SÉMINAIRE ROMAIN
En rendant aux jésuites le collège romain, le pontife Léon XII transporta dans ce palais le séminaire épiscopal de Home, où les jeunes gens qui aspirent à l’état ecclesiastique reçoivent une éducation soignée, et sont instruits par des professeurs habiles , dans les belles lettres et les différentes branches de la philosophie et de la théologie. Le cardinal vicaire qui en est l’inspecteur de droit, a sa résidence dans ce meme palais.
Vis-à -vis est le palais Altemps, qu’ on dit bâti sur les dessins de Martin Longhi, le vieux, mais qui certainement est plus ancien quisqu' on prétend que les portiques de la cour furent ajoutés par l’architecte BalthazarPeruzzi: ainsi Martin Longhi n’aura fait que restaurer et changer en partie le bâtiment existant. On trouve dans ce palais quelques statues antiques, des colonnes, de beaux marbres et une chapelle , où r on conserve le corps de st. Anicet pape , mort martyr en i68.
En avançant par la rue qui est devant ce palais, on voit sur la façade d’une maison, à gauche, la fable de Niobé, peinte en clair-obscur par Polydore de CaravageJ; ayant été plusieurs fois restaurée, cette peinture a beaucoup perdu de sa fraicheur et de son mérite.
En suivant cette même rue on arrive au palais Lancellotti , commencé par François de VoUerre et achevé par Charles Maderno. Le
3G Église de st. Sauveur in Lciuro*
portique est soutenu par 4 colonnes de granit, et la cour est ornée de statues, de bustes, et de bas-reliefs antiques. Dans le portique supérieur qui est aussi soutenu par 4 colonnes de granit, sont un Mercure, une Diane etautres marbres, A* côté de ce palais est la rue des Coronari^ où, à droite on \oit l’
ÉGLISE DU St. SAUVEUR IN LAURO,
Clément X donna cette église avec le collège y annexé, aux natifs des Marches; ils la dédièrent à la Vierge de Lorelte. L’architecture est d’Octave Mascherino, qui la décora de 34 colonnes corinthiennes . Les peintures de la première chapelle à droite , sont de Joseph Ghezzi. Le tableau de la seconde chapelle est d’Alexandre Turchi , et celui de la troisième
est le premier ouvrage de Pierre de Gorione, Le tableau de l’autel suivant est dii Ghezzi. La sainte Maison de Lorette represeniee dans le tableau du maître autel, est de Jean Pernzzini. Le tableau de la chapelle de 1 autre cote, représentant la ste. Famille, est aussi du Ghezzi; celui de la dernière chapelle est d’ Antiveduto
Grammalica. ,
Sur la place qui est devant cette eghse,
on voit la maison des frères français, nommes des écoles chrétiennes , qui enseignent gratis h lire, à écrire, et à calculer. Dans les jours de vacance et de fête, on donne dans ce meme local des leçons d’architectm^.
En revenant dans la rue des
SIciisoTi de Rcipficiêl:, Église st'Oelse» 37
fjU6 teins y et dont il fit un su Pantlieon.
pour fonder une cliappellenie en faveur de 1 autel de la Vierge oii il fut enterré. Pour honorer la mémoire de ce grand peintre, Charles Maratta fit tracer en clair-obscur son portrait sur la façade de cette maison', il est maintenant presqu’effacé. La maison a été distraite du îeg originaire, et appartient aujourd’hui au chapitre de sle. Marie Majeure.
Après lai ruG des (JovoTiciri traverse cgiÎg de Panico , qui conduit a la place du pont st. Ange. Dans les environs de cette place était anciennement un arc érige aux empereurs Gratien , Valentinien II et Theodose. Il est probable que les colonnes de vert antique, et les autres marbres qu’on a trouves lorsqu’on a bâti l’église de st. Gelse , appartenaient à cet arc.
Près de cette église, oii il n’ y a rien de remarquable , on trouve le palais Gicciaporci , architecture de Jules Romain.
Presque vis-k-vis est le palais Niccoîinî , bâti sur les dessins de Jacques Sansovino , très habile architecte florentin.
Dans le milieu du bivoie est la banque du st. Esprit, bâtie sur les dessins de Bramante Lazzari . Elle dépend du grand hôpital dii st.Esprit, dont les biens sont hypothéqués pour la siireté de ceux qui y déposent leur argent.
