‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 2Chapitre 31 sur 133 · CIRQUE DE ROMULUS · texte numérisé non relu

CIRQUE DE ROMULUS

Jusqu’ à l’an 1825 ce cirque avait été communément dit deCaracalla pour des raisons qui sont bien frivoles, c’est à dire, à cause de la passi on qu’ il avait pour les spectacles du cirque, de la découverte qu* on fit de sa statue avec celle de sa mère Julie, dans les environs de ce monument, et d’ un cirque qu* on voit sur le revers des médailles de cet empereur. Ou pense bien que Caracalla pouvait être passion* né pour les jeux du cirque sans qu’ il s ensuive que par cette même raison il construisit ce cirque-ci 4 que les statues pouvaient^ appartenir à quelqu* autre monument, puisqu on ne les avait pas trouvées dans le cirque meme; d’ ailleurs les antiquaires depuis long tems avaient reconnu dans le cirque qu on voit an revers des médailles de Caracalla une lO présentation du grand cirque, soit parce qu 1 ^ le restaura, soit à cause des spectacles dinaires qu’ il y donna. D’ un autre cote construction peu reguliere de ce monument q

Cirque de Romulus.

est biea differente de celle des thermes de cet empereur, rappelait le IV siècle, lorsque les arts e'taient dans une de'cadence effrayante,* ainsi, de's le XV siècle Panvinius avait attribué ce cirque au tems deConstanlin. Mais toute incertitude a disparu depuis les fouilles que le duc Torloniafit faire dans ce cirque en 1825, lorsqu’il fit entièrement déterrer les carceres , l’épine, le puli^inar et la grand porte d’entrée dans 1’ arène. Dans cette occasion on découvrit les fragmens de trois inscriptions , dont deux étaient près de la grande porte d’entrée, et une à la porte du milieu des carceres'^ ces inscriptions portent toutes le nom de Maxence, et parmi elles celle qui était la mieux conservée et qu’on a placée sous la grande porte d’entrée montre que ie cirque fut consacré l’année 3l 1 de l’ère chrétienne k Romulus fils de Maxence, qui avait été consul deux fois, et qui après sa mort reçut les honneurs de l’apothéose. Elle dit :

DIVO . ROMVLO . N. M. V.

cos. ORd. 11. FILIO

D. S. MAXENTII. IjyVICT.

viri . et . perp. avg. kbpoti

T. DlVl . MAXIMIANI , SEN

ORis . AC . bis. udugusti

^ La partie en lettres italiques a été restaurée d apres d autres incriptions et des médailles du meme tems. Or Cette découverte sert d’illustration a 1’ anonyme publié par Eccard et contemporain de Maxence, dans lequel on lit.

Circjue de Roniuliis»

que Maxence fil un cirque in cûtcicumpas c est à dire in catecumbis ou près des catacombes.

On a déjà dit que ce cirque est le mieux conservé qui nous reste ^ ainsi on peut le regarder comme un des monumens les plus iutcressans qu’il faut voir. Sa forme peut ctre réduite à une espace obloug,de 1700 pieds romains de longueur et 260 de largeur, qui est circonscrit par deux lignes droites qui ne sont pas parallèles entre elles , mais qui sont réunies ensemble par deux courbes, 'l rois parties constituaient le cirque: les Carceres ^ \eCircus proprement dit, et 1’ Epine ; ce sont ces parties qui dans les dernières fouilles ont été bien reconnues, et qu’ on ne voit que dans ce cirque-ci. En commençant par les Carceres, ou appelait ainsi cette partie d’ où. parlaient les chars guidés par des Aurigae^ cochers, divisés en quatre factions, qui d’ après la couleur de leurs vctemens étaient appelees,a/Z>a^<3 blanche , riissata rouge prasina verte , venela bleue de ciel . Dans ce cirque les carceres sont vers 1* occident ; il en était de meine dans le grand cirque, et dans celui de Salluste etc. Leur alignement est un segment de cercle ; cet arrangement était necessaire pour maintenir l’égalité de l’espace a pai courir dans la sortie des chars . Elles sont

partagées en treize arcs qui communiquent entre eux à l’exception de celui du milieu qui,n servant qu’ à l’ introduction de Xaponip^ cit ceTisis, est séparé des autres. Ces arcs dans ^ partie qui regarde l’intérieur du cirque etai^ cnt fermés par des grilles, dont on voyait en core les traces à l’exception de la porte du

Cirque de Momiilus.

lieu où ces traces ne se voyaient pas; malheureusement ces traces ont disparu dapuis 1831. Cet usage est bien représente dans un bas-relief de la villa Albani, où P on voit aussi de-^ vaut les pilastres des arcs les Hermès qui leur servaient de décoration, et dont parle Gassiodore;on a trouvé plusieurs fragmens de ces Hermès dans les dernières fouilles de ce cirque , on les voit encore sur la place; un de ces Hermès était entier, il avait les traits de Demosthène; il est actuellement à Munie dans le musée du roi de Bavière. La terrasse sur les carceres servait de place aux personnages de la première classe qui assistaient aux jeux, comme on lésait par les écrivains anciens, et comme on le^ voit sur les monumens. Aux deux extrémités des carceres sont deux tours qui servaient aux joueurs de flûte pour animer les chevaux et les cochers : la forme de cette partie avait fait donner le nom ài’ oppidum ou château fort aux carceres,

