‹ Itinéraire de Tiflis à Constantinople;Chapitre 31 sur 44 · SUR LE KISIL IRMAK · texte numérisé non relu

SUR LE KISIL IRMAK

Potentilla opaca.

obscura.

Crâmbe aspera.

Isatis armena.

Medicago orbicularis.

maculata.

Gerardi.

Tri fol iu m alpestre.

Géranium radiqatum.

Vicia megalosperma.

Nepota Mussini.

Marubium catariaefolium.

Scrophularia lucida.

Dans les plaines et prairies.

Dans les vallées.

Sousies haies.

Dans les endroits humides.

Je compléterai cette note par une comparaison de mes propres recherches , avec Touvrage trop peu répandu de M. le baron de Biberstein, intitulé tableau des provinces situées sur la côte occidentale de la mer Caspienne. Ayant eu. occasion de vériAer et quelquefois de rectifier les observations de cet auteur^ comme d'ailleurs presque tout ce qu'il dit de la généralité de ces provinces est applicable à celle dont )e m'occupe spécialement, je me bornerai aussi^ quant au règne animal, à lui empruiiter tout ce qui me parait d'une exactitude incontestable.

M. Biberstein indique , comme ne se trouvant pas indiquées dans les systèmes des botanistes , une trentaine de plantes, .dont J'ai retranché celles que je n*ai point rencontrées.

La Véronique à longs pédoncules (Veronica peduncularis).

Une espèce de Serpolet à 'tige frutescente , remarquable par Todeur forte et balsamique de toutes ses parties.

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et très -recherchée par les brebis ( Ziziphora serpyttacea ).

La Campanule du Caucase (Campauula caucasica).

Une espèce d'Eryngue , qui se fait remarquer par sa couleur bleu-céleste 9 et qui souvent fait l'ornement d*un district entier, dans la partie aride du pays (Eryngium caeruleum )•

Une Soude à tige ligneuse (Salsola glauca).

Une belle petite espèce de Lavande de mer ou Staticé, à racine annuelle 9 feuilles incisées, et fleurs en épis compactes (Statîce lyrata).

L'Epilobe à feuilles de lin , analogue à l'Epilobe à feuilles étroites des pays septentrionaux, et également orné de belles fleurs couleur de rose (Epilobium linifolium).

Une espèce de Cotylédon (Cotylédon sempervivi).

Une espèce dePolygonum (Polygonum salsugineum).

La Rue à feuilles entières et velues (Ruta viliosa).

Le Cucubale de Royen (Cucubalus Rogeni).

La Silène à tige ligueuse (Silène sufTrutescens).

La Stachyde frutescente (Stacbysfruticulosa).

La Scrophulaire à fleur marquetée ( Scrophularia varia ).

L'Orobanche écarlate ; espèce qui au bout de sa tige porte une seule grande fleur du plus beau et du plu$ vif écarlate (Orobanche coccinea).

Une espèce de Lavatère (Lavatera biennis).

Deux espèces d'Astragale (Astragalus onobrychioides et sanguin oient us).

La Scorzonère à semences laineuses ( Sçorzpnera eriosperma. )

Deux espèces de chardons (Carduus lappaceus et Carduus strygosus).

Trois espèces de Carthamus (Carthamus polyacantha, glaucus, cynaroides).

La Carline hérissée (Carlina echinus).

La Perpétuelle à feuilles blanches luisantes (Gnaphalium candi.dissimum).

La Millefeuille, à fleurs dépourvues de rayon ( Âchillaea Bupatorium).

tJne jolie espèce d'Acacia, petit arbrisseau remarquable parce qu^il soutient mieux un froid rigoureux que toutes les autres espèces du même genre , qui sont presque toutes des plantes de la zone torride (Mimosa Stephaniana).

