‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 91 sur 337 · AMPHITHÉÂTRE FLAVIEN OU COLISÉE · texte numérisé non relu

AMPHITHÉÂTRE FLAVIEN OU COLISÉE

L'tmpereur Flavius Vespasien, après son retour de la guerre contre lesJuifs^fit construire cet amphithéâtre dans l'endroit où était auparavant l'étang des jardins de Néron, presque dans le centre de Rome ancienne. Béda, écrivain du ¥111** siècle, est le premier qui l'ait appelé Colossée^ à cause de sa grandeur giganteique. il fut dédié par Titus, et fini par Domitien^ selon l'anonyme d'Eccard. La forme des amphithéâtres était celle de deux théâtres réunis ensemble, c'est-à-dire elliptique. Ils furent inventés par les Romains, qui les appelèrent amphithéâtres, nom composé des mots grecs Ajut^e, et QeocT 00)^.1 Théâtre qui régne tout autour.

Ces édifices étant destinés aux jeux sanguinaires, on accompagna la dédicace de celui-ci par des combats de gladiateurs et des chasses de bêtes féroces. Ces jeux durèrent cent jours: cinq mille bêtes féroces, et plusieurs milliers de gladiateurs furent tués en cette occasion. On y donna aussi des combats nautiques, par la facilité qu*on avait de l'inonder,.

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quoiqu'il y eût des naumachies, c'est-à-dire des bàtimens faits exprès pour cette espèce de combats. Après avoir servi pendant plus de trois siècles à ces spectacles différens, et jusqu'à Tannée 523 aux combats des bôles féroces; depuis le XI* siècle jus-

S'k Tan 1312 il servit de cbâteau-fortà plusieurs ailles nobles^ et particulièrement aux Frangipani et Annibaldi: c'est à cette époque qu'on doit attribuer ses plus grands désastres. Ensuite, il fut destiné de nouveau aux spectacle», et Tannée 1332 on j donna un grand tournois. En 1381 la partie qui manque aujourd'hui était déjà écroulée lorsqu' on transforma en hôpital la partie qui est encore de* bout. Depuis il â fourni les matériaux pour les plus grands palais de Rome, tels que ceux de Venise, 4e la Chancellerie et de Farnèse, et pour le port de Ripetta.

Depuis le commencement de ce siècle on a pris un grand soin pour le conserver. Pie Vil y fit faire plusieurs réparations , et surtout fit construire le grand contrefort vers rorient'; Léon XII continua ces réparations et fit construire un autre grand contrefort vers Toccident,il est mieux entendu que l'autre, parce que, en même tempf qu'il empêche la ruine de cette partie, il en continue l'architecture^ Grégoire XVI y fit faire beaucoup de constructions et d^ réparations^ et enfin le pontife Pie IX suivant les traces de ses prédécesseurs les plus magnanimes^ à peine monté sur le siège pontifical résolut, non seulement de faire réparer depuis le se^ cond ordre jusqu'au dernier une partie desambulacres, du côté du chemin qui conduit à st. Jean de Latran,mais il ordonna même de la remettre dans l'état primitif, en reconstruisant les pilastres et les voûtes qui n'existaient déjà plus. Les travaux sont déjà terminés jusqu'au troisième ordre; au second ordre, où Ton a commencé, elles embrassent 13 arcades, et au troisième 7 seulement. Ces restaura*

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Amphithéâtre Flavien ou^^olisée. 147

lions, ootre qa' elles permetient déjà de monter commodément et avec sûreté jasau au troisième étage des portiques, pour jouir de I imposant coupd' œil de 1 intérieur de T édifice, quand elles seront finies fourniront au voyageur éclairé une juste idée de la construction intérieure des ambulacres, tels qu'ils étaient dans leur intégrité; et de l'exactitude et du talent avec lesquek elles ont été exécutées, de grands éloges sont dûs au savant archéologue et architecte chev. Louis Ganina, sous la direction du*

3uel furent commencées et seront bientôt terminées e si intéressantes restaurations.

L'amphithéÀtre Flavien s'élève sur deux degrés> il était extérieurement environné de trois rangs d'arcades élevées les unes sur tesj autres et entremêlées de demi-colonnes qui soutenaient leur entablement. Chaque rang était composé de quatre-vingts arches avec autant de demi-colonnes. Tout Tédifice était terminé par un quatrième ordre, ou attique, orné de pilastres et percé de fenêtres. Le premier des quatre ordres d'architecture qui ornent les arcades est dorique, le second ïonique, les troisième et quatrième sont corinlhiens. Les arcadesdupremier ordre sont marquées par des chiffres romains, parce qu'elles formaient autant d'entrées, qui par le moyen des escaliers conduisaient aux portiques supérieurs et aux degrés, de manière que chacun pouvait aller sans difficulté à la place qui lui était destinée; les jeux terminés^ les spectateurs pouvaient sortir sans confusion et en très peu de temps. Entre les arcades numérotées XXXVIII • et XXXIX , est une des grandes entrées, correspondant au milieu de la largeur: elle n'a pas de numéro, manque de l'entablement, laisse entrevoir les restes d'une décoration en marbre , et conduit directement à une salle ornée de stucs , par où les empereurs passaient pour aller sur le podium.

