ARC DE GALLIEN
Suivant l’inscription qu’on lit sur l’architrave, cet arc fut dédié à l’empereur Gallien et à Solonine sa femme, vers l’an 260, par un particulier nommé Marc-Aurèle Victor. Il est bien conservé puisqu’il n’a perdu qu’une partie ttes cotes; il est composé de gros morceaux de travertin, d une architecture médiocre. Au centre de 1 arcade était un bout de chaîne où étaient attachées les clefs delà porte Salsicchia de Viteibe; les homains les placèrent ici en mémoire et comme un trophée de la victoire qu’ils remportèrent sur cette ville, vers l’année 1225; au jourd hui ce souvenir a disparu.
L église de st. Vite qui est à côté de cet arc, est bâtie près de l’ancien MacellumLwianutn^ marché dont parle Cicéron, et qui fut rebâti et embelli par Livie femme d’Auguste. C’est de ce marché que l’église de st. Vite fut appelée în Macello par les écrivains du moyen-âge.
Avant d’entrer sur la place de sainte Mane Majeure, on voit un monument en granit £>ypte, au dessus duquel sont les figures du
Crucifix et de la Vierge, que Clément VIII éri-
184 Basilique cia ste, Marie Majeure »
été faites par Guidi, Fancelli et ^Hercule Ferrata; l’autre qui est de Nicolas IV, a ete fait pas Leonard de Sarzane.
La magnifique chapelle du st. Sacrement que Sixte V érigea sur les dessins de Fontana, est revêtue de beaux marbres et décorée de pilastres corinthiens et de peintures. En entrant, on voit à droite, le tombeau de ce pape, dont la statue fut sculptée par Jean Antoine Valsoldo; ce tombeau est orné de quatre belles colonnes de vert antique, de bas-reliefs et de deux statues, l’une de st. Frauçois, sculptée par Flamine Vacca, et l’autre de st. Antoine de Padoue, par Pierre Paul Olivieri. Vis-à-vis ce tombeau est celui de st. Pie V dont le corps se conserve dans une belle urne de vert antique, ornée de bronze doré: il est aussi décoré de colonnes, de bas-reliefs et de statues de marbre; celle de ce saint pontife est de Léonard de Sarzane. Au milieu de cette chapelle est l’autel du st. Sacrement: il est décoré d’un magnifique tabernacle, soutenu par quatre anges de bronze doré. Les fresques qui ornent cette chapelle, sont de Jean Baptiste Pozzo, d’Herculin Bolonais, d’Henri Flamand, de Paris Nogari, d’André d’Ancône et de César Nebbia. Dans la sacristie de cette chapelle on voit quelques paysages de Paul Bril.
Le grand autel de la basilique est isole; il est formé par une grande urne de porphyre»
couverte d’une table de marbre, soutenue, aux quatre angles, .par autant de petits anges de bronze doré. Cet autel est décoré d’un magnifique et riche baldaquin, que Benoît XIV fit exécuter sur les dessins de Fuga; il est soutenu par
Basilique de ste. Marie Majeure.
A e Rome, dédiées à la Vierge, C’est une des sept basiliques de Rome et l’une des quatre qui ont
^ En 432, le pape st. Sixte III agrandit cette église, et lui donna la forme qu’elle a aujour- (fiiui. Elle a été restaurée et enrichie par plusieurs papes, et sur tout par Benoît XIV qui la revêtit de marbres et de stucs dorés. Il en lit refaire la façade , sur le dessin de Peidinand Fuga, elle est décorée de deux rangs de colonnes, l’un ionique et l’autre corinthien, et d’un double portique; celui d’en bas, est soutenu par huit belles colonnes de granit et par
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plusieurs pilastres de marbre. Ce portique est orné de quatre bas-reliefs et d’ une statue en bronze, faite par le chev. Lucenti: elle représente Philippe IV, roi d’Espagne, bienfaiteur de cette basilique. Dans le portique supérieur sont trois balcons, celui du milieu sert pour les bénédictions papales. Dans ce portique est la façade ancienne ornée de mosaïques, ouvrages de Gaddo Gaddi, contemporain de Cimabué: elles ont été restaurées sous la direction de Mr. Camuccini, au rez-de-chaussée il y a quatre portes d’entrée, sans compter la porte sainte, qui est murée, et qui ne s’ouvre que dans 1 annee du jubilé, c’est-à-dire tous les 25 ans.
