ART. X
Quand on ordonnera un recensement de la population , ce calcul se fera par maisons Sacli) et non par âmes {Souli) ( * ).
Était signé / Pour la Russie , Rostopchin ( comte).
Pour la Géorgie , Avcdoff.
Pcdavandoffi
(*) C^t article semble avoir été dicté à Fane des deux parties contractantes par une idée toute religieuse. On sait que , selon la Bible , le peuple juif fut frappé de la peste en punition de ce que David, inspiré par Satan, avait fait faire dans toute la Judée un recensement par personnes. Les deux envoyés Géorgiens ont prudemment voulu éviter à leur pays un sort aussi funeste et une punition, en apparence, aussi disproportionnée. Tid. Paralîpomenon,lib. I, cap. XXI; et Reg.lib. II, cap. XXIY.
A 0ONSTAMTINOPI& 71
Par suite de conventions particulières ^ les différents princes souyerains des états d'un ordre inférieur, autrefois dépendants de la Géorgie (*), avaient été conservés dans leurs provinces respectires. Mais liEr Russie ne tarda pas à s'apercevoir que ces petits potentats, loin de coopérera la sûreté et à la tranquillité du pays qu'elle s'était imposé le devoir de rendre heureux, étaient au contraire autant de sujets de troubles interminables ; leurs querelles particu^ lières compromettaient à chaque instant les intérêts généraux : convaincue donc que Péloignement de quelques-uns était nécessaire à la tranquillité et à la prospérité du pays , eUe les envoya résider à Saint- Pétersbourg ou dans d'autres villes de l'intérieur de l'empire , en leur assignant des pensions conformes à leur dignité et à leur rang politique {^y David ,
(*) LcCzarde Géorgie et de Rakhétie comme régent; le Gzar d*Imérétîe ; le Dadian de la Mîngrélie; le Battoni ou Mamia, seigneur souverain du Gouriêl^ etc.
(Dadian vient de DIdi, grand; Mamia de Marna, père ou chef. Exemple : MamasacU, père ou chef des maisons. )
(**) Salômon II , Gzar dlmérétie , à qui cette mesure ne parut point convenir,. prit la fuite et se mit sous la protection de la Porte. Il mourut à TreUzonde ie 19 février i8i5. On voit son tombeau eQtoiu*é^de grUlage au cimetière de Téglise grecque de Saint-Grégoire, en cette ville { Voyez plus loin dans lltinéraîre ). Le tombeau de Salomon II est, sans contredit, îe seul que la Porte ait élevé à la mémoire d'un prince chrétien;
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fils amé de George^ et qm^ i^prè$ h naprt de son pire, avait été pendant qodiqae temps réjgenti aux termes du liiaité^ fut envoyé en Russie^ le 19 fér* vrier iSoS, 'V. st. Dès ce mona^t. l'empereur Âlexi^ndre fit fout pour jréduirele pajr^ m prQvince russe. Lé général prince Tsitsknofi* ( Paul Oimi*triwifch )i allié à la famille royale de Géorgie , mais attaché depuis kwg-temps au service de la Russie et enttèr^nœnt dévoué aux int^éts de cette puissance, avec lesqpiels il confoudaît ceux de sa patrie, fut nommé au ^uvemement de ces nou^ veUes provinces de l'empire , en même temps ^'il conservait le commandement çn chef de l'armée qui avait été envoyée sous le gé^ral E^norring.
