‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 122 sur 328 · BONN · texte numérisé non relu

BONN

20), qui en restèrent toutefois possesseurs-; sous Constantin c’était une cité florissante, et la mère de l’empereur v fondait une cathédrale. Au milieu du iv* siècle les Alemanni la détruisirent, mais Julien la rebâtit en partie. Détruite de nouveau parles Normands, en 881 , elle ne se releva que lentement de ses ruines. Au xiii'* siècle c’était déjà une ville importante ayant droit de cité et faisant partie de la ligue hanséatique. L’archevêque de Cologne , Engelbert de Falkenburg , chassé de Cologne par les bourgeois , vint s’y réfugier en 1208, et en fit le siège de son gouvernement temporel. On l’appelait alors Verona. Deux empereurs d’Allemagne, f'rédéric d’Autriche (1314) et Charles IV (1340) furent couronnés dans sa cathédrale , au xivc siècle. Elle était d'autant plus prospère, qu’un grand nombre de familles nooles, chassées de Cologne par la bourgeoisie,}'avaient cherché un asile. , Mais au commencement du xv siècle elle fut assiégée et prise une première fois p.ir Krédénc le Victorieux , une seconde fois par Charles le Téméraire, appelé à son secours par l’archevêque de Cologne , Rupert , que le chapitre avait déposé pour élire à sa place Hermann, le landgrave de Nassau.

Dès lors ce ne furent plus, pendant un siècle et demi, que sièges malheureux, qui l’empêchèrent, malgré ses efforts , de recouvrer sa puissance passée. Elle est prise tour à tour ; en 1581 par Ferdinand le Bavarois ; en 1073 par les .Autrichiens que commandait Montécuculli ; en 1089 par Frédéric 111, duc de Brandebourg (le roi de Prusse Frédéric 1"); en 1703 par les Hollandais, squs les ordres du célèbre ingimieur et général Cœhorn ou Kuhorn ; la même année par Marlborough. Démantelée en 1717, en vertu d'un article de la paix de Bade , elle s’agrandit et s’embellit sous les princes électeurs du xviii' siècle; mais les guerres que suscita la Révolution française por-

232 ' DK COBI.F.NZ A COLOGNE. [Routk 38.]

tèrent un coup fatal à sa prospéi itô faciilli's : la IMiilosopliie, la Jnrisrenaissnnte. Le noiubre de scs jirudeiico, la .Médecine et la Théohabitants diminua déplus de deux logie ; les amjihithéâlrfs de clinique , mille pendant la domjnation Iran- et enfin le musée des antiq^iités rhéçaise ; de rî95 à 181-1, il tomba de uaiics et intéressante 9,,')00 à 7.500. En 181-1, les troupes collection des antiquités découalliées roceupèrent. Elle appar- vertes sur les bords du Khin ou tient actuellement à la Prusse, et en Westphalic, et dans laquelle sa population s'élève à près dé on remarque, entre autres curio- 20,000 hab-, dont 900 étudiants. A sités : un autel romain, dé'dié à la la voir, surtout en descendant le Victoire, qui se trouvait autrefois Rhin, on ne se douterait gui re. sur la place des Romains, et que qu'elle a été soumise à de si nom- uértains antiquaires regardent breuses vicissitudes. Elle a un air comme V Al'a Ubiorum dont piarle de propreté, d'aisance et de pros- Tacite (Alnit., I., 39 et 57); un vase péritéqui dispose agréablement en de bronze orné des figures d’Hersa faveur. cule, de Mars et de Vénus ; le

Bonn doit cette prospérité, tombeau d’un Romain nommé d'une part, k son université qui, j Cn. Cadius, tué dans la grande bafondée en 1783 et 1780, supprimée i taille qtie Varus perdit contre Arpar les Français et rétablie en! minius; des armes, des vases, des 1818, a déjà répandu sur elle le tuiles, des pierres milliaires, etc, plus vif éclat. Elle a compté parmi I L’aida est montrée par le premier ses professeurs : Niebuhr, Hasse, : appariteur qui demeure à gauche Hernies , Mackeldey , Heinrich, ' sous les arcades de l’entrée (5 sgr. Næke, Nees d’Esenbeck, Augusti, - de pourboire); le concierge de la Hullmann, A. \V. de Schlegel, i biblothèque, que l’on trouve dans • Goldfuss, Nasse. Dahlmann, .\rndt, j la bibliotlièque, vis-à-vis de l'en- Kinkel. D’autre part, ses fortiüca- ; trée de ï'auhi (de 7 1/2 sgr. à 10 sgr. lions, devenues inutiles, ont été ! de pourboire), montre le musée remplacées par des quartiers neufs I des arts et celui des antiquités, bordés de jolies maisons modernes; I Ces diverses collections sont oula vieille ville, c’est-à-dire ce qui vertes au public : le musée des reste encore de toutes celles qui arts, les mercredi et samedi, de ont été successivement détruites, midi à 1 h.; le musée des antiquise trouve reléguée au Ni tés, le lundi, de midi à 1 h.; la bi-

