‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 53 sur 337 · DU GAPITOLE AU LATRAN · texte numérisé non relu

DU GAPITOLE AU LATRAN

MONT CAPITOLIK.

\je mont, un des plas célèbres de Rome antique , reçut ce nom sous Tarquin V ancien , lorsqu' en creusant la terre pour fonder le temple de Jupiter on trouva une tète (caputj récemment tranchée, que les augures regardèrent comme un présage que la ville serait un jour la capitale du monde. Auparavant il avait été nommé Satumtus^ parce que Saturne y avait demeuré et avait bâti une ville 'du même nom : et Tarpeïus, depuis la mort de Tarpeïa , fille du commandant que Romulus avait placé sur cette colline pour résister aux Sabins. Sa forme ressemble à une ellipse irrégulière qui échancre ses deux extrémités vers Fouest.Les deux sommets qui s'élèvent aux extrémités de cette el* lipse furent distingués des anciens par les noms de Capùolium et d'Arx: le premier à cause du temple de Jupiter Capitolin, l'autre à cause de la citadelle, ou forteresse de Rome, qui s'y trouvait : la première est celle vers le nord , V autre est celle vers l'ouest. Ces deux pointes sont séparées entre elles par un petit vallon qu' on appela pour cette

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raison Jn^rmon^mm (entre-mont). Cette colline a environ 4400 pieds romains de circonférence , et 150 de hauteur au dessus du niveau de la mer.

Anciennement le mont Gapitolin était entouré de tous les c6tés: il n'était accessible que vers le Forum, d'où on y montait par trois chemins, connus sous les noms de Clivus sacer ou Cltvus asyli, CUvtts Capitolinus, Centum gradm rupts Tarpeïae. Le premier qu'on dirait aujourd'hui la rampe sacrée y ou de Vasile, portait ce nom, parce qu'on pouvait le regarder comme une continuation de la voie sa- <2*ée, et parce qu'il menait à l'asile ouvert par Romulus dans V Intermontium; c'est par cette rue que les triomphateurs montaient au temple de Jupiter Gapitolin; sa direction suivait 1' alignement de la rampe à cordon par laquelle on monte aujourd'hui de l'arc de Septime Sévère au Gapitole. La rampe Gapitoline, ou Clivus Capitolinus était formée de deux branches, dont Tune allait du Forum à V arc de Tibère^ où est aujourd'hui l'hôpital pour les fenmies blessées, à la Consoîazionej et l'autre était une continuation de cette voie , et dont on voit le pavé au delà de la colonne de Phocas ; ces deux branches se réunissaient ensemble derrière le temple de la Fortune sous la maison moderne qui fait l'angle, et de là elles se dirigeaient aussi vers 1'/^ termontium, passant devant l'entrée du portique du Tabularium et sous la tour qui porte les armes 4e Boniface IX, qui la construisit. On voit les restes de l'ancien pavé de cette rampe entre les temples de la Fortune et de Jupiter Tonnant, et au bas de la tour mentionnée ci-dessus. La troisième rampe commençant au Forum, so nommait des cent degrés de la roche Tarpeïenne, parce qu'elle avait été pratiquée en forme de degrés taillés dans le tuf; elle aboutissait à la citadelle près de la roche Tarpeïenoe.

Mont CapitoUn. 61

La citadelle, ou Arx, était entièrement séparée du reste, et entourée de murailles et de tours carrées, de tous les c6tés, même vers Y Inlermontium. Les murailles suivaient les irrégularités du bord du mont, et étaient formées de gros blocs rectangulaires de pierre volcanique ou tuf grisâtre, comme on peut le voir dans une sorte de corridor sous le palais Gaffarelli, et dans une espèce de cour vers l'ouest. Ces fortifications furent faites après le départ des Gaulois^ par Camille, comine Tite-Liye le dit. Dans l'Arx étaient la maison ( ou plutôt la chaumière) de Romulus, celle de Tatius, et celle de Manlius Gapitolin qui empêcha les Gaulois de prendre le Gapitole. Après le jugement et la mort de cet ambitieux on rasa cettQ maison et on éleva sur son emplacement le temple de Junon Moneta. Dans cette partie on voyait aussi le temple de Jupiter Feretrttis, bâti par Romulus pour y déposer les dépouilles opimes remportées sur Acron roi des Géniniens. Après Romulus cette gloire fut obtenue par Gornclius Gossus, qui tua Tolumnius roi des Yéïens, et Marcellus qui tua Yiriodomar, roi des Gaulois ; ce temple était si petit, que lorsqu'Auguste le rebâtit il n' avait que 10 pieds de longueur sur 6 pieds de largeur, comme Denis d'Halicamasse nous l'apprend. Il y avait en outre plusieurs autres temples et autels de manière qu on l'appelait Àrx sacrorum: làs forteresse des sacrifia ces. La Guria Galabra, salle d'où le pontife mineur annonçait au peuple la nouvelle lune pour régler le calendrier^ était à côté de la chaumière de Romulus sur la citadelle.