Mais comme il semble qu'une royale dynastie ne puisse expirer sans quelque grande et touchante catastrophe qui atteste à quel ordre de choses appartenaient ses destinées ; comme si , pour dernier signe de sa mission sur la terre , elle devait tou« jours recevoir l'empreinte auguste d'un grand malheur , la femiUe des Gzars Géorgiens ne s'éteignit point sans qu'un de ses derniers rejetons eût protesté hautement en faveur de sa gloire et de sa dignité. Je ne puis m'empécher de rapportejr dans tous ses détails un événement que l'histoire et la poésie embelUront un jour des charmes de l'éloquence ou de l'harmonie des vers : peut-être même une autre muse, la nmse tragique, s'emparera-4;--eUe de ce
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sujet pareil à ceax qti'ellb aitite; L'époque la plus décisiye des annelQ$ modernes de la haute Asie ; une catastro{éie sattglaute y $ous un beau ciel et daas un pays éloigné ; le oiouyement des passicm» pôliticpies I la raideur des préjugés natifs^ des mœur» chevaleresques et naïves i deux caractères nationaux également marqués^ une femme > une reine ^ une Bière y imprudente >fière9pa$sionnée9 filisant couler^ pour défaadre ses enfants , son pr^e s(iBg avec celui d'un traita : et dans tout cela , point de fadeurs ^ point d'amours : yoilà une tragédie !
Marie, aile du prince George Tsitsiaûoff, femme en secondes noces du roi George XI, mort eat^ 2800 le 28déciembre, ^. ^^. , restait encore àTiflis avec ^s ^pt enfants , deux filles et cinq garçons. Soit que la Russie s'inquiétât peu d'une femme et d'enfantfi aussi jeunes, soit qu'elle eût égard au vit désir que cette reine témoignait de pouvoir finir ses jours dans son pays natal, on avait toléré jusqu'alors sa résidence en Géorgie. Cependant Marie } peu çontwte de cette indulgence du gouvernement ou craignant qti'on ne lui continuât pas long<" . temps cette faveur , cherchait à se soustraire au pouvoir des Russes j elle prétendait assurer son séjour dans le pays qui l'avait vue naître , par un projet d'évasion qu'elle tramait en silence. Mais le gé^ nérai TsitsianolT surveillait de près sa conduite* il épiait les moindres mouvements de Marie, et cou-
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naissant son caractère décidé , remuant y il n'avait pas manqué de conseiller à son gouvernement d'enlever cette reine de son séjour en Géorgie. En attendant que cet' ordre lui fut parvenu, Tsitsianoff ne négligea aucun moyen de s'assurer de la personne-de Marie. Il avait mis dans sts intérêts un nommé Kalatousoff y noble Géorgien y qui était de la suite de la reine et dans ses confidences les plus secrètes. Cet homme , gagné par les plus magnifiques promesses, ne fit aucune difiiculté de découvrir au prince TsitsianoflT tout ce qui se passait dans la maison de Marie, en lui rapportant jusqu'aux moindres paroles de cette princesse.
Les Pschavi et les Touschinij deux peuplades du Caucase , qui habitent vers les sources de la lora (Cambyse ) , au nord-est de Tiflis , sont d'autant plus formidables , que toutes les vertus guerrières sont consacrée par leurs lois et leurs coutumes mêmes : il leur est défendu sous peine de mort de rentrer dans leur pays , blessés par derrière , ou de se raser tant qu'ils ont à venger la mort de quelque parent. Ces montagnards avaient , d^ancienne date et jusqu'à la ruine du trône, composé la garde àes rois de la Géorgie , et ils avaient toujours conservé beaucoup d'attachement pour la famille royale. Sollicités par Marie qui méditait sa fuite, ou ayant conçu d'eux-mêmes le projet de la recueillir avec ses eufants au milieu de leurs montagnes , ces in-
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trépides servîtears s'occapaiént avec ardeur des préparatifs nécessaires, pour 'mettre ce projet à exécution ; Marie, d^accord avec eux , secondait leurs' démarches , et paraissait n'attendre que le jour fixé pour son évasion. Malheureusement le dessein avait transpiré par les révélations de Kalatousoff, qui , comme nous l'avons déjà dit, avait tonte la confiance de la reine. II fut ainsi cause que le projet d'évasion avorta, au moment même où tout était préparé pour la fuite de Marie et- pour sa s&reté dans les montagnes dei^ I^schaves.