Les arbres les plus répandus dans les forêts sont : le Chêne , le Charme , TOrme 9 riËrable» le Prunier sauvage (Prunus insititia), le Pommier des bois et plusieurs espèces de Poiriers, parmi lesquelles le Poirier sauvage ordinaire, et eti plusgratide quantité le Poirier aux feuilles étroites et velues, auquel les Botanistê's oiif donné le liotn de Poirier à feuilles de saule (Partis Salicifolia ). On ferait bien d'essayer, si les poires, étant entées sui* ce poirier de l'OHent , ne gagneraient pas également en bonté. Des espèces moins communes dans les fofêts sont : le Hêtre , le Frêne , le Tilleul, le Cerisiet sauvage , le Comouaîllér, le Coîgnassier, le Nefflier et le Sureau. L'Olivier bâtard, tant deTespèce à feuilles étroites, que de titilles à feuilles ovales ( Elasagnus angustifolia et ôrient4lis), est assez répandu ici. Ses fruits farineux et douX> ressemblent aune datte, tant par leur -ligule que par leut* couleur. Nous n'avons vu que très^rarement dans d'é- (làissés foti&ts, le Platane, connu en Russie sous le nom de Tchinar, comme un bois très-propre à toute Sbrte de ttlënuis^i^. Le grand GenéVriêk* où Savinier est ici très-commun dans les montagnes, aux endroits piei'- -reux^ eiposés au soleil^ t)ii 11 atteint souvent tine hauteur fort considérable. Le Genévrier ordinaire occupe lëft plâceé «lériiês et pién^êUsèï du pays tûétttagtieux. Lif ne se voit que rarement, dans les fbrêts élevées. Ve^s la crête des moutAgtiès lôrofséetat deà Châtaigniers, dbnt

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on transporte le fruit de Iour côtés , dès le mois 4*00-^ tobre, pour le vendre à un prix très-raisonnable. On rencontre aux bords des ruisseaux et des fossés le Peuplier noir, r Aulne et plusieurs espèces de Saules. Le Peuplier blanc est encore plus commun. Les bois qui bor^dent leKour en sont formés presqu'en entier. Le Peuplier d'Italie sert ici, comme ailleurs dans l'Orient ^ à embellir les jardins , les villes et les villages. On trouve le Grenadier sur tes confms des monts élevés et des districts arides. Hors des jardins il ne parvient ordinairement pas à la hauteur d*un arbre; mais il reste communément de la taille d'un assec petit arbrisseau. Les grenades mû«rissent au mois d'octobre. On en a de deux sortes, de douces et d'aigres. Ces dernières sont les plus ordinaires et plus petites que lets autres. Elles s*en distinguent aussi par le rouge foncé de leur écorce. On trouvé déft Mûriers blancs et noirs dans les bois sur les bords âa Kour. Ceux que Ton rencontre ailleurs épars sans culture, de même que des Figuiers et des Noyers, doivent plutôt être considérés comme des échappés des jardina et des plantations, que comme des espèces vraiment sau^ vages. Il n'en est pas ainsi de la Vigne, qui dans ces pay6 crott indubitablement d'elle même. On la voit en gt^ndè abondance dans les bois le long du Kour, où elle s'élèVè jusqu'au sommet des arbres.

Les arbustes les plus communs sont ! le petit Fru^ nier sauvage ( Prunus spinosa ) , plusieurs ei^èéeé d'Aubépine , entre autre celle aux feuilles velues , parti*cUliènà aux paysorientaux ( Gratsegusorientâlis ); rÉ^iitie Viûette,lè Coudrier, la Viorne (Viburnum làntâna), lè SureàU d'eau ( Viburnum opulus) , le petit Ftisàiri , aitt branches marquées de boutons (Ëvonymus ver r^osù^) , . le Chèvrefeuille sauvage (Lonîcera Xylosteum), le tô*nier aux branche^ rotiges (CôVnus isanguinea)^ diffiârentéâ espèces de Nerprun , entré autres lé Porte ^hftt>é6U

