MONT AVENTIN
Cette colline peut être assimilée à un pentagone de 10800 pieds anciens de circonférence sans calculer les petites irrrégularités; ainsi il faut reconnaître comme exacte la mésure de 18 stades ou 11,250 pieds que lui donne Denis d’Halicarnasse. Sa hauteur de 42 mètres au dessus du niveau de la mer montre qu’ elle est la plus basse des sept collines de Rome. Dans les écrivains anciens on trouve plusieurs étymologies du nom de ce mont ; quelques uns le font dériver à^abadoentu, c’està-dire de l’arrivée des peuples latins au temple de Diane bâti par Servins Tullius; d’autres, parcequ’on y arrivait en barque; il en est d’autres qui en font dériver l’origine d’Avens, fleuve du territoire de Rieti; ou ab aoibus des oiseaux dont Remus se servit pour rendre les augures; cependant parmi tant d’ étymologies , celle qui semble la mieux fondée est celle qui
Mont Aoentin.
fait dériver ce nom d’Aventin roi d’ Albe qui fut enlorré sous cette colline; auparavant il s’appelait Murcus, soit de V^énus qui dans la langue primitive du pays s’appelait Murcia , soit des myrthes qui le couvraient en partie.
Ancus Marcius le renferma dans Rome, et le destina à la demeure des peuplades du Latium qu’il venait de subjuguer, et principalement des babitans de Polilorium, Tellèneet Ficana ; cependant il ne fut pas compris dans le pomœrium avant le règne de 1’ empereur Claude, comme nous l’apprenons de Tacite et d’Aulugelle. Sur ce mont on érigea successivement de grands édifices, sous les rois, pendant la république et du tems des empereurs. Parmi ces baiimens on distingua principalement les temples de Diane, de Juuon Regina, delà Bonne Déesse et de Minerve, l’ Armilustriunij I’ Atrium de la Liberté , les palais de Sura et/ de Trajaii lorsqu’ il était simple particulier, et les thermes Varia nés et de Décius. Cepenclaiit il est aujourd’hui le plus desert parmi les sept collines de Rome ; les bâtiraens qui le
décoraient ont disparu de manière, qu’à peine si on peut déterminer, par approximation, le site, des biitimens les plus célèbres qu’on vient de nommer. Parmi les ruines qu’on apperçoit sn cette colline, on croit que celles sur lesquelles
est bâtie l’église de ste.Prisca appartiennentao
palais de Sura , et que celles qui sont vis-à-vis la porte si. Paul sont des restes des tlierffl®^
deVarius. • .
On monte aujourd’hui sur cette coHm P
cinq dillerens chemins qui suivent la des anciennes rues, ou se réunissent ton
Église de ste. Marie Aventine. 1 1 5
autres sentiers anciens, on peut encore les tracer: Le premier chemin est vis-à-vis la porte de Testaccio , il est dans la direction de la porte Navale anciennej le second conduit à ste. Prisque ; le troisième près des carceres du grand cirque correspond à l’ancien pu-
ïliciiis;B. ce cU^us se réunit aussi le quatrième chemin qui commence à la petite eglise de ste. Anne; le cinquième qui aboutissait à la porte Minucia ancienne, commence au quai de Marmorata, il est aujourd’hui fermé, et conduit directement à 1*
ÉGLISE DE ste. MARIE AVENTINE.
Cette église a aussi le surnom du Prieuré , parcequ’ elle appartient au prieur des chevaliers de Malte à Rome . Elle est dans une situation fort belle ; de la place qui est devant on a une vue magnifique de Rome et des environs. Sa fondation remonte certainement au-delà du XIII siècle. St. Pie V la fit restaurer, et vers l’année 1 765 le cardinal Rezzonico la mit dans Pétât actuel, d’après l’architecture de Piranesi qui réunit dans la décoration de cette église tout ce qu’il connaissait en fait d’ ornemens anciens ; il en résulta un style surchargé d’ ornemens et très capricieux. Dans l’ intérieur de cette église on remarque un ancien sarcophage , sur lequel les Muses sont représentées; il sert de tombeau à un évéque Spinelli.
Un joli jard in est annexé à cette église, on y jouit d’ une des plus belles vues de Rome.
De ce jardin on sort sur une place ornée d’une manière bizzarre par le meme Piranesi . La
Église de st. yilexis»
rue à droite conduit au bastion dePaul lII,dont on a fait mention ci-dessus; entre cette rue et le place qui est devant l’église de ste. Marie du Prieuré, sur le bord de la colline était le temple de la Bonne Déesse, rendu célébré par les ouvrages de Cicéron.
A’ gau elle du jardin du Prieuré est 1*
ÉGLISE DE st. ALEXIS.
