PALAIS SCIARRA
La belle architecture de ce palais est de Flamine Ponzio , excepté celle de la grande porte construite en travertin, qu’ on croit d’Antoine Labacco , et qui certainement ne mérite pas les éloges qu’on lui prodigue.
Da ns le premier étage, on conserve une belle collection de tableaux choisis, que l’on considère comme une des plus importantes de Rome.
En entrant dans la première chambre , du cote de l’entree on voit î une belle copie de la Transfiguration de Raphaël, attribuée à Mr. Valentin, ou selon d’autres à Charles Napolitain ; le saci’ifice d’Abraham, par Gérard des nuits; st. Augustin faisant l’aumône , par Charles Maratta; une sainte Famille, par Innocent d Imola ; une Notre-Dame avec l’enfant Jésus, par Jean Bellini; une Cléopâtre, par Lanfianc , tableau peint avec beaucou.) d’àme ; st. Pierre qui guérit un malade, par Romanelli; une Notre-Dame, d’école Florentine, et un portrait, d’école vénitienne; ensuite: la décollation dest. Jean Baptiste, par Mr. Valentin; la Vierge avec deux saints, de 1’ école de Pierre Perugin ;
Palais Sciarrci .
sainte Barbe, par Pierre de Cortone; un Ecce Homo , par le chevalier d’Arpin ; le portrait du cardinal François Barberini, par Charles Maratta; une sainte Françoise, par Charles Vénitien ; st. Fabien, par Vovet, et une Déposition par Bassano. Sur la face où est Rentrée de la seconde chambre, on admire: Borne triomphante avec la Tibre et le Tigre, par Mr. Valentin; la Samaritaine, par Garofalo; une Notre- Dame par Titien ; un tableau peint des deux côtés attribué à Charles Dolce , d’un côté est représenté le Christ sur la croix, et de l’autre, la prière au jardin ; le massacre des innocens , par Bassano, et une sainte Famille de l’école de Sienne.
La seconde chambre renferme une collection de beaux paysages , et en commençant la description du côté de l’entrée, dans le milieu on remarque: un petit tableau, par Saîvator Rosa, et deux Claude Lorrain , savoir: le lever et le coucher du soleil; le Vésuve qu’on voit du côte droit de ceux-ci est d’école Vénitienne; le tableau du côté gauche dans lequel est une chute d’eau, est de Botb; le tableau qui est dessous est de Paul Brilli , ainsi que celui sous le Vésuve. Touts les autres tableaux rangés de ce côtés sont d’Orizzonte et de Localelli, à l’exception de celui qui est sur la porte, et de celui qui est dans le milieu sur le petit Saîvator Rosa , qui sont du frère de Both , auquel appartiennent aussi les deux qui sont places vis-à-vis. En face de la fenêtre on voit un tableau représentant l’intérieur de l’église du Jésus, travail de Galiano , dans lequel André Sacchi peignit les figures. Des six peintures à cote du tableau de-
Palais Sciarrà
oS
crit , les deux supérieures sont d Orizzonte, suivent deux Locatelli , et enfin deux beaux ouvrages de Both. Au milieu de la iace contiguë» il faut remarquer : un tableau de Nicolas Poussin dans lequel il peignit st. Mathieu; sous celui-ci , st, Jean qui baptise le Divin Rédempteur sur les bords du Jourdain , par Breguel. Des quatre tableaux à côté du Breguel, les deux plus proches sont de Claude » et les autres sont flamands. A’ la droite du Poussin» une vue du chateau de Naples , travail de Canaletto , et au dessus un petit tableau par Salvator Rosa , méritent attention. Les autres tableaux qu’on voit sur cette paroi et dont on n’a pas parlé, sont peints par Locatelli , Orizzonte , et l’Ecole de Claude. Des tableaux qui sont près de la fenêtre , les six supérieurs sont
de style flamand , les deux inférieurs de Paul Brilîi.