h'unicersilé tle Bonn occupe (au bliothèque, les mêmes jours, de S.) le palais des électeurs de Co- 2 h. à 4 h. — A’. B. Ces jours et ces logne, bâti de 1723 à 1701. Ce bâ- heures ont souvent changé, timent, qui touche à l’F. à la Au S. de l’université s’étend iiorte de Saint-Michel ou de Co- jusqu’à l’amphithéâtre d’anatomie blenz, n’a pas moins de 42t5 met. le jardin du château ou de la cour de long. Il renferme, outre les (Hofgarten), d'où part au S.-O. la salles des cours, une bibliothèque promenade favorite des habitants d’environ 180.000 volumes avec un de Bonn, belle , allée de chàtaigrand nombres de bustes ; le ?n«- gniers, qui, laissant à dr., au delà sée den arts ou des plâtres avec près de la porte Neuve et de la cathéde .500 empreintes de st.atues en drale (voir oi-dessous), l’embarcaplâtre, bas-reliefs, médailles, etc.; di-re (Bahnhof) du chemin de fer la collection de médailles, riche sur- de Cologne ( voir ci-dessous B), fout en médailles romaines ; le ca- et plus loin à g., le nouvel observabinet de physique; la grande aula foire aux six tourelles, conduit en académique, remarquable par les 15 min. au v. de Poppelsdorf; aussi fresques de Cornélius et de ses l'appelle-t-on Poppefsdor/'rr Aller. A élèves Herrmann, Fœrster et Gœt- l’extrémité de cette allée s’élève zenberger. représentant les quatre l'ancien château électoral, LusI-

UOUTK 38.1 BO\.\ . rsit

sihloxs Ch'mensru)te^ que le roi Kréiléi ic-(tuilliuinie III a donné à l’université, et qui renferme actuellement le viuxée d')iistuirL‘ naturelle. Parmi les collections dont se compose ce musée, on doit visiter de préférence celle de minéralogie (du professeur Noeggerath), qui résume et explique loute la géologie du Hliin et des groupes de montagnes volcaniques du Siebengebirge et de l’Eifel : et celle de zoologie (du prof. (îoldfuss,

18J7). La salle, dite des Grottes, contient des reliefs du Siebengebirgc, du Harz, du Mont-Blanc, du V’ésuve, des montagnes de la Bohême et des bords du Rhin, de Mayence à Bonn.— A'. B. S’adresser à g. de l’entrée, au concierge ou gardien du ohAteau (Castellan); 5 sgr. de pourboire.— Autour du château s’étend le jardin boianiiiue (ouvert au publie le mardi et le vendredi, de 3 à 7 h.), riche en plantes rares , remarquablement entretenu, et dont les serres méritent une visite.

Le village de Pojipelsdorf est dominé parle Kreuzberg(15niin.), colline haute de 133 met., et sur laquelle l’électeur Ferdinand a fait construire, en 1(127, à la place d’un ancien couvent de servîtes, une églwequi y attire de nombreux pèlerins; on y voit, dans la chapelle située derrière l’autel, l'escalier sacre' en marbre de Carrare, bâti en 1725, par l’électeur Clément-Auguste. Cet escalier a 28 marches.

Il est en tout semblable à la Scala Santa de Rome, consacrée par les pas de Jésus-Christ quand il monta chez Pilate. On ne peut les monter u’à genoux. Une autre curiosité e l’église du Kreuzbergest un caveau où l’on montre les momies, assez, bien conservées, de vingtcinq moines qui y ont été enterrés à diverses époques, de 1400 à 17 13.

— A’. B. Du naut de la tour on découvre un vaste et beau panorama.

En revenant du Krcuzberg à Bonn, on peut, en prenant à g., au milieu de l’allée de Poppelsdorf, visiter le cimetière qui se trouve

situé au delà du Sternenthor. (Jn y remarque surtout les monuments de Niebuhr (f 1831;, par Rauch ; de A. Schlegel (•{■ 1845); de la veuve et du fils aiiié deSchiller; des professeurs de l'université Hermesf-h 1831), Mackeldey (-j-lSd-l’, Auguslii-j- 1841). Ilüllmann 'j-181(i), Delbrück -j- 1848), llarlcss (f 1853) ; de généraux prussiens, hcssois, etc., d étudiants tués en duel, etc.

Parmi les édifices publics de Bonn , le seul qui -mérile d'être visité, c'est la Cathédrale (Munster), fondée, dit-on , par IL'dène, la mère de Constantin le Grand , dont elle contient une statue de bronze assez médiocre , ornée de bas-reliefs en marbre. Elle fut bâtie en 1270 et restaurée en 1815.

Ses parties les plus remarquables sont les tours du centre (elle en bompte cinq), et les fenêtres de la nef; la crypte et les cloîtres datent, dit-on, de 11.57. L’intt rieur en est fort simple; on y remarque seulement deux bas-reliefs en marbre blanc, la naissance et le baptême du Christ, à dr. de l'autel.

Sur la place de la cathédrale , où se trouvent la poste et l’hôpital Saint-Egide, on a érigé, en 1845, une statue de bronze , à Beethoven-, {•f 1827), qui est né à Bonn, en 1770, dans la Rhein-Gassc. L’immortel compositeur est représenté debout, enveloppé d'un manteau , dans l'attiludc de la méditation.

Sur le piédestal, quatre bas-rehefs en médaillons représentent la musique dramatique, la musique religieuse, lafantaisie et lasymphonie, entourées de leurs attributs. L’inauguration eut lieu en présence du roi et de la reine de Prusse, de la reine d’Angleterre et du prince Albert de Saxe -Cobourg , son époux, qui est un ancien étudiant de l’université de Bonn. Cette statue est l’œuvre de Haehnel, de Dresde. — Bonn est aussi la patrie de Ferdinand Ries, né en 1784 et mort en 1838.— On a récemment élevé sur l’une des places de Bonn une statue à l'antiquaire Winkelmann.

Page 1