DU L AT RAN AU QUIRINAL
PLACE DE St. JEAN DU LATRAN.
nom de Latran que port ce quartier de Rome dérivé de Plautius Lateranus qui y avait sa maison. Au milieu de cette vaste place on admire le plus grand obélisque de Rome. Il fut érigé d’abord à Thèbes, dans la haute Egypte, oar Theutmosis II roi d’Egypte , comme on apprend par les cartouches qui portent son nom. Constantin le grand le fit transporter à Alexandrie pour l’envoyer à Rome; mais étant prévenu par la mort, son fils Constance le fit venir à Rome et l’érigea dans le grand cirque, selon Ammien Marcellin. Sixe V le fit deterrer à la profondeur d’enriron 22 pieds et le trouvant cassé en trois pièces, les fit réunir, restaurer, et ériger sur celte place, sous la direction de Dominique Fontana. Il est de granit rouge et charge' d’hiéroglyphes; sa hauteur est de 99 pieds sans la base et le piédestal. Devant cet obélisque est une statue de st. Jean l’évangeliste, et une fontaine. Il est facile de recon-
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étage sur les dessins de Fontana , on y voit la statue de Henri IV, roi de France, ouvrage en bronze de Nicolas Cordieri, de Lorraine.
Cle'ment VIII, fit renouveler la nef de la croise'e, par Jacques de la Porte, et Innocent IV fit refaire la nef du milieu, par Borromini, qui enveloppa dans des piliers les anciennes colonnes de granit. Enfin Clément XII fit construire la façade principale, par Alexandre Galilei, elle est bâtie en travertin, et décorée par quatre grosses colonnes et par six pilastres d’ordre composite, qui supportent un entablement et un fronton; au dessus est une balustrade, sur laquelle sont placées dix statues colossales de differents saints, celle du Sauveur est au milieu. Entre les colonnes et les pilastres sont cinq balcons; de celui du milieu, qui est orne de quatre colonnes de granit, le pape donne la bénédiction pontificale au peuple le jour de l’Ascension; c’est un spectacle sublime, que la localité, et la vue de la campagne et des montagnes des environs de Rome rendent encore
plus imposant.
On entre par cinq portes dans un grand portique soutenu par 24 pilastres de maibie, d or dre composite; au fond de ce portique est la statue colossale de Constantin, trouvée dans ses thermes. Cinq portes aussi donnent 1 entre#
dans la basilique. La grande porte de bronze a été transportée ici sous Alexande , était alors à l’eglise de st. Adrien près délaie de Septime Sévère. La porte mm ce est nom^ sainte , parcequ’elle ne s’ouvre que Jubilé. Des bas-reliefs, qui sont sur les po ♦
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de Hyacinthe Gemignani, du Camassei, de Charles Maratta et de Charles Mannoni. Dans la chapelle latérale à droite, sont deux colonnes , de serpentino i et une statue en cuivre de st. Jean Baptiste, faite d’après l’original de Donatello, et dans celle à gauche il y a deux colonnes d’albâtre oriental. En sortant de ce bâtiment par l’autre porte qui est dédiée à st. Jean, l’évangeliste, et qui était anciennement l’entrée du Baptistère, on voit deux grandes colon» nés de porphyre, d’ordre composite, enchâssées dans le mur, elle soutenaient un entablement antique.
On entre ensuite dans la
BASILIQUE DE St. JEAN DU LATRAN.
Cette basilique est le premier et le principal temple de Rome et du monde catholique. Oïl 1 appelle Basilique Costantinienne , parcequ’elle fut fondée par Constantin le grand; Basilique du Latran , à cause du lieu où elle a été bâtie; du Sauveur pareeque st. Silvestre la dédia au Sauveur, Basilique d'or, à cause des dons précieux dont on l’avait enrichie, enfin Basilique de st, Jean , parcequ’elle fut dediée a st, Jean Baptiste et à st. Jean l’évangeliste dans le VII siècle,
basilique primitive subsista pendant environ dix siècles; en 1308 elle fut presqu’entièrement détruite par un incendie , ainsi que le palais. Le pape Clément V qui résidait a ois a Avignon, envoya une somme considérable, aussi die fut bientôt rebâtie. Pie IV, ensuite, fit faire le beau plafond doré, et la façade aterale. Sixte V ajouta le portique à double
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l’on voit la superbe urne antique de porphyre, qui était auparavant dans le portique du Panthéon d’Agrippa. Jean Baptiste Maini modela la statue en bronze du pontife, et Charles Monaldi sculpta les deux figures latérales. On voit, vis-à-vis, sur le tombeau du cardinal Néri Corsini, sa statue, avec un Génie et la Religion assise , ouvrages de Maini. On trouvé aussi dans cette chapelle , quatre niches avec des statues ên marbre, représentant les vertus cardinales. Au dessus de chaque niche est un bas-reliefs en marbre.
En sortant de cette chapelle on revient dans la grande nef où est le tombeau en bronze de Martin V, de la maison Colonna, mort en 1431 Legrand arc de la meme nefestsoutenu par deux colonnes de granit rouge orientai, de la hauteur de 34 pieds. Le maître autel , placé dans le milieu de la croisée, est orné de quatre colonnes de granit, qui soutiennent un tabernacle gothique, où l’on garde, parmi les reliques les plus insignes, les têtes des ss. apôtres Pierre et Paul, dans des reliquaires en argent.
