‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 141 sur 328 · hab., située sur l'Ocker · texte numérisé non relu

hab., située sur l'Ocker

Elle possède une bibliothèque de

220.000 volum., dont Leasing a été longtemps le directeur. Cette bibliothèque renferme quelques - ■uns des plus beaux missels de l'Europe, des manuscrits inmsogothiques, islandais, latins (des XII' et xm' siècles) , eufiques , grecs, etc., un grand nombre de bibles, parmi lesquelles on remarque celle de Luther, annotée par lui-même, l’anneau de mariage de Luther, son anneau de docteur, sa cuiller, son verre à boire et son portrait par Cranach.

A Harzburg, R. 78.

On laisse à dr. l'embranchement

qui se dirige sur Harzburg (R. 78) et sur Cassel par Kreiensen (R. 74), et l’on s'arrête à Dettum avant

4 mil. Schœppen.stedt, V. de 2,400 hab. sur l'Altenau, puis à D'atenstedt, et à

5 3/4 mil, Jerxheim. Au delà de cette station et avant d’atteindre celle de Wegeraleben, on sort du Hanovre pour entrer en Prusse.

On aperçoit: au S, la chaîne du Harz, où l’on distingue le Brocken (voir R. 78); au N. les collines boisées de l'Elm,

9 mil. Oschersleben, V. de 3,ôU0 hab., sur la Bode.

A Halberstadt, R. 78.

Quatre stations, dans un pays qui devient de plus en plus insignifiant, Hadmersleben, Blumberg, Langenioeddingen et Dodendorf, se trouvent établies entre Oschersleben et

Il mil. Magdebourg (Hdt. :

Enherzog Stephan, près du chemin de fer, avec café et restaurant; Stadt London , Stadt Leipzig , Weisser Schioan, Stadt Prag, VV'iener Hof, Stadt Braunschweig, Hôtel Edel, Fiirst Blücher; Restauration à la station. — Droscrken. 1 pers., 2 1/2 sgr. la' course, 2 pers., 5 sgr. ; l'heure, 10 sgr.).

àlagdebourg, capitale de la province prussienne ue Saxe, chef-1.

de la régence et du cercle de son nom, est située à 43 met., sur la rive g. de l’Elbe. Sa population s’élève à 80,000 hab. environ, y compris celle de ses deux faubourgs et 5,000 soldats. C’est nonseulement une ville industrielle et commerçante, mais une place forte de première classe ; car, pour l’investir, il faudrait, dit-on, une armée de plus de 50,000 hommes.

La citadelle, construite sur une île de l’Elbe, sert aussi de prison d'Etat ; son constructeur, le général 'Walrave (1748-73), le trop célèbre et malheureux baron de Trenck (1754-63), et Lafayette (1792) y furent successivement enfermés. La partie des autres fortifications la mieux défendue

2(iÜ DK COLODN

après la citadelle, est le baxtion de l’Etoile (Stcrnschanze), situé hors du Sudenbergerthor (le baron de Trenck y fut longtems prisonnier); les parties les plus modernes sont le fort Scharnhorst et la Thurmschanze. Peu de villes ont essuyé, comme Magdebourg, foutes les calamités de la guerre. Wallenstein l’assiégea vainement pendant sept mois en 1629. Pendant 2 ans elle résista au trop fameux énéral catholique Tilly qui la prit 'assaut le 10 mai 1631, y fit massacrer ou brûler vifs 30,000 hab., sans distinction d’âge ni de sexe, et incendier églises et maisons.

Deux églises et cent trente-neuf maisons échappèrent seules aux flammes dévastatrices. « Depuis la destryction de .lérusalem cl de Troie, écrivait Tilly, on n’a pas vu une telle victoire. » La porte par laquelle il entra dans la ville est restée murée, et sur la maison du commandant, qu’il fit décapiter, on lit encore ces mots :

Souvenez-vous du lü mai 1C31.

Le bourgmestre de la ville était à cette époque Otto Je Gericke, l’inventeur de la pompe à air (1602-1686). Les Français ont détruit en 1808 son tombeau, qui se trouvait dans l’église Saint-Sébastien.

Avant cette sauvage exécution, Magdebourg avait subi déjà de bien dures vicissitudes. Détruite par les Wendes en 784, et par les Huns en 923, Maurice de Saxe s’en était emparé, en 1551, après un siège de quatorze mois. Depuis, elle fut prise encore (1636) par les Impériaux. -En 1806 le général Kleist la rendit aux Français après quatorze jours de siège. Elle devint alors le chef-lieu du département de l’Elbe. Enfin, en 1813- 1814, elle fut si bien défendue par la garnison française qui l’occupait, que les troupes alliées ne purent la forcer à capituler. La paix de Paris l’a donnée à la Prusse.

L’archevéché de Magdebourg

•; A IIEKLIN.

avait été érigé eu 967, trente ans après la fondation d’un couvent de bénédictins créé par Oihon l'"'.