OcuUUa j de la peuplade des Pschaves , homme courageux, et d'une taille gigantesque , avait été chargé de conduire cette affaire; déjà plusieurs fois il était venu à Tiflis, pour concerter avec la reine les moyens de faciliter sa fuite : mais enfin tout était prêt pour l'enlèvement de Marie , et Gadilla lui avait annoncé que ses compatnotes l'attendaient avec empressement. Tsitsianoff savait tout , «mais voulant se convaincre par lui-même , et curieux de connaître Gadilla , il le fit arrêter et amener devant lui. Le^général n'avait gardé près de lut, selon l'usage , que son interprète; car quoiqu'il sât parfaitement le géorgien , il ne laissait pas de traiter ainsi toutes les affaires. Il avait eu soin de cacher k traître Kalatousoff*, sous la draperie du sopha du salon oii il reçut le Pschave, Gadilla , en entrant devant le général , te saltia à
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la manière du pays : Kamarjof T^Uicmo f JBon^ four y Tsi^sianow s le dialogue suivant ccHEometiça. lie gàiéral ; Qju?e&^tu ^vetmfair^à Tijtia? Le Pschave : Acheter du 9el. — Ne me cache point la n>érUé^ Jfpy <h4^l pas d^ùutres raisons qid t^cnent^ cm^iHf dans cette ville ? — Non. — Pschave l ta we dépend de la vérité : sache que si tu ne là découi^res^ je puis à ^instant même faire tomber ta tête. -— Me faire coi^er la tête tet par gui donc ? serait-ce peut-^tre par ùet interprète arménien ? Puis y portant la main à son poignard ; N^ai^e donc plus mon poignard ? Il ne me quitte janudsn Tsiteianoff voyant bien <ja6 les m^uwes xie pouvaient ébranler un homme aussi intrépide 9 se leva aussitôt 5 et s^apprpchant^ afin de le gagner par ]a douceur j il lui mit k main sur Pépaule Comme pour le caresser^ disant : Mon braçe ami ^ ne te fâche pasj il ne te sera fait aucun malj die seu* lement la vérité. Mais toutes les instances furent vaines ^ et tandis que GadiUa persistait à tout nier au général > celui-ci fit sortir Kalatousoflfde dessous le.sojJbia^ espérant d'étourdir tQUt-à'^^coup le monr tagnard > en le confondant par la présence inàttrar? due d^un homme dont il ne s'était jamais méfié chez la reine. KalatousofiT s'adressa brusquement au Pschave et lui dit : Gadilla^ cesse enfin de refuser Paveu des motifs de ton arrivée à Tirfiis y me voici pour te confondre. Ne te soupieni-*
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U pluê de m^avair ^u près de la reine ^ loreque tu ee^uenU' Im annoncer y fUer^ ^pie faut ékàtptit pour fcnforieer ea fuite y que des mulets Patten^ dawd à Kouki (*) y et qu^Us étaient prêta à la transporter dane les montagnee? Le môntagnatd étonné jeta sur Kalatonsoff un regard de mépris et de cdèie, puis il répondît: que tout cela était faux et meneonger ^ mais on ne lui laissa pas le temps d'une plus longue réjdique. On fit entier dans la salle six grenadiers qui le désarmèrent y . après l'aToir accablé de coups de crosse. Comsae im allait conduire le Pschave sous escorte à la fortes jresse y KalatousofF s'étant hasardé à I9 firapper an visage 9 Gadilla se retounia fièrement > et dit que sHl oi/qit encore son poignard y seul il se sentait assez de force pour les inupoler tous à sa vengeance. Tsitsianoff ne chercha pas à oonfir^ mer 9 par d'autres preuves, la réalité du complot que tramait la reine Marie; il comprit plus que jaùiais combien l'éloignement de cette princesse était indispensable à la tranquillité du pays y et sans souffrir aucun délai , son départ fut fixé au lendemain même ( dimanche ^ la avril i8o3)v II fut ordonné y afin de donner une certaine solennité à ce départ y que le général major LazareS* ( Jean
(*) YiUage vis-à-vis deXifli^^ de l'autre côté du Kour.
