‹ Itinéraire de Rome et de ses environs rédigéChapitre 42 sur 167 · THERMES DE CARACALLA · texte numérisé non relu

THERMES DE CARACALLA

. . «Vers P année 212 de l’ ère vulgaire l’empereur Antoniri Caracalla fit bâtir ces thermes qui par cette raison furent appellées las Thermes Antoniniennes , nom que cette contrée conserve encore, quoiqu’un peu altéré, dans celui d ' Anloniciiuu Ce meme empereur les acheva et les dédia avant sa mort qui arriva en 2 17. Des portiques y furent ajoutés par Héliogabale , et Alexandre Sévère. Leur magnificence nous est attestée par Spartien, Lampridius, Sextus Victor , Eutrope, et Olympiodorc : ce dernier écrivain nous dit qu’ elles contenaient 1G00 places pour se baigner. L’époque de leur abandon n’est pas bien connue , mais il est fort .probable qu’ il soit arrivé dans le VI siècle, pendant la guerre entre lcsGoths et les • Grecs sous ^Justinien, et particulièrement

Thermes de Caracalla.

depuis les ravages de Totila* Dans les fouilles faites au XVI siècle , on a trouve dans les ruines -de ces thermes parmi d’ autres objets , le fameux torse de Belvedère , l’Hercule de Glycon , connu sous le nom d’ Hercule Farnèse, le groupe connu sous le nom deTaureau F arnès e, et la Flora F arnésienne, objets qui sont tous à Naples, a Y exception du torse , qui est au musée du Vatican* Pour avoir une idée de la grandeur et de l’étendue de ces thermes, il faut considérer

3 ue ce bâtiment est un carré de io 5 o pieds e chaque côté ou 4200 d’ enceinte. Vers le milieu de cet énorme carré s’élève un bâtiment somptueux carré oblong qui a 690 pieds de longueur et 45 o dans sa plus grande largeur. Une sorte de rez-de-chaussé, ou premier étage règne par tout: il n en est pas ainsi du second étage , qui ne se *

du milieu , de manière que celui-ci était entièrement détaché du reste et isolé par une cour immense qui servait aux différens exercices du peuple, et a ses amusemens: c’est

S ar cette raison qu’ il y avait une espèce e théâtre avec des gradins pour les spectateurs , adossé a la colline qui domine ces thermes vers le sud-ouest . La façade était du côté nord-est, où l’on trouve aujourd’hui quantité de chambres séparées l’une de 1 autre, qui servaient de logement aux gardes et aux esclaves attachés au service des thermes : ces chambres avaient leur entrée

tout autour et dans le bâtiment

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commune dans un corridor ou portique a arcades qui précédait le bâtiment total des thermes : c’esta tort qu’on les croitdes chambres de bain. Une large et magnifique rue, appellée via nova , rue neuve , construite par Caracalla aussi , conduisait â ce portique : des escaliers au nombre de six , placés a différentes distances , portaient à la cour cjui environnait F édifice noble , comme nous 1 avons déjà remarqué. Des fouilles ou’ on vient de faire dans cette partie ont ôté beaucoup de doutes sur l’usage des différentes pièces qui la composent, et ont aussi apporté une grande lumière sur les autres restes de thermes existant a Rome , telles que celles de Titus et de Dioclétien. Dans ces fouilles on a reconnu que les pavés de ces différentes pièces, à l’exception de la salie du centre , et de celle qui lui est parallèle vers le nord-est , sont en mosaïque d’une exécution plus ou moins fine en pierres dures, c’est a dire porphyre, serpentin, jaune antique, portasanta, lave noirâtre et marbre blanc : en général le dessin ne présente que des compartimens de différentes formes , tels que circulaires, elliptiques, quadrangulaires, et romboïdaux, et en forme d’ écailles, dont les couleurs très-vives sont d’un effet admirable. Mais rien n’égale la richesse du pavé des deux grandes exèdres des cours d’ exercice , sur lesquelles on a représenté des gymnasiarques et des athlètes en mosaïque très-fine , qui déterminent l’usa-

Thermes de Caracallci.

ge de ces deux cours On espère que ces mosaïques resteront sur la place , et qu’ on prendra des mesures pour les garantir des intempéries des saisons et du vandalisme des curieux . Parmi les pièces qui composent cette partie, cinq sont les plus remarquables ; c’est-a-dire deux cours entourées de portiques de colonnes de granit gris découvertes au milieu , servant aux exercices gymnastiques: une vaste salle centrale a qui on donne le nom de Pinacolheca et qui , étant sur lemême plan que celle des thermes deDioclétien, était, comme celle-ci, décorée de huit colonnes énormes de granit, dont on voit les places : on prétend que la dernière fut emportée a Florence et placée devant le pont Ste. Trinité par le duc Corne de Médicis dans le XVI siècle, où elle se voit encore soutenant la statue de la Justice : une salle ronde , dont on voit des restes , placée au milieu du côté sud-ouest vis-à-vis le théâtre : et enfin la grande piscine qu’ on - a cru être la même salle que celle appellée cella solearis par Spartien qui la décrit comme étant d’une construction merveilleuse , puisque sa voûte d’une étendue énorme était retenue par des barres de bronze ou de cuivre: F éteudue de cette pièce est de i88 pieds de long sur i34 de large, et c’est précisément celte étendue qui rend la chose extrêmement difficile : Spartien dit que les ingénieurs de son tems soutenaient qu’on n’en pouvait faire une autre* On remarque