Sécularisé lors de la paix de Westphalie, en 1648, il prit le titre de duché, et fut donné à l’électeur de Brandebourg.

Quatre quartiers appelés la ville Vieille (Altstadt) et la ville Neuve (Neustadt), Sudenburg et Friedrichstadt (ces deux derniers sont des faubourgs^, forment la ville de Magdebourg. Les étrangers no dépassent guère le Breite IWj, large rue qui la traverse du S. au N., du Sudenburgthorau Krcokenthor.

Parmi ses monuments publics, un seul mérite leur visite, c’est le Dom ou la cathédrale, une des }dus belles églises de l'.àllemagne du nord. Celte église a été bâtie de 1208 à 1363; les fours ne furent achevées qu’en 1520. Pendant la domination française elle servait de magasin à fourrage et d’écurie.

Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III , a dépensé plus de 200,000 th. pour la faire restaurer.

Elle a 116 met-. 06 cent, de long.

Le toit de la nef atteint une hauteur de 37 mèt. La tour du N. qui est entièrement achevée, s’élève à 110 mèt. au-dessus du sol. On remarque à l’intérieur, outre certains détails d’architecture : le tombeau (xiv' siècle) de l'empereur Othon I" et de sa femme, Ediihe, fille d’Edmond, roi des Anglo- Saxons ; la chaire en albâtre (1694); dans une chapelle de l’extrémité occidentale, placée entre les deux tours, où devrait être la porte d’entrée, le monument (149.5) de l’archevêque Ernest, exécuté en bronze par Peter Vischer, le célèbre artiste de Nuremberg (admirer les douze apôtres); le tombeau du chanoine Bake, qui sauva la cathédrale d'une destruction complète en intercédant auprès de Tilly, son camarade d'école ; celui de la Frau von Assburg (la femme d’Assbourg), qui revint au logis conjugal la nuit môme de son enterrement, et vécut encore neuf ans avec son mari. De la tour de

[Kouik 49.| MACiDEüÜUKG. 261

■cette église on jouit d’une belle au chœur: écoles d’épreuves et de vue surla villeet sesfortifications; misères, d'où sont sorties de graumais il faut un permis du comman- des lumières qui ont illuminé dant de la place pour y monter. l’Allemagne. Mais les riches de On peut, toutefois, s’élever (ICG Magdebourg étaient bien peu chamarches) jusqu’à la toiture de la ritables, puisque Luther, malgré nef avec le sacristain qui demeure sa belle voix, ne put trouver de dans le cloître (7 1,2 sgr. de pour- quoi payer ses maîtres pendant boire). — N. B. On montre aux plus d’une année. Il partit pour

étrangers, dans la cathédrale, le Kisenach »

casque, le bâton de commandant Magdebourg rappelle un autre et les gants de Tilly, et la boite souvenir historique. C’est là que aux indulgences de l’etzel. Carnot mourut dans l’exil, en 1823.

Sur l’Aîte il/arltt, en face du Rath- 11 fut enterré dans le cimetière haus, s’élève la statue équeslre de situé près du Krœkenthor. Une l’empereur Othon avec ses deux simple lame de marbre noir, avec femmes, une de chaque cété. Les son nom pour toute inscription, quatre statues de chevaliers ados- indique la place où il repose, ses aux colonnes des quatre an- Magdebourg est encore plus gles, sont les 4 électeurs laïques commerçante qu’industrielle. Sa de cette époque. C’est le plus an- position sur l’Elbe la rend l’entrecien monument de Magdebourg. pét de toutes les marchandises Il fut érigé à l'empereur, après sa qui entrent en Allemagne ou qui mort (973), par les habitants de la en sortent par ce fleuve. Son port ville, comme un témoignage de reçoit chaque » année plus de reconnaissance. En 1857 il a été 5,0U0 navires ; on y en compte restauré. quelquefois plus deôOO. Un canal.

Non loin de là, on peut aller longde5h.,réunitrElbeauIIavel. visiter, près du grand corps de Le Türstenwall , qui domine garde, la statue d’.luç. Guillaume l’Elbe, est la promenade favorite Franke, modelée en bronze par des habitants de Magdebourg , Blæser, et érigée, en 1856, par surtout à l'heure de la parade, la ville de Magdebourg, à cet an- C'est au pied de cc mur qu'est cicn bourgmestre. établi le débarcadère des bateaux

