PORT DE RI P A-GRANDE
Iimocenï XII, vers l’an 1692, Ht construire ce port, où abordent les bâtiraens ‘1“' L
de la mer , en remontant le cours du i P espace d’ environ 24 milles , ou 8 heue ■ Il fit aussi bâtir la douane, décorée d un e portique, sur les dessins de Matth.as Rossi • De ce port on jouit d’une vue l’Avenlin. Il faut se rappeler que dans
Hospice de st. Michel.
virons, Porsenna roi des Toscans, était campé lorsque Mutins Scévola tenta de le tuer , et se brûla la main en sa présence. Cette action engagea le sénat à lui donner le terrain où Porsenna étaitcampé,ce qui fit donner à ce champ le nom de Prata Mutia^ prairies de Mutins.
G’ est près de là aussi que Clélie , jeune fille d’ une famille noble de Rome, traversa le Tibre à la nage, à la tête de ses compagnes, pour échapper aux Etrusques.
Toute la longueur du quai est occupée par le grand batiment qu’ on appelle 1’
HOSPICE DE St. MICHEL.
Ce grand édifice fut commencé sous Innocent XII, en 1686, d’après les dessins de Matthias Rossi , et augmenté par Clément XI et par Pie VI. Outre le logement pour les enfans pauvres, où ils sont instruits dans le dessin et dans tous les arts, il y en a d’ autres où sont reçus les hommes et les femmes invalides; pi us, un conservatoire pour les demoiselles , et une église dediée à st. Michel-archange , d’où dérive le nom de ce grand établissement. Dans cet hospice on a établi une grande manufacture de laine, une manufacture de soie , et un atelier
où 1 on fait de belles tapisseries dans le genre de celles des gobelins.
En allant par la rue qui est entre cet hospice et la douane, on trouve, à gauche, la
PORTE PORTÈSE.
Celte porte fut substituée à l’ancienne porte ainsi appellée, parcequ’on sor-
tait de là pour aller au port de Rome ; elle é-
Église de st. Frcincois»
tait placée à environ 120 pas plus au dehors de la ville, et elle était double comme celle de St. Paul ; D’ après l’ inscription qu on y voyait , elle était 1’ ouvrage des empereurs Arcadius et Ilonorius , qui la batiient lorsqu ils refirent les murs de la ville en 402. Le pape Urbain VIII, en 1643, fit démolir cette ancienne porte lorsqu’ il entoura le Traslevere de nouveaux remparts, et fil bâtir celle d’au« jourd’bui, qui fut achevée par Innocent X.
En rentrant dans la ville, et suivant la rue à gauche on arrive à 1
ÉGLISE DE St. FRANÇOIS.
En 1229, cette église fut donnée à st. François d’ Assise, ensuite elle a été rebâtie par le cardinal Lazare Pallavicini, sur les dessins de Matthias Rossi. Dans la chapelle de la croissée, à droite du maître autel, est un beau tableau, représentant la Vierge, 1 eufant-Jesus et ste. Anne, ouvrage du Baciccio , et une statue de la B. Louise Albertoni, de Bernin.
Dans la grande rue vis-à-vis, qu’on appelle le Stradone di s. Francesco ou trouve , a droite, l’église des Quarante saints; Ensuite on passe devant celle de st» Callixte annexée au monastère des pp. bciiediciins. On ^ che de là sur la place qui doit son nom a I
ÉGLISE DE ste. MARIE IN TRASTEVERE.
On croit communément que l’ancienne berna Bleritoria, qui était ««« espèce de pôt pour les soldats invalides qui ^
Lrvi la patrie, était en cet endroit. Cet ^ ayant été abandonne, quelques curette
Église de ste. Marie înTrastevere, 131
tenii’ent de Pempereur Alexandre Severe, pour
ouvrir un oratoire ^ qui fut érigé en 224 par le pape st. Galixte ; cet oratoire fut la première église publique de Rome. Le pape st.
