‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 1Chapitre 2 sur 120 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Selon l’opinion la plus généralement reçue, Rome a été fondée par Romulus, descendant d’ Éne'e et des rois d’Albe, l’année avant l’ère chrétienne, de manière qu’on compte aujourd’hui 2489 années depuis sa fondation. D’abord elle ne comprenait que le mont Palatin. Après l’enlèvement des Sabines et les guerres qui s’ en suivirent, on ajouta le mont Capitolin; alors la valle'e qui sépare les deux collines devint son Forum. Numa successeur de Romulus renferma dans la ville une partie du Quirinal. Tullus Hostilius troisième roi de Rome après avoir détruit Alba fixa le séjour des Albains sur le mont Caelius. qui dès lors fît partie de la ville. Ancus Marcius son successeur ayant détruit les villes de Tellene , Ficana , et Politorium , en transporta les habitanssur le mont Aventin qu il réunit a la ville ; ce roi jeta un pont de bois sur le Tibre , il fut connu sous le nom de Sublicius, et dans la suite lut rendu célèbre par la valeur de Coclés; U construisit aussi une citadelle sur le Janice e. Servius Tullius acheva l’agrandissement de la ville, lorsqu’ il renferma dans

ï este du Q llirina Ue Viminal C 1 bsqmhn; il entoura la ville de murs très

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solides en blocs carrés de tuf volcanique, et fortifia cette même enceinte d’un agger ou rempart, depuis l’extremité du Quirinal , jusque près de l’arc de Gailien sur l’Esqui- 1 in. La ville comprenait alors les sept monts, et une très petite portion du Janicule: ainsi elle eut environ 8 milles de circuit. Depuis Servius jusqu’à T empereur Aurélien, quoiqu’elle se soit élargie beaucoup au dehors, l’enceinte ne subit aucun changement: mais cet empereur craignant que les barbares dans une de leurs incursions ne s’emparassent de la ville par un conp de main l’environna de murs nouveaux , qui furent achevés par Probus vers l’année 27 G. Si l’on veut croire Vopiscus , écrivain contemporain , cette enceinte avait presque 5o milles d’étendue; cette enceinte paraîtrait exage*ree si l’on ne considérait pas la grandeur immense de la ville et la population qui devait affluer dans la capitale du monde; en effet les ruines des bâtitnens publics occupent un espaces! grand, qu’il serait difficile de trouver ou placer les maisons des simples particuliers dans les limites de l’enceinte actuelle. Le fait est qu’on ne trouve point de vestiges reconnus de l'enceinte d’ Aurélien et que les murs actuels , outre qu’ils sont bien plus rétrécis , n’ayant que seize milles et demi de circonférence, présentent, sous plusieurs rapports, une époque postérieure a celle d’Aurélien. La partie la plus ancienne qu’on remarque dans cette ancein-

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te est celle d’IIonorius, qui rétablit les murs vers l’année 4 02 de l’ère chrétienne; c’est a lui qu’on doit attribuer plusieurs des portes, comme on le reconnaît par les inscriptions qui y sont gravées. Sur le côté droit du Tibre la ville est environnée de murs tout a fait modernes; le Vatican n’a été renfermé dans la ville que par le pape Léon IV vers l’année 85a, pour défendre l’église de st. Pierre des incursions des Sarrazins. Dans la ville moderne on peut porter l’espace qui est occupé par les habita ns a un tiers de l’enceinte; dans le reste on ne voit que des jardins potagers, des vignobles et desjnaisons de campagne: Aujourd’hui villas. On compte douze portes ouvertes,, savoir huit sur la rive gauche du Tibre, qu’ on appelle: Fl ami ni a ou du. Peuple , Salaria, Pie, st, Laurent Majeure , st. Jean , Appia ou st, Sebastien, et st, Paul', quattre sur la rive droite, c’est a dire, deux dans le Transte vere qn’on appelle Portèse, et st. Pancrace, deux dans la ville de Léon IV au Vatican, savoir Cavalleggieri et Angélique .

Outre celles-ci , sur la rive gauche du Tibre, il y en a cinq qui sont fermées, c’est h dire les portes Pinciana, Fiminalis, Me- Iront s, Latina, et Ardeatina, et trois sur la rive droite au Vatican, savoir les portes Fabbrica, Pertusa,^ Caste llo; sans compter plusieurs autres petites portes qui sont aussi fermées depuis long tems.

Le Tibre traverse Piome du nord au midi

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et facilite le transport des vivres et des marchandises ; on passe d’une rive a l’autre au moyen de quatre ponts en pierre, qu’on appelle: Ælius ou st. Ange, Janiculensis ou Sixte , Fabricius ou Quattro Capi , et Gratien ou st. Barthélemi . On voit les restes de trois autres ponts qui sont ruines , savoir ceux que les anciens appelaient: Faticanus , Palatinus , et Sublicius , ou Æmilinus.

Du tems de Servius Tullius, Rome fut partagée en quatre quartiers, qu’il appela regiones savoir: le Palatina , la Subura na, X Esquilina, la Collina. Auguste fit un nouveau partage de la ville, qu’il divisa en XV Regiones ou quartiers qui portaient les noms suivans: I. Capena, II. Cœlimontana , III. Isis et Se r apis, IF. Fia Sacra, F. Esquilina, FI. Alta Semita, FU Fi la Lata, VIII. Forum Romanum, IX. Circus Flaminius ,X. Palatium, XI. Circus Maximus, XII. Piscina publica , XIII.

