sans avoir jamais eu besoin d'aucune réparation.

Par un agréable chemin bordé d'arbres et de la longueur d'un mille, on va deCastel-GandoIfo à la

VILLE d'aLBANO.

Environ 400 ans avant la fondation de Rome, Ascagne, fils d'Enée, bâtit la ville d'Alba-Longa, dans l'endroit où est aujourd'hui Palazzola , entre \e lac et la montagne. Cette ville fut détruite par Tui- Itts Hostilius, après la trahison de Metius Sufetius, dictateur des Âlbains. Dans la seconde guerre punique , les Romains établirent un camp pour garder la voie Appienne dans l'endroit où est la ville actuelle. C'est à cela qu'on doit l'origine de la nouvelle Alba. Les somptueuses maisons de plaisance de Pompée le Grand et de Domitien y attirèrent beaucoup de monde, et dans la décadence de l'em-

Eire il se forma ici une ville qui prit le nom d'Alanum du territoire où elle se trouvait. Avant d'entrer à Albano, on voit à gauche de la voie Appienne , un tombeau très-haut et très-ma-

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gnifiqae, dépouillé de ses oraeinens. Il a dans son iDtérieur une chambre de 11 pieds de loogaeur ei de 7 pieds de largeur. On ne sait pas à qui il appartenait, quoiqu on Tattribne vulgairement à Ascagne. Mais comme ce tombeau fut éleyé dans la maison de campagne de Pompée» yis-à-ris de son palais, on croit plutôt, suivant le récit de Plutarque, qu'il fut érigé par le même héros pour j placer les cendres de Julie, sa femme, fille de César; ensuite, selon ce même écrivain, il servit pour Pompée luimême, dont les cendres y furent déposées par Cornélie sa femme.

De l'autre côté de la ville d'Albano, prés de l'église de la Vierge de l'Étoile, on voit un autre magnifique tombeau, qui est formé d*un grand socle carré de 55 pieds de circonférence, sur lequel s'élevaient quatre pyramides rondes, placées à chaque angle, desquelles il ne reste plus que deux avec un grand piédestal rond au milieu, peut-être pour soutenir un trophée ou une statue. II n' y a aucune chambre sépulcrale. L'architecture de ce tombeau a fait croire qu'il appartenait aux Horaces et aux Guriaces, dénomination vulgaire sous laquelle il est ainsi connu aujourd'hui. Mais cette dénomination est entièrement contraire à Tite-Live, qui dit que les Horaces et les Guriaces furent enterrés chacun à la place où ils tombèrent , c' est-à-dire vers les Fosses Cluilies, entre la voie Latine et la voie Appienne, à cinq milles de Rome. L'architecture de ce monument nous rappelle une époque fort ancienne , et je crois qu' il faut reconnaître dans ce tombeau celui d'Aruns, fils de Porsenna, qui péril dans ces environs, lorsqu'il voulut attaquer la vUle d'Aricia ran247deRome,506avantrére chrétienne.

Dans cette ville il y a différentes églises,des maisons de campagne, et plusieurs promenades, ce qiû attire beaucoup de monde daus la belle saison et

Nouveau Pont de VÀricia. 647

pendant Tautomne, Près de l'église de st. Paul sont les restes de Tamphithéâtre bâti par Domitien, un grand réservoir d'eau, et l'enceinte du camp prétorien.

Prés du tombeau que nous venons de décrire commence la route qui conduit au

NOUVEAU PONT DE l'aRICIA.

Pour rendre de plus en plus sûre et commode la route qui de ce point conduit de Rome à Naples, notre Gouvernement fît construire un pont gigantesque qui réunit le mont d' Albano avec celui du village ci-dessus mentionné de l'Aricia : et par le mojen de ce pont non-seulement on évite la route escarpée et dangereuse qui de cette ville conduit au village; mais encore on abrège le trajet d*à peu près un demi-mille. Un ouvrage si imposant et si avantageux eut pour promoteur le riche propriétaire de Genzano, M. Camille Jacobini, qui, ayant été nommé ensuite ministre du commerce, des travaux publics , etc. , en sollicita avec le plus grand zèle l'accomplissement.

En décembre 1846 on commença les travaux sous la direction de Y architecte ingénieur le chev. Joseph Bertolini. La hauteur du pont dont nous par- Ions, prise du fond de la vallée qui sépare les deux monts susdits jusqu'au niveau de la route est de 59 mètres 49 centim.; sa longueur est de 304 met., et sa largeur d'un parapet à l'autre, étant de 9 mètres , elle est plus grande que celle des ponts de Bome, et surpasse aussi la largeurdu pont st. Ange de 3 palmes romains et demi (mèt.O 78), quoiqu il soit le plus large de tous.

Ce pont est composé de trois rangs d'arcades, presque d'égale hauteur, construites en pierre albaine, dite péperin. Le premier rang, long de 109 mètres, asix arches, le second en a douze, et son éten-

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due est de 225 met; le troisième a 304 met. de longueur, et est composé de dix-huit arches. Les sommités du premier et du second rang de ces arcades soDt praticables d'une extrémité à 1* autre moyennant une espèce de petite galerie percée à travers l'épaisseur des piliers: ce qui en facilita la constra«lion, et pourra être utile, dans la suite, pour exécuter les réparations qui seraient nécessaires.

Ce pont gigantesque, vraiment dignt; de nos anciens» aboutit à la place de T

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