‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 165 sur 328 · AV J · texte numérisé non relu

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Le pouvoir exécutif appartenait au sénat (Ralh), qui, composé de 24 membres, personnifiait la république vis-à-vis des puissances étrangères, et qui avait seul l’initiative des projets de lois nouvelles à promulguer, et des réformes à apporter aux lois anciennes. Le pouvoir législatif et la surveillance de l'administration étaient délégués au corps de la bourgeoisie, partagé en trois collèges : celui des anciens, composé de 15 membres; celui des soixante, formé du collège des anciens et de 45 députés ou diacres; celui des cent quatre-vingts, composé des deux premiers et de 120 sous-députés ou sous-diacres. Aussi, en 1848, le sénat et la bourgeoisie durent-ils convoquer une assemblée constituante élue par le suffrage universel. Le 1 1 juillet 1849, cette assemblée proposa une nouvelle constitution plus libérale, qui fut revisée parune commission de 9 membres (4 du sénat et 5 de la bourgeoisie) avant d'être promulguée (mai 18.50;; mais la partie de la bourgeoisie qui se trouvait lésée par cette réforme en empêcha l'application, et la diète en a depuis exigé l'abandon presque complet (1852) sous la menace d'une intervention fédérale.

La République de Hambourg se compose de quatre fractions, dont la principale, située autour de la ville et s'étendant surtout au N. et au S.-E., comprend le petit pays appelé Vierlaende (voir R. 65.), dont la souveraineté appartient en commun à Hambourg et à Lübeck, de plusieurs îles et d'un petit territoire sur la rive g. de l'Elbe, visà-vis de la ville, du territoire de Cuxhaven, à l'embouchure et sur la rive g. de l'Elbe, et de quelques petites îles aux environs, dans la mer Germanique et l’estuaire de l’Elbe. Sa superficie est de 385 kil.

carrés; sa population de 221,000 bab., dontl'immense majorité professe la religion luthérienne. Son budget ne se solde jamais en équilibre, car sa dette s’élève à 65 mil-

lions 286,450 marks. Elle doit fournir àla Confédération 2,163 soldats et occupe le dix-septième et dernier rang dans le petit conseil de la diète, avec Francfort, Brême et Lübeck. Tous les Etats de l’Europe et la plupart de ceux de l'Amerique y entretiennent soit des ministres plénipotentiaires , soit des chargés d’affaires, soit enfin des consuls généraux ou des con suis. Elle est elle-même représentée à l’étranger par un certain nombre d’agents diplomatiques dontquelques-uns, celui de Paris par exemple, sont chargés des affaires communes aux quatre villes libres. Plusieurs journaux importants s’y publient. Le plus connu est le Correspondant de Hambourg, dont le fondation date de 1721.

Le 5 mai 1842, un incendie se déclara dans la maison d'un fabricant de cigares (Deicbs Strasse).

Cet incendie dura trois jours et trois" nuits. On ne s’en rendit maître que dans l’après-midi du 8 mai.

Après avoir vainement employé, outre les moyens ordinaires, jusqu’au canon pour en arrêter les terribles progrès, on dut avoir recours à la mine. Qirend il s’éteignit enfin, il avait consumé un quart de la ville : 61 rues. 1,992 maisons, trois églises : Saint-Nicolas, Saint-Pierre, Sainte-Gertrude, la Banque, l’ancienne Bourse, l’hôtel de ville, etc. Plus de cent personnes avaient péri, vingt mille se trouvaient sans abri et sans ressources. La perte totale fut évaluée à 170,000,000 de francs.

Des souscriptions s'ouvrirent aussitôt en Europe et en Amérique pour procurer les choses les plus nécessaires aux malheureuses victimes de cet épouvantable désastre. Elles produisirent plus de dix millions. Trente-quatre millions de marks furent souscrits à Hambourg même pour la réédification de la ville. Aujourd’hui les traces de l’incendie ont disparu, car la ville incendiée est sortie de ses cendres mieux bâtie, mieux aérée, mieux arrosée, beaucoup plus

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belle, en un mot, qu’elle ne l'était auparavant.