Pétrowitch ) y serait en grande tenue y accompagné d'tm interprète , ayant rang de capitaine ^ nommé Sorokin j annénien de naissance ; qu'ils se rendraient de grand matin avec la musique militaire > et à k tête de deux compagnies d'infanterie, à Phabitation qu'occupait la reine , pour l'engager à partir. Le lendemain de bonne heure , le général LazarefF s'étant donc présenté en cérémonie devant là demeure de la reine ^ ^itra brusquement dans sou appartement : la reine était déjà éveillée et assise à la manière du pays (les jambes croiséies à la turque), sur l'estrade couverte de tapis, où l'on étend le soir , avec une simplicité peu royale, mais par un usage commun à toutes les classes , les matelas sur lesquels on repose pendant la ntfit Depuis plus de deux jours, Marie avait appris secrètement, qu^un ordre était venu de Russie pour, lui faire quitter la Géorgie, et jusqu'au dernier mo^ ment, ellerrévaît le doux espoir de pouvoir se soustraire à cet oidre cruel. Ses sept enfants, tous trèsjeunes, puisque le plus âgé avait à peine neuf ans , étaient paisiblement ^idormis autour d'elle.
LazarefF, étant entré sans lui témoigner beaucoup de respect, ne lui fit dire par son interprète que ce peu de mot&ijLeçez-vousy il faut partir. La reine répondit avec calme : Pourquoi donc me lever ai-je à présent? ne voyez vous pas mes enfants plongés dans un doux sommeil autour de moi? Si je les
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réveille en sursaut , cela pourrait leur faire malj leur sang se gâterait ( préjugé géorgien ). Qui n^ous a donné un ordre si pressant? Lazareff ayant répliqaé que Pordre venait da général TsitsianoflT, la reine s'écria : Tsitsiano tsopfiam! (Taitsianoff 9 écume de notre race. ) Cependant la reine avait placé sur ses genoux, comme pour mieux s»y appuyer , le coussin d'édredon qui avait soutenu sa tête pendant la nuit, et elle avait caché, sous ce coussîn , le poignard ( Kinjal ) de son mari. Lazareff voyant que la reine persistait dans le dessein de lui faire attendre que ses enfants se réveillassent naturellement, s'approcha de l'estrade où elle était assise; il aperçut un àes pieds de Marie qui sortait de dessous le coussm, et se pencha comme pour le saisir, et la faire lever de force. Aussi rapide que l'éclair , la reine porte la main sur son poignard, le tire et l'enfonce dans le flanc gauche de Lazareff avec tant de force que la pointe sortit de l'autre côté du corps. Alors elle le retira tout fumant de la bléssure, et, sans se déconcerter, le jeta au visage de son ennemi ,J en disant |: Ainsi meure qui ose ajouter le déshonneur à mon infortuneHoLZSireiï y étant tombé sur le coup , expira presque sur-le-chatnp : au cri qu'il jeta, l'interjprète Sorokin avait tiré son sabre, et le lâche en avait déchargé plusieurs coups sur le bras gauche de la reine , dont l'un porta assez profondément vers l'épaule. Hélène y mère de la reine ,
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qui dormait aussi dans ce salon s'était réveillée àce.bmitj à la vuç du satig elle s'était préci* pitée.Ters sa fille et la tenait foi:tement embrassée. Quatre officiers^ dpnt un major ^ étant également accourus dans l'appartement) trouvèrent Lazare£f empirant, et se hâtèrent de le porter au grand air. Toute l'habitation fut bientôt remplie de soldats , qvà arrachèrent Marie des bras de sa mère et la poussèrent à coups de crosse de fusil ; elle fut entraînée toute sanglante hors de chezr elle , et jetée avec ses enfants dans la voiture qae l'on avait préparée pour son départ Ainsi finit cette épouvantable scène. La reine sortit avec ses enfants de la ville de Tiflis, escortée jusqu'au-delà du Caucase ) par une force armée considérable y partout sur son passage , les Géoigiens s'empressèrent d'accourir au-devant de la voitm*e : ils lui témoignaient hautement , en fondant en le^ mes9.tonslesregrets^ue leur causait son exil. Un de ses enfants 9 Héradius^s'étant plaint d'avQ\r soif , un Géoigien lui. présenta dé l'eau | mais les soldats le maltmitèrent et la cruche fut jetée au loin. Afin de connaître les propos que la reine tiendrait à ses enfants^ ou aux Géojqgiens sur la route > TsitsianofT ^vait choisi, pour conduire la voiture, un cocher russe qui entendait fort bien b langue du pays. Les sept enfants qui se trouvaient avec la reine , étaàeut Michei y Gabriel y lUuy Ocropir y HérorcUusy tous cinq garçons ; Tamara et Arma sos deux
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filles, dont la deniière était alors âgée de trois ans. Le cocher déposa en revenant à Tiffîs , qu'entre autres choses semblables , et qui pronvenit une gt^nde force de caractëi^ dans un si jeniie i»^ faut 9 il avait entendu Gabriel, le second des gar* çotts, demander à sa mère : Ma mère y pourquoi dqnc ai^z-^ous tué cet effider? et que la reine lui ayant répondu iPour votre honneur^ le jeune en* fânt avait aussitôt répliqué : Eh bien! ma mèrej dites alors que €?est moi qui Pai tué^ et il ne vous en arrivera rien.