L’intérieur de cette église a un air majestueux et noble: il est composé de trois nefs séparées par 36 superbes colonnes ioniqnes en marbre blanc, on les croit tirées du temple de Junon; il y en a encore quatre de granit qui soutiennent les deux grandes arcades de la croisée. En entrant, on voit deux tombeaux: le premier à droite, est de Clément IV, les sculptures en ont
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l’une représentant Aaron et l’autre st. Bernard, sont de Cordieri de Lorraine. Le magnifique autel de la Vierge est décoré de quatre superbes colonnes de jaspe oriental, cannelées, les bases et les chapiteaux sont de bronze doré, elles soutiennent un entablement dont la frise est d’agathe, ainsi que les piédestaux des colonnes. L’image de la Vierge, que l’on dit peinte par st. Luc, est placée sur un fond de lapis; elle est entourée de pierres précieuses et soutenue par quatre anges de bronzedoré. Sur l’en tablement de cet autel est un beau bas-relief, de bronze doré, représentant le miracle de la neige.
Les fresques qui sont au-dessus et autour de l’autel, ainsi que celles de l’arcade et des pendentifs de la coupole, sont du chev. d’Arpin, celles de la coupole sont de Louis Civoli, flore ntin. Les peintures qui se trouvent sur les côtés des fenêtres, placées au d c s s , ^ ^ ^ ttr beaux, et celles des deux arcades qui sont audessus de ces mêmes croisées, méritent une attention particulière, comme étant des ouvrages fort-estimes de Guido Reni (*).
(*) Tous les monumens précieux de cette Basilique, ainsi que ceux de celle de St. Jean du Latran, viennent d’être gravés au trait et publiés avec un texte explicatif, clans le grand ouvrage ayant pour titre : les quatre principales BASILIQUES DE ROME, DÉCRITES ET ILLUSTRÉES SOUS LA DIRECTION ET PAR LES SOINS D AUGUSTIN VALENTIN!*
L’académie Insigne et Pontificale des Beaux-arts , dite, de st. Luc, voulant récompenser Fauteur des soins qu i a pris jusqu’à ce moment pour que cette œuvre soit ex * cutée avec la plus parfaite exactitude dans tous ses details, l’a honoré de la médaille de premiazione.
Pour les conditions de la souscription à cet ouvrage * voir la note placée à la fin de ce volume*
Basilique de ste. Marie Majeure. 185
quatre colonnes de porphyre, d’ordre corinthien, entourées de palmes dorées; au dessus sont six anges de marbre, sculptés par Pierre Bracci. Le tableau qui est au fond de la tribune, est de François Mancini, et les mosaïques que Nicolas IV fit faire dans la partie supérieure, sont de F. Jacques de Turrita. Les mosaïques de la grande arcade, de meme que celles de la nef du milieu , représentant divers sujets de l’ancien testament et quelques traits de la vie
delà Vierge, ont été faites par ordre de Sixte bien 434.
