SAINT ESCALIER
Lorsque Sixte V rebâtit le palais du Latran, il ne toucha ni à la chapelle, ni à aucune partie du Triclinium de Léon III, seuls restes qui échappèrent à l’incendie de l’ancien palais, qui s étendait jusque-là ; il fit faire , devant cette chapelle un magnifique portique sur les dessins
i 68 Basilique cle ste. Croix en Jérusalem.
meure , et où existait l’édifice nomme' Sessorium qui fit donner le nom de Sessorienne à cette basilique: elle s’appela aussi de ste. Croix en Jérusalem, parceque ste. Hélène y déposa une grande partie de la sainte Croix qu’elle trouva à Jérusalem. C’est aussi parceque cette église fut érigée par ste. Hélène, qu’on la trouve appelée quelquefois basilique Helinia na. Le pape st. Silvestre la consacra; elle fut ensuite restaurée par plusieurs pontifes. Enfin Benoît XIV. la rétablit telle qu’elle est à présent, sur les dessins de Dominique Grégorini.
Elle est à trois nefs, divisées pas des piliers et par huit grosses colonnes de granit d’Egypte. Le grand autel isolé est décoré de quatres belles colonnes de brèche coralline qui soutiennent le baldaquin. Sous cet autel est une urne antique en basalthe, ornée de quatre tètes de lion, dans laquelle on conserve les corps de st. Ce'sarée et de st. Anastase, martyrs. La voûte de la tribune est ornée de belles fresques, ouvrages, du Pinturicchio. Les deux tableaux de la partie inférieure de la tribune, et les peintures de la grande voûte de l’église, sont de Conrad Giaquinto. La porte que F on trouve ensuite, conduit à la chapelle souterraine de ste. Hélène, qui est ornée de peintures de Nicolas Pomarancio, et de mosaïques de Balthasar Peruzzi; à l’entree de cette chapelle on voit une ancienne inscription en l’honneur de ste. Hélène.
Dans la vigne à gauche on voit des restes
appartenants aux.
Basilique de ste. Croix en Jérusalem. 167
de la voie sur laquelle elle se trouvait, qui avait été construite par quelqu’un de la famille Asinia.Dès leXr siècle on l’appela porte duLatran, et porte st. Jean à cause du voisinage de la basilique de st. Jean du Latran. C’est par la porte Asinaria que Totila fut introduit dans Rome par la trahison des soldats Isauriens.
Le chemin moderne qui sort de cette porte est traversé à deux milles de Rome par la voie Latine , flanquée encore des ruines des tombeaux et d’autres édifices anciens, dont quelques uns sont fort bien conservés, et d’une belle construction en briques. On a donné à plusieurs de ces monumens le nom de Temple de la Fortune Mulièbre ; mais la distance qu’assignent Dénis d’Halicarnasse, PI u ta i que et Valérius Maxime à ce bâtiment, ne s’accorde point avec cette tradition, et nous fait reconnaître remplacement réel de ce tem pie d ans la ferme de Rotna Vecchia presque dans l’endroit où est la maison rurale. Ce temple qui tirait son origine de la piete filiale de Coriolan envers sa nière , semble avoir été ou restauré, ou refait par Faustine femme de M. Aurèle.
% rentrant à Rome on cotoie les murs de la ville et on peut voir leur construction intérieure, exemple des fortifications du V siècle, et on arrive à la ’
basilique de Ste. croix en Jérusalem.
Cette église qui est une des sept basiliques de Rome, a été érigée par ste. Hélène , mère e Constantin le grand, dans les jardins Variant construits par Heliogabale, où cet empereur sou successeur Alexandre Sévère ont de-
simphltècitre Castrense.
L’autre vigne, à droite del’église de ste. Croix renferme 1*
AMPHITHÉÂTRE CASTRENSE.
Cet amphithéâtre était entièrement construit en briques; il avait deux étages, dont la façade extérieure était ornée de demi-colonnes et de pilastres d’ordre corinthien. Il se trouvait hors des murs anciens ; on en remplit les arches, et on se servit de cet édifice lorsqu’on refit les murs de la ville, sous Honorius. On l’appela Castrense , parcequ’il était destiné aux combats des soldats contre les bétes féroces, et aux fêtes militaires qu’on appelait Lundis Castrenses.