Jules , en 3.40 , la rebâtit ; après avoir été restaurée plusieurs fois, Innocent lien 1139 la renouvella ; Nicolas V la restaura sur les dessins de Bernardino Rossellino. Ce fut en 1139 qu’on décora la façade des mosaïques t qu’on y voit encore. Enfin Clement XI fit le aortique actuel qui est soutenu par quatre coonnes de granit, et qui contient des inscriptions anciennes fort intéressantes.
L’intérieur de cette église est magnifique , il est divisé en trois nefs, par21 grosses colonnes de granit, sans compter quatre autres qui soutiennent un grand architrave. Quelques unes de ces colonnes ont le chapiteau ïonicjue, d’autres l’ont corinthien ; les chapiteaux d’ ordre ionique sont d’ un style fort riche et viennent certainement de quelque temple d’ Isis et Sérapis, puisqu’on y voit les figures de ces deux divinités, et celle d’ Harpocrate, soit dans les volutes, soit dans la fleur. Le pavé est comme celui des autres églises anciennes en opus alexandrinurn , composé de morceaux de porphyre , de serpentin et d’autres beaux marbres. Au milieu du beau plafond , riche en, sculptures et en dorures, on voit une Assomption , ouvrage très beau du Dominîquin . La chapelle du fond de la petite nef à droite, fut faite sur les dessins du meme maître; dans un compartiment de la voûte de cette chapelle il peignit un bel enfant qui répand des fleurs. Le grand autel est isolé et décoré d’un
* i 32 Église de st. Crjsogone»
- baldaquin soutenu par quatre colonnes de porphyre . La tribune est ornce de mosaïques ; celles du haut qui représentent Jesus-Gbrist , la Vierge et dilFerens saints, ont été faites vers l’an 1143 ; les mosaïques, inférieures, où l’oii voit la Vierge et les douze apôtres, sont d’un tems postérieur et faites par Pierre Cavallini. Sur le dernier pilastre à gauche du grand autel sont deux mosaïques antiques, 1’ une repre'sente différens oiseaux , 1* autre un port de mer. Parmi les monumens sépulcraux , il y a ceux duLanfranc et deCiro Ferri, habiles peintres , et celui de Jean Bottari , homme bien connu dans la république littéraire. On croit aussi, que le célèbre antiquaire Famien Nardini qui, parmi d’autres ouvrages, fit la description de Koine Ancienne , est enterré dans cette église.
En prenant la rue, qui est presque vis-à-vis cette église, on trouve h gauche l'hôpital de st. Gallican, et ensuite P
ÉGLISE DE st. CRYSOGONE.
On croît que cette église fut bâtie 1^ P*’p" mièrefois sous Constantin le grand. Apres dii* férenles réparations, le cardinal Scipion Boi' ghése la fît renouveler en 1623 sur les dessins de Jean Baptiste Soria,qui la décora d’un pof tique, soutenu par quatre colonnes doriques, de granit rouge . L’ intérieur de cette ressemble beaucoup à celui de ste.Marie stevere: il a trois nets, divisées par 22 co on
nés de granit, tirées d’anciens édifices, elles on^ des chapiteaux ïoniques modernes. Le gf^n arc de la tribune est posé sur deux supei
É^Hise de ste. Marie délia Scala. 1 33
colonnes de porphyre, d’ ordre corinthien. Le nisître 3 utel est décoré d un b9ld3(juin, sou.” tenu par (juatre colonnes d albatre lies rare. On voit, au milieu du grand plafond , la copie d’une superbe peinture du Guerchin,^ représentant St. Chrysogone trans porte au ciel ^ elle fait bien regretter la perte de l’orignal.
En revenant sur ses pas et prenant la rue qui est vis-à-vis la porte latérale de ste. Marie in Trastevere^ on trouve, à gauche, P
ÉGLISE DE ste. MA-RIE DELLA SCALA.
