‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 1Chapitre 103 sur 120 · THERMES DE DIOCLÉTIEN · texte numérisé non relu

THERMES DE DIOCLÉTIEN

Ges thermes qui furent construits par ïes empereurs Dioctétien et Maximien, et dédiés par leurs successeur Galerius et Constance , étaient ceux qui pouvaient contenir plus de monde qu’aucuns des autres de Rome , puisqu Olympiodore calcule qu’il j avait assez de place pour que 3200 personnes puissent s’y baigner. Pour avoir une idée de leur étendue, il suffi de savoir que leur enciente comprenait tout l’espace qu’occupent aujourd’hui l’église de st. Bernard et celle de ste. Marie des Anges, avec les maisons et les jardins potagers qui sont dans les alentours^ les deux grandes places, une partie de la villa Massimi, les vastes greniers publics et plusieurs maisons de particuliers , ue manière que, suivant les mensures de Desgodets, i s avaient 1069 pieds de longueur et autant de largeur ou 4276 pieds d’encmnte.

Ces immenses thermes étaient de forme carice a chacun des angles du côte' sud-ouest il y au une salle circulaire qui subsistent encore^

l’entree de la villa Sf£

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onne, qui a ete convertie en église dédiée à st. Bernard. Ces édifices servaient, comme nous avons dit ci-dessus, pour des bains. Ces thermes renfermaient de beaux portiques des cours et des salles magnifiques; il y avait aussi des bosquets et des alldes délicieuses pour se promener; on y trouvait des dcoles de sciences et d exercices athlétiques, comme dans les autres bains publis, Dioclétien fit transporter

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dans cet édifice la fameuse bibliothèque Ulpienne, du Forum de Trajan. Ils renfermaient aussi une magnifique et superbe salle que l’on appelle Pinacotheca , mais qui avec plus de précision pourrait être appelée, d’après Vitruve Schola labri , salle de la baignoire, C’est de cette grande salle que l’on a formé P

ÉGLISE DE S te* MARIE DES ANGES.

Le pape Pie IV voulant consacrer ls salle pri ncipale des bains de Dioclétien, qui était parfaitement conservée, en chargea le célèbre Buonarrotli, qui en fit une église à croix grecque; c’est une des plus majestueuses, et des plus belles de Rome. Pour éviter l’humidité il éleva l’ancien pavé d’environ six pieds, de manière que les bases et une partie des huit colonnes de granit restèrent enterrées. Les bases de marbre qu’on y voit maintenant ne sont qu’attachées aux colonnes. Vanvitelli en 1740 mit cette église dans son état actuel : il situa l’autel du bienheureux Nicolas Albergati, à la place où auparavant était la grande porte de l’église; la porte latérale qui futconservee, devint l’entrée principale; il convertit en maître autel celui de la Vierge, et comme la nef où était auparavant l’entrée principale, avait huit colonnes de granit, pour mettre de l’uniformité à la nouvelle nef, il y ajouta huit colonnes de briques revêtues de stuc et peintes en granit, qui sont fort semblables aux autres. On entre dans cette magnifique église par un vestibule rond qui était une dessallesà l’usage desbains: elle est de la même grandeur que celle transformée en église de st. Bernard. On y voit les tom*

Eglise de ste. Marie des Anges. 225

beaux de Charles Maratta et deSalvator Rosa, peintres célèbres, et ceux des cardinaux Pierre Paul Parisio et François Alciato. A droite est la chapelle de st. Bruno et vis-à-vis, une autre dont le tableau de l’autel, représentant Jésus-Crist donnant les clefs à st. Pierre, est du Mutien. On passe ensuite dans la grande salle des thermes qu’on appelle la pinacothèque, et qui forme aujourd’hui la nef transversale. Avant d’entrer dans cette salle on admire à droite une belle statue de st. Bruno faite par Houdon Lorsqu’on entre dans la grande salle on en apperçoit toute la magnificence: d’ abord on s’étonne des huit colonnes qui sont d’un seul bloc de granit, et ont lôpieds decirconférence et 45 de hauteur, y compris le chapiteau et la base. La longueur de l’église, depuis l’entrée jusqu’au maître-autel, est de 336 pieds; la salle proprement dite a 308 pieds de long sur 74 de large et 84 de haut. Pour orner ce grand temple d’une manière convenable , Benoît XIV y fi t transporter plusieurs tableaux originaux, exécutés en mosaïque dans la basilique de st. Pierre. Le premier, à droite en entrant dans 1 église, représente le crucifiement de st.Piei î e,il est de A icolas Ricciolini; celui qui suit, îepresentant la chute de Simon le magicien, est une copie du tableau de Vanni, faite par Tremolier, l’original existe à st. Pierre. Dans la chapelle du bienheureux Nicolas Albergati, le tableau de l’autel, est d’ Hercule Graziani; les peintures des côtés sont du Trévisani , et celles de la voûte d’ Antoine Ricchierai et de Jean Mazzetti. On voit ensuite, deux autres grand tableaux; celui qui repré-