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(RhamnusPaliurus), arbrisseau muni de quantité d^épines crochues , et appelé par cette, raison en Russe Tarbre retenant, qui occupe toutes le^pentes des montagnes, vers les plaines et les élévations arides. On voit encore une espèce de ce genre ( Rhamnus lycioides ) à feuilles étroites d'un vert foncé , connu aussi dans le pays des Cosaques deGrébensk, sous le nom d'arbrisseau aigre, et qui probablement pourrait être employé à la tannerie , ainsi que le Fustet (Rhus cotinusj, dont on se sert en ce pays, pour préparer le maroquin. La Bourg-épine (Hippophas rhamnoides ) croit dans des fonds couverts de cailloux, aux bords des rivières. Elle est très«épineuse et se distingue par ses feuilles blanchâtres, semblables à celles du saule, et par quantité de petits fruits de couleur orange , dont ses branches sont comme entourées et qui mûrissent en Septembre. Le NefHier lia in (Mespilus cotoneaster) et le petit NefUier épineux ( Mespilus pyracantha) se mêlent parmi les arbustes dans les bois. J'y ai aussi. observé, quoique assez rai-ement, le vrai ChèvrefeuiUe. Le Jasmin blanc odoriférant se montre dans les décombres^ des cités , apparemment comme un reste des jardins. Le petit Jasmin à fleurs jaunes sans odeur ( Jasminum fruticans) est assez commun , sur des pentes pierreuses et exposées au soleil. Le Baguenaudier (Colutea arborescens ) croit dans quelques vallons, au bord des ruisseaux. La Tamarisque française (Tamarix gallica) est très-répandue sur des endroits pierreux dans les plaines; on la trouve quelquefois dans les bois, ou elle monte souvent à la hauteur d'un arbre. Le Framboisier des déserts (Ephedra Linn.) , habite ici les bois, où il devient d'une grandeur peu commune ailleurs, ayant de loin l'air d'un jeune sapin. Il est extrêmement astrij^^gent, et on lui attribue des vertus contre la dissenterie. Différentes espèces de Rosiers embellissent le pays, surtout la partie montagneuse. Des ronces de difSérentes espèces,

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dont il y en a une à fleurs couleur de rose 9 remplissent les pentes stériles et pierreuses et portent des fleurs et des fruits jusqu'au plus fort de rautomne. Le petit arbrisseau épineux 9 qui fournit la gomme adragante et que Tournefort a le premier apporté de rArchipel eu France , crott assez abondamment sur les pentes pierreuses de la chaîne des hautes montagnes et dans leur voisinage.

Les districs salins aux bords dé la mer ^ dans la plaine du Kour, sont couverts d'arbustes des genres de la Salicornia , de la Salsola et de l'Anabasis. Au Kour la Salicomia Caspienne ( Salicornia caspica Pall. ) s'élève à. la hauteur de 6 à 8 pieds. Par la combustion de ces arbustes et de difl'érentes plantes herbacées des mêmes genres , l'on obtient Talcali minéral ou le sel de la soude 9 dont on se sert dans les fabriques et dans les pharmacies

Lé pays abonde en herbçs sauvages qui sont d'usagé en économie et dont plusieurs sont cultivées ailleurs dans les jardins potagers. Le Céleri est commun dans des fonds humides. Le Fenouil se trouve en quantité prodigieuse et souvent d'une hauteur de 8 pieds, dans la plaine à la rive gauche du Kour , près des montagnes. On en voit des touffes si abondantes et si étendues , que l'armée Russe campée sous les murs de la nouvelle Chamakhi ne s'est pendant quinze jours presque servie que des tiges sèches de cette plante, eu guise de bois à brûler. On rencontre aussi en quelques endroits de la partie montagneuse la Pastenade et la Racine sucrée (Smyrnium perfoliatum) qui en approche et qui est connue en Italie, comme un excellent légume. L'Anis est très-répandu dans les montagnes, et croît entre les pierres qui bordent les ruisseaux. Quantité de difliérentes espèces d'Oignon et d'Ail, qui viennent dans les prairies et sur les collines, pourraient servir d'assaisonnement avec

les espèces connues et cultivées dans les jardins potagers. Les Asperges sont fort communes dans ces pays ; mais elles sont d'une espèce différente de' celle qu'on cultive en Europe , et même assez peu connue des Botanistes 9 quoique je Taie aussi vue en Tauride et même dans les parties les plus méridionales de l'Ukraine. f!lle ne le cède en rien pour le goût à Tespèce cultivée , dont elle est d'abord assez difficile à distinguer; mais parla suite , on la reconnaît aisément à la hauteur de sa tige , ainsi qu'à la longueur des feuilles.

