TROPHÉES DE MARIUS
Quoique plusieurs autiquaires croient que ce monument appartient à l’eau Marcie; d après les observations de Piranesi, le niveau des eaux qui entraient dans Rome est une preuve de fait que le canal qui versaint l’eau dans le bassin de cette fontaine ne pouvait être alimente' que par l’eau Julie. On appelle ces ruines les Trophées deMarius , à cause de deux trophées de marbre, autrefois placés comme ornemens sur les côtés de ce bâtimens, et qui, par ordre de Sixte V, furent transportés sur les balustrades du Capitole. On croit qu’ils furent érigés pour la double victoire que Marius remporta sur les barbares qui voulaient envahir l’Italie; mais en examinant le style de ces trophées et la construction du bâtiment il faut avouer, que ce monument appartient au tems de Septime Sévère, qui restaura les aqueducs et les autres bâtimens de Rome.
A’ gauche est P
ÉGLISE DE Ste. BIBIANE.
a 9 u Olympine , dame romaine , fit
bâtir cette egiise, en 363, dans l’endroit appelé ad JJrsum Pileatmn , près du palais de Licinius. Cette eglise fut consacrée par le pape st. Simplicius 1 an 470, en l’honneur de ste. Bimane. Honorius III la fit restaurer en 1224.
Urbain VIII, après l’avoir rétablie en 1625, fit faire la façade sur les dessins du Bernin , et l’orna de peintures. Elle est à trois nefs séparées par huit colonnes antiques, dont six sont de granit. Des dix fresques de la nef du mi-
L80 Basilique de st.Laurent hors des murs .
la partie que le pape Honorius ÎII ajouta lorsqu’il changea la direction de l’église. A côté de la porte principale, on voit un sarcophage antique, orne d’un bas-relief, représentant un mariage romain : il sert de tombeau au cardinal Fieschi. Dans la nef du milieu sont les deux ambons de marbre , qui servaient à chanter les évangiles elles épitres. En montant à la tribune, dont le pavé est en opus alexandnnum , au fond, on voit le vieux siège pontifical orné de differentes pierres. Cette tribune est la basilique primitive, rebâtie vers 1 an 578 parPélage II; elle est decorée de 12 superbes colonnes de marbre violet, cannelées, et dont la plus grande partie est sous le sol; les chapiteaux sont d’ordre corinthien: deux desquels ont des trophés au lieu des feuilles d’acanthe. Ces colonnes soutiennent un entablement composé de diverses pièces: dontquelques unes sont fort bien travaillées ; elles ont etc tirées de différens endroits. Au-dessus de cet entablement sont 12 autres colonnes plus peti tes; les deux qui se trouvent au fond de la tribune, sont de porphyre vert. Le maître autel est isolé et orné de quatre colonnes de porphyre rouge, qui soutiennent un baldaquin de marbre. Sous cet autel est la Confession de st. Laurent, où repose le corps de ce saint et celui dest. Etienne Proto-martyr. Derrière la tribune est le sarcophage ou fut enseveli st. Zosime pape, Pannée 418 de Père chiétienne il est orne de bas-reliefs représentant des Génies qui vendangent : sujet qu’on voit souvent représente sur les monumens des premiers siècles du christianisme.
Basilique de st. Laurent hors des murs. 179
Tivoli: maintenant ont 1 appelle de st. Lauient parcequ’elle conduit à la basilique de ce nom. On a adossé cette porte au monument de 1 ancien aqueduc des eaux Marcie, Tepula , et u lie restauré par Auguste, Titus, et Caraca a, comme on le voit par les inscriptions existantes,
A’ un demi-mille hors de cette porte on
trouve la
BASILIQUE DE St. LAURENT HORS DES MURS.
Constantin le grand bâtit cette basilique vers l’an 330 dans une propriété nommee Fundos V^eranus , appartenant à Cyriaque dame romaine, elle fut successivement restaurée par plusieurs pontifes , et principalement par Honorius III, qui changea la direction de la basilique en y ajoutant la grande salle vers l’occident et fit bâtir le portique en 1216. Dans cette église ce même pontife couronna le comte d’Auxerre, Pierre de Gourtenay, empereur latin de Costantinople, lorsqu’il passa par Rome en allant prendre possession de cet empire. Elle fut enfin mise dans l’état actuel en
Le portique de cette basilique est soutenu par six colonnes d’ordre ionique; lesquelles , ainsi que celles de la grande nef, ne sont pas de même diamètre, et les chapiteaux n’ont pas été faits pour elles. Les peintures qui décorent le portique sont du tems d’ Honorius III, et représentent plusieurs sujets relatifs à l’histoire de ce pape, de st. Laurent et de st. Etienne,
L’intérieur de l’église est à trois nefs, divisées par 22 colonne 'ioniques de granit: c est
1 82 Basilique de ste. Marie Majeure *
gea en 1595, en mémoire de l’absolution donnée à Henri IV roi de France.
Presque vis-à-vis cette colonne est l’église de st. Antoine abbé; on la croit bâtie sur les ruines d’un temple de Diane, ou plutôt de la basilique de Sicinius.
Suit la grande place de ste. Marie Majeure, où, sur un grand piédestal, est une colonne cannelée, de marbre blanc et d’ordre corinthien, la seule qni soit restée entière, de celles qui soutenaient la voûte de la basilique de Constantin. Ellea 58 pieds et demi de hauteur, compris la base et le chapiteau, et 19 pieds 3 pouces de circonférence. Ce fut Paul V qui la fît elever sur cette place, sous la dii'ection de Charles Maderno, et qui sur le sommet plaça la statue en bronze de la Vierge, moulee par Guillaume Bertolot. Sur cette place est la
BASILIQUE DE Ste. MARIE MAJEURE.
Cette église est placée -sur le sommet du mont Esquilin, qu’on appelait Cispius , près du temple de Junon Lueine. Son origine remonte à l’an 352, sous le pontificat de st. Li* bère; elle fut construite après une vision que lui et Jean le Patricien eurent dans la même
nuit, et qui fut confirmée le lendemain par une
chute miraculeuse de neige le 5 août, pio ] g e qui donna motif à la fête que l’eglise ce è te ce même jour. La neige couvrit précisément 1’ espace que devait occuper 1 e |> ise .’ c’est pourquoi elle prit le titre de ste.n al . ad Nives , et de Basilique Libérienne , P 13 !
aujourd’hui on l’appelle basilique de ste. Maue
Majeure, comme étant la principale des tg
jdvc de Gallien.
En allant dans la petite nef à droite de. la tribune, on trouve une chapelle souterraine qui est célèbre par les privilèges et les indulgences accordées par divers papes à ceux qui la visitent, ou y font célébrer des messes. Près de cette chapelle on descend dans le cimetière ou catacombes de ste. Cyriaque.
En retournant à la ville par la porte st. Laurent, on voit, presque vis-à-vis l’eglise de sî. Eusèbe, 1’