Dans la partie septentrionale de V Inlermonttwn était l'Asile^ enceinte originairement établie par Romulus pour augmenter la population de sa nouvelle ville. Devant V asile était le petit temple de Yeïove. V Intermontium contenait aussi des porti-

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qaes , parmi lesquels on cite celui de Scipionifasica, et V Atrium publicum. Vers le côté méridional de V Intermontium^ étaient le Tabularitm^ VAihenaeum , école pour les arts libéraux» établie par Fempereur Adrien, et la Bibliothèque Capitoline. Sur le sommet qui domine la rue du Gows» où est aujourd'hui Téglise d'Aracœlt, était le célèbre temple de Jupiter Gapitolin, dit aussi Jupiter Opti* mm Maximus, Tarquin le superbe le fit construire pour accomplir le vœu qu'avait fait Tarquin 1* ancien, lors de la dernière guerre contre les Sabins » et qui l'avait fondé. Ayant été incendié trois fois , il fut rebâti successivement par Sylla, Yespasien et Domitien. Son circuit, après la reconstruction faite parSylla, était de 770 pieds romains anciens, sa longueur étant d'après Dénis d'Halicarnasse de 200, et sa largeur de 185 pieds. La façade était tournée vers le midi; il avait un portique formé

Îar un triple rang de colonnes sur le devant et doule sur les côtés. La cella, ou salle , était partagée en trois nefs; dans le fond des deux nefs latérales étaient deux èdicules, ou chapelles. Tune consacrée à Junon , V autre à Minerve ; celle du milieu était consacrée à Jupiter: c'était une imitation du temple érigé auparavant sur- le mont Quirinal par le roi Numa , et appelé ensuite le rAeux Capitole , pour le distinguer du nouveau dont nous parlons. C'est devant ce temple que les triomphateurs faisaient des sacrifices en action de grâces pour les victoires qu'ils avaient remportées. Dans la cour qui précédait le temple, et qu'on appelait area capitoUna^ entourée de portiqucs^on donnait le grand banquet triomphal après le sacrifice. Go temple était encore entier du temps de l'empereur Honorius. Stilicon commença à le dépouiller d'une partie de ses ornemens. Genséric en 455 emporta la moitié des tuiles de bronze doré qui le couvraient.

CfqnUde Moderne. 63

Dans le YIII* siècle il tombait en ruines, et dans le XI' il avait entièrement disparu.

Nous allons maintenant parler du

GÀPITOLE MODERNE.

Au lieu de présenter , comme autrefois j une majesté imposante et formidable, le Gapitole aujourd'hui n offre plus que des objets d'art qui le rendent un des endroits les plus intéressans de Rome. Sa décoration moderne est due au souye* rain pontife Paul II I, qui érigea les deux édifices latéraux uniformes, sur les dessins de Micfael-Ange; fît renouveler la façade du palais sénatorial; ouvrit la grande rue qui est au nord-ouest, et fit construire , sur les dessins du même artiste, la belle et spacieuse rampe par laquelle on monte du côté de la place A'Aracœlù

A la naissance des deux balustrades qui accompagnent la dite rampe, sont deux beaux lions de granit noir et de style égyptien, jetant de Teau : ils furent transportés ici par ordre de Pie IV, de l'église de st. Etienne du Cacco, devant laquelle ils étaient placés, et où ils avaient été trouvés.

Au sommet de cette rampe , sur deux grands piédestaux, sont les statues colossales de Castor et Pollux , en marbre pentélique , placés à côté de leurs chevaux; elles furent trouvées au temps de Pie IV, près* de la synagogue des Juifs, et Grégoire XIII les fit transporter où ils sont maintenant. Près de ces statues, on voit deux beaux trophées en marbre, connus sous le nom de Trophées de Marins; cependant leur sculpture parait être du temps de Septime Sévère; ces trophées étaient à leur place sur l'Esquilin, où ils servaient de décoration à une ancienne fontaine connue sous le nom de château de l' eau Julie , et y restèrent juî^qu'au temps de Sixte Y, qui les fit transporter

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où on les voit. Le même pontife y fit placer les deux statacs dont l'inscription sur la plinthe marque que l'une est de Constantin Auguste, et l'autre de Constantin César : elles ont été trouvées sur le. mont Quirinat, dans les Thermes de Constantin. Enfin des deux colonnes qu'on y remarque, celle placée à droite, en montant, est T ancienne colonne milliaire qui marquait le premier mille de la voie Appienne, où elle a été trouvée, en 1584^ l'autre colonne, située du côté opposé, a été faite pour servir de pendant à cplle-ci.

La place du Capitole forme un carré parfait, dont le principal ornement est la superbe statue équestre deMarc-Aurèle en bronze, anciennement dorée, qui, depuis le moyen-âge, était près de st. Jean de Latran, où elle était oubliée. Sixte lY la fit ériger sur la place même de st. Jean, et Paul III la fit transporter sur cette place, la posant sur un grand piédestal d'un seul bloc de marbre, tiré d'un fragment d'un ardbitrave pris au Forum de Trajan. C'est l'unique grande statue équestre en bronze qui nous soit restée de toutes celles de l'antique Rome. Michel- Ange Buonarroti , sous la direction duquel on Térigea, en faisait justement grand cas.

Trois édifices entourent la place du Capitole; celui qui est au fond est le

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