‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 2Chapitre 9 sur 133 · PALAIS MADAMA · texte numérisé non relu

PALAIS MADAMA

Ce palais fut bâti sur les dessins de Paul Mariicelli , par ordre de Madame Catberine de Medicis , qui fut ensuite reine de France ; ce qui le fit appeller palais Madama. Le pape Benoît XIV en a fait l’acquisition poury établir la résidence du Gouverneur de Home qui est le chef de la police et le tribunal criminel ; de mcmç que celle de ses lieutenans, et autres officiers qui réièvent de lui.

Dans cet endroit étaient les’ thermes de Néron, qu’ on appela aussi Alexandrins , depuis qu’Alexandre Sévère les agrandit. Lorsque Benoît XIV, fit l’acquisition de ce palais, on démolit un grand arc et des murs en briques, qui appartenaient à ces thermes , et qui existaient dans la cour orientale de ce palais .

Dans une des voûtes de ces thermes, encadree

dans le bâtiment moderne, est une petite église fort ancienne dite du st. Sauveur T/ie/v/nJ'*

On voit encore des restes de ces bains dans une auberge près de la place Rondlnini, vers l’église de la Magdelaine, et dans une cave le'

Palais Grills tinîani.

long de la rue de* Crescenzj ^ où. l’on voit plusieurs colonnes de granit à leur place. Ces thermes devaient être très somptueux et très riches, par le grand nombre de statues, bustes, bas-reliefs et autres marbres qu’on a trouve's, et dont une partie se conservait dans le palais voisin dit:

P ALAIS GIÜSTINIANI.

Le marquis Vincent Giustinîani célèbre par ses richesses, et par sa munificence bâtit ce palais d’après les dessins de Jean Fontana: Borroraini eut beaucoup de part dans l'exécution, et on cite comme son ouvrage la grande porte, et la décoration des fenêtres. C’était un des palais les plus riches de Home, jusqu’aux derniers tems,mais aujourd’hui il ne conserve que quelques tableaux du Caravage, du Guerchin, du Guide et de Gérard des Nuits, et quelques monumens de la sculpture ancienne fort mutilés et fort mal restaurés:parmi ces monumens il faut remarquer la colonne milliaire qui est dans la cour et qui marque le VI mille de la voie cis* sienne où elle a été trouvée dans le XVIlsiècle.

En sortant de ce palais on trouve la place et T

ÉGLISE DE St. LOUIS DES FRANÇAIS.

Cette église fut bâtie en i 589, par Henri III roi de France, sur les dessins de Jacques de la Porte. Elle est decorée d’ une magnifique façade de travertin, ornée de deux rangs de pilastres doriques et corinthiens, et de quatre niches avec des statues sculptées parM. Lestache.

Elle est divisée en trois nefs, par des pilasties ‘ioniques, revêtus de jaspe de Siciles. Les

Église de st. Louis des L rancais.

fresques de la grande voûte sont de Mr. Natoi-’ re, ancien directeur de l’Academie de France à Rome. Les côtes de la seconde cliapelle à droite, sont, ornés de deux superbes fresques du Dominiquin, fort endommagées; d’un cote on voit ste. Cécile distribuant ses habits aux pauvres, et la même sainte étendue et expirante ; dans l’autre ste. Cécile est couronnée par les anges, avec son mari. Ste. Jeanne Freniiot de Chantal peinte sur l’autel de la troisième chapelle, est de Mr. Parrocel. Le tableau du maître autel, représentant l’Assomption de la Vierge , est de trançois Bassano.

Les tableaux de la chapelle de st. Mathieu , sont de superbes peintures de Michel-Ange de Caravage; les peintures de la voûte, ainsi que les prophètes représentes sur les cotes de cette même chapelle, sont du chev. d Arpin. Dans la dernière chapelle, sont deux tombeaux: celui à droite en entrant, est du cardinal de Bernis, sculpté par Maximilien Laboureur, l’autre situé vis-à-vis, est de Mme. de Montmorin, tait par Mr. Maren, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Dans la sacristie on admire un petit tableau représentant la Vierge,

bel ouvrage, attribue au Corrige. ^

Cette église est desservie par des pretres français, qui ont leur logement dans la maison annexée ; elle est aussi paroisse , et il y a un

hôhital pour les Français. ^

En allant dans la rue qui conduit direct .

ment à la. place du Peuple, on trouve dans seconde rue, h gauche , P

Église de st. A asus tin.