Dans la troisième chambre le premier tableau
à gauche du côté de l’entrée est une bambochade flamande ; ensuite le Calvaire, de l’école de Buouarroti ; les noces de Cana par Poînarancio ; sur la porte , les profanateurs du temple , ouvrage attribué à Bassano , ainsi que les autres tableaux représentant , l’oraison au jardin , le départ de l’Egypte et trois bambochades qu on voit touts également placés sur Îe3 poi tes. En continuant le tour, on admire une déposition par Baroche; une Vierge avec l’Enfant- Jésus, par François Francia; Circé qui transforme les hommes en bétes, bel ouvrage de Benvenuto Garofalo ; deux petits tableaux reuréentant une chasse et un assaut par Tempesta; lle Clail!;ü par Elisabeth Sirani ; le Christ
Palais Sciarra .
dans les souffrances , d’ ecole flamande une Notre-Dame avec l’enfant Jésus et différens saints, par André del Sarto ; une Flagellation, par Scarsellino ; une sainte famille, de l’école de Michel-Ange ; un tableau représentant une vision, travail de Gaudenzio Ferrari; une sainte Famille, par Scarsellino, et st. Pierre qui prêche, par Charles Maratta. Sur la façade contiguë, on voit: un petit paysage attribué à Breguel ; noli me tangere , par Benvenuto Garofalo ; Samson, par Garoselli; Moyse, par le Guide, dans sa manière forte ; une Notre-Dame, d’Albane; le beau tableau de Garofalo qui représente la Vestale Claudia , tirant le vaisseau sur le quel est le simulacre de Pessinonte ; une bambochade, par Teniers; une Notre-Dame, de l’école de Corrège ; une copie de la Fornarina de Raphaël , attribuée à Jules Romain ; une sainte famille, par Charles Maratta , et un tableau d’auteur inconnu; Sur le côté de la fenêtre, on observe : le massacre des innocens, par le Scarsellino; P adoration des Anges, par Luc Kernach ; deux petits paysages d’ auteurs inconnus ; les trois âges, par Vovet; l’adoration des Rois , par Garofalo ; deux petits paysages flamands , et deux petits tableaux, par Teniers.
En passant dans la dernière chambre, et en commençant aussi à observer du côté gauche de Rentrée , on voit : une belle peinture , par Schidone elle représente la parabole évangélique de l’Irvaie; puis une Vierge, par F. Bavthélemi del Piombo ; Di don abandonnée , de Scarsellino ; deux Evangélistes, par Guerchin; un tableau de Schidone, nommé R Arcadie ; un joueur de violon, portrait inconnu que quel”
Palais Sciarra.
ques-uns croient celui du célèbre Tebaldeo, ouvrage sublime fait par Raphaël en 1518, d apres l’inscription originale; Erodiade qui reçoit la tète de st Jean, ouvrage de Giorgione; le départ d’Eoee, par Scarsellino ; deux petits tableaux d’école flamande , l’un représentant 1 enfant prodigue, l’autre l’Apocalypse de st. Jean ; 1 amour conjugal, par Augustin Garracbes; Venus qui ordonne les armes pour Enee, par Breguel; la Samaritaine parAlbane;la tentation de st.x4.ntoine, du dit Breguel; les joueurs, célèbre ouvrage de Michel-Angel deCaravage; la vanité et la modestie, peinture renommée, de Léonard de Vinci ; Orphée dans le palais de Pluton, de Breguel ; la fuite en Egypte par Albane; une foire de paysans, par Breguel ; une Magdelaine, ouvrage sublime de Guide, termine cette face. Sur celle qui suit, on voit: un petit paysage de Breguel ; une petite peinture du Giotto, bien conservée; un portrait inconnu, par Bronzino; la famille du Titien, peinte par lui meme; st. Sebastien, par Pierre Perugin ; le martyr de st. Erasme , ébauche du tableau de Nicolas Poussin existant dans la galerie du Vatican ; le fameux portrait connu sous Je nom de la belle du Titien, peint par lui meme; un st. Jacques par Guerchin; la mort de la Vierge, réputé d Albert Durer ; le st. Jerome, de Guerchin , et enfin entre les fenêtres, on admire l’autre Magdelaine dite des racines, par Guide, peut-être plus belle que celle sus-indiquée dont elle semble ttie une répétition avec peu de variations.
