TEMPLE DIT DU DIEU REDICULE
Après qu’ Anriibal eut levé le siège de Rome, on consacra un champ et un Fanum au Genie du retour. La position de ce champ et de ce Fanum est bien déterminée par Pline 1’ ancien comme existant à deux milles de Rome sur la voie Appienne, hors de la porte Capèna, à droite de ceux qui sortaient de la ville; ainsi celui-ci peut être toute autre chose que le Fa^ num Rediculi . Sa construction en briques ])eut appartenir au siècle de Néron, étant sem* hlahle à celle de ses aqueducs près de la porte Majeure. IJ avait un portique soutenu de quatre colonnes maintenant entièrement ruiné.
La façade était tournée vers P Almon qui coule presqu’ à ses pieds , ce qui porte à croire que, peut-être, il était consacré à celte rivière. II est orné de pilastres avec de petites fenêtres au milieu, d’un méandre aussi en briques, et de deux demi-colonnes octogones, placées sur P un des côtés, devant lequel passait un chemin de traverse qui Je côtoyait, et qui servait de communication entre la voie Ap“ pienne et la voie Latine.
En revenant sur la voie Appienne, et prenant la route, qui est à côté de la basilique St. Sébastien, on arrive, après deux milles de chemin, à la
BASILIQUE DE st. PAUL.
On croit que Constantin le grand fit bâtir cette église dans une ferme appartenante à Lucîne,dame romaine, pareequ’ il y avait, en cet
endroit, un ancien cimetière, où avait etee»'
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Basilique de st. PauL
terre V apôtre st. Paul. En 386 les empereurs Valentinien II et Theodose rebâtirent de nouveau cette basilique sur un plan beaucoup plus vaste ; Honorius, leur successeur, l’acheva , et plusieurs papes l’ont ensuite restaurée et ornee . Dans les derniers tems on avait beaucoup dépensé pour la restauration des toits, et pour d’autres réparations, lorsque la nuit du 15 au 16 du mois de juillet 1823 le feu prit au toit , qui en peu d’ heures s’écroula , et la plus grande partie de la basilique, et sur tout la grand-nef du milieu, la nef de traverse, et les portes furent entièrement détruites par le feu. Ainsi , 1’ ouvrage de plusieurs siècles, la basilique la plus ancienne, non seulement de Piome , mais de la chrétienté entière, cessa d’exister, et il était réservé a notre tems de voir détruire ce monument si intéressant. Le pontife Léon XII a donné tous ses soins pour la récoustruction de cette basilique célébré, il a ordonne de la rebâtir telle qu’ elle existait,et on travaille incessemment à cette reconstruction; cependant on a fait quelque
changement à la disposition de suivre strictement le dessin primitif.
Cette église était une des quatre qui avaient a porte sainte. La façade qui reste encore est ciecoree de mosaïques faites dans le XIII siècle, et d’ un portique bâti per Benoît XIII, sur les dessins d’Antoine Canevari , il est soutenn par U colonnes dont quatre sont de eranit.
a grande porte du milieu, qui en partie a e'tc on ue , était en bronze , et fut faite à Constantinople , en 1070 , aux frais de Pantaléon l^astelli, consul romain. Elle était divisée en
i04 Basilique de st. Paul»
compartimens où oti avait gravé des figures des saints prophètes et des apôtres, et plusieurs passages du nouveau testament.