Dans l’autre nef, on voit la somptueuse chapelle de la Vierge, érigée par Paul V Borghèse, sur les dessins de Flaminius Ponzio: elle est o 01 die corinthien, revetue de beaux marines et ornee de belles peintures. On y remarque deux tombeaux, décorés de colonnes de vert antique, de statues et de bas-reliefs; celui qui est à gauche en entrant, est du dit pape Paul V, dont la statue a été sculptée par Silla Milanais; le bas-relief qui est à droite, est d’Étienne Maderno; l’autre à gauche est de Buonvicino; des trois bas-reliefs qui sont en haut, celui du milieu est d’Hppolyte Buzi; celui adroite du Valsoldo, et l’autre à gauche, de François Otati. Dans les niches latérales, sont le statues de st. Basile et de David, sculptées par Nicoas Coidieri. L autre tombeau est de Clément vIII, de le maison Aldobrandini, c’est lui qui fit Paul V cardinal. Sa statue est de Silla Milanais; les bas-reliefs sont d’Ambroise Buonvieino, de iVîochi, de Buzi, et de Pierre Bernin pere du célèbre sculpteur de ce nom; les deux Statues que l’on voit dans les niches latérales ,
Égli se cle st. Martin.
deux colonnes du jardin Rospiglosi. Dans une chapelle, à droite en entrant, on vénère un morceau de colonne transportée de Jérusalem que l’on croit être celle, à laquelle Jésus-Christ fut lié lorsqu’on le flagella. Dans la sacristie est un beau tableau de Jules Romain représentant la Flagellation de N. S. k la colonne.
En sortant de cette église par la porte principale, et prenant la rue k droite, on trouve, assez près, sur l’autre sommet de l’Esquilin, qu’on appelait Oppius , 1’
ÉGLISE DE Sr. MARTIN.
On croit que le pape st. Silvestre, du tems de Constantin le grand, érigea une église dans cet endroit, au-dessous de-celle-ci , vers l’an 500, st. Symmaque pape fit bâtir celle d’aujourd’hui. Ensuite elle fut restaurée et tellement embellie en 1 650 , et vers la fin du siècle dernier , que c’est une des plus magnifiques et des plus belles de Rome. Les trois nefs sont divisées par 24 colonnes antiques de diflérens marbres et d’ordre corinthien. Les paysages, que l’on voit sur les murs des petites nefs, sont des ouvrages fort estimés de Gaspard Poussin , avec les figures de Nicolas , à l’exception des deux paysages qui se trouvent près de l’autel de ste. Marie Magdelaine des Pazzi^ qui ont été faits par François Grimaldi, bolognais. La chapelle de la Vierge qui est au fond de la petite nef, à droite du maître autel, est ornée de beaux marbres et de peintures d’Antoine Cavallucci.
En descendant par le bel escalier de marbre qui conduit sous le maître autel, on voit celui
Ê alise de ste. Praxède.
En sortant de l’église par la porte qui est a côte de la tribune, on voit l’autre façade de cette basilique, elle est construite en travertin; elle futcommencée par Clément IX, et achevée par Clement X, sur les dessins de Charles Rainaldi.
La grande place, ouverte devant cette façade, est ornée d’un obélisque qui, ainsi que celui de monte Cavallo, fut transporté à Rome par Claude pour les élever devant le mausolée d’Auguste, où ils ont été trouvés. Siste V déterra celui dont nous parlons, et l’érigea sur cette place, sous la direction de Fontana: il est de granit rouge, sans hiéroglyphes ; il a 43 pieds de haut, sans le piédestal qui en a 20.
En revenant sur la place principale de la basilique de ste. Marie Majeure, on va à F
ÉGLISE DE Ste. PRAXÈDE.
On croit que le pape st.Pie I, d’après les instances de ste. Praxède, en 160, érigea un oratoire, sur les thermes de Novatus, frère de ste. Praxède, dans l’endroit anciennement appelé vicus Lateritius , lieu où se retiraient les chrétiens dans les tems de persécution. Pascal I, en 822, bâtit cette église, qui est à trois nefs, divisées par 1 6 colonnes de granit. Le maître autel est décoré d’un baldaquin, soutenu par 4 colonne de porphyre, et la tribune est ornée d anciennes mosaïques. On monte à la tribune par un superbe escalier à deux rampes, dont les degrés sont en rouge antique massif: ce sont les plus gros blocs que l’onconnaisse de ce martre fort rare, avec les deux Faunes qui sont aux musées du Capitole, et du Vatican et les
190 Église de st. Pierre in J^incoli.
enfin renouvelle'e , embellie et mise dans l’ètat actuel par le cardinal André Caétani en 1598. Elle est divisée en trois nefs par des pilastres, entre lesquels sont 14 colonnes antiques de marbre.
