INTRODUCTION
Avant la guerre de 1 808 à 1 8 1 3,qui attira dans le sein de la péninsule des officiers français de mérite, par qui elle a été parfaitement exploitée sous tous les rapports, FEspagne était un des pays les moins connus de l'Europe, quoiqu'elle présente autant d'intérêt dans son histoire que de variété' dans ses monthnents et de richesses dans ses productions. Reléguée, en quelque sorte , à l'extrémité de l'Europe hors de la route suivie par tous les voyageurs, elle ne fixe l'attention que lorsqu'elle exerce de l'influence; alors on se rappelle que, jusqu'au 17® siècle, elle domina le monde ancien par ses écrivains et ses guerriers, comme elle gouverna le nouveau par le génie des grands hommes qui lui en avaient ouvert la route. On cherche alors avec intérêt à con- /. I
II ITINERAIRE DE l'ïSPAGNB.
naître les causes d'une si grande élévation, et en même temps les obstacles qui,empêehèrent sa prospérité intérieure de s'accroître au même degré; et on trouve la raison de cette différence dans les systèmes politiques qu'elle fut toujours obligée de suivre , et qui , jusqu'au règne de Philippe Vy l'empêchèrent de perfectionner ses institutions et son industrie.
Nous avons essayé de présenter^ dans un précis historique qui suivra cette introduction ^ les principaux événements de l'histoire d'Espagne, et à montrer l'influence qu'ils ont eue sur la civilisation et le bien-être progressif dd pays , influence qu'ils exercent encore aujourd'hui.
L'Espagne, habitée tour-à-tour par les Phéniciens , les Carthaginois , les Romains , les Goths et les Arabes, participa, sous ces différents peuples, des lumières et des lois qui régissaient leur empire : elle fut grande et riche comme province romaine (i) , dé-
(i) Quktdiffiumy memoranda tuisy Hispania^ terris y
INTRODDGTIC»^. III
vastëe et malheureuse p^idant les ferres étemdile& des Arabes et des Goths (i), puis* santé, mais statioanaire, sous les princes autrichiens qui succédèrent à Ferdinand et à Isabelle (j£).y heureuse enfin, ou pouvant le
F'oa: humana Dolet ?...•..
Dives opum ^frugumfacUis ^ pretiosa metallis.
(Claudien , de Gons. hon ) .
En efiFet, l'Espagne élait une des plus riches provinces de lempire romajn ; Fagriculture y était trèsavancée ; de grandes colonies romaines s'y étaient établies ; trois empereurs y prirent naissance \ et rhnmense étendue de ses terres , aujourd'hui en partie inculites^, était alors en plein rapport» InHispania^ dit Pline, nihil otiosum, nihil inutile.
(i) L'Espagne, dévastée par les peuples du Nord, dut aux Arabes un retour à la culture et à l'industrie en tout genre; mais letat de guerre, dont elle ne pouvait sortir, ne hii permettait de perfectionner et même de conserver aucun de ses instituts. Sans cesse arrachés à leurs champs ou à leurs fabriques , ses habitants per* daient tous les avantages qu ih auraient retirés de ce commencement de civilisation ; ils le perdirent sxurtout lorsque les Arabes furent entièrement expulsés de l'Espagne, et qu'ils portèrent ailleurs leur industrie et leurs lumières.
(2) Nous avons examiné cette question dans l'intro-
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devenir , sous les princes de la dernière dynastie. Les éloges que les historiens ont faits des règnes fameux de. Charles V et de Philippe II ont plutôt rapport à l'éclat qu'ils jetèrent qu'au bien-être des pgiys qui leur étaient soumis : l'Espagne fit tous les sacrifices pour leur gloire, sans qu'ils en fissent aucun pour son bonheur. Leurs faibles successeurs, Philippe III, Philippe IV et Charles II l'avaient laissée tomber dans un tel état de langueur, que les puissances de l'Europe avaient déjà signé entre elles un traité de partage pour la démembrer, lorsque la mort de Charles II fit connaître un testament en
ducùon des prémices éditions de Cet ouvrage; nous avons cru devoir, dans celle-ci , nous borner à reporter ces documents aux différents articles qu ils concernent, tels que ceux du commerce, des finances et de lagriculture, afin d'éviter des répétitions que la critique avait signalées avec raison dans les premières éditions; maïs on peut consulter, à ce sujet, Téciivain qui nous a fourni les meilleures preuves à lappui de cette opinion, M. Capmanes, dans Fouvrage intitulé , Questiùnes varias^ etc. , tom. IL