L’ intérieur de ce temple avait 240 pieds de long, sans compter la tribune, et 138 pieds de largeur. Sa principale décoration et sa plus grande richesse étaient 1 32 colonnes, dont 80 divisaient l’église en cinq nefsj il y en avait 40 dans celle du milieu , 20 de chaque côté , qui resqne toutes ont péri, ou bien ont été mises lors d’état de servir; parmi elles étaient les 24 plus précieuses, en marbre violet j on croyait qu’elles avaient été tirées du mausolée d’ Adrien , mais elles venaient vraisemblablement de la basilique Emilienne au Forum Bornanum, et c’étaient les memes qui avaient été célébrées par Pline l’ancien et par Stace; elles étaient d’ordre corinthien et cannelées aux deux tiers ; elles avaient 36 pieds de hauteur et 1 1 de circonférence ; les 16 autres colonnes étaient de marbre de Paros , ainsi que les 40 des deux petites nefs; ces dernières sont celles qui ont moins souffert, cependant elles vont être remplacées par des colonnes en granit du Simplon comme celles de la nef du milieu . Les deux immenses colonnes de marbre salin qui soutenaient le grand arc de la tribune, avaient 42 pieds de hauteur et 1 5 de ' circonférence; elles ont été fendues dans toute leur hauteur par le feu : on a aussi substitue a celles-ci deux colonnes du même granit ; des huit colonnes de la croisée, sept étaient de granit égyptien, et une de cipollin; le feu les a mises aussi hors d’état de servir; celles qui décoraient les autels, étaient au nombre de 30, tou-
Basilique de st. Paul 105
tes de porplivre, ainsi que les devant-d’ autels ; maigre' la dure'te' de celte pierre elles ont presque toutes e'clate'. On les a remplace'es par des colonnes de marbre violet qu’ on a faites avec les restes des colonnes de la nef du milieu et avec des tronçons provenant du Forum de Trajan.
Le pavé de Léglise était formé de fragmens de marbre, où il y avait des inscriptions. Sur le grand arc de la nef principale était une mosaïque faite sous si. Léon le grand , en 440 , on voyait Jésus Christ avec les 24 vieillards de r apocalypse , et les apôtres st. Pierre et st. Paul; cet arc a été reconstruit, et les anciennes mosaïques on tété conservées. On voyait dans la partie supérieure de la grand- nef ïa suite des portraits des papes, depuis st. Pierre jusqu’à st. Léon le grand que les fit faire ; elle fut continuée par le pape st. Syramaque en 498. Benoit XIV fit restaurer ces peintures et ajouter les autres papes qui l’avaient précédé; cette sérié avait ete continuée jusQu’à Pie VII qui a été le CGLIII ponüfe. ^
Au milieu de la croisée est le maître autel, qui, ayant ete très endommagé, vient d’ être reconstruit. Sous cet autel on garde la moitié des corps de st. Pierre et de st. Paul et l’autre moitié est dans la basilique de st. Pierre au Vatican; les têtes de ces apôtres sont à st. Jean e Latran. Cet autel était orné de quatre colonnes d un beau porphyre, soutenant un baldaquin, termine par un ornement gothique, fait entorme de pyramide érigé en 1280. La triune est decoree d’ une mosaïque faite vers 1 au 1220, sous le pape Honorius IIL
1 06 Église de st. Paul aux trois ecc.
Attenant à cette basilique est un beau cloître, environné d’arcades, soutenues par de petites colonnes , dont la plus grande partie est incrustée en mosaïque , ainsi que 1’ entablement. Ce cloître a été construit vers 1’ année 1220. On voit sous ce portique quelques marbres antiques et un grand nombre d’inscriptions enebassées dans les murs.
En allant plus loin , on trouve, à un mille de là, 1*
ÉGLISE DE St. PAUL AUX TROIS FONTAINES.
Trois églises ont été élevées par les anciens chrétiens dans cet endroit, appelé adA‘ quas 5a /vînt G elle de l’apôtre st. Paul, qui est placée dans le meme lieu où il fut décollé , a été renouvellée en 1590 par le cardinal Pierre Aldobrandini, sur les dessins de Jacques delà Porte, qui l’a décorée d’une belle façade* Dans l’ intérieur sont deux autels, et les trois sources qui jaillirent miraculeusement dans 1 endroit des trois bonds que fit la tete du saint apôtre.
Devant cette église est celle dédiée aux ss.