Ensuivant la rue^k gauche de cette banque, on arrive k la place de l’horloge de 1’ biglise Neuve. A’ gauche de cette place, on voit l’entrée du palais , jadis Orsini, aujourd’ hui Gabrielli , placée sur une élévation artificielle. Depuis le XIll siècle, cette élévation a le nom
Êgl ise-Neuve.
de monte Giordano, du nom de Jourdain Orsini qui avait son château ici. Dans le palais Gabrielli on conserve de beaux tableaux, et on a forme une belle bibliothèque.
En traversant la place de l’ horloge , on trouve E
ÉGLISK DE s te. MARIE IN FALLICELLA, ArPELÉE L’ÉGLISE-NEUVE.
C’ est St. Philippe Néri, aide par Grégoire XIII et par le cardinal Cesi, qui fit ériger cette grande église, sur les dessins de Martin Loughi, Taîné. La façade de ce temple est ornée de deux rangs de pilastres corinthiens et composites. L’intérieur, est décoré de peintures, de stucs dorés , et de chapelles riches en marbres, et faites sur les dessins de Piei’re de Cortone qui peignit la grande voûte, la coupole, et la voûte de la tribune. Le tableau de la première chapelle à droite est de Scipion Gaelano. Le Christ mort qu’on voit dans la chapelle suivante, est une copie du tableau de Michel-Ange de Caravage. Le tableau de la troisième chapelle est de Jerome Mutien. Le couronnement de la Vierge, place sur 1 autel de la croisée, est du chev. dArpin^ les deux statues latérales sont de Flaminio Vacca.
Le grand autel est très riche ; il est décoré de quatre belles colonnes de portasanta^ dont les bases et les chapiteaux sont de bronze dore, de meme que le tabernacle et les anges.Trois tableaux de Rubens ornent cette magnifique tribune : celui du maître autel ♦ où est encadrée l’image de la Vierge, représente une gloire d’anges; des deux autres qui sont sui es
Église-Neuve.
côtes, Tun représente st. Grégoire, st. Maurus et st.^Papias, martyrs , et l’autre, ste. Domitille, st. Neree, et st. Acliillee.
Ija chapelle suivante , c|ui est sous 1 orgue , est dediée à st. Philippe Néri, dont le corps repose sous P autel. Le tableau de^ ce saint est en mosaique, et a été tiré de l’original du Guide. Les traits principaux de la vie de ce saint ouel’on voit dans cette chapelle, sont de Gins* tophe Roncaîli. Sur l’autel de la croisée, est la Présentation de la Vierge au temple , beau tableau de Frédéric Barroche.
Près de cet autel est la porte conduit a la sacristie , où P on voit une belle statue de st. Philippe, par PAlgarde ; la voiite est décorée d’ une frescjue de Pierre de Gortone.
la chapelle intérieure, (jui est aussi dediee a st. Philippe, on voit sur l’autel un beau tableau du Guerchin. De la sacristie on monte à la chambre que st. Philippe habita, on y conserve encore les meubles qui servaient a son usage, et le tableau original deGuido-Ileni,doot nous venons de parler. La peinture qui orne le plafond de cette chambre est de Pierre de Gortone.
En retournant dans Péglise, le tableau représentant la Visitation, dans la seconde chapelle à droite , est de Frédéric Barroche. Les peintures de la dernière chapelle sont du ch. d’ Arpin.
L’ architecture de la maison attenante , de meme que celle de l’oratoire contigu à 1 église, est du Borromini. La voûte de l’oratoire est remarquable, parcequ’ elle est plate et dans
le genre de la céièbi'e voûte de la CgUci So'
40 Église de ste. Marie de la Paix.
learis des thermes de Garacalla ; elle a o
«pieds de long sur 3|7 de large. ^
Dans la rue à gauche eu sortant de 1 église, on voit le palais Sora, bâti sur les dessins de Bramante Lazzari. De ce palais, traversant la rue papale et la place de st. Thomas iti Pa— rione, on voit 1’
ÉGLISE DE Ste. MARIE DE LA PAIX.
