LOGES DE ’ RAPHAËL
Le pape Jules II fit construire ces loges sur les dessins de Raphaël ? elles furent achevées sous Léon X et ornées de stucs et de peintures par le même Raphaël d’ Urbin.
Cet édifice est composé de quatre ordres d’ architecture qui entourent de trois côtés la cour de St. Damas. Les trois premiers ordres ont des arcades , soutenues par des pilastres;le quatrième , au lieu de pilastres, a des colonnes avec leur architrave. Chaque étage de ces portiques , ou loges, est formé
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de trois ailes et de trente arcades: le premier étage est orne de peintures a treillage, de Jean d’Udine et d’autres maîtres: 1* troisième a été peint par le Pomarance , Paris Nogari , Tempesta, le cliev. d’Arpin et par Paul Brilli.
* C’est dans le second etage de ces loges, et précisément dans la première aile, que P on admire les fameuses peintures du grand Raphaël; c’est pourquoi on y a placé son portrait , sculpté par Mr. Alexandre d’Estc.
Cette aîle est composé de treize arcades , soutenues par des contrepilastres de chaque côté: les pilastres sont ornés de bas-réliefs en stuc; les contrepilastres ont été peints en arabesques > sur les dessins de Raphaël , par Jean d’ Udine , son plus habile élève en ce genre de peinture.
* Ce quil y a de plus remarquable dans cette loge , ce sont les quatre tableaux peints a fresque sur chacune des treize voûtes , qui forment en tout 52 tableaux : ils représentent les principaux traits de l’ancien testament , exécutés d’ après les cartons de Raphaël, par Jules Romain, parPierin dei Vaga, Pèlerin deModène , Polydore et Maturin de Caravage, et par d’autres de scs élèves .
Des quatre premiers tableaux , celui qui est sur la porte d’entrée , et qui représente le Père Eternel débrouillant le chaos, est entièrement de la main de Raphaël : l’action du Père Eternel est exprimée avec un en-
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thousiasme poétique et cT une manière étonnante. Les peintures de la seconde et de la troisième aile sont de Marc de Faenza , du Mascherino , de Raphaël deReggio, Nogari , Naldini , «Tempesta , et du Lanfranc .
En revenant au premier étage, la dernière porte a gauche , à côté de celle du
musée, introduit dans F * *
APPARTEMENT BOROÎA .
Cette, partie du palais tire son nom du pape Alexandre VI de la maison Borgia qui F a construite : c est de son tems qu’on, commença à la décorer de peintures , qui furent achevées sous Léon X. Dernièrement on a rassemblé dans plusieurs de ces chambres quantité de morceaux antiques , de manière qu’on pourrait les regarder comme autant d’antichambres du musée. Dans la première chambre qui a 5G pieds de long et 36 de large , la voûte a été ornée de fort jolis stucs et de peintures par Jeand’Udinc et Perin del Vaga: parmi desornemens de tout genre on y voit les sept planètes , savoir Jupiter sur un char traîné par des aigles, Vénus par des colombes, la ^ Lune par des femmes , Mars par des loups, Mercure par des coqs ^ le Soleil par des chevaux, et Saturne .par des dragons.. On y voit aussi représentée la grande Ourse, la Canicule, et d’ autres astres. Au milieu de cette chambre est u#e belle tasse de tyar-
Appartement Borgia. 5a i
brc phrygien qu’on appelle de nos jours marbre violet. Tout autour oui Voit disposés des morceaux d’architecture, ét des fragmens de sculpture :< on y remarquer principalement une cheminée fort belle du XVI siè-> cle. Dans les murs sont enchâssés plusieurs bas-réliefs d’un travail* excellent : le premier représente Trajan entouré de licteurs et d’autres personnages- il a été trouvé au Forum.* de Trajâft:. le second * représente deux pugillateurs : vis-a-vis de ceux-çi %on admire deM* morceaux de la frise de la basilique Ulpienne , où ils ont été trouvés , représentant des arabesques , des enfans , des chimères , . et un vase le tout . d’ un travail exquis • et d’une composition magnifique. 1 . V. •
: La voûte de la seconde chambre, au milieu de laquelle sont les armes des Borgia r a été peinte par Pinturicchio : il y a représenté des prophètes: dans les grandes lunettes il y a peint l’ ascension : de Jésus Christ : la résurrection , où il a introduit Alexandre VI qui assiste au miracle : l’adoration des rois: l’annonciation de la Vierge: l’assomption, et la descente da saint Lsprit. Celle-ci comme T autre contient des fragmens antiques parmi lesquels il y en a ie fort-beaux et ae fort-intére$sans. La tasse en porphyre jadis existant au Quirinal et ensuite transportée au milieu de cette chambre* vient d’ être placée dans la basilique de S te* Marie Majeure pour y servir
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de fonts baptismaux. Au lieu de celle-ci ou admire au milieu le grand autel rond qu’on appelle de puits de Giustiniani , où T on voit représente des Bacchanales. Tout autour on voit enchâssés dans les murs plusieurs bas-reliefs: le premier à gauche représente 'Telèplie et 'Auge : suit la rencontre de Mars avec Rhée Sylvia i et celle de Diane avec Endymion : vis-a^vis e$t?ime autre frise tirée du Forum de Trajari / représentant des arabesques d’un travail admirable t et près de la porte de la troisième chambre est le beau -bas-rdlief jadis appartenant à la maison Giustiniani , et représentant l’éducation de Bacchus par la nymphe Leucothée.
