ARC DE TITUS
Cet arc de triomphe fut élevé par le sénat et le peuple romain, en l’honneur de Titus, fils de Vespasien, pour la conquête de Jérusalem.
Il est de marbre pente'lique et orné de superbes bas-reliefs. Quoique moins grand que les autres arcs de triomphe, et qu’il n’ait qu’une seule arcade, c’est le plus beau monument, en ce genre, qui soit parvenu jusqu’à nous. Il était orné de chaque côté, de quatre demi-colonnes cannelées, d’ordre composite, mais il n’en reste plus que deux sur chaque façade: elles supportent un entablement sur lequel pose Fattique.
Sous l’arc, aux deux côtés, sont .deux bas-reliefs fort beaux, malgré le délabrement qu’ils ont souffert du tems : à gauche on voit Titus triomphant , sur un char attelé de quatre chevaux de front, que Rome sous le figure d une femme, conduit par les rênes; la Victoire couronne l’empereur, et une troupe de soldats le précède et le suit. A’ droite est representee la partie la plus intéressante de la pompe triomphale qui précédait le char, c’est à dire: des prisonniers, la table d’or avec les vases sacres,
Église de ste. Françoise Romaine. 1 3 1
une grande analogie de style avec le reste du bâtiment.
La nef septentrionale est essez bien conservée, de meme que le portique d’entrée. On remarque un changement dans la construction primitive de cette basilique, car d’abord elle avait seulement une enlrëe vers le Colisée , où est le portique , et au fond de la grande nef une tribune,* depuis, on ouvrit une autre entrëe vis-à-vis le Palatin, on la décora de quatre colonnes de porphyre, et on changea en tribune l’arceau de milieu de- la nef septentrionales. Les dernières fouilles ont fait voir plusieurs restes du pave' en jaune antique , et marbre blanc, de meme que quelques parties du revêtement des murs; des bases et des chapiteaux, des colonnes, de l’entablement, et deux tronçons des colonnes de porphyre qu’on a re'unis ensemble en une colonne dans la cour des Conservateurs. Dans cette occasion on découvrit aussi dans la tribune ajoutée , des peintures grossières du XIII siècle, qui indiquent qu’on y avait enterré quelques personnes , dont on trouva les ossemens : ces peintures ayant été faites sur le mur, manquant du sevêtement et des ornemens, font voir qu’à cette époque le bâtiment était déjà ruiné
Près de cette basilique est 1’
ÉGLISE DE Ste FRANÇOISE ROMAINE.
L origine de cette eglise est fort ancienne; elle fut bâtie par le pape Paul I, et refaite ensuite par Léon IV. Sous Paul V, elle fut renouvellee d’après les dessins de Charles Lambardi, qui bâtit la façade telle qu’on la voit au-