Vincent et Auastase, bâtie en 624, par le pape Honorius I, et renouvelée par le pape st. Leon III. Elle est d’ architecture gothique , à trojs nefs , séparées par des pilastres, sur lesque s sont les douze apôtres peints à fresque sur les dessins Raphaël.
L’ autre église a été dediée à la Vierge sous la dénomination de ste. Marie Scala Cx 1 1 elle fut érigée sur le cimetière de st. Zenon- Le cardinal Alexandre Farnèse fit |g
cette église, en 1582, d’après les dessins
Porte St. Paul.
Vignole, et elle fut ensuite acheve'e sous la direction de Jean Baptiste de la Porte. Elle est de forme octogone, terminée par une coupole; dans la tribune on voit une mosaïque faite par François Zucca florentin, on la regarde comme le premier ouvrage en mosaïque d’un bon goût qui ait été fait par les modernes.
En retournant à la basilique de st. Paul et prenant la grand route qui conduit directement à la ville; après un mille de chemin, on trouve la
PORTE St. PAUL.
Dans l’agrandissement de l’enceinte de la ville on substitua à plusieurs portes de P enceinte ancienne , tel que la Trigemina la Minucia^ le Navalisy et la LavernaliSi, celle dont nous parlons, qui s’appela alors Ostiensis, parcequ’ elle est placée sur la route d’Ostie ; elle ne tarda pas à prendre la dénomination de st. Paul, à cause de la basilique de ce nom. Bélisaire la fît rebâtir sur le niveau moderne qui est environ 18 pieds plus haut que l’ancien. La porte intérieure, qui paraît d’une date plus ancienne, a deux arcades. Ces portes doubles, qu’on rencontre si souvent dans les villes anciennes, servaient problablement pour la commodité du peuple qui pouvait sortir par 1* une et entrer par l’ autre.
Dans les murs de la ville, a gauche en entrant, est enclavée la
PYRAMIDE DE CAIÜS CESTIÜS.
Ce magnifîque monument sépulcral est fait en forme de pyramide quadrangulaire, à l’imi-
■108 Pyramide de Caiiis Cestiiis.
talion de celles d’Egypte^Il fut construit en 330 jours, et d’après son testament ainsi que l’indique l’inscription qu’ on lit sur le cote tourné vers la y^bute d’ Ostie, au dessous d’une autre inscription faite à 1’ honneur de Gaïus Gestius. Cette grande masse est revêtue de plaques de marbre blanc d’un pied d’épaisseur . La hauteur de cette pyramide est de 125 pieds, romains et chacune de ses façades a 7 5 pieds de largeur à la base ; elle est placée sur une assise de travertin; le massif a 25 pieds d’épaisseur en tous sens . La chambre sépulcrale est au niveau du soubassement: elle a 20 pieds de long sur 12 de large et 15 de hauteur; la voûte h plein-cintre et les parois des murs de la chambre sont décorés de peintures, où l’on voit , dans differens compartimens , quelques jolies figures de femmes ailées, des vases et autres ornemensque le tems a beaucoup endommagés CaïusCcstius était un des septemvirs des épulons, qui préparaient les epula c’est à dire les banquets des dieux, particulièrement pour Jupiter : cette cérémonie qui s’appelait Lectisterniiini, se faisait dans les temples, à 1’ occasion de victoires signalées, ou lorsque quelque grande calamité menaçait la république.
Alexandre VII fit restaurer cette pyramide qui avait beaucoup souffert. En abaissant , a celte occasion le terrain qui la couvrait ea quelqu’endroil jusqu’à la hauteur de 1 5 pieds» on trouva deux chapiteaux fort bien exécutés, et deux colonnes de marbre, cannelees, qu*^ 1’ on plaça aux angles occidentaux de la py' ramide ; on découvrit aussi deux piédestaux»
et le pied de bronze que l’on voit au musee
PIRAMIDPi DI C. CESTIO