• Les peintures de la voûte de la troisième chambre sont aussi de pinturicchio , qui y a représenté le martyre de St. Sébastien:
la visitation de Ste. Elisabeth : St. Antoine l’abbé qui rend visite à St. Paul l’hermite ; Ste. Cathérine devant l’empereur Maximien :
Ste. Barbe qui s’échappe des embûches de son père :-St, Julien de Nicomédie : et en bas l’image de la Vierge avec l’enfant Jésus • Parmi d’autres objets et fragmens anciens on doit remarquer le beau trépied en marbre qui est au milieu de la salle. Mais ce qui forme l’ornement principal de cette salle est la fameuse peintùrc ancienne qu’on appelle les noces Aldobrandini , pareeque le sujet en est un mariage , ët^fa maison Aldobrandini en a été originairement propriétaire • Elle fut découverte dans les;rui-
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nés d’une maison ancienne sur F Esquiliu près de l’arc de Gallien en 1606^ ' ; bt jusqu’à la decouverte des peintures d’ H erculanum elle a passe' pour la plus belle peintu* re ancienne • Depuis sa découverte on 1 avait mal restaurée , mais heureusement elle vient d’ être débaràssee de tout ce que les modernes y avaient changé , et on peut être sûr de la voir comme .les anciens la voyaient, a l’exception de ce que le teins, F humidité , et les sels de la terre peuvent y avoir affaibli i Voilà le motif par lequel on trouve que F original n’est pas d accord avec les gravures qui en avaient été faites jusqu’ici , et avec la copie f même qu en fit Nicolas Poussin , qui , comme nous avons remarqué / se conserve chez les Doria dans leur galerie* Le sujet est plus probablement relatif aux noces de Pelée et Thétis :
il y a des personnes qui y ont cru tracées les noces de S telle et Violantilla dont parle Stace , ou celles de Manlius et Julie chantées, par Catulle ; mais le costume étant grec et le sujet étant héroïque , ces explications paraissent moins fondées que Pau-* tre . Outre cette peinture ancienne on en voit plusieurs autres , mais fort-inférieures : c’est-à-dire une Nymphe trouvée en 1810 près de la voie Nomentana dans la ferme de St. Basile: et cinq des plus célébrés femmes des tems héroïques avec leur nom . savoir Pasiphaë , Scylla , Phèdre , Myrrha et Canace qui étaient peintes sur
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les murs d’une petite chambre, qui a été' trouvée en 1818 hors de la porte St. Sebastien a deux milles de la ville dans la fer-
me de Tor Marancio. Au dessus et tout autour sont des mosaïques anciennes .
La quatrième et dernière chambre est ornée aussi de fresques du Pinturicchio qui sont relatives aux vertus , aux sciences et aux arts . On y voit rassemblée quantité de fragmens et autres objets» en terre cuite , dont la plus grande partie a, etc recueillie par le célèbre chev« d’ Agincourt , qui a sa mort les légua au musée ; et une bigue en bronze formée avec d’anciens morceaux .
Eu sortant de ces çhambres par la meme porte par laquelle on y est entré, on trouve tout de suite V gauche la grille qui introduit au grand corridor de Bramante f dont la première partie aujourd’hui s’appelle le . t