Dans ces environs était PArmilustrum , où d’après Plutarque fui enterré Tatius, et dont le nom dérivait de l’exercice des armes que les soldais J faisaient, et des jeux qu’ils célébraiont dans les jours établis à l’honneur de Mars et Tolius. On prétend qu’ ici était la maison d’ Eupbémicn, sénateur, père de st. Alexis, qui après avoir vécu dans la maison paternelle sans être connu, mourut sous un escalier. Les miracles qu’il fit après sa mort ont donné origine à cette église qui est certainement anterieure au IX siècle. Sous Léon III, elle était une diacoiiie ; mais en 975 elle devint une abbaje - Eu 1217 sous Honorius III, elle fut consacrée de nouveau. Martin V la donna aux moines ne st. Jérome qui la conservent encore. Le cardiual Quirini, en 1741, la mit dans Petat actue • Au delà decetleéglise est celle qu’ou appelle
ÉGLISE DE ste. SABINE.
Celle église fut bâtie dans la maison p^l® nelle de cette sainte, près du temple de J on® Recina érigé par Camille, après |p,j
ïes. On doit sa fondation au i 3 rétre i Pierre, qui vivait du tems de Célestin 1 j l’anuée 425 comme onlelitdans uneiusci i'
Église de ste. Prisque. i 1 7
en mosaïque sur la porte principale de l’ église . Elle fut restaurée en 824 ; ensuite par Eugène II en 1238, et par Grégoire IX qui la consacra de nouveau. D’ autres restaurations, et d’autres embellissement furent faits à cette église par le cardinal Ge'sarini, en 1 541, et par le pape Sixte V, en 1 587. Elle est à trois nefs divisées par 12 colonnes de chaque côté, elles sont en marbre blanc, cannelées , et d’ ordre corinthien. Dans la chapelle qui est au fond de la petite nef, à droite en entrant, est un tableau chef-d'œuvi’e de Sassoferrato, représentant la Vierge du Rosaire , st. Dominique, et ste. Catherine de Sienne.
En sortant de cette église on voit à gauche les restes de l’enceinte du château que le pape Honorius III fit construire sur celte partie de 1’ Aventin où il habitait.
En descendant par la rue à droite et tournant à droite on parvient à 1’
ÉGLISE DE ste. PRISQUE.
Cette église est très-ancienne, puisque, d’après une tradition pieuse elle a été bâtie sur 1’ emplacement de la maison de ste. Prisque , où Ton dit que r apôtre st. Pierre la baptisa avec beaucoup d’autres païens, après les avoir convertis à la foi. Le pape st. Eutychien la consacra en 280. Adrien I et Calixte III la restaurèrent, et le cardinal Benoît Giustiniani fit faire la façade actuelle sur les dessins de Charles Lambardi, qui mit 1’ église dans 1’ état où elle est aujourd’hui. Ayant été abandonnée pendant quelque tems, elle vient d’étre restaurée dansles années dernières. On y voit 24 colonnes
"l "18 Église de ste. Marie in Cosmedin.
antiques, des fresques d’Anastase Fontebuoni , et sur le maître autel un tableau de Passignaiii.
Vis-à-vis cette ëglisedansla vigne jadis Seul* tliëis, était le fameux temple de Diane construit par Servius Tullius comme centre de la confe'dëration latine. A’ côté de ce temple était celui de Minerve surnommée Avenlinensis a cause du mont sur lequel il était.
Dans la vigne à gauche de cette église sont les restes de l’aqueduc, et du château de l’eau claudienne, construits par Trajan lorsqu’il porta une partie de cette eau sur le mont Aventin.
En revenant au Cliuus Publicius on descend par ce chemin à 1*
ÉGLISE DE ste. MARIE IN COSMEDIN.
Cette église a été bâtie sur les restes d’un ancien temple; quelques uns ont cru que c’était celui de la Pudicité patricienne, et d’autres, celui de la Fortune ou de Matuta; mais d’après l’autorité de Denis d’ Halicarnasse, de Vitruve, de Tacite et de Pline , il faut reconnaître que les restes du temple, encore visibles, sur lesquels cette église a été bétie, sont ceux du temple de Gérés et Proserpine, construit dès le III. siècle; de Rome. On voit encore une partie de la cella bâtie en gros blocs de travertin, et dix colonnes du péristyle, qui sont de marbre blanc, d’ordre composite, cannelees, et on 7 pieds de circonférence. On reconnaît par le travail de leurs chapiteaux, que ce temple a été rebâti dans le tems où les beaux arts fleurissaient, c’est-à-dire sous Tibère qui, d’après Tacite , le consacra.
TEMPrODl VESTA