ARC DE DRUSUS
Cet arc a été érigé par le sénat romain en l’honneur de Drusus, père de l’empereur Claude, après sa mort. Il est en travertin, excepté l’archivolte et les ornemens qui sont en marbre , mais anciennement il était entièrement revêtu de marbre. Vers le midi on voit encore deux des colonnes de marbre africain, d’ordre composite, qui le décoraient. Le canal qu’ on voit dans la partie supérieure de cet édifice et les arcades en brique qui sont à sa gauche, indiquent la continuation d’un aqueduc, c’està-dire que Garacalla s’est servi de cet édifice et à fait, passer dessus , l’eau qui alimentait ses thermes , et c’ est à cette seconde époque qu’il faut attribuer les ornemens actuels qui sont de mauvais style et d* une exécution fort médiocre. Ou passe ensuite sous la
PORTE APPIENNE OU st- SÉBASTIEN.
Cette porte est une de celles qui furent substituées a l’ancienne porte Capéna , lorsqu’on agrandit l’enceinte de la ville; ayant souffert dans la guerre gothique, elle fut refaite par Bélisaire, ou par Narsès. On l’appelle aujourd’hui porte St. Sébastien, à cause de la basilique de ce saint qui est éloigné de deux milles. On la
84 Porte appienne ou st. Sèbcistien>
nomma porte Appienne, comme on a déjà remarque, à cause de la célébré voie Appienne qu’Appius Glaudius, le censeur, lit paver de gros blocs de pierre, l’an 442 de Rome. Cette voie, la plus magnifique de toutes celles construites parles Romains, e'tait bordée de monumens, dont on voit encore des’ restes: elle fut réparée par Auguste qui dessécha les marais Pontins. Les empereurs Vespasien, Domitien Kerva et Trajan la restaurèrent aussi. Les irruptions des Barbares et les guerres civiles du inoyen*;tge ramenèrent les inondation des eaux et la voie Appienne serait encore ensevelie sous les marais, si le pape Pie VI ne les eût desséchés. Cette opération a rendu la plus grande partie de ces campagnes à l’agriculture; elle a beaucoup assaini Pair, et le voyage de Naples est aussi devenu plus facile et plus commode.
A’un quart de mille horsde la porte on passe le petit fleuve Almon, formé par plusieurs sources, dont la plus éloignée est à cinq ou six milles de Rome. C’est dans ce fleuve, près de son embouchure dans le Tibre, d’après Ovide, que les prêtres de Cybèle avaient l’usage delaver, chaque année, la statue de cette déesse et les ustensils de son culte.
En continuant la même route, on voit à droite, presque vis-à-vis la petite eglise de Do~ mine (juo vcidis ^ les restes d un tombeau, l’on croyait autrefois celui des Scipions, i dépouillé de ses ornemens; son soubassement qui est carré était revêtu de grosses dalles, et renferme une chambre sépulcrale ; le secont ordre d’architecture est rond, orné de niclie^ sur le pourtour, il est d’ouvrage reticulai-
Por te appienne ou st- Sébastien. 85
re. Une inscription trouvée dans ses environs fait croire que c’e'tait le monument sépulcral de Priscille femme d’ Abascanthus, raentionnç par Stace^ comme étant dans ces environs.
Après l’ église de Domine quo vadis , la route se partage en deux; celle à droite va rejoindre 1’ ancienne voie Ardéatîne; l’autre est la continuation de la voie Appienne. En suivant cette dernière, on voit sur les côtés, beaucoup de ruines de tombeaux anciens. Dans la première vigne à gauche, après la petite rue qui conduit à laCafFarella,on trouve xxnColumbarium^ fort grand, mais fort délabré, composé de trois chambres , on croit qu’ il a appartenu aux serfs d’Auguste, d’après quelques inscriptions qu’ on y a trouvées.
Plus loin , dans la vigne Gasali , en 1826 on a découvert plusieurs cippes, et inscriptionappartenant à la famille Volusia, une des plus distinguées de l’ancienne Rome; ils sont maintenant dans le Musée du Vatican. Vis-à-vis, dans la vigne de Mr. Amraendola on a fait beaucoup de découvertes, parceque le propriétaire est un grand amateur des arts : c’ est à lui qu’ on doit aussi celle des monumens des Volusis que je viens de nommer. Parmi ces découvertes je crois devoir mentionner un sarcophage magnifique , en marbre blanc ; on ne sait pas cequ^on doit admirer le plus, dn dessin, de la composition du bas-rélief, du sujet qu’ il représente , ou de la conservation très rare de ce monument . Il paraît avoir servi de tombeau à quelque général romain, puisque le sujet du bas-relief représente une bataille entre le Romains et les Gaulois.
Basilique de st. Sc'bastien*
Dans l’ endroit où à gauche , une roule sort de la voie appienne, en 1726, dans la vigne sur la gauche on découvrit une autre grande chambre sépulcrale, cjui appartenait aux affranchis et aux esclaves de Livie Auguste; elle renfermait un grand nombre d’urnes et de vases cinéraires, avec leurs inscriptions, qui pour la plupart, sont conservés dans la galerie du musée du Capitole. Plusieurs des écrivains modernes croient que le chemin qui prend nuissance ici à gauche est dans la direction de l’ancienne voie Latine; il faut avertir que c est un chemin tout à fait moderne , agrandi par Pie VI, il va rejoindre la route d’ Albano à 4 milles et demis de la porte si. Jean, et il ne touche jamais la voie Latine qui va toujours à gauche de la voie Appienne, s’éloignant toujours , depuis la place de st. Cesaree comme
on a indiqué ci-dessus.