^ Le cirque proprement dit, pour la disposition des gradins , était semblable aux autres leux de spectacle ; ils étaient partagés en podium et praecincliones ; dans celui-ci il y avait une seule précinction de dix gradins sur lesquels étaient 18,000 spectateurs, Quatre portes communiquaient immédiatement a-, vecl arène; deux étaient près des tours des carceres , la troisième correspondait vis-àvis a première borne, et la quatrième était

demi“circulaire à l’extremite du cirque opposée aux carceres:^ cele-ci était la seule qui fut en contact avec la voie publique, ou Asinaire, qui liait ensemble

Cirque de Romulus.

les voies Latine, Appienne, et Ardeatine. Les gradins sont interrompus paï* deux balcons , qu’on appelait pulvinarid^ parcequ ils étaient couverts de coussins (pulvinu) j celui qui est vers le noi’d-est communique avec les restes de la villa par un corridor, ainsi il faut croire que c’était de là que l’empereur voyait les jeux 'y 1’ autre vers le sud-ouest servait pour les juges.

L’ épine peut être comparée une chaussée divisant 1’ arène du cirque en deux parties inégales, dans la longueur puisqu’ elle est placée de travers et de manière à laisser plus d’espace vers 1’ ouest que vers l’est. Elle était ornée de statues, de colonnes, et d’ obejisques. Dans le cirque dont nous parlons elje a 300 pieds romains de longueur, 22 pieds de largeur, et de 2 à 5 pieds de hauteur. Les bornes étaient entièrement séparées d’elle. La surface était un réservoir d’eau divisé en plusieurs sections , il servait a arroser les chars de peur que les axes des roues ne brûlassent, voici maintenant ce qu’ on vient de decouvru sur l’Espine de ce cirque: D’abord vers es carceres on a découvert une portion de isolé ayant au milieu un trou qui servait a contenir la poutre d’ oit se dirigeait veis sud , la corde tendue servant à determiu^ le commencement et la fin de la j

appelait linea: la ligne. Suit le des Metae ou bornes , qu’on appelait mières, relativement aux carceres; ce^ avaient la forme de trois cônes groupes ble et surmontés d’ un œuf: la bande in e

Cirque de Romulus.

re de ces colonnes coniques était ornee d’un bas-relief repre'sentant les courses du cirque, on en a trouvé plusieurs morceaux qui ont été, enlevés en 1831. Ils étaient une , preuve éclatante de la décadence extrême des arts à l’époque où ce cirque a été édifié. Sur la chaussée on remarque encore les traces des piédestaux des statues et d’ autres ornemens qui la décoraient, Près du premier piédestal on découvrit ' les fragmens d’ une statue de Vénusj ensuite, on apperçoit les fondations des piédestaux qui soutenaient le deux colonnes en marbre gris portant un architrave sur lequel étaient sept dauphins, symboles de Neptune, divinité protectrice des chevaux; on avait choisi le nombre de sept pour marquer celui des tours qu’on faisait dans chaque course. Après,on peut apercevoir encore, quoique chaque jour ils disparaissent de plus en plus, les vestiges des piédestaux qui supportaient les statues du Soleil et de Paris; après cedernieron voit sur l’Epine une interruption du revêtement en mastic, fait pour les parties qui contenaient de l’eau; dans cet espace couvert de terre on avait plante le palmier, duquel on détachait la branche qu’on donnait au vainqueur, Après cet espace on trouve la première interruption de l’Epine et ensuite les traces du piédestal qui soutenait la colonne portant la statue de la Victoire; près de là est l’encaissement de^s fondations de l’obélisque en granit rouge, qu Innocent X fit transporter à la place Navone ; quelques fragmens de cet obélisque furent aussi de couverts. On remarque après

A l’obelique la seconde interruption

e 1 Epine, et après celle-ci, le piédestal sur le-

96 Tomheau deCccilici Metella.

quel était une statue d’Hercules;les traces d’un petit temple de Venus, sur lequel étaient alignés sept œufs mobiles, symbole de Castor qui aimait les jeux équestres ; ils servaient aussi à marquer les tours qu’on avait faits. Au delà de ce petit temple, était la troisième interruption de 1’ Epine ; dans le reste de la chaussée ou a trouvé les statues d’ une Amazone et de Proserpine. Ensuite on remarque le soubassement des secondes bornes.

On peut facilement reconnaître pourquoi l’Epine n’était pas placée de manière à être parallèle aux deux côtés du cirque, et pourquoi elle 1 aissait l’espace vers l’ouest plus largeque celui vers 1’ est, lorsqu’on seflechit que le début des courses était à droite, et que par conséquent il fallait laisser plus d’espace de ce côté que de 1’ autre.

En retournant sur la voie Appienneon voitle

Page 1