SECONDE SALLE
En commençant la visite de cette salle par la face où est la porte d'entrée, l'observateur s'arrêtera sans doute pour admirer l'Enlèvement d'Eu-
Galerie des TahUaux du. Capitale. 101
rope, magQifiqae tableau de Paul Yéronèse, justement placé parmi les peintures classiques. Au dessus de la porte on voitTitius, belle peinture de l'école vénitienne, et un tableau avec deux philosophes, du chev. Galabrèse. Suivent:^une Vierge badinant avec rSnfant Jésus, du chev. Liberi; un st. Sébastien, de Técole des Garaches; Nathan etSaûI, par Mola; Jésus-Christ chez le Pharisien, par Bassano; et une Vierge, par Paul Véronèse.
Sur la seconde face on observe de suite en haut, tout près de l'angle, la venue du Saint Esprit, par Paul Véronèse ; ensuite la Vierge avec st. Jérôme et une Sainte, par Gampi de Crémone ; l'AdoratloQ des Mages, du Garofalo; la Naissance de la Vierge, de l'Albano le vieux; le temple de Vesta, du Vanvitelli, auquel appartiennent aussi les six petits tableaux qui viennent après, savoir: la vue des deux ponts de l'Ile duTibre; celle du rivage de ce fleuve à Ripetta^ et celles de sU Jean des Florentins, du fort st. Ange, des près de Castello et celle de Po^te-Rotlo, Le tableau en haut, représentant la Vierge avec l'Enfant Jésus et st. Joseph, est du Giorgione, et le festin d'Epulon placé au dessous est du chev. Cairo. Aux côtés de ce tableau sont: deux vues du Vanvitelli, savoir: Monte-Cflvalla et Pante-SistOj deux paysages de Claude, une crèche, tableau non terminé, par Gaudenzio, et un portrait de femme, par Jean Bellini. Dans le haut près de la fenêtre on voit l'Ascension du Sauveur, par Paul Véronèse; au dessous suivent : un tableau allégorique, de l'école des Caraches; une Vierge en gloire, de Benvenuto Garofalo et une foire flamande, de Breguel: au dessus de la fenêtre est un Paysage du Crescenzo.
Le grand tableau oblong placé entre les fenêtres représente la défaite de Darius à Arbelle; c'est un superbe ouvrage de Pierre de Gortone, et le cou-
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ronnement d'épines qae l'on voit au dessus, préci* sèment au milieu, est du Tintoret. A gauche du grand tableau on observe, en bas, une ste. Cécile, de Louis Garache, et au dessus suivent: l'Innocence avec une colombe, beau tableau du Romanelli; une bambochade, dé Michel-Ange Gerquozzi; une sainte Famille, de Jérôme Garpi; un jeune honuue nu avec un bouc, par Garavage; un Amour, par le Guide; une ébauche d'un portrait de femme, par le même; une bataille, par le Bourguignon; une tète de Eece- Homoy par Baroche; le portrait de Jules II, d'auteur inconnu; une tète de jeune homme, de la manière du Garavâge; et une bataille, du Bourguignon, au dessus de laquelle est une demi-figure de femme, ébauche du Guide, et Jésus-Ghrist portant sa croix, rencontré par ste. Véronique, du Gardone: près de ce tableau on voit un st. Jean l'Evangéliste, par lé Çaravage, et suivent au dessous : le Sauveur et la femme adultère, beau tableau du Titien; la vue des mines d'alun, de Pierre de Cortone; l'Europe, par le Guide; et la Gonvcrsion de st. Paul, par le Scarsellino.
Au dessus de la fenêtre est un paysage du Grescenzo ; suivent : une demi-figure de femme, de l'école de Raphaël; Giudith, de Jules Romain; une Vierge, duGarofalo; la Piscine probatique, que quelques-uns croient être du Dominiquin, d'autres du Garache; suit un paysage, de Claude, et au dessus on observe: une crèche, de Gaudenzio; un Paysan assis, à la manière flamande; une tète d'homme, du Mutien, et une tète de femme de la manière du Gorrège: plus haut, et précisément dans le milieu, sont deux ébauches de Paul Véronèse; la Magdelaine au dessous est du même auteur, et l'Annonciation est du Garofalo: au dessous de ce tableau on voit une Vierge, de Charles Gignani; une crèche, du Garofalo, et Jésus-Christ portant sa croix, de
Gakrie des Tableaux du Capitole. 103
récoIeflorentine:sait uoeYierge arec rEnfani-Jësus et st Jeao-Baptiste, du susdit Garofalo; et au dessus on observe un st. Jean-Baptiste, du Parmigianino; une vieille qui file, à la manière flamande; une Diane, du chev. d'Arpin, et une tète de jeune homme, à la manière du Titien. Plus haut est une sainte Famille, d'André Sacchi, et suivent: le voyage en Egypte, par le Scarsellino; un st. François, d'Annibal Carache, et le jugement de Salomon, par le Bassano-
La troisième face est occupée presque entièrement par un grand tableau du Guerchin représentant la mort de ste. Pétronille, peinture de grand style exécutée avec beaucoup d art: à gaudie de ce tableau classique on voit une Allégorie, peinte par Simon Profeta, et la mort de la Vierge et son Assomption, tous deux de Colas de la Matrice; à droite, une Magdelaine de l'école du Guerchin^ et la naissance de la Vierge, par TAlbane.