Deux coutumes de Hambourg méritent une mention. Les domestiques sortentrarement sanss'être arées de leurs plus riches atours :

onnet de dentelle et chàle des plus apparents, drapé de manière à cacher le panier de forme particulière dans lequel elles renferment les provisions achetées au marché. Les paysans des environs ont aussi un costume pittoresque.

L’autre coutume est encore plus étrange. Les enterrements ne se composent pas des parents et des amis du défunt, mais de pleureurs à gages, reilen diener, qui marchent à pied, deux è deux, derrière le cercueil ou le portent sur leurs épaules, et vêtus comme on allait à la noce il y a trois siècles:

perruque poudrée et festonnée, chapeau à plumes, épée au côté, large fraise, petit manteau, pouroint, hauts-de-chausses, souliers

la poulaine, lë tout en velours, soie ou drap, suivant le tarif : tel est l’accoutrement suranné et bariolé de ces suivants à gages, dont le nombre et la parure témoignent de la fortune du défunt et de l’aflFection de ses héritiers.

Industrie et Commerce.

Hambourg possède un grand nombre d'usines et de manufactures (distilleries, raffineries, brasseries, teintureries, forges, fabriques de machines, de toiles, de cuirs, etc.), mais c’est surtout une ville de commerce. Sa position en fait le principal entrepôt (d’importation et d’exportation) de l’Allemagne du nord. L’Elbe, qui se jette, à 15 mil. au-dessous de scs murs, dans la merGermanique, est assez profonde, à la marée haute, pour que les vaisseaux les plus pesamment chargés puissent remonter jusque dans son port, où viennent aboutir de nombreux canaux. Aussi a-t-elle pour seules rivales, en Europe, Londres, Liverpool et Marseille, en Amérique, New-York. Pendant ces dernières

années , son port a reçu en moyenne plus de 5,000 navires de 1,200,000 tonneaux et en a expédié un nombre à peu près égal. De plus, les arrivages de l’-Elbe ont dépassé 3,s00, et les expéditions 3,700 bateaux. Dans ce mouvement général, sa marine figure pour près de .500 bâtiments à la sortie et à l’entrée. En 18.57, l’effectif de cette marine était de 491 vaisseaux jaugeant 190,000 tonneaux. Dans la même année ses importations se sont élevées à 344,421,650 thalers prussiens.

Momimsnts publics et CurtosKés.

Les églises de Hambourg ne se recommandent pas aux étrangers par leur architecture. Celle de Saint-Nicolas, rebâtie depuis l'incendie par un architecte anglais, G. G. Scott, dans le plus pur style anglo-gothique, est pourtant un des plus beaux édifices de la ville.

Elle a été construite par souscription et est située sur le Hopfenmarkt, un des marchés les plus animés de Hambourg. — Saint- Pierre, incendiée aussi, a été reconstruite dans le même style, et la partie de sa tour qui a résisté aux flammes est conservée telle quelle, comme un monument du grand feu. L’intérieur, d’une construction assez irrégulière, renferme une chaire grossièrement sculptée et quelques tableaux de eu de valeur. Dans la nef latérale,

g., on remarque les portraits des principaux rétormateurs , et un tableau représentant les Hambourgeois pauvres, exilés par Davoust le 24 décembre 1813. Le chœur est orné de beaux vitraux.

— Sainte-Catherine , Saint-Jacques et Saint-Michel, n’ont rien d’intéressant; toutefois Saint-Michel, bâtie de 1751 à 1762 , par Sonnin , possède une des plus hautes tours de l’Europe, du sommet de laquelle on découvre une vue très-étendue sur la "ville, ses environs et son fleuve, dont on aperçojt presque l’embouchure dans la mer du Nord (pour 1 pers.

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1 mark, pour 2, 1 mark 1/2, pour 3 et plus, jusqu'à 8, 2 marks.)