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La forme de ce yaste édilBce est ovale: il a 1641 pîedsdecirconférenceextérieureel 157 de hauteur* On peut dire que tout y est fait avec la simplicité et la solidité qu'exigent la grandeur et la masse d'uu si magnifique monument, dont l'immensité ne peut bien être comprise qu'en le yojanl du premier et du second étage des portiques. Dans les années 1811 et 1812 on a démoli les murs qui fermaient les arcs du premier ordre, et on a découvert les demi-colonnes et les piliers qui se trouvaient presqu'à moitié sous terre ; tous les portiques ont été déblayés, de manière que Ton put s'y promener et admirer l'élévation étonnante et 1' enceinte intérieure de ce superbe édifice. Au dessous du niveau actuel de r arène on découvrit des murs parallèles , quelques-tunselliptiques,et d'autres rectilignes,iIssoutenaien l'arène qui était vide au dessous; une partie de ces constructions était évidemment du Y* siècle de r ère chrétienne ; il est évident encore que l' amphithéâtre fut endommagé par les tremblemcns de terre et restauré par Lampadius et Basile, préfets de Rome, en 437 et 485. Dans cette même occasion on a déterré le passage souterrain où Comniode|f ut attaqué par dcsconjurés,et on en a restauré quelques parties. On y a trouvé aussi plusieurs noorceaux de colonnes de marbre , de statues , de bas-reliefs' et d'inscriptions; parmi celles-ci les plus intéressantes sont celles de Lampadius, préfet de Rome, qui restaura l'arène , le podium , les arrière-portes et les gradins pour les spectateurs, et celle de Basile, aussi préfet de Rome , qui restaura de nouveau i' arène et le podium après un trenlblement de terre.

L'arène, ou la place intérieure, avait deux grandes entrées. Tune vers l'est, et l'autre vers l'ouest. Elle s'appelait arène, à cause du sable {arena) dont le sol était couvert pour ceux qui combattaient; elle est aussi ovale ayant 285 pieds de long sur 182 de lar-

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ge et 748 de circonférence, et était environnée d*an mur assez élevé pour empêcher les animaux de s'élancer sur les spectateurs; on y voyait plusieurs portes et plusieurs ouvertures fermées par des grilles de bronze, par lesquelles on introduisait les bêtes féro^ ces, et par où entraient les gladiateurs. La plate^forme de ce mur s'appelait Po^ftîum; c'étaient là les places destinées à l'empereur et à sa famille, aux sénateurs, aux principaux magistrats et aux vierges vestales. Au dessus du Podium commençaient les gradins pour les autres spectateurs; plusieurs portes y conduisaient et s'appelaient Vomitoria, vomitoires. Ces gradins étaient divisés de bas en haut en trois rangs nommés praecincdones ou motniana; le l'avait 24 gradins, le il« en avait 16, et le III« 10, outre la galerie: celle-ci étant en bois, elle fut consumée par un incendie pendant le régne de Macrin et fut restaurée en matériaux solides par Hëliogabale et Alexandre Sévère : elle était formée de 80 colonnes , qui soutenaient un plafond. Les moeniana étaient subdivisées par de petits escaliers pratiqués dans les gradins mêmes et en faisaient la séparation; ces parties étaient appelées Cunei, Tous les gradins

{mouvaient contenir jusqu'à 87 mille spectateurs, et a terrasse qui était au dessus pouvait recevoir plus de 20 mille personnes. Au dehors on remarque dans la corniche de l'amphithéâtre des trous sous lesquels sont des consoles où posaient les poutres plaquées de bronze, auxquelles était appuyé le vdarium^ c'est-àdire la tente qui couvrait 1 amphithéâtre , pour ga^ rantir les spectateurs du soleil.

Presque tous les trous que l' on voit dans ce monument comme dans plusieurs autres , ont été faits dans le moyen-âge , pour en arracher les crampons de fer qui liaient les pierres ensemble.

La tradition pieuse portant que plusieurs chrétiens ont souffert le martyre dans^ cet endroit^oùils

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étaient condamnés à être la proie des bêtes féroces, a fait ériger autoar de V arène , vers la moitié du siècle dernier, quatorze petites chapelles avec les mystères de la Passion de N. S.; on y fait la cérémonie de la Via Crucis les jours de fête et chaque vendredi, deux heures avant le coucher du soleil. En sortantderamphitbéàtredn c6té où nous avons observé la Meta Sudans, on voit à gauche un joli jardin public et V

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