Sur la même voie , on trouve , a quelque
distance, la
BASILIQUE DE st. SÉBASTIEN-
Cette église est fort ancienne; elle fut bâtie suHe cimetière de st. Caikte. C’ est une te sept basiliques de Rome. Apres avoir «
façade et d’un po^îq»* contenu par
nés de granit. Le maître aute es
tre belles colonnes de vert . ^|. du
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Basilique de st> Sébastien. 87
lue du saint, sculptée par Antoine Giorgetti , sur le modèle du Bernin. Sur les trois portes dans l’église, sont plusieurs saints, peints par Antoine Carrache.
Par la porte à gauche en entrant, on descend dans le cimetière de st. Galixte, communément appelé les Catacombes^ où le terrain est creusé en forme de corridors. Ce sont des excavations, d’où l’on tirait anciennement du sable, appelé aujourd’ hui pozzolana^ pour la construction des édifices; comme ce sable avait en latin le nom d*arena,on donnait celui à' arenaria à ces excations. Les chrétiens les agrandirent, et dans le tems de leurs persécutions, ils s’y retiraient pour suivre les exercices de la religion, et y ensevelissaient leurs morts. Ces catacombes sont les plus vastes qui existent^ Les auteurs ecclésiastiques disent, que quatorze papes, et à peu près 1 70 mille chrétiens y ont été enterrés : que le corps de st. Sébastien y fut transporté par ste. Lucine , et que les corps des apôtres st. Pierre et st. Paul, y restèrent cachés pendant quelque tems.
Non loin de cette église , on voit à gauche quantité de ruines, toutes d’une meme époque et bâties fort grossièrement en assises alternées de pierres et de briques. Ces ruines appartiennent évidemment à une W//a,ou maison de campagne, qu’on ne croirait pas an^ terieureauIV siècle à cause de sa construction. Les fouilles, que le duc Jean Torlonia fit faire en 1825 dans le cirque qui fait partie de ces restes, et qu’on avait appelé Cirque de Caracalla jusqu’ aux derniers tems, ont déterminé assez bien l’ époque de celte villa , qui a été
88 Temple de Roniulus.
bâtie par Maxence vers 1’ annee 31 1 de 1 ère chrètieanes, après la mort de Piofiiulus son fils. Un des monuinens les plus remarquables de cette villa sur la voie Appienrie est le
TEMPLE DE ROMÜLUS.
C’est un des anciens temples qui conserve encore l’enceinte sacrée, et le souterrain: l’identité de la construction de l’enceinte avec celle du cirque, qu’on a appelé vulgairement deCaracalla, mais qui comme le temple fait partie de la villa dont je viens de parler, le voisinage et la porte de communication avec le cirque même, ne laissent aucun doute que ce bâtiment en faisait partie. Son plan est parfaitement celui d’un temple avec une enceinte sacrée; c’est une cour carrée oblongue, entourée d’un mur, ayant intérieurement au pourleur lin portique à arcades et pilastres; au milieu s’élèvait le temple dont il ne reste au-jourd’ liui que le souterrain . Palladio , qui en a donné les détails, montre que ce temple était de ceux qu’ on appelait prostyles , qu avait un portique rectiligne avec six colonnes de front, et trois de côte avec un pilastre, et qu’on y montait par plusieur degres, de manière que l’édifice dominait l’enceinte et était vu de la voie appienne; la cella était de lor me ronde ; ainsi, quant au plan, ce ,
ressemble beaucoup au Pantbeon; la soi i de cet édifice et sa construction feraient cron qu’ il existait déjà , lorsqu’ on construisu l’enceinte et les autres bâtimens. Le «outer in du portique est bien conserve, par une ouverture moderne qui laisse voit*
Temple de Romuliis.
paisscur des murs, qui e'tonne, étant d’environ 14 pieds ; par le souterrain du portique on parvient dans celui de la cella qui est circulaire, d’environ 100 pieds de diamètre, avec des niches tout autour, dans lesquelles sont de petites fenêtres qui servent à donner de l’air et de la lumière au batiment; au milieu est un gros pilier octogone qui sert à soutenir la voûte. En général ce souterrain ressemble fort à celui du tem pie hors de la porte Majeure et qu’ on appelle Tor de’ Schiavi» Ce temple , étant de constrution contemporaine, et annexé au cirque, et sachant par les inscriptions découvertes dernièrement que le cirque a été dédié à Bomulus fils de Maxence, on ne saurait douter qu’ il ne fût dédié au meme personnage; et en effet, sur le revers des médaillés de ce Romulus, frappées après sa mort, on voit un temple de forme ronde, comme étant son mausolée où //eVoon, qui peut être est celui-ci. L’enceinte a été faite afin de pouvoir y rassembler la Pompa Circensis. Car on sait que les jeux du cirque commençaient toujours par la Pompa Circensis^ espèce de procession à laquelle, assistaient les athlètes , les magistrats , et les prêtres avec les statues des divinités qui présideutaint aux jeux, et en l’honneur des quelles ils se fesaient, ainsi la cour servait pour rassembler la pompa , et le temple pour contenir les statues des dieux et les objets sacres.^ Cet usage a donne origine à la fausse dénomination vulgaire d’ ecuries du circjiie de Caracalla , sous laquelle ce temple est com- Diunement connu.
Cirque de Romulus.
Le nom de Tour des BorgianU que ce bâtiment a conservé jusqu’à sa destruction, nous f;jit penser que la masse de l’ancien édifice, et sourlout le temple circulaire, réduit en forme de tour , a été occupé par la famille Borgia pendant le pontificat d’Alexandre VI au commencement du XVI siècle.
Derrière le mur de la grande cour carrée, et presque vis-à-vis les Carceres du cirque , est un petit tombeau inconnu, dont la construction est bien antérieure à. celle de la cour.
Après le temple on va voir le