On peut visiter encore, près du Ilerrengraben, la petite église Saint-Michel, affectée au culte catholique et possédant un tableau d’autel (Résurrection) de A. Wullfert, d’Anvers, ainsi que des sculptures en bois du xv' siècle, représentant des scènes de la vie de sainte Barbe; le nouveau temple israélite situé dans la Poolstrasse, derrière le n° 12, terminé en 1814, lieu d’édification des néo-israélitos; et la belle synagogue des juifs orthodoxes. terminée en sept, 1859, par l’architecte israélite Rosengarten. C’est un grand bâtiment dans le syle moresque le plus pur, pouvant contenir 1,200 personnes (auf den Kohlhœl'en).

Parmi les autres édifices publics que l’incendie a épargnés, on distingue surtout (voir le plan) :

L'école (Schulgebæudo) , construite en 1834 dans le style italien et renfermant : 1“ le Johanneum (collège où les élèves reçoivent pour 120 marks par an une excellente éducation classique et commerciale);— 2" la bihliothèque, qui possède 2.50,000 vol., 5,000 manuscrits et plus de 20,000 dissertations, parmi lesquelles des manuscrits de Joachim Jungius, de l’orientaliste Wolff et du pasteur Gœze, le trop fameux adversaire de Lessing:— 3'’ le musée d’histoire naturelle, ouvert pour les étrangers tous les jours de 11 b. à 1 h.; — 4° un musée d’antiquités hambourgeoises et un cabinet numismatique.

L'hôpital (Krankenbaus) , situé dans le faubourg Saint-Georges et pouvant recevoir plus de 1,000 malades. On y est si bien traité qu’un certain nombre de personnes appartenant aux classes aisées ou riches s’y mettent en pension ; on paye alors de 60 c. à 10 fr. par jour selon sa fortune. La chapelle est ornée d'un tableau d’Overbeck, le Christ au jardin des O liciers, que l’on peu t voir sans visiter l’hôpital. — Parmi les nombreux hospices et maisons de santé moins

LE THÉA'rRE. 295

importants, il faut visiter encore l’hôpital Israélite, construit aux frais du banquierSalomon Heine (+1844), l’oncle du poète Henri Heine ; — l’hospice des matelots , sur les anciens remparts, au-dessus de l’embarcadère des bateaux à vapeur, et dont les frais d’entretien sont supportés par une retenue effectuée sur la paye des matelots; — lamaison d’orphelins de Harvestehude, qui doit être transportée à la Ublenborst: et la maison de travail des pauvres près Barmbeck;

Le théâtre de la Ville {Stadt Theater), un des plus grands de l’Allemagne, situé danslaDammsthor Strasse. On commence à 6 b. 1/2 pour finir avant 10 h.

Prix des places pour les jours d’opéra : parquet et !'• galerie (Rang], 2 marks 4 sch., parterre 1 mark 4 sch. ; 2* galerie 1 mark 12 pf. Les jours de comédie, les prix du parterre et de la 2' galerie sont diminués. H y a en outre à Hambourg un théâtre qu’on appelle T/talia et qui est situé sur le marché aux chevaux. On y représente surtout des pièces comiques; parquet et 1™ galerie,! mark 8 pf.; 2' galerie, 1 mark; parterre 10 pf.— • Le théâtre du faubourg Saint-George, grande allée, n“ 16, ne donne des représentations qu’en hiver. On y joue des vaudevilles et des farces, de même que dans le Actien- Theater ((auh. Saint-Paul). Ces deux scènes n’attirent que les habitants des faubourgs où elles sont placées.

Enfin, le théâtre de Tivoli se trouve situé dans les jardins du même nom (au faubourg Saint-Georges), très-fréquentés pendant la belle saison. On y voit des jongleurs, danseurs de corde et autres artistes de ce genre, tout en prenant des rafraîchissements pendant la représentation. Dans la mauvaise saison le local est transformé en jardin d’hiver. Un nouveau Tivoli, avec théâtre d’été, a été établi, en 1857, au Schulterblatt, à EimsbiUtel (jardin avec ménagerie et toutes sortes de divertissements).

Les principales curiosités de

Hambourg Bout, pour un étranger, laBourse, le port et la Binnen Alster.