On trouve le Houblon parmi les arbrisseaux, principalement le long des ruisseaux. Quelques espèces de Lin sauvage , qu'on rencontre en quantité, mériteraient d'être soumises à des expériences^ par rapport à leur usage dans l'économie. Nous avons remarqué une espèce de Froment sauvage, pareil à celui connu dans l'agriculture.

Il serait curieux , et peut-être vaudrait-il la peine , de semer cette espèlce de bled dans un sol fertile et bien préparé , pour voir à combien près la culture le rapprocherait du froment ordinaire.

Plusieurs plantes , qu'on voit croître dans les champs et dans les bois , mériteraient d'être transplantées dans les jardins de l'Europe , auxquels elles serviraient, d'ornement : teUes que le Safran d'automne à la grande fleur bleue , plusieurs espèces d'Iris , des Scabieuses, des Narcisses jaunes , des Tulipes , la Lysimaque orientale à fleurs rouges en épi long ( Lysimachia orientalis Lamarkii); l'Asclépiade de Venise (ApocynumVenetum), quelques espèces d'Œillets sauvages, le Pied d'alouette, la Nielle, la Clématite orientale, le Teucrium d'Hyrcanie, la Phlomide aux feuilles incisées et velues (Phlomis laciniata ) , la Mélisse, laÈelle de nuit, la Mauve des jardins à fleurs jaunes, l'Etoilée, plusieurs belles Centaurées. Une espèce de Giroflée , qui croit assez rarement sur lés pentes pierreuses exposées au soleil , est surtout digne

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d'une place daus dos parterres 9 où elle prospérerait certainement auMsi bien que la Giroflée ordinaire, avec laquelle elle a beaucoup de rcHiemblauce , et dont clic ne se distingue que par ses feuilles échancrées , et par une fleur d'un brun tirant sur le rouge et d'une excellente odeur pendant la nuit. On a vu cette même plante sur les collines de craie en Tauride, et M. Pailas lui a donné le nom de Giroflée odoriférante par excellence (Cheiranthus odoratissimus)/

Les montagnes et les plaines dans leur voisinage ^ ne manquent pas des meilleures herbes pour la nourriture du bétail. Outre un nombre considérable de Gramens, nous avons observé huit différentes espèces de Trefllc , quatre espèces de Luzerne , et beaucoup d'espèces d'Astragale et d'Esparcette. Les hauteurs sont couvertes de Thyms et de Serpolets , ainsi que de plusieurs autres plantes aromatiques, qui fournissent le meilleur pâturage aux brebis.

Les plantes médicinales se trouvent en quantité , et de beaucoup d'espèces.

On rencontre une espèce d'Auronne , renommée parmi les habitants de ce pays comme très-nuisible aux chevaux. C'est un arbrisseau connu des botanistes , sous le nom de la petite Auronne (Artemisia humilis) : quant à moi je doute fort des effets pernicieux qu'on lui attribue , et |e me fonde principalement sur la rareté dfs exemples que l'on en rapporte, en raison de la grande abondance de cette plante > non seulement dans ce pays, mais aussi dans toutes les plaines de la Russie méridionale et de, la Tauride ; où cependant on ne dit rien de ses effets nuisibles. Peut-être n'éclatent-ils qu'en certaines circonstances et dans une certaine saison, lorsque celte plante fleurit. On lit dans les Voyages de Bel d' Antremont, intitulés : Voyages de St.-Pétershourg dans di^ verses contrées de l'Asie, et imprimés à Paris en 1766, que

lorsque Pierre le Grand fit ses Campagnes de Perse , on vit entre le Terek et le Kour cr^ever 5oo chevaux dans une nuit 9 pour avoir mangé de Tabsinthe qui y croissait en abondance.

J*ai été à même d'observer que ces effets, traités plus loin de préjugés par M. de Biberstein, ne sont que trop réels. Nous avons perdu beaucoup de chevaux , comme Pierre le Grand avait perdu les siens.

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