Le cardinal Côme, en i 592, fît bâtir cette eglise pour y conserver Une image miraculeuse de la Vierge, qui était sur l’escalier d’une maison située tout près delà ; ce qui lui fît donner le nom de la Vierge délia Scala. L’architecture de la façade de cette église est d’Octave Mascberino, et celle de l’ intérieur est de François de Volterre. Lachapelle de ste.Thérèse est decorée de quatre belles colonnes de vert antique et de deux bas-reliefs : celui qui représente la sainte est de Philippe Vallé ; l’autre est de Slodtz; le tableau de l’autel est de François Mancini. On voit sur le maître autel un riche tabernacle, formé de pierres précieuses et décoré de i 6 colonnes de jaspe oriental. La Vierge peinte à fresque, au milieu du chœur, est du chev. d’Arpin.
La rue à gauche conduit sur le
MONT JANICÜLE.
Ce mont doit sa dénomination à Janus roi des Aborigènes , qui bâtit une ville appelée Antipolis, en face du Capitole, où Saturne ha-
134 Église de st. Pierre in Montorio.
bitait clans ce tems-là ; Ancus Martias reunit à üorae cette partie du mont. Tite Live nous apprend , que 1’ on découvrit aux pieds du Janicule deux sarcophages de pierre, sur lesquels étaient des inscriptions, qui indiquaient que l’un renfermait le corps de Numa Pompilius , mort 535 ans avant cette dcicouverte ; maison n’y trouva rien ; l’autre décrivait les livres qu’ elle contenait , composes sur la religion, par le meme roi, en effet et on y trouva sept livres en latin et sept en grec , écrits sur des ecorces de papyrus, ils furent brûles par ordre du sénat, comme contenant des doctrines pernicieuses.
Ce mont s’appelle aujourd’hui J/on^ono»à cause des sables jaunes dont il est forme.
ÉGLISE DE St. PIERRE IN MONTORIO.
Cette eglise est d’ origine fort ancienne ; après avoir été réparée plusieurs fois, elle fut rebâtie sur le déclin du XV siècle, par Ferdinand IV roi d’'Espagne, d’après les dessins de Baccio Pintelli. En 1 798 ayant été fort endommagée on l’a restaurée dans le commencement du siècle actuel. Les peintures de la première chapelle à droite , où est représentée la flagellation du Sauveur, sont de Sébastien del Piorabo, faites sur les dessins de Michel-Ange Bonarrôti. Dans la chapelle de la Vierge, les deux tableaux de st. François et st. Antoine, sont de Morandi. La conversion de si. Paul , l’on voit sur l’autel qui suit après la porte latérale, est de George Vasari j les statues sont de Barthélemi Ammannati. Sur le raaiti® autel était placé le merveilleux tableau de ^
Fontaina Pauline.
nhaël d’ürbin, représentant la Transfiguraîion de Notre Seigneur, chef-d’œuvre de la peinture, que l’on admire aujourd’ hui dans la galerie du Vatican. Les peintures de la chapelle de St. Jean Baptiste, qui est de 1 autre côté du grand autel, sont de François Salvia— ti ; les statues de st. Pierre et de st. Paul sont de^Danîel de Volterre et de Léonard Milanais son élève; la balustrade en jaune antique a été construite avec les colonnes trouvées aux jardins de Salluste. Les peintures de la chapelle suivante sont de Théodore flamand . Le tableau de la dernière chapelle est de F rançois de Vecchi.
Au milieu du cloître du couvent qui est à coté de cette église, on trouve un petit temple de forme ronde, qui a une coupole trop elevee en proportion du diamètre, et soutenue par 16 colonnes doriques de granit gris ; 1’ architecture , est du Bramante ; il a été restauré tout récemment . Le roi Ferdinand fit élever' ce temple dans l’endroit meme, où, suivant une ancienne tradition, st. Pierre reçut la palme du martyr.
En continuant à monter, on trouve la