134 Temple de Vénus et de Rome.
nGr aux ruines ou on voit 1 cglise et le monastç. re deste. Françoise. Ayant soulFeitpar uninceii. die, Maxence le reconstruisit, comme nous l’ap,
prenons d’Aurèle Victor et d’un Anonyme contemporain, et comme on peut le remarquer par le style de la Cella. Ce temple s’élevait au milieu d'une enceinte oblongue, formée par un portique à double rang de colonnes de granit gris, dont on voit un grand nombre de tronçons. Ce portique avait 500 pieds de longueur, sur 300 de largeur, et on voit encore les substructions sur lesquels il s’élevait; les colonnes avaient environ 3 pieds et demi de diamètre.Le temple était partagé en deux, parties, pareeque il y avait deux cellae distinctes et séparées, et deux façades; cependant il ne formait qu’un seul corps et pour cela il faut le considérer comme un temple seul. 11 entre dans la cathe'gorie de ceux que Vitruve appelle pseudo diptères , parcequ’il avait deux rangs de colonnes à chaque façade, et un seul rang sur les côtés: il avait 333 pieds de long sur 160 pied de large; les deux façades avaient chacune un rang de dix colonnes; 20 colonnes décoraient les côtés. Ces colonnes étaient en marbre de Proconnèse, cestà-dire blanc avec des veines grisâtres, de pies de 6 pieds de diamètre, d’ordre corinthien, et cannelées, comme on peut le voir par les i a £ mens qui en restent. Les murs extérieurs e a
cella étaient aussi revêtus de ce meme m , ar , r . de 5 pieds et demi d’épaisseur, et le pave e a
plaqué de même. < , j a
On montait au portique d’enceinte et a , u ur du temple, soit du côté du forum, 501
COUT u u. icuijnv, -- nlÛÜ
côté du Colisée. Du côté du forum on y ni
Temple de Venus et de Rome. 133
les trompettes d’argent, le candélabre d’or à sept branches, que des soldats couronnes portent sur leurs épaules, et d’autres dépouillés du temple de Jérusalem. On voit sous la voûte de l’arcade, ornée de très belles rosaces, la ligure de Titus assise et portée par un aigle, qui fait allusion à son apothéose. Cette circostance et le titre de divus qu’on donne a Titus dans l’inscription, sont des preuves que cet arc fut érigé après sa mort, c’est-à-dire sousDomitien. Le style de ce monument est parfaitement semblable à celui des autres bâti mens qui furent érigés par cet empereur. On remarque dans les angles des deux façades de l’arc, quatre Victoires assez bien sculptées et d'un très bon goiit. Sur la frise de l’entablement , est représentée la suite de la pompe triomphale, ou on distingue le simulacre du fleuve Jourdain, porté sur un brancard et indiquant la conquête de la Judée, plusieurs figures qui conduisent des bœufs pour les sacrifices, et des soldats avec des boucliers ronds, sur lesquels est une tete de Méduse. Le Pontife Pie VII. a fait restaurer cet arc, par l’architecte Valadier. A’ cote sont les ruines du
temple de venus et de rome.
L empereur Adrien, fit lui même les dessins de ce temple et en dirigea la construction.
Dion nous en a conservé le souvenir et en désigne l’emplacement primitif sur les ruines de i Atrium de la maison dorée de Néron, au somtftet de la voie sacrée et près de l’arnphithéatre: ainsi on ne peut pas douter de J’emplace- Rient de ce temple, ni du nom qu’on doit don-
Palais des Césars.
de hauteur audessus du niveau de la mer; l’église de ste. Anastasie , le grand Cirque , l’arc de Constantin et l’église de ste. Marie Libératrice, marquent les limites et presque les angles de cette colline. Elle fut le berceau de Rome; les cinq premiers rois habitèrent sur cette colline ou près d’ell e: car Romu* lus eut sa chaumière dans cette partie de la colline par laquelle on descendait au grand Cirque, c’est-à-dire vis-à-vis l’Aventin; Numa demeura près du temple de Yesta; Tullius Ostilius eut sa maison sur le sommet qui domine le forum , et qu’on appelait Vélia; Ancus Martius habita sur le haut de la voie sacrée, où sont les restes du temple de Vénus et Rome, et enfin Tarquin l’Ancien eut son palais sur le bord de la colline qui domine le V élabrum. Les deux derniers rois habitèrent sur l’Esquilin. Dès les premiers mometis de la république on sait que Publicola commença à construire sa maison dans
la Vélia, mais il abandonna cette idée à cause des soupçons qui alarmaient le peuple; il la fit raser, et la rebâtit au pied de la colline. Dans le dernier siècles de la république, les Gracchus, Fulvius Flaccus, Quintus Catulus , Lucius Crassus, l’orateur Gneus Octavius , Scaurus, Hortensius, Cicéron, Clodius, Catilina, Marc-Antoine, Claude Néron, père de Tibère, et Octavius, père d’Auguste, eurent leurs maisons sur le mont palatin. A’ la maison d Auguste on doit le commencement du