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encore dans cette piscine les neuf ouvertures par lesquelles Y eau y entrait et en for** niait un immense bassin et par cette raison on voit que les murs dans la partie basse étaient revêtus de ce mastic qu’on appellait opus signinum pour les rendre impénétrables a l’eau. Des recherches, faites par Pivancsiverslamoitié du siècle passe' avaient fait croire que les bains pour le peuple se trouvaient dans le rez-de-chaussé sous la cour, où d’après ce qu’on a dit , le peuple s’exerçait, vers le sud-ouest: on peut assurer aujourd’hui que ce 11e sont que des substructions. Aux deux extrémités de cette cour sont les restes de deux dietœ ou salles , de forme octangulaire , dont celle vers le sud-est , qui est la plus conservée , porte sans aucune raison le nom de temple d’Hercule. Non loin de cette dernière on trouva en 1777 les deux belles baignoires en basal the , qui sont aujourd’hui au musée du Vatican.

Ces thermes par leur conservation et par les vues pittoresques méritent particulièrement d’être visites par les voyageurs. Près d’elles sur le grand chemin on trouve a droite 1’

ÉGLISE LE SJ INT NERÈE

ET ACHILÉE .

Le pape Jean I, vers l’an 5 a 4 ? érigea cette église , qui en 1 5 g 6 fut rebâtie par le cardinal Baronius. Quatre belles colonnes

378 Église fie St.Nèrée et Achillëe*

de marbre africain soutiennent le baldaquin de T autel , près duquel on voit les deux chaires de marbre , dites ambones, où on lisait les épîtres et les évangiles. Dans la tri-» bune on remarque la chaise presbytériale sur laquelle St. Grégoire I s’assit lorsqu’il récita au peuple la XXVIII de ses homélies, dont une partie est gravée sur le dossier de cette chaise.

Presque vis-a-vis cette église on remarque celle du pape St. Sixte , près de la-

2 [uclle , dans V ancien couvent , on a établi a grande fabrique du papier a timbre. Cet»

te église est dans la

V4Z Z ÈE D ÉQÈR IE .

Cette vallée qui s’ouvre entre le Cœlius et une autre colline qu’on appelle Monte <T Oro , est la fameuse vallée d’Égcrie, que les écrivains modernes , contre l’autorité des classiques anciens, ont recnlée de plus de trois milles d’ici. En comparant les passages des auteurs anciens , et sur tout de Juvenal , lorsqu’il décrit le voyage d’ Umbricius , on ne peut manquer de reconnaître ici cette fameuse vallée où la tradition des anciens avait placé les entretiens du bon roi Numa avec Egérie : 1 ’ emplacement de cette vallée devient certain, lorsqu 1 on connaît celui de la porte Capena , a côté de laquelle elle se trouvait. Or il ne reste plus de doutes aujourd’hui sur la position de la porte Capène , qui tirait son

Vallée (T Egérie .

nom soit du temple des Caraœnes,soit parceque par elle on allait a Capoue, ce qui .

paraît plus vraisemblable : elle se trouvait au bas du Cœlius sous la villa Mattéi. La route qui en sortait , a peu de distance d’elle, d’après Strabon, se débranchait en deux : celle a gauche prenait le nom de voie Latine, parcequ’clle traversait le Latium et aboutissait au pont de Casilin, près de Capoue actuelle , en sc réunissant a la voie Appienne de laquelle elle se débranchait près de Rome : car c était la voie Appienne celle qui directement sortait de la porte Capène, et qui tenait sa direction a droite relativement a la voie Latine » Dans F agrandissement de l’enceinte de Rome il fallut ouvrir deux portes au lieu de la porte Capène, pour laisser sortir ces deux voies , dont elles prirent le nom : la porte Latine est fermée aujourd’hui: la porte Appienne, connue aussi sous le nom de St. Sébastien sert encore, et nous en allons parler bientôt. Le débranchement des deux chemins se voit encore peu avant d’ arriver a Y église de St* Césaréc in palatio , nom quelle tire du voisinage des thermes de Caracalla, a qui, comme aux autres grands bâtimens , on donnait dans le moyen âge le nom de palatium . Clément VIII restaura cette église fort ancienne et la réduisit dans 1’ état actuel .

Sur la colline , a droite , qui domine cette église était le temple de Mars , dit ex~ tramuraneus , parcequ’il était hors des

3 §o Tombeau des S ripions. „

anciens murs: un cbemin qui débranchai!

de -la voie Appienne et qui portait le nom de clivas Martis , la montée de Mars, y conduisait directement.

En revenant a la place de St. Césare'e , et prenant la rue a droite qui est l’ancienne voie Appienne , on trouve à gauche la vigne Sassi , où est le 5 -

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