Le tableau du maître autel , représentant ste. Puden tienne, est de Benardin Nocchi. Les peintures de la coupole sont de Nicolas Pornaîancio. Dans la chapelle à droite du grand autel, est le meme autel, où l’on croit que st. Pierre célébrait la messe: on y voit N. S. donnant les clefs à st. Pierre, sculpture en marbre de Jean Baptiste de la Porte. Suit la magnifique chapelle Caetani; elle est très-riche en marbres , en belles colonnes de lumachella , et en sculptures. Dans le puits qui est devant cette chapelle , la sainte titulaire conserva le sang de plus trois milles martyrs, enterrés sous cette église.
Vis-à-vis est l’église de l’Enfant-Jésus , érigée par Clément XIII, sur les dessins de Fuga. Elle est attenante au monastère des religieuses, qui reçoivent en éducation les jeunes filles, et les préparent pour la première communion.
En revenant, sur ses pas on monte de la place de la Suburra à l’église de St. Pierre in Vincolipar la rue qu’on appelle de st. François de Paule, qui correspond à l’ancien Kicus Sceleratus , rendu célèbre par l’atrocité de Tullie qui y fit passer son char sur le corps de son père Servius Tullius. Par cette rue ou arrive a 1
ÉGLISE DE St. PIERRE IN VINCOLI.
Elle fut érigée en 442, du tems du pape st. Léon le grand, par Eudoxie, femme de Va-
Église de ste . Pudentienne.
nù l’on conserve les corps de st. Silvestre et de st. Martin, papes. Ce souterrain est orne de colonnes, il a été construit d’après 1 architecture de Pierre de Cortone. De cette chapelle souterraine on descend dans une église souterraine qu’on dit être celle de Constantin , et dont le pave' est en mosaïque: elle est fondée sur les ruines d’un bâtiment du second siècle de l’ère vulgaire. Sur l’autel on voit une ancienne image de la Vierge , aussi en mosaïque. On croit que le pape st. Silvestre, en 324, tint un concile dans cette ancienne église En sortant de l’église de st. Martin par la même porte par laquelle on est entre on trouve à gauche l’église de ste. Lucie in Selci , et ensuite on parvient à la place de la Suburra qui conserve le nom de cette célèbre contrée de l’ancienne Rome. A’ droite de cette place commence la rue Urbcina ainsi nommée du pape Urbain VIH qui la fit aligner : elle a remplacé le Viens Palricius ainsi appelé des Patriciens que Servius Tullius y logea pour empêcher toute nouveauté qu’ils auraient pu tramer. Au bout de cette rue on trouve à gauche r
ÉGLISE DE Ste. PUDENTIENNE
On croit que dans cet endroit était la maison de Pudent, sénateur romain, où logea long tems l’apôtre st. Pierre, et qui fut le premier converti à la foi catholique par cet apôtre, avec ses fils Novatus et Timothée, et ses filles Pudentienne et Praxède. C’est pourquoi le pape st. Pie I transforma cette maison en une église, qui après avoir été réparée plusieurs fois , fut
Thermes de Titus.
sont de Raphaël de Montelupo, ëlève de Michel-Ange.
La ste. Marguerite que l’on voit sur l’autel de la chapelle suivante, est un des meilleurs ouvrages du Guerchin. La tribune est ornëe de peintures de Jacques Coppi, florentin ; on y voit le tombeau du ce'lèbre Clovius, peintre en miniature. Dans l’autre petite nef, on voit un st. Sebastien en mosaïque du VII siècle , ( il est représenté avec de la barbe ); sur le dernier autel est une Piété duPomarancio.La peinture du plafond de l’église , est de Jean Baptiste Parodi, génois.
En sortant de cette église, la rue à gauche conduit aux