‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 82 sur 337 · BASILIQUE JULIE · texte numérisé non relu

BASILIQUE JULIE

Dans les fouilles faites par ordre du gouvernement dès Tannée 1834 près de la colonne dont nous venons de parler, dans l'espace qui reste entre le temple de Castor et le Clivm Capitolinus, ou découvrit les degrés antérieurs de cette basilique. Ces fouilles ayant été reprises avec plus d'ardeur en 1850 sous la direction de l'architecte archéologue chev. Louis Ganina, et poursuivies jusqu'auf»rès de la voie sacrée, on a découvert presque tout eplan de l'édifice, tout pavé en marbres de différentes espèces , et on y observe d'intéressants restes des constructions antiques.

Deux documens servent à déterminer la position et la forme de cette basilique, qui fut commencée sous Jules-César , et terminée par Auguste dans r aire du comice qui ne servait plus à aucun usage du temps des empereurs. Le premier nous est fourni par l'inscription Ancirana bien connue, qui démontre qu'elle était placée entre le temple de Castor et celui de Saturne, et qu'ayant été détruite par un incendie, elle fut rebâtie par le même Auguste dans de plus grandes dimensions, sous le titre de ses deux fils Caius et Lucius, en ordonnant que s'il ne pouvait la terminer elle fût achevée par ses héritiers. Nous avons l'autre document dans deux fragmens de l'ancien plan de Rome qui se trouve au musée du Capitole, dans lesquels on voit déterminée la forme de cette basilique, avec l'indication du temple de Saturne à l'une des deux extrémités, et elle consiste en une grande nef oblongue, entourée extérieuremjent, dans la partie inférieure, de trois rangs de pilastres qui, en se réunissant en arcades, forment un double portique.

Quant à l'élévation et à la décoration extérieure dé cette basilique, on ne pourrait en donner une

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idée ni plus convenable ni plus probable que celle qui est exposée dans la classe III du grand ouvrage sur les monumens de Rome ancienne publié par le susdit chevalier Canina. Parfaitement d'accord avec lui ^ le portique extérieur devait, sans doute, se terminer en forme, de terrasse, tandis qu'au dessus de l'intérieur il est probable qu'il s'élevait un second ordre de pilastres, formant un simple portique autour de la partie supérieure de la même nef.

Quant à la décoration, les pilastres des portiques inférieurs étaient probablement décorés de demi colonnes doriques, et ceux du portique supérieur, de demi colonnes ioniques , et il est probable que la terrasse était entourée d'un attique , sur lequel il j avait autant de statues qu'il y avait de pilastres par dessous.

Vis-à-vis la colonne de Phocas, vers l'arc de Titus, on en voit trois autres qui faisaient partie de la

GRJECOSTJSrS.

Ce beau reste de l'architecture ancienne ne peut avoir appartenu par sa situation ni au temple de Ju-

fûter Stator, ni à celui de Castor et PoUux, puisque e premier était plus vers le sommet du Palatin, et l'autre plus près du Yélabre, où était la fontaine de Juturne.

Les passages des anciens écrivains et le fragment de l'antique plan de Rome, c[ui existe au Gapitole, déterminent ces ruines pour celle de la GraecostO" m , édifice érigé pour la réception des ambassadeurs étrangers dès le temps de Pyrrhus. Ayant été ruiné, il fut relevé par Ântonin-le-Pieux, dans la place originairement occupée par la Graecosta^ m et le Comtlium: il fut détruit dans le grand incendie arrivé sous le règne de Garin.

Quant au Comitium, cet édifice était attaché à la Curia ou salle du sénat, et servait pour les comitia

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curiata , ou assemblée du peuple par caries, Icntsqu'il s'agissait de rélecliou de quelques prêtres et de la promulgation des lois; quelquefois on y administra la justice et on y exécuta des criminels. Une grande partie des Fastes CapitoUni ont été trouvés près d ici dans le XVI* siècle, et quelques autres fragmens dans les dernières fouilles que le gouvernemeot y a fait faire. La Graecostasis était tournée vers le temple d'Antonin et Faus* tine; sa façade était formée par huit colonnes, les trois qui restent appartiennent à un des c6tés dont chacun en avait treize. On ne sait pas encore s'il y avait des colonnes à l'endroit où cet édifice rejoignait la Curta. Left eolonnes lont en marbre peutélique, cannelées et d'ordre corinthien; leur diamètre est de 4 pieds et demi, et leur hauteur de 45 pieds, y compris la base et le chapiteau. L'entablement qu'elles supportent, est grand et majestueux, et d'un travail délicat et fini; les chapiteaux sont aussi beaux que ceux du Panthéon, et servent de modèle ainsi que les colonnes pour les proportions et les omemcns de l'ordre corinthien.

Au delà de ces restes , en allant vers le Yélabre, on trouve ceux de la

Cet édifice, qui servait pouf les assemblées du sénat, avait sa façade tournée vers le Gapitole.Oo l'appelait Curta Hostilia, parce qu'il avait été bâti par Tullius Hostilius, troisième roi de Rome: Sylla le restaura, mais ensuite il fut incendié lorsqu'on brûla le corps de P. Clodius, l'ennemi de Gicéron. Auguste le rebâtit et. l'appela Curia JtUia du nom de Jules Gésar. On voit les restes de cette salle dans la maison du charpentier, près de ste. Marie- Libératrice ainsi que des restes de la Graecostasis; ils sont d'une belle construction en briques, et font

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reconnaître les trois côtés de la salle. La façade, qui était probablement ornée d'un portique avec des colonnes , et à laquelle on montait par un grand nombre de degrés, est tombée.

En continuant le chemin vers le Vélabre, on trouYO le

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