Au fond de la croisée est le magnifique autel du saint Sacrement, fait sur les dessins de Paul Olivieri î il est décoré d un tabernacle orne de p ierre précieuses , P i acé au milieu de deux anges de bronze doré et de quatre colonnes de vert antique. L’entablement et le fronton de bronze dore qui couronnent 1 autel , posent sur quatre colonnes cannelees du meme métal, elles sont d’ordre composite et ont 3 pieds 7 pouces de circonférence.^ On croit que ce sont les mêmes colonnes qu’Auguste ht faire après la bataille d’Actiurn, avec le bronze
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au est de Bernardin Ludovisi, l’autre du Maini, et le trosiéme de Pierre Bracci.
Cette église a cinq nefs, divisées par quatre rangs de pilastres: l’architecture est du Borromini qui couvrit les anciennes colonnes avec douze énormes piliers , qui de chaque côte, forment cinq arcades correspondant à autant de chapelles,* la nef du milieu est ornée des statues des douze apôtres placées dans des niches décorées de colonnes de vert antique. Parmi ces statues , celles de st. Jacques le majeur , de st. Mathieu, de st. André , et de st. Jean, sont du chev. Rusconi ; le st. Thomas et le st. Barthélemi, sont de Mr. le Gros; lest.Thadee, est de Laurent Ottoni; le st. Simon, est de François Maratti; le st. Philippe, est de Joseph Mazzuoli; le st. Jacques le mineur, est d’Ange de Rossi; le st. Pierre et le st. Paul, sont d’Etienne Monot.
La chapelle Corsini, est une des plus magnifiques de Rome : Clément XII l’érigea en l’honneur de st. André Corsini un de ses ancêtres, et Alexandre Galilei, en fut l’architecte. Sur l’autel, entre deux colonnes de vert antique, est un tableau eu mosaïque, qui représente st. André Corsini, copie de celui du Guide qui est au palais Barberini. Sur le frontispice de cet autel sont placées les figures de l’Innocence et de la Pénitence, sculptées par Pincellotti. Plus haut est un bas-relief où st. André Corsini est représenté défendant l’armée des Florentins , à la bataille d’Anghieri. La grande niche située du côté de l’évangile , est decorée par deux colonnes de porphyre , elle contient le beau mausolée de Clément XII où
Porte st. Jean .
de Dominique Fontana, et il y plaça le saint escalier, formé de 28 marches de marbre blanc, étaient au palais de Pilate , a Jéiusalem.
Cet escalier ayant été sanctifié par Jésus-Christ, qui le monta et le descendit plusieurs fois, on ne le monte qu’à genoux ; descendant ensuite par un des quatre escaliers latéraux. Les marches ont été tellement usées par le concours extraordinaire du peuple qui les a montées que pour pécher qu’on ne les usât davantage , Cle-
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ment XII les fit couvrir de gros madriers de noyer, lesquels ayant été uses aussi, ont ete refaits plusieurs fois.
Sous l’autel de la chapelle, au dessus du saint escalier, est une image très -ancienne du Sauveur, haute de cinq pieds, elle est en grande vénération, St. Leon 111 mit sous cet autel, dans une grande caisse de cyprès, et dans trois autres petites caisses, des reliques, avec cette inscription: Sancta Sanctorum , dont la chapelle prit le nom. # ,
En sortant de ce sanctuaire, on voit a gau
che une grande niche que Benoit XIV ^ erl ger pour y placer les memes mosaïques on le pape st. Léon 111 avait fait orner son Tricli ni uni , c’est-à-dire la grande salle à du palais du Latran. Ce monument vient d etr restauré sous la direction du baron Camucci ni et duchev. Valadier Vis-à-vis on trouve la
PORTE St. JEAN.
Cette porte a été substituée par le pape ^ goire XI II à l’ancienne porte JsW “ rl ^ ait fourd’hui fermée. Le nom d Asinaria d
Saint Escalier.
J eS éperons des vaisseaux égyptiens, et qui étaient au Capitole. Dans la partie supérieure on voit l’Ascension, peinture du chev. d Arpin nui est enterre dans cette eglise, et dont on voit le tombeau derrière la tribune , presque vis-à-vis celui d’André Sacclii. Les^ autres peintures qui ornent cette croisée sont d Horace Gentileschi, de César Nebbia, du Pomarancio et de Bernardin Césari. Dans la tribune on voit l’autel du Sauveur, que Nicolas IV fit ériger et orner de mosaïques, qui existent encore. Laporte latérale de l’église est décorée de deux belles colonnes de jaune antique cannelées, qui soutiennent l’orgue, elles ont 27 pieds de hauteur. Parmi les objets précieux que cette église renferme on doit remarquer la table où Jésus- Christ fit son dernier souper, et le portrait du pape Bonifaee VIII, que l’on croit de Giotto, et qui représente ce pape, entre deux cardinaux, publiant sur le balcon, le Jubilé de l’année 1 300. A l’église est annexé un cloître du XIII siècle, où le pape Urbain VIH fit rassembler plusieurs monumens du moyen-âge, sur lesquels on débitait des contes qui n’avaient aucune authenticité. En sortant de cette basilique , par la porte principale, on voit à gauche le