Sur la quatrième face on observe ici de suite en haut, et précisément dans le milieu, Jésus-Christ et la femme adultère, du Gaudenzio : à gauche de ce tableau, est lebaptème de Jésus-Christ, par le Titien, qui eut la fantaisie d' y placer son portrait en profil, et un st. François, de Louis Carache : à droite, le vieux Siméon, du Passignani, et une ste. Famille, du susdit Carache. Sous le grand tableau, dans le milieu, od voit une Vierçe, de Pierre Pérugin: à gauche, une Bohémienne et un jeune homme, par le Caravage; et adroite, un st. Mathieu, du Guerchin. Betournant sur la gauche on observe près de l'angle un st. Bernard, de Jean Bellini, et un soldat assis, de Salvator Rosa, et suivent: un st. Jérôme, de Pierre Pacini;un portrait d'homme, de Jean Bellini; un paysage, du Dominiquin; le superbe portrait du célèbre Bnonarroti, peint par lui-même; une Vierge, d'Annibal Carache; le portrait de Jean
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Bellîai exécuté par lui-même ; une autre Vierge, d*AnmbalGarache; Jésus-Christ et st. Jean-Baptiste, ébauche du Guide; le portrait d'ua prêtre espagnol, de JeaoBeIiiDi,etuQe sorcière, par Salvator Rosa: au dessus de la fenêtre est un feston de fleurs, par • Marius deFiorù
Sur le mur entre les deux fenêtres de cette face on admire surtout le beau tableau du Guerchin, représentant Cléopàtre devant Auguste: du c6tè gauche est un beau st. Sébastien, de Louis Garache; suivent au dessus: Jésus-Christ en gloire, du Bassano; la flagellation, du Tintoret; un st. Antoine, du dhev. d'Arpin; un.portrait d'homme, du Bronzin; Endymion dormant au clair de lune, par Mola; un st. Jean-Bapfi'stiB, du Guerchin; un portrait d*hom^ me, d'Annibal (Qaï'^.cihe; le baptême de Jésus-Christ, par le Tintoret; Jésus-Christ chassant les profanateurs du temple, par Bassano; et en6n Ton voit le célèbre et très-beau st. Sébastien, de, Guido fieni: au dessus de la fenêtre est un feston de fleurs, par Marins deFiorù
Le plus grand tableau situé sur le mur entre la fenêtre et la porte d'entrée représente la forge de Yulcain, ou plutôt une boutique de chaudronnier, par Bassano; et commençant par la gauche, on voit un petit Amour assis, de M.* Sirani; le mariage de sainte Catherine, par Denys Calvasi; Lucrèce, ébauche du Guide; un superbe tableau avec deux portraits, de Wandick; un portrait d*homme, par le Mutien; une crèche, de: Mazzolino de Ferrare;utte ste. Barbe, attribuée par les uns à Annibal Carache, et par d'autres au Dominiquin; une sainte Famille, du Mantegna; Jésus dans le iemple au milieu 4es docteurs, du Lippi; un portrait d'homme, par Bassano; un très-beau tableau avec deux portraits du Wandick; Cléopàtre, ébauche du G^ide; une sainte
Église de sie. Marie d'Àracœli. 105
Famille, du Parmigianiiio, et un st. Sébastien du Garofalo.