ÉGLISE DE St. AUGUSTIN.

Elle fut bâtie, en 1 483 , sur les dessins de Baccio Pintelli,par le cardinal Guillaume d’Estoutteville , ambassadeur de France à Rome.

Celte eglise a été restaurée dans le dernier siècle, sous la direction de Van-vitelli. La façade est simple mais majestueuse : la coupole est la première qui ait été faite à Rome. L’intérieur lient un peu du style gothique il est divisé en trois nefs par des piliers, avec des colonnes enchassées.Ony voit plusieurs chapelles ornées de beaux marbres, et de peintures: celle de la croisée à droite, dédiée à st. Augustin, est décorée de trois tableaux du Guerchin.

Le maître autel est orné de belles colonnes et de quatre anges, sculptés d’après les modèles du Bernin. L’image de la Vierge, qu’on voit sur cet autel est une de celles que lesGrecs apportèrent à Rome, après la prise de Constaritinople, et qu on attribue a st. Luc. Ï3ans la chapelle suivante est une urne de vert antique, qui contient le corps de sie. Monique , mère de^ st. Augustin. Les peintures de la chapelle voisine sont de Lanfranc. Vient ensuite ’au— tel de la croisée, où est la statue de st. Thomas de ViHanova, sculptée par Hercule Ferrata. Dans 1 avant dernière chapelle est un beau groupe en marbre, représentant la Vierge, 1 enfant Jésus et st. André, ouvrage d’André Coniucci de Sansovino. La Vierge de Lorette du dernier autel est de MichebAnge de Caravage; mais le tableau vraiment admirable de celte eglise est le prophète Isaïe, peint a fresque sur le troisième pilastre à gauche en en-

34 Église de St. Antoine des Portugciis.

trant ; il est de Raphaël, qui voulut, à ce qu on dit, rivaliser avec les propliète de Michel-Ange, qui sont dans la chapelle Sixtine du Vatican.

Dans le couvent attaché à cette eglise est une bibliothèque publique, la plus remarquable après celles du Vatican et de la Minerve: on Tappèle Angélique du nom de son fondateur (^). Peu loin de là est 1*

ÉGLISE DE St. ANTOINE DES PORTUGAIS.

Celte église a été bâtie vers l’an 1696 , aux frais du roi de Portugal, sur le plan de Martin Longhijle jeune. Elle est ornée de beaux marbres , de stucs dorés et de peintures de Hyacinthe Galandrucci, de François Graziani et de Louis Agricola qui peignit ste. Elisabeth reine de Portugal que Pon voit sur l’autel de la croisée, à droite. Les peintures de la chapelle de la Vierge sont d’Antoine Concioli.

Prés de-là; est la place et 1’

ÉGLISE DE St. APOLLINAIRE.

Le pape'Adrien I, en772,fitbatir cette eglise sur les ruines d’un ancien temple ou de quelque monument consacré au culte d’Apollon- Benoît XIV la fit rebâtir d’après les dessins de 1 architecte Fu 2 a,qui ladécorad’un vestibule, dans CeTà gauchi est la chapelle de la Vierge , et vis-à-vis sont les fonts-baptismaux. En en^ iraut dans l’dgiisc, on voit, sur un des autels, une belle statue de st. François Xavier, de

(*) Elle est Ouverte tous les jours comme celle de la Minerve, mais seulement le matin depuis les jusqu’ à midi-

Séminaire Romain*

Gros. Sur le maître autel est un tableau d’Her-cule Gennari.

Dans le palais annexé à cette église, est 1«

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