Près de cet amphithéâtre, hors de la ville , était un cirque , construit probablement par Héliogabale ; dans le XVII siècle, on y trouva l’obélisque de granit, érigé en 1822 par Pie VII sur le mont Pincio.
Très près de la basilique de ste. Croix est la villa Conti , où sont les restes du réservoir d’eau des thermes de ste. Hélène ; on reconnaît cette dénomination comme authentique puisqu’on a trouvé près de ce réservoir une grande inscription de ste. Hélène qui fait allusion à ces thermes, et qu’on a placée dans le vestibule à croix grecque du musée du Vatican.
On passe sous les arcs néroniens , dont la constructions en brisques est très belle et trèssoignée, et on arrive à la
Jardins ariani.
JARDINS VARIANI.
On sait par Frontîn que les arcs néroniens commençaient dans l’endroit appelé Spes 'vêtus ( la Vieille Espérance) qui porta ce nom à cause de quelque monument érigé à l’Espérance, dans les tems les plus anciens, où d’après Lampridius étaient les jardins Variani, qui tiraient leur nom de Sextus Varius Marcellus, père d’Héliogabale. On voit des ruines considérables de ces jardins, adossées à l’église de ste. Croix, et transformées en celliers; la plus considérable est celle qu’on appelle vulgairement le temple de Vénus et Cupidon. 11 ne reste de cette édifice qu’une grande niche et deux pans des murs latéraux; le reste a été démoli pour en tirer des matériaux lorsqu’on a, rebâti la façade de ste. Croix. On a cru d’abord que c’était un temple, et qu’il avait été dédié à ces deux divinités, parceque dans le XVI siècle on trouva parmi des ruines la statue de Vénus avec Cupidon, que l’on voit aujourd’hui sous e portique de la cour du Musée du Vatican,
avec 1 inscription: Feneri Felici Sacrum Sal-
ustia ielpidus D, Z).; mais on a reconnu
depuis que cette statue représentait Sallustie
ai ie Oi Liane, femme d’Alexandre Sévère»
s ous la figure de Vénus.
Près de ces ruines est l’aqueduc de Claude
ont Sixte V profita pour faire un appui à
son aqueduc de l’eau Félix. Néron divisa l’eau
C auc henue dont il conduisit une partie sur le
uiont Cœlius et de la on la porta sur le montPa* latin. 1
Tom. I.
Porte Majeure.
de blocs énormes de travertin, et se compose de deux grands arcs et de trois plus petits, ornes de colonnes et de petits frontons, et surmontes parles inscriptions que je viens d’indiquer; Sixte V le perfora pour y faire passer son aqueduc de l’eau Félix. Depuis le moyen-âge il était couvert de mauvaise constructions et de chaumières qui en dérobaient toute la beauté; le pape actuel l’a fait déeombrer de toutes ces constructions ainsi on peut admirer ce monument dans toute sa magnificence. Dans cette circonstance on a trouvé un ancien tombeau
qu’on avait enclavé dans une tour. 11 appartient aux derniers terns de la république et porte le nom de marcus Vergilius Eurysaces
boulanger fournisseur.
En sortant de cette porte on voit à gauche dans les murs de la ville les anciens canaux des eaux Julie, Tepula , et Marcia, et un peu plus loins enfoncé dans le terrain, est celui de l’Anio Vêtus. Sur ces six aqueducs qui se croisent ici, il faut remarquer, que l’Anio nouvelle conduite par Claude était la plus elevee des autres et vénant de 43 milles de Rome en avait £2 de cours; que l’eau Claudienne, qu’on tirait des sources Céruleenne et Curtienne , à 38
milles de Rome sur la voie de Subiac , en avait 45 , que l’eau Julie fut conduite par Agi ipp a l’année 708 de Rome: par son niveau elle était la troisième, son cours était de 15 uii les; que l’eau Tepula fut conduite en 6- e Rome, par Cneus Servilius Cepion et Lucius Cassius Longinus, censeurs, et avait 13 milles de cours; que l’eau Marcia venait de 3a nulle
de Rome et avait 60 milles de cours, et c
Porte Majeure.