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ni mur

sente st. Pierre resuscitant Tabite, est la copie du tableau en mosaïque du Baglioni,qui est à st. Pierre, elle est, en mosaïque, faite par un napolitain; l’autre est unbel original du Mutien. En rentrant dans la nef ouest le maître-autel après une chapelle ornée de peintures duBaglio- ’”•> on voitquatrcgrands tableaux places sur les ars latéraux: le premier à droite, qui a pour sujet la Présentation de la Vierge au temple, est de Romanelli; le second, qui représente le martyr de st. Sebastien, est un ouvrage classique du Dominiquin, que le fameux Zabaglia transporta avec beaucoup d’art dans cette église; le tableau qui est vis-à-vis, représentant le baptême de Jésus- Christ, est de Charles Maratta; celui que l’on voit ensuite, représentant le ehâ-

liment d Ananie et Sapphire, est de Christophe Boncalli, dit le Pomarancio. Sur le maître-autel est une image de la Vierge avec les sept anges, dont l’église a pris le nom. En retournant dans la nef transversale, le premier tableau , représentant la Conception de la Vierge, est de Pierre Biancbi; celui qui se trouve à côté, est de Placide Constanzi. Le st. Bruno que l’on voit dans la chapelle suivante, est de Jean Odazzi; les tableaux latéraux sont de Trevisani ; les évangélistes peints sur la voûte, sout de Procaecinî. Des deux tableaux placés de l’autre côté, celui qui représente la chute de Simon le magicien, est de Pompée Battoni; l’autre où l’ou voit st. Basile remettant le calice à un diacre, est de Subleyras. En 1701, Monseigneur Bianchini fit faire le méridien que Bon voit sur le pavé de cette église. La ligne est tracée sur une lame de laiton, bordée de dar

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les de marbre, sur lesquelles on a représente les signes du zodiaque avec des pierres de différentes couleurs.

Le cloître des chartreux a été fait aussi sur les dessins deBuonarroti; il est décoré d’ut^portique carré, soutenu par cent colonnes de travertin, sur lequel sont quatre corridors où on conservait une grande collection d’estampes des écoles les plus célèbres, et qui a été malheureusement dispersée en 1810.

Der rière les thermes de Dioclétien, entre la vigne Mandosia et l’arc de Gallien, était le fameux Mgger , de Servius Tullius; c’ était un rempart artificiel de terre garni de murs en blocs carres de pierre volcanique, défendu au dehors par, un fossé profond. Au delà du rempart sont les restes du camp des soldats prétoriens. Pour voir l’intérieur de ce camp il faut entrer dans la vigne des jésuites dite du Macao; pour voir l’extérieur où l’enceinte est bien reconnaissable on doit sortir par la porte Pie et suivre les murs de la ville, à droite. Ces

ruines donnent une bonne idée de la forme des camps romains.

En retournant à la fontaine de l’eau Félice on voit, 1’ 7

ÉGLISE D& Ste. MARIE DE LÀ VICTOIRE»

Cette église fut érigée, en 1605 par Paul V en l’honneur de l’apôtre st. Paul. Elle prit ensuite le titre de ste. Marie de la Victoire à causa de plusieurs victoires que les catholiques remportèrent sur les hérétique par l’intercession de la Vierge. La façade de ce temple est de Jean Baptiste Son" a; lecardinalJScipion B or-

Porte Pie.

ghèse la fît faire à ses dépens, en reconnaissance du présent qu’on lui fît du fameaux hermaphrodite trouve' près de cetfe église, et que l’on admire actuellement au musée de Paris. L’intérieur de l’église a été décoré par Charles Maderno; il est revêtu de jaspe de Sicile et orné de sculptures et de belles peintures. Le tableau de la première chapelle à droite, représentant la Magdelaine, est du père Raphaël, capucin.

Le st. François de la seconde chapelle et les tableaux latéraux, sont des ouvrages iort estimes du Dominiquin. Le bas-relief qui est sur l’autel de la troisième chapelle et le portrait du cardinal Vidoni, sont de Pompée Ferrucci, florentin. Vient ensuite l’autel de la croisée , sur lequel au milieu de quatre colonnes de vert antique, on voit, ta statue de st. Joseph, dormant et un ange qui lui apparaît en songe, ouvrage de Dominique Guidi; les deux bas-reliefs latéraux sont de Monot. La somptueuse chapelle de ste. Thérèse qui est vis-à-vis, fut érigée et ornée aux frais du cardinal Frédéric Cornaro, sur les dessins du Bernin qui sculpta le buste du cardinal et la statue de la sainte, représentée dans l’extase de l’amour divin. Dans la chapelle suivante sur l’autel , on voit une Trinité par le Guerchin; le Crucifix placé sur l’un des côtés, est de Guido Reni, ainsi que le portrait qui se trouve vis-à-vis.

ATextremité de la rue Pie, qui passe devant cette église, on voit la

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