Aventina, et XIF. Transtiberina . Aujourd’ hui elle est aussi divisée en quatorze quartiers ou Rioni, nom dérivant de Regiones, ils s’appellent: I. Monti, II. Trevi , III. Colonna,IF. Campo Marzo. F. Ponte, Fl.Parione, FII.Regola,FIII.S.Eustachio , IX.Pigna .X.Campitelli, XI.S.Angelo , XII. Ripa, XIII. Trastevere , et XIF. B or go. Il est inutile de rappeller que la division moderne n’a aucune analogie avec l’ancienne si ce n’est le même nom-

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bre de quartiers. La population de Rome et des faubourgs d’après le dernier dénombrement fait en 1 838 , monte a 1 48908. habitans.

Quoique Rome ne soit plus aussi puissante qu’autrefois, elle peut cependant être - encore considérée comme la plus belle ville de l’Univers. Saccagée et incendiee a diverses époques, elle a toujours trouvé, dans son propre fond, de quoi se relever de ses malheurs. Les obélisques, les colonnes, les statues , les bas-reliefs , et tant d’ autres chefs-d’ oeuvres de l’Art, tirés des ruines et des décombres, où les barbares , ou plutôt l’ignorance du moyen-âge les avait enfouis; les restes des anciens temples , des arcs de triomphe, des cirques, des théâtres, des amphithéâtres, des thermes, des tombeaux, des aquenducs et d’ autres édifices qu’ on voit a chaque pas, frappent d’ étonnement et d'ammiration les yeux de l’observateur, par leur magnificence, et forment la richesse principale de cette métropole.

Plusieurs des édifices modernes de Rome rivalisent en magnificence avec les anciens; a chaque pas on rencontre des églises somptueuses, et de grands palais, riches en tableaux et en statues; des places magnifiques; de belles fontaines; des maisons de plaisance, qui renferment de belles collections de monumens de l’Art, anciens et modernes: deux musées où on a rassemblé les chefs-d œuvres de la sculptures égyptienne, giecque et romaine. Bramante, Raphaël, Mi-

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cliel-Ange, Carrache, Vignole, Bernin, Canova, Th orwaldsen et tant d’ autres célébrés artistes, semblent avoir été suscités par la Providence, pour enrichir Rome et en faire la ville la plus magnifique du monde entier.

Les mon u mens des Arts de tous les âges.

les cnefs-d œuvres que Rome renferme , son gouvernement pacifique, et son climat , en ont fait le siège des Arts. Ainsi, outre l’Académie des Beaux Arts , dite de st. Luc, que le gouvernement pontifical entretient, les gouvernemens étrangers tel que la France, la Russie, le Piémont, Naples et plusieurs cours de V Allemagne v ont formé des Aca-

emies et y entretiennent des élevés pour le meme objet.

Depuis long-tems, de nombreux établissemens littéraires ont été érigés a Rome; parmi eux il faut compter d’abord l’Université qu’on appelle Y Archiginnasio Romano , ou la Sapienza , elle est la première dans les Et ats Romains et date au moins du X1ÏI siècle. Outre celle-ci il y a les écoles publiques du Séminaire Romain et du Collège Romain, les Collèges Nazzareno, Capranica , Doria, Ghislieri, démentir), de Propaganda, Anglais, Ecossais, Irlandais etc... 11 y a aussi plusieurs Académies, ou sociétés savantes , c’est-à-dire : 1’ Académie Catholique pour les sujets théologiques et philosophiques; l’Académie, dite des Lyncées pour les sciences exactes et physiques ; l’Académie d’ Archéologie, pour les antiquités, et P Aca-

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demie dite 1’ Arcadia pour la langue et la littérature italienne. 11 y a aussi beaucoup de gens de lettres, et, peut-être, en plus grand nombre que dans d’autres villes de 1 Italie , et des pays etrangers.

Le commerce principal de Rome est celui des objets des Beaux-Arts, tel que les camées, les mosaïques, les sculptures , les gravures etc. On y fabrique des soieries , des draps, des fleurs, des perles artificielles, des peignes, des cordes armoniques , des chapelets etc.

Les établissemens de charité' abondent

a Rome plus qu’ailleurs, car outre plusieurs établissemens de ce genre qui sont entretenus par des nations étrangères, pour leurs nationnaux, il faut remarquer le grand hôpital du st. Esprit , pour toutes sortes de maladies, pour les enfans trouvés et les fous; 1’ hôpital dest. Jacques des incurables; pour les plaies et les maladies vénériennes; l’hôpital de la Consolazione , pour les blessés ; l’hôpital de st. Jean de Latran, pour les femmes attaquées de la fièvre; l’hôpital de st.

Gallican, pour les maladies cutanées, et l’hôpital de st. Roch, pour les femmes en couches. U y a encore plusieurs maisons de réclusion, et un grand nombre de conservatoires pour les personnes pauvres; les plus remarquables sont : le grand hospice de st. Michel, pour les garçons et les filles orphelines, et pour les vieillards; la maison qu on appelle Pio Instituto di Cet rit à ;

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le conservatoire des Mendicanti pour des filles orphelines, et la maison des Orphelins.

On ne peut pas dire que Rome soit une ville très gaie pour les amusemens, cependant il y a un Amphithéâtre, trois grands Théâtres nommés d’ Alibert, d’ Argentine, et de Tordinona, le théâtre Vallé pour les opéras ordinaires, et d’autres petits théâtres, tel que ceux de Capranica, de la Paix, et de Pallacorda.

A Rome, les cérémonies religieuses tiennent le premier rang; o! est ici que la religion catholique se montre dans tout son éclat, et dans toute sa majesté. Il n' y a pas de ville où F on puisse voir des cérémonies, qui é°alent celles de la semaine sainte, de la fête Dieu, de la st. Pierre et de Noël, qui se font an Vatican.

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