‹ Itinéraire descriptif de l'EspagneChapitre 6 sur 33 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

pagne; et nous l'ayons examinée en détail à l'article Finances du cinquième volume;

Les fonda provenant de la vente des couvents seraient utiles non seulement pour l'assurance et le rachat de la dette publique, mais encore pour ces améliorations importantes d'où découlent toutes les autres, et qui n'ont été qu'ébauchées sous les règnes précédents : tels sont les chemins , les canaux, les magasins de grains (positos), les ports, etc., auxquels serait employée cette foule d'hommes oisifs et dangereux , qui ne trouveront pas sur-le-champ d'emploi dans la culture, et auront de la peine à se fixer à ce genre de travail pénible et continuel. Sans compter qu'un quart de la population en Espagne se compose de gens vivant, sans rien faire, de leurs propriétés, le pays renferme 100,000 individus qui sont tous partagés entre l'existence de contrebandiers ( i ) , voleurs ,

(i) Pendant les recherches pénibles que je fis en Estramadure pour relever les voies romaines décrites

XVIII ITINÉRAIRE DE l'jISPAGNE.

tondeurs de mules ^ flibustiers, échappa des prisons ou des présides pour assassinats; environ 3o à 4o mille douaniers préposes pour arrêter ceux-ci , et s'entendant avec eux ; de plus , aSojOoo domestiques qiie porte le dénombrement de 1 788 , dont 100,000 au moin$ ne sont point occupés, quoique dans l'êigé de l'être; de plus, 60,000 étudiants, dont la plupart demandent Faumône le soir, sous prétexte d'acheter des livres. Si vous joignez à

dans Iltinéraire d' Antonin , il m'arriva de tomber au milieu d'une compajgnie dé 3o contrebandiers qui faisaient boire leurs chevaux et venaient des frontières du Portugal , d*où ils apportaient une grande quantité de tabac. Ayant besoin de plusieurs renseignements qu'il m'était difficile de me procurer dans ce pays, où l'on fait souvent neuf et dix lieues sans trouver une maison , je me liai avec ces hommes et passai trois jours à voyager ayec eux. Je n'ai jamais rencontré de meilleures gens : ils s'appelaient entre eu3^ caçalleros , et avaient beaucoup d'égards pour moi. Leur chef, qui était un assez bel homme et d'excellente compagnie , m'instruisit de tous les abus qui régnaient dans les douanes , et des moyens qu'il prenait pour éviter tes troupes du roi, dont il craignait cef^ndant fort peu

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