ILE DU TIBRE
Après l’expulsion de Tarquin le superbe , le sénat romain accorda tous les biens de ce roi au peuple, qui , pour exhaler son indignation contre ce tiran, jeta dans le Tibre les gerbes du blé moissonné dans son champ, qui était le long du fleuve ; depuis, il fut nommé le Champ de Mars . La quantité de ces gerbes était si grande , que la force de l’eau ne pouvant les entraîner , elles s’ entassèrent et formèrent une petite île , qui fut ensuite fortifiée a^vec un rempart de pierre, et fut dès lors habitée, ainsi qu’elle 1’ est encore.
L an 461 de Rome, la peste, faisant de grands ravages dans cette ville, le sénat , après avoir consulté les livres des sibylles, envoya des députes au temple d’EscuIape dans 1’ Epidaurîe,
1 obtinrent un serpent , symbole vivant de ce dieu , et portèrent ce reptile à Rome; mais 1 disparut dans cette île. C’est pourquoi dans ce meme endroit ils érigèrent un temple en 1 honneur d’EscuIape, ainsi qu’un hôpital pour
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les malades. Cette île fut fortifiée par de pos quartiers de travertin, carres, et^on^ ui oaiia la forme d’ un vaisseau, en mémoire de celui qui avait transporté le serpent a Rome. On fit aussi sculpter sur le corps du vaisseau le Luste d’ Esculape avec son attribut du serpent entortillé autour d un bâton , on le^ voit encore du côté de l’église de st. Barthélemb Au milieu de celte île s’ élevait un obélisque (jayptieii 011 forme de mat de navire, un fia^'* ment de cet obélisque jadis existant à la villa
Albani est maintenant à Paris. ^
Le temple d’Esculape était place sur la poupe de ce navire î et c’ est sur les restes de cet édifice que l’ on a baii l’
ÉGLISE DE St. BARTHÉLEMI.
L’origine de celte église est fort ancienne, misqu’elle existait déjà sous le nom de st.
Vdalbert, lorsque le corps de st. Rartbelerni y ‘ut placé l’an c)83. Elle fut rebâtie sous U-
asell en 1118, et ensuite f " î'
jardinai Santorio, sous la direction de Marti Lungbl qui fit de nouveau la façade, luaire colonnes de granit. L’ intérieur est * .isé eu trois nefs par 24 colonnes de graii , pie l’on croit avoir appartenu al .
,ile d’ E.cuUpe , mnis qui cenamemeu »at i’ une proportion trop mesquine. De n e autel est décoré de quatre colonnes de po p )
re, et d’une grande urne de
re, ornée de têtes de lion. Le ^tableau François Manno, peint en 1 80o.
Outre le temple d’Esculape, d y ^ r’ go* ceuaîle, ceuJe Faane et de JupuerLjcao
Pont Gratien^
nîen; ce dernier fit donner à T île le nom d’ ile
Lycaonîenne.
De cette île on passe an Trastevere par le
PONT GîlATIÉN.
Les deux inscriptions semblables que 1 ôlî voit au milieu des parapets, ainsi que celle qu* on lit sur les bandes extérieures du pont , sa construction, et le témoignage de Symmachus prefet de la ville, montrent qu’il a été construit vers Pan 367 de Père chrétienne, par" les empereurs Valentinien, Valens etGratien, et qu’il porta le nom du dernier de ces empereurs pontem felicis nominis Gratiani , On l’appelle aujourd’hui de st. Barthélemi,à cause de Pégl Ise de ce saint, dont je viens de parler.
A’ quelque distance de ce pont on rejoint le pont Palatin, ou Ponte-Rotto^àiOxw. on a parlé à la page 122. Sur ce pont on jouit d’ une vue très agréable et très-pittoresque, d’un côte se présentent le mont Aventin, le Palatin , le Capitole, et vers le rivage, le temple de Vesta , le quai de Servias Tullius, l’embouchure
de la grande cloaque, P île du Tibre et les deux ponts.
A une petite distance Ponte-- Rot to est P
ÉGLISE DE ste. CÉCILE.
On croit que cette église a été bâtie dans le leu ou était la maison de ste, Cécile. Le pape St. Urbain I la consacra vers P an 230 , et st.
aschal I la rebâtit en 821 . Clément VIII la donna aux religieuses bénédictines, qui y ont annexe un grand couvent. Dernièrement elle a tite restaurée par son titulaire le cardinal Do-
Port (le Ripci~ Grrcinde,
lia . Dans la cour on remarque à droite un grand vase en marbre, de ceux qu’ on appelait cantliari^ qui décoraient le milieu de la cour devant les temples chrétiens, servaient de fontaines pour l’ ablution des fidelles.
Cette église est à trois nefs, et ornée de stucs dorés et de peintures. Le maître autel est décoré d’un baldaquin , soutenu par quatre belles colonnes de marbre d’Aquitaine qu* on appelle vulgairement blanc et noir. Entre ces colonnes est un petit tableau rond, que l’on croit de l’école de Garraclie. Sous cet autel est une belle statue de ste. Cécile, ouvrage d’Etienne Maderno. Le pavé qui entoure cet autel est d’albatre, entremêle de pierres précieuses. La voûte de la tribune est ornée de mosaïques antiques. Après la cliapelledu Crucifix on trouve une chambre de bain, oii l’on croit que ste. Cécile reçut le martyr, elle est ornee de peintures de Paul Brilli.
En sortant par la porte latérale, on trouve l’ église de ste. Marie r/e//’ Orto^ bâtie en 1 522 sui^ les dessins de Jules Romain, à 1 exception de la façade, qui est de Martin Lunghi.
Là rue vis-à— vis cette église conduit