La Bourse (Bœrse) doit être visitée de 1 à 2 h., car c’est à cette heure que les négociants et les spéculateurs s’y réunissent au nombre de 3,000 à 4,000, pour y causer d'affaires, y conclure des marchés et agioter. Avant 1 h., l’entrée en est libre ; après 1 h., on pave 4 pf. Cet édibce, situé sur rAaofphsplatz, venait d'être achevé lorsque le grand feu éclata. Par une sorte de miracle — car toutes les maisons voisines furent incendiées— il échappa aux flammes.

C’est un grand édifice d'une architecture assez lourde, construit de 1836 à 41, par Wimmel; le frontispice est de Kiss; à l’intérieur sont deux salles, l’une, très-vaste, entourée d’arcades à colonnes revêtues de marbre blanc ; l’autre, plus petite, recouverte en verre et séparée de la grande par quatre rangées d’arcades. Au 1" étage est la Bœrsenhalle, lieu de réunion avant et après la Bourse. On y trouve une immense collection de journaux de tous les pays. L’abonnement coûte 4 marks par mois, mais un étranger peut y être introduit pour quelques jours par un abonné. La bibliothèque du commerce, placée aussi dans ce bâtiment, est riche en ouvrages modernes de géographie, de statistique et d’histoire. Enfin, sous les arcades, on a réuni une collection de tableaux ouverte tous les jours de midi à 4 h., gratuitement les dimanches, mercredis et samedis; les autres jours pour 4 sch. Dans le vestibule on remarque ; un Ensevelissement de Jésus, par Adom Kraft; — Veit Stow, Marie au tombeau; quelques sculptures du moyen âge et quelques moules des frises et des métopes du Parthénon. — Les premières salles sont consacrées à l’exposition des œuvres d'artistes comme dans les autresKunsteereinsde l’Allemagne.

Tous les samedis les tableaux sont changés. Dans le musée proprement dit, les principawç fa-

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bleaux sont : Bod. Lehmann, deux jeunes filles dans une gondole ; — Hondehœter, oiseaux; — A. Durer, Christ au tombeau; — Wraske, les filles du Cid dans la forêt; — Camphausen, puritain lisant la Bible ; — Delaroche (copie réduite de) Cromwell et Charles I"'; — Decaisne, Charitas, composition allégorique; — Hendrichs, paysage ; — Isabey, canots ; — Moorhagen, barque sur le lac de Cûme;— Homemann, enfants agaçant une pie; — Tiedemand, intérieur norvégien; — Gudin, pêcheurs sur la plage ;—Fran5uelin, l’enfant malade; — F'erbœctèoi’en, brebis et poules ; — Asher, le roi Lear ; — Andréæ , la sorcière d’Endor; — Kaltenmoser, paysans bavarois; — V. Léo, baigneuses; — Steinfurth, Diane au bain; — Petzel, le contrat de mariage, etc.

Parmi les sculptureson remarque:

des plâtres de quelques statues antiques; le discobole, les Vénus de Médicis et de Milo, l’Apollon du Belvédère, le Laocoon, un Homère en marbre, etc. — Le tribunal de commerce tient maintenant ses séances dans l’ancien Waisenhaus.

En face de laBourse est la nouvelle Banque. Le nouvel hôtel de ville (qui doit être reconstruit sur l’emplacement de l’ancien, que l’on a été obligé de détruire pendant l’incendie), n’est pas encore rebâti. Le sénat tient provisoirement ses séances dans l’ancien Waisenhaus.

Le port se compose de trois parties :1e Jonas Hafen, le Rummel Hafen et le Binnen Hafen. Il offre en tout temps un aspect pittores-

ue et animé. Plusieurs centaines

e navires, venus de tous les points du globe, y sont toujours à l’ancre; pour bien le voir, il faut s’y promener en bateau (1 mark rteure, de 1 à 3 personnes). Le Baumhaus, l’hôtel du port, et l’Elbhœhe (voir ci-dessous, promenades), ainsi que l’ile Steimcarder (2 pf. de traversée), située en face, offrent de beaux points de vue sur le port et sur l’Elbe.

La Binnen Alster est un bassin

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