INTRODUCTION. XXI
Ce ne sont pas seulement les mauvaises lois, mais les mauvaises habitudes qui arrêtent la prospérité des empires; et si la puissance des
aux Espagnak qu'il a dû les moyens de rendre à TÉtat des services importants. Je n'en citerai qu'une seule circonstance: M. le marquis d'Aubeterre, ambassadeur de France eu Espagne , avait été chargé , en 1758 , de solliciter du roi Ferdinand YI un emprunt de 3o millions ; il avait remis à ce prince une lettre du roi de France à cet égard, et avait eu le désagrément d'en éprouver un refus. Les besoins de Tétat devenant plus urgents, le roi envoya mon père, alors fort jeune, à Madrid, poiur tâcher de reprendre cette négociation. Après plusieurs difficultés , mon père reçut du comte de Yaldeparaiso une réponse dans laquelle ce ministre s'exprime ainsi : «Je saiâ que vous êtes bon serviteur de S. M. T. C. Je connais votre cœur et son élévation; vous êtes mon ami, et j'ai fait en toute occasion ce que vous m'avez demandé. Le refus du prêt d'argent de la part de mon maître peut indisposer S. M, T. G. : vous aimez ses intérêts , mais vous aimez aussi la bonne intelligence entre les deux cours. D'après cette façon de penser, et connaissant votre sagesse, je ne dois plus vous amuser. Nous ne ferons point à S. M. T. C. le prêt de 3o millions de livres qu'on nous demande; mais je consens à vous prêter, à vous personnellement, a millions de piastres fortes, qui sont le tiers
souverains peut changer les premières, leur influence a seule du poids sur les autres; c'est elle qui donne une, nouvelle direction aux hommes, et qui place leur émulation dans le genre de mérite qui convient à ses vues. Tant que les rois eurent à craindre les nobles, ils devaient désirer de les fixer à leur cour , de les neutraliser par les honneurs , les emplois, Içs plaisirs ; mais, sitôt que leur trône fiit affermi plus encore par les progrès de la civilisation que par leurs droits mêmes, le bien-être des provinces reclama ces hommes puissants, qui, par leurs richesses, leur pré* pondérance et leurs lumières , sont plus capables de les vivifier que de simples employés, d'ailleurs en trop petit nombre- La France, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie,
de cette somme. Les conditions seront réglées à TOtre satisfaction, ainsi que les termes. Nous traiterons l'un et l'autre par correspondance. Vous pouvez partir quand vous voudrez ; car l'ambassadeur anglais a les yeux attachés sur vous ; et je sais qu'il est fort occupé à pénétrer l'objet de votre voyage.»