Derrière cet édifice était la forteresse, ou acropolis de Rome, et la célèbre Roche Tarpéïenne. On Toit encore une partie de ce rocher vers la place de la Comolazione: il conserve une hauteur considérable; mais il faut se rappeler que les atterrissemens souB le rocher même ont comblé le sol ancien an moins <Ie 40 pieds, et que les éboulemens de la crête ont aussi diminué de beaucoup Tèlévation primitive de cette roche. Elle est formée d'un tuf volcanique ronge&tre. C'est de ce rocher qu'on précipitait ceux qui étaient- coupables de haute trahison contre la, liberté de la patrie, et c'est de là que l'on précipita Manlius pour cette même raison, quoiqu' il l'eût défendue contre les étrangers. L'institut archéologique a établi ici le siège de ses réunions.
Sur la cime opposée est V
ÉGLISE DE STE. MARIE d'ARÀGOELI.
Sur l'emplacement où s'élevait autrefois le célèbre temple de Jupiter Capitolin, dans Iç moyenâge on édifia une église qui dans l'origine se nomma S*Mar%a de Capitolio; on ignore quand et pourquoi on la iiomma d'Àracœli, Nous ne répéterons pas certaines traditions trop vulgaires. Jusqu'à l'année 1252 c'était une abbaye de Bénédictins; Innocent IV y établit les mineurs observantins. En 1464, le cardinal Olivier Caraffa la restaura, et enfin ayant beaucoup souffert en 1798, elle fut rétablie au commencement du siècle présent.
L'église est divisée en trois nefs par 22 colonnes de divers diamètre, de divers travail, et presque toutes de granit d'Egypte, à Texception de trois qui sont de marbre; d'où vient démentie l'assertion accréditée dans le peuple qu'elles ont été enlevées
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au temple antique de Jupiter Gapitolin, puisque selon Piutarque elles étaient toutes de naarbre pentélique; on doit plutôt penser qu'elles ont été prises en différents lieux: sur la troisième colonne à gauche en entrant par la grande porte on voit l'épigraphe équivoque A cvbicvlo avgvstorvm.
Entrant dans cette église par la grande porte, la première chapelle à droite est dédiée à st. Bernardin de Sienne, elle était jadis propriété des Bufalini: les peintures à fresque dont elle est ornée sont relatives à différents traits de la vie de st. Bernardin; on peut les mettre au nombre des meilleurs ouvrages du Pinturicchio; elles furent restaurées sous la direction du baron Gamuccini. Dans la cha-
Îielle de la Piété, qui est la suivante, le tableau à liuile fut peint par Marc de Sienne ; le reste est du Pomarancio. La cinquième chapelle est dédiée à st Mathieu apôtre, le tableau et tes autres peintures relatives à sa vie sont duMutien, retouchées par Jean de Montereal. Le st. Pierre d'Alcantara sculpté en marbre dans la chapelle suivante, ainsi que toutes les autres sculptures sont de Michel Maille, bourguignon; les stucs sont deGavallini,et Marc- Antoine, napolitain, peignit la voûte. Après la porte latérale est la chapelle de st. Paschal Baylon, dont le tableau de l'autel est de Vincent- Victoire Valenziano: les peintures latérales sont de Daniel Soites. La chapelle à droite dans la croisée, érigée en honneur de st. François, fut refaite en 1727, sous Benoit XIII, elle a appartenu aux Savelli, dont on voit quelques tombeaux ; le tableau de Tautel est de Trévisani.
Sur le mattre-autel^ élevé en 1590, on vénère une antique image de la Vierge. Derrière cet autel est le chœur, où l'on voit à gauche le beau tombeau de Jean-Baptiste Savelli, de l'école de Sansovino. Dans la croisée, à gauche en allant à la sacristie,
Église de sU. Marie d'Aracœli. 107
est la sainte chapelle; elle est isolée^ soatenue par huit colonnes de brocatelle^elle fut démolie en 1798, et réédifiée aux frais de l'archiconfrérie du Gonfalon Tan 1832.
Dans la sacristie est un superbe tableau de Técole de Raphaël, probablement de Jules Romain, qui représente la Vierge, st. Jean-Baptiste, et ste. Elisabeth.
En retournant à l'église, nous commencerons la visite de Tautre nef par la seconde chapelle^dédiée à sainte. Marguerite de Gortonè. L'autel est décoré de deux colonnes de jaune antique, et le tableau est l'ouvrage de Pierre Barberi: les deux tableaux latéraux, représentant la conversion et la mort de la sainte, sont de Philippe Evangelisti. L'Ascension sur l'autel de la quatrième chapelle, est du Mutien; les'autres peintures appartiennent à Nicolas de Pésaro. Dans la septième chapelle, dédiée à st. Antoine de Padoue , les fresques sur la voûte sont l'ouvrage du susdit Nicolas dePésaro; le Mutieny peignit une lunette, et ses élèves y représentèrent quelques traits de la vie du saint. La dernière chapelle, dédiée à la Vierge, fut aussi peinte par Nicolas de Pésaro.
