‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 1Chapitre 86 sur 120 · THERMES DE TITUS · texte numérisé non relu

THERMES DE TITUS

Originairement les thermes ne furent établis à Rome que pour se baigner, pour cette raison on les appela du nom grec latinisé Thermae , chaudes. Bientôt dans ces édifices, le luxe édifia des places pour les exercices du corps et pour les amusemens de l’esprit et ils devinrent de vastes bâti mens environnés de portiques et de jardins. On y voyait des bibliotèques , des exèdrœ ou hémicycles , dans lesquels les philosophes discutaient, les orateurs déclamaient, et les poètes lisaient leurs vers; des galeries e statues et de tableaux etc.; des jardins pour les promenades et pour les jeux athlétiques, que l’on voyait d’une espèce de theatre. A§i J P pa fut le premier qui construisit cette es P eC ^ de bâtimens pour le public. Son exemple u suivi par Néron, et enfin Titus en très-peu ® tems bâtis ses thermes. L’endroit qu il cb0

Église de st. Pierre in Vincoli . 1 9 1

] en tinien III, empereur d’occident, pour y conserver les chaînes avec lesquel Hérode avait fait attacher l’apôtre st. Pierre dans la prison de Jérusalem,* c’est de ces chaînes que cette église tire son nom. Le pape Adrien I fit rebâtir cette église , et ensuite Jules II la restaura en 1503, sous la direction de Baccio Pintelli; enfin, en 1705, elle fut mise dans l’état actuel , sur les dessins de François Fontana,

Les trois nefs de cette belle église sont sou-

tenues par 20 colonnes antiques, cannelees, de marbre grec, d’ordre dorique , de 7 pied de circonférence; deux colonnes de granit soutiennent la grande arcade du milieu. Sur le premier autel, à droite, est un tableau de st. Augustin, peint par le Guerehin. Le tombeau suivant du cardinal Margetti , et celui du cardinal Agucci, ont ete faits sur les dessins du célèbre Doininiquin qui peignit leurs portraits. Le st. Pierre qui est sur l’autel suivant est une copie du tableau du Dominiquin que l’on conserve dans la sacristie.

Dans la croisée, à droite, on admire le fameux tombeau du pape Jules II, érigé sur les dessins de Michel-Ange Buonarrotti. C’est lui qui a sculpte la statue de Moyse que l’on voit au milieu de ce tombeau, et qui est regardée comme un chefs-d’œuvre de la sculpture moderne, soit par l’expression naturelle, soit par la vérité des détails: il est représenté de grandeur colossale, ayant les tables de la lof sous son bras droit, et regardant fièrement le peuple, dont la résignation lui paraît fort chancelante, et douteuse. Les quatre autres statues , placées dans les niches de ce meme tombeau ,

Thermes de Titus.

air. Une trentaine de chambres et plusieurs corridors qu’on vient de deterrer présentent encore des peintures en arabesque qui font l’admiration des artistes, à cause de la vivacité des couleurs, de la variété et de l’exactitude du dessin. On croit meme que Raphaël ayant connu ces fresques, en profita pour peindre les loges du Vatican, et qu’il fît ensuite remplir les chambres de décombres; mais quoique la première supposition puisse être vraie , l’autre est une calommie , parceque son amour pour les antiquités , lui fit présenter un projet à Leon X, pour déterrer l'ancienne Rome , et pour en rétablir l’ancien lustre.

D’ailleurs on a des preuves certaines que ces souterrains ont presque toujours été accessibles, et que seulement dans la première période du siècle dernier ils avaient été oubliés ; en 1776, ils furent ouverts de nouveau et reconnus par Mirri qui publia les peinture. Jusqu’à l’année 1812 on n’y pouvait pénétrer qu’ avec quelq ue difficulté, étant presque comblés; mais depuis cette époque ils ont été déblayés de manière que les amateurs des beaux arts peuvent parcourir sans peine une partie de ces nombreuses chambres qui donnent une idée de la disposition et des ornemens des grands appartemens des anciens. Dans les fouilles qu’on fît on trouva une ancienne chapelle chrétienne dédiée à ste. Félicité, elle avait été pratiquée dans une des chambres, vers le VI siècle; on a aussi découvert une inscription fort curieuse peinte sur le mur. Dans un des corridors extérieurs on a rassemblé tous les fragmens qui ont été trouvés dans les fouilles.

Thermes de Titus.

sit était très commode par sa situation centrale, tandis que ceux d’Agrippa et de Néron e'taient dans le champ de Mars. Il se servit pour cet usage de la maison et des jardins de Néron; Domîtieny fit d’autres annexes, ainsi que Trajan et Adrien, et chaque partie porte le nom de l’empereur qui l’ajouta. Ainsi les Thermes dits : de Titus, de Domitien , de Trajan et d’Adrien ne sont qu’autant de parties séparées d’un seul édifice. Avec ces aecroissemens, ils s’étendirent depuis le Colisée jusqu’à l’église de st. Martin, décrite ci-dessus. Malgré cette vaste étendue, les thermes de Titus étaient moins grands que ceux de Caracalla et de Dioclétien; mais ils les surpassaient en bon goût. Près de ces thermes était le palais de Titus où on admirait le célèbre groupe du Laocoon , qu’on retrouva du tems du Jules II dans la vigne de Prédis , entre les Sept Salles et ste. Marie Majeure , et qui est aujourd’hui au Musée du Vatican.

Cet édifice est presqu’entièrement détruit ; quelques restes seulement donnent une idée de sa magnificence; le plan nous a été conservé en pai tic dans un fragment de l’ancien plan de Kome^qui est au Capitole, (le dernier en montant 1 escalier du Musée); Palladio en donna aussi un vers la moitié du XVI siècle, c’est-àdire lorsque ce batiment était encore reconnaissable. Cependant les souterrains sont fort bien conservés: ils appartiennent pour la plus grand partie aux appartemens néroniens que Titus condamna à servir de soutien à ses thermes, en y ajoutant d’autres murs; c’est pourquoi ils restèrent sans lumière et sans

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Forum Palladium*

d’elles on voit de travers les huit autres. Le corridor central a 12 pieds de largeur, 37 de longueur et 8 de hauteur.

En sortant des Thermes de Titus et prenant la rue du Colisée après avoir dépassé l’Amphithéatre on suit à droite la rue postale, qui dans cet endroit monte; lorsqu’on est devant une petite église dédiée à st. Marie ad JYives on prend la rue à gauche et on passe devant l’oratoire de sle. Marie in Carinis qui rappelle l’ancienne contrée de Rome qui portait le nom de Carinae, à cause de sa configuration ressemblant à une carène de vaisseau. On trouve ensuite la Tour des Conti bâtie par Innocent III de la maison Conti en 1207, sur les ruines du temple de la Terre , Templum Telîuris des anciens, près duquel était la maison de Pompée le Grand. De là on passe à la place dite des Colonnacce à cause des restes du

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