Cet événement tragique ne coûta la vie qu'au géné«tsl Lazareff. Niiandery vale^e-ehambre du gé* néral, vint recueillir le corps inanimé de son maître et l'ayant roulé dans un tapis, le fit porter dans sa demeure : le lendemain LazareâTfut enterré avec les honneurs militaires à Péglise grecque de Sion. (^) La reine Marie arriva en Russie, et liit reléguée dans un monastère. Bile en est sortie depuis. Quant à l'in* terprète Sorokin , qui avait osé fraj^r la r^uie de son sabre , craignant justement que* Celte aptîoD ne lui fût imputée à crime, il prit dMi)oid la fuite; mais ayant peu apoès obtenu grâce ou i^étant ras^ sure , il revînt à Tiflrs, et Ait tué dans un combat contre tes Lesghis, lorsque i8oé cette peuplade
(*) Il était Atménidn de nation*
fit une irruption jusqu'à Elisabethpool ( Ganja ). Le traître Kalatousoff ne fut guère plus heureux \ il reçut y pour prix de sa trahison y la somme de cent ducats et le rang d'officier avec la place de chef de police de Gori, petite ville et chef-lieu de la Girthalinie, district de la Géorgie , où il est mort depuis, misérable, et détesté de tout le monde. Le prince Paul Dimitriwitch Tsitsianoâf fut assassiné devant Bakou, ville située sur la mer Caspienne , le 8 février 1 8o6 a;. sU , par ordre de Lenkouli Khan avec lequel il avait une entrevue ; mort bien méritée aux yeux de quelques Géorgiens , qui ne lui pardonneront jamais l'affront fait par ses ordres à sa parente , à une- femme qu'ils respectaient encore, quoiqu'ils ne dussent plus lui obéir. ;
J'ai cru devoir rapporter dans tous sels détails un fait historique qui m'a paru digne du plus vif intérêt. Si je ne me trouve point d'accord sur tous les points avec les écrivains qui en ont parlé avant moi, je n'en puis pas moins répondre de l'exactitude de tout ce que j'avance. Le récit , tel que je le donne , m'a été dicté par le père Onissime , de la famille JoseUiano, desservant de la chapelle de S'-George attenante à la maison où la reine fut arrêtée. Il avait été témoin oculaire de tout ce qui s'était passé ; et ce spectacle avait fait sur lui une si profonde impression, qu'après dix ans il n'en parlait encore qu^avec une expression de terreur ouïes larmes aux yeux.
A. GONSTANTINOPLB.
Et en terminant son récit : Hicjiniafatorum , me
disait-^il y
hic exitas illos
Sorte tulit
. . . tôt quondam populis terrisque superbes Regnatores Asî» (*).
Ici finit tout ce que j avais à dire moi-même de la Monarchie Géorgienne.
(♦)Tîrg. iEn. II.v. 554.
84 ITINimjORE DB TBWUS