Ge palais donne le nom à la place sur laquelle il est situé ; il faut remarquer que plusfears decouvertes faites sous Pie IV, et d’autres , qui
Église de st. Marcel .
ont été faites en 1641 , ainsi que quelques restes qui existaient alors , ont fixe la plac de l’arc, triomphal de l’empereur Claude près du carrefour, où la rue du Cours est traversée par celles qui se dirigent vers la fontaine de Trévi et vers la douane où est le temple dit d’Antonin, non loin de l’arc moderne de Carbognano. Ce monument avait été érigé à Claude par le sénat et le peuple romain après la conquête de la Grande Bretagne , et des îles Orcades, comme il résulte d’ un fragment d’inscription ancienne qu’on y trouva , et qui est dans la cour du palais Barberini.
Le palais qu’on trouve à droite peu après le pal ais Sciarra sur Je Cours, appartient aujourd’ hui au prince de Piombino : il a été bâti d’après les dessins d’Alexandre Speechi pour la famille De Caroîis.
Vis-à-vis ce palais est 1’
ÉGLISE DE St. MARCEL.
D’après une tradition ancienne cette église a été bâtie originairement dans la maison de ste. Luciue, darne romaine, vers le commencement du IV siècle. Dans le Vf siècle elle était déjà un titre de cardinal sous la dénomination du saint pontife Marcel I qui y était mort de souffrances. Adrien I la restaura. En 1369 Grégoire XI la donna aux religieux servîtes qui la desservent encore. Elle fut rebâtie en 1519 sur les dessins de Jacques Sansovino, à 1 exception de la façade , qui est d un fort mauvais goût et qui a été construite par Charles routa na. Les peintures les plus remarquables de ce» te église sont celles de la quatrième chape e a
c °iisc de sic* Marie in P ia Lctlci* o 9 ]
droite, consacrée au Crucifix, où la création d’Eve représentée sur la voûte est un ouvrage fort beau de Périn del Vaga , qui peignit aussi le st. Marc, et le st. Jean, à l’exception de la tête et du bras qui est nu: cepeintre fit aussi les deux enfans qui embrassent un chandelier ; le reste a été' fait par Daniel Ricciarelli de Vol terre , qui, aidé par Pèlerin de Modène , acheva les peintures de cette chapelle d’après les cartons du susdit Périn; Louis Garzi peignit les volets qui couvrent l’ image du Crucifix. Dans cette église est enseveli Pierre Gilles mort en 1555, qui fut un des plus fameux voyageurs du XVI siècle, et qui écrivit plusieurs ouvrages savants.
Au delà de cette église, la rue à gauche correspond à l’ancien vicus I si dis , ainsi appelé d’un, temple d’Isis surnommée Exor ata. A\ roi» te sur la rue du Cours est 1’
ÉGLISE DE Ste. MARIE IN FIA LATA.
D a ares une ancienne tradition on croit qu^ dans 1 endroit , où est cette église , i’ apôtre. Si. Paul demeura chez le centurion qui, par ordie de E estas, le conduisit à Rome, selon le^ actes des apôtres ; on croit aussi que la source ü eau qu’on y voit , jallit pour baptiser les personnes que 1 apôtre, d’après les mêmes actes, convertit a la religion chrétienne. Un oratoire
y lut construit dans les premiers siècles ; mais le sol de Rome ayant été élevé jusqu’au niveau actuel , cet oratoire devint souterrain e on y descend par un escalier fort commode.
nA, . au ' el a P lacc le* portraits des deux a-
lerre et st. Paul, sculptes par Fan-
1 est au pape Sergius I qu’on attribue la
Palais Doria.
construction pxùmitive de cette église veis la fin du VIH siècle. Innocent VIII la rebâtit vers l’anne'e 1485 et à l’occasion de cette reconstruction il démolit un ancien arc de triomphe , qui était près de là, et qu’on croyait de Gordien III. En 1 662 elle fut renouvelée. La façade a été faite vers la moitié du XVII siècle sur les dessins de Pierre de Gortone, qui Fa ornée de deux ordres de colonnes, corinthiennes et composites. L’ intérieur de l’église fut bâti d’après les dessins de Gôme de Bergame. Les colonnes de la nef sont en marbre cipollin , plaquées de jaspe de Sicile. Dans la première chapelle à droite est un st. André, ouvrage d’Hyacinthe Brandi , peint dans la manière du Guerchin.
Cette église est à côté du