« L’an 1497, dit Audin dans son à vapeur. Les casemates ont été Histoire de Luther, deux écoliers transformées en restaurants et en cheminaient sur la grande route bureaux A dr. s’élève un beau bâde Mansfeld à Dernbourg, le ha- liment avec deux tours : c’est le vre-sac sur le dos et le bâton à la siège de la régence de la promain, le cœur et les yeux gros de vince et de l’Oberpræsidium. Un larmes. C’étaient Martin Luther, peu plus loin à g., une maison de qui avait quatorze ans, et son ca- bains attire les regards par son marade Reinick, à peu près du inscription grecque : Ce qu'il y a môme âge. Tous deux venaient de déplus excellent c'est l'eau (l" Olymquitter la maison paternelle, et se pique de Pindare). En dehors de rendaient à pied à Magdebourg la ville', on va se promener : au poury fréquenter les Citm'iidScàu- Friedrich Wilhemsgarten, qui, situé len, gymnases célèbres dans le au pied du glacis de la citadelle moyen âge, et qui subsistent en- de la porte Sudenburg, entre la core. Là, chaque enfant payait sa Sternsenanze et l'Elbe, renferme nourriture, son entretien, son édu- les jardins de l’ancien couvent cation, à l’aide de petites aumônes Berge, fondé en 937, supprimé en que luifaisaient les riches, sous les 1810, et qu'une auberge a rèinlenêtres desquels il allait chanter placé sur la hauteur (belle vue) : deux fois par semaine, ou qu’il au v. de Buckau, au Herrenkrug, amassait à 1 église en psalmodiant sur l'Elbe, etc.

DE DUSSELDORF A DORTMUND. [Route 50.1

A Hambourg, par le chemin de fer, R. 64;— à LeipJirk, R. 103; — à Halle, à Weimar, à Erfurt, à Gotha, i Eirenach, à Cassel et à Francfort. R. 103 et 79.

De Magdeboorg i Berlin.

19 6/10 mil. Chemin de fer, 5 conv. par jour, eu 3 h. 10 min. et 4 h. 30 min. pourdth. 3 th., et 9 th. On paye, de Magdebourg à Potadam, 3 th. 33 sgr., S th. S9 1/3 sgr., 1 th. 37 1/3 sgr. ; 50 liv. de bagage.

Après avoir quitté le débarcadère, on traverse les fortifications et les deux bras de l’Elbepourse diriger au N., puis au N -E., puis enfin à l'E., dans une contrée plus qu’insignifiante. On s’arrête à Hohemvarle, entre Magdebourg et 3 9/10 mil. Biirg, V. de 14,00U hab.

env., dont les riches manufactures de draps ont été fondées par des protestants, que la révocation de l'édit do Nantes avait chassés de France.

Güsen, la 3» station, est situé entre le chemin de fer et l’Elbe, dont on s’éloigne de plus en plus.

7 4;10 mil. Genthin, 2,500 hab.

Au delà de Wusteru-ilz on laisse à g. (N.) le lac de Plauen, qu’un canal relie au Havel

11 4/10 mil. Brandenburg (Hdt.:

Schwarzer Adler, Hôtel deOrandehourg), V. de 20,000 hab., située sur le Havel, qui forme le lac de Plauen. Fondée avant le Xe siècle par les Wendes, qui l’habitaient, elle fut prise en 926 par l'empereur Henri I". Othon I" en fit, en 949, le siège d'un évêché supprimé en 1565. Les Wendes la reprirent plusieurs fois. Enfin, en 1130 , Henri le Lion et Albert l’Ours obligèrent leur prince Pribislaw à conclure un traité de paix ; ils le convertirent même au christianisme. .Albert l’Ours, comte d’Ascanio, prit ensuite le titre de margrave de Brandebourg.

Ce margraviat, ou cette marche, devint plus tard un électorat, et, en 1700 , l’électeur de Brandebourg, Frédéric III, se déclara roi

de Prusse, sous le nom de Frédéric I" (voir R. 104.)

Brandenburg se divise en trois parties : la Hurg, qui contient la cathédrale sur une île, la vieille ville et la nouvelle ville. On peut y visiter : la cathédrale , bâtie en 1318 (la crypte du x« siècle ainsi que la nef), et restaurée en 1636 par Schinkel. (A l’extérieur, curieux bas-reliefs grotesques ; à l’intérieur, statues, peinluies, tombeaux, tableaux de maitro-autel sur fond d’or, d'un maître inconnu, reliques); — l'église Sainte Catherine, bâtie en 1401 (autel antique en bois sculpté, récemment restauré et redoré; curieux fonts baptismaux en bron/e de 1440, etc.); — l'hôtel de ville, monument gothique:

— sur la place, la colonne de Roland, haute de 6 inèt. — Le M arienberg qui s’élève à r.6 mèt. au-dessus de la ville et d’où l’on jouit d'une vue assez étendue, était anciennement une colline sacrée.

Près de la station de Orosskreuz, on aperçoit les hauteurs boisées appelées Goetzige Berge. On traverse ensuite le Zernsee, formé par le Havel ; k dr. sur une île la petite 'V. de Werder. Puis, laissant k g. les palais de Charlottenhof et de Sans-Souci, l'on franchit le Havel.

16 1 tlO mil. Potsdam (voirR. 10,5).

De Potsdam a Berlin (voirR. 105).

19 6/10 mil. Berlin (voir R. 104).

DE DDSSELDORF A DORTMUND

Page 1