Sixte IV érigea cette église en action de grâces pour la paix obtenue entre les princes chrétiens; il la fit construire d’après l’architecture de Baccio Pintelli, et la dédia à sle. Marie de la Paix. Alexandre VII la fit restaurer sous la direction de Pierre de Cortone, qui refit la façade avec un portique semi-circulaire, soutenu par des colonnes de travertin.
Cette église, ainsi que la maison adjacente, appartenant jadis aux chanoines réguliers de si. Jean de Latran, à été donnée en 1825, pa^r le pontife Léon XII, a une congrégation de piètres séculiers. Le cloître est du Bramante»
I/intérieur de l’église est composé d’une nef et d’une coupole octogone d’un très-bon goût. Dans la première chapelle à droite en entrant, on voit un bas-relief en bronze, représentant la déposition de la croix, ouvrage de Gosine Fancelli , qui sculpta aussi la ste. Catherine et les petits enfans. Au dessus de l’arc de cette chapelle est une belle peinture à fresque du ^rand Raphaël : elle â été restaurée dans les derniers tems, et représente les Sibylles cuméenne, persique , phrygienne et liburiine.
Les peintures sur 1’ entablement sont de Losso , florentin.
Église de ste. Marie de Udnie. 41
Sous la coupole sont quatre beaux tableaux; celui qui représente la Visitation de ste. Elisabeth, est de Charles Maraita ; le second , où l’on voit la Présentation de la ste. Vierge au temple, est un chef-d’œuvre de Balthasar Peruzzi ; la Naissance de la Vierge est de Vanni. Le quatrième tableau représentant la mort de la Vierge, il est de Jean Marie Morandi.
Le maître autel, bâti par Charles Maderno, est décoré de quatre colonnes de vert antique, de sculptures, et de peintures, dont quelques unes sur la voûte sont de François Albane.Le
tableau de la dernière chapelle est de Lazar Baidi , et les peintures de la voûte sont de Peruzzi.
En avançant par la rue qui est vis-à-vis celte église,et tournant de suite à gauche, on trouve P
ÉGLISE DE Ste. MARIE DE L’AME,
Cette église, commencée en 1 400 avec l’argent qu’un certain Jean Pierre flamand laissa par testament, fut agrandie dans la première périodè du meme siecle par la libéralité de la nation allemande, qui y entretient un hôpital pour ses concitoyens. Les portes de la façade, d’assez bonne architecture, sont attribuées au vieux Sangallo. Le st. Bénon dans la P remîère chapelle est de Charles Saraceni ; la Vierge et ste. Anne dans la chapelle suivante sont un des meilleurs ouvrages de Gemignani; les fresques dans la chapelle du Crucifix sont du Sermoneta ; la Piété en marbre dans la dernière chapelle, est une copie de celle de Michel- Ange faite par Nanni de Baccio Bigio sculpteur florentin . La Vierge avec plusieiir
Place JVavone.
saints, sur le maître autel, est de Jules Koraain ; le tombeau d’Adrien VI dans la chapelle du maître autel a ëte sculpte par Michel- Ange le siennois aidé par Nicolas Tribolo florentin, sur les dessins de Balthasar Peruzzi ; les figures en marbre sur le tombeau du cardinal André d’Autriche sont d’Egide de la Piivière, flamand. Suit la porte par laquelle on sort vers l’église de la Paix ; près d’elle ou voit le monument de Luc Ilolstenius, un des savants les plus distingués du XVII siècle. La chapelle du Christ mort, a été éntièrement peinte par François Salviati. Les fresques relatives h l’histoire de stc. Barbe sont de Michel Cœllier, flamand, qui fit aussi celles de la chapelle suivante, consacrée à la Vierge; le tableau de V autel de cette chapelle est de Jerome Nanni; la Naissance et la Circoncision de Jésus-Christ sont da Marc-antoine Ba.ssetti. Le tableau dans la dernière chapelle est de Charles Vénitien, et les fresques sont de Jean Miellé. La sacristie mérite d’étre visitée parcequ elle renferme plusieurs tableaux ; avant d ’ y entrer on voit le tombeau du duc de Cleves, où Nicolas de Mas représenta, en bas-relief, Grégoire XIII lui donnant P épée , marque de commandement.
La petite rue vis-à-vis cette église conduit à la