Le couvent des religieux mineurs de st. François est annexé à cette église; il y a une des principales 'bibliothèques de Rome.
De la place du Gapitole partent deux rues qui descendent vers le Forum Romanum; en suivant celle qui est à gauche^ près du Musée (c'est un escalier en cordon)^ on côtoie les substructions du Tabularium: au bas de cet escalier, on trouve à gauche les restes de la
PRISON MÀMERTINI.
Le nom de cette prison dérive d'Ancus Martius, quatrième roi de Rome. Varron, qui donne plusieurs
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détails sur cet ancien bâtiment, dit qu'il fat construit dans une ancienne carrière, au pied du Capitule. La chambre qui existe encore est revêtue de dalles rectangulaires de pierre volcanique io« cale, c'est-à-dire de tuf rougeâtre; cependant on voit encore à gauche de l'autel les restes de l'ancienne carrière qui ne sont pas revêtus de pierres taillées. Cette chambre a la forme d'un trapèze de 24 pieds de longueur^ 18 de largeur et 13 de hauteur. Vers le nord-est on voit les traces d'une fenêtre qui donnait une faible lumière à cette chambre. Il n'y a aucun indice de porte pour y entrer, puisque celles qu'on voit aujourd'hui sont modernes. Ainsi on croit qu' on descendait les criminels par le trou qu' on voit dans la voùte^ et qu' on a fermé avec une grille. La façade vers l'orient est encore bien conservée: sur une bande de travertin qui la couronnait on lit les noms des consuls subrogés l'an 22 de l'ère vulgaire, Caïus Yibius Rufinus et Marc Coccéius Nerva, qui, par un sénatusconsulte paraissent l'avoir restaurée. Cette bande appartient peut-être à cette époque. L'escalier par lequel on montait à cette prison reçut le nom de Scàlae Gemoniae à cause des gémissemens de ceux qu'on y conduisait. C'est aussi de ce même escalier qu'on traînait les cadavres de ceux qui avaient subi leur supplice dans la prison, pour les jeter du pont» Sublicius dans le Tibre, en leur faisant parcourir le Forum et le Yéiabre; spectacle qui tendait à effrayer le peuple. ',
Ces exécutions se faisaient dans la prison inférieure à celle-ci, construite par Servius TuUius sixième roi de Rome; pour cette raison elle portait le nom de prison Tullienne. Celle-ci était à douze pieds sous l'ancien niveau de Rome, on l'avait creusée dans le roc. On descendait les criminels dans ce souterrain par un trou qu'on voit encore
Prison Mamertine. 109
au milieu de la Yoùte. Ceux qui étaient enfermés dans la prison Mamertine entendaient les cris et Tûjaient les souffrances de ceux qui étaient tourmentés et exéculés dans la prison Tullienne. L'histoire nous apprend la mort que plusieurs personnages célèbres de Fantiquilé reçurent dans cette prison; Jugurtha y mourut de faim; Lentulus, Cetbegus, Statilius,Gabinius etCaeparius complices de Gatilina^ y furent étranglés par ordre de Gicéron, Séjan y fut tué par ordre de Tibère^ et Simon, fils de Joras chef des Juifs, pris par Titus, y fut tué. Il parait, par un passage de Joseph, que le sort réservé aux chefs des nations vaincues était d'être tués dans la prison, pendant que le triomphateur allait sacrifier à Jupiter sur le Gapitole: du moins, on peut croire que ces malheureux, après avoir servi à la pompe triomphale, étaient renfermés dans la prison Tullienne jusqu'au jour où ils étaient transportés dans une des places fortes de Tltalie, comme il arriva à Syphax roi de Numidie, qui fut d'abord envoyé à Gasseoli, et de là à Tivoli, où il mourut, etàPersée roi de Macédonie,qui fut envoyé à Alba Fucensis, où, après cinq ans aemprisonnement, il finit ses jours.
La tradition pieuse que les apôtres Pierre et Paul ont été eniermés dans cette prison par ordre de Néron, a augmenté sa célébrité. On montre tncore dans la prison Tullienne une source d'eau miraculeuse qu'on dit avoir servi à baptiser les concierges de la prison Procès et Martinien qui ensuite reçurent le martyre.
Au dessus de cette prison est V