DE FRANCFORT A LEIPSICK. Route
écritoire au diable, qui le tourmentait sous la forme d’une mouche. La collection d’armes du xvie et du XVII» siècle, et même des siècles précédents, intéressera les amateurs. On remarque surtout l’armure de Kunz de Kaufungen, chevalier voleur d’une taille gigantesque qui fut décapité à Freioerg, et celle que portait le connétable de Bourbon le jour de sa mort au siège de Rome. La salle des Ménestrels est ornée de fresues intéressantes représentant iverses scènes de la vie de Henri von Ofterdingen et de ses rivaux.
La Warlburg rappelle, du reste, d’autres souvenirs. Sainte Elisabeth de Thuringe l’habitait lorsue le pain et le fromage qu’elle istribuait aux pauvres se changèrent, dans son tablier, en roses et en lis , pour qu’elle ne fût pas accusée d’avoir menti; car elle avait répondu à son mari, peu soucieux de ces libéralités, qu’elle distribuait des fleurs. Les principaux épisodes de cette légende sont reproduits par les fresques de Schwind, dans la salle des Landgraves. — En 1207, les Minneseengers s’y réunirent pour y lutter de talent. Enfin le 8 octobre 1817, 500 étudiants, surtout de l’université d’Iéna, s’y rassemblèrent avec un certain nombre de professeurs pour y fonder la Burschenschaft, société qui avait pour but la conquête des libertés que les souverains avaient promises à l’Allemagne quand Napoléon menaçait son indépendance.
’On jouit en outre d’une belle vue du haut de la Wartburg. Mais si l'on en excepte une curieuse galerie d’arcades byzantines , les bâtiments n’ont rien d’intéressant au point de vue architectural.
On s’occupe actuellement de les réparer (1861). — N. B, On y trouve un bon restaurant. — On donne 5 sgr. par personne de pourboire au uide qui fait voir la cellule de uther, la salle des Chevaliers, la chapelle où Luther prêchait tous les jours (1521), la salle des Mé-
nestrels et la salle d’armes.— N. B.
Le sentier des piétons est moins long que la route. Il passe devant le cimetière (a l’O. de la gare), et franchit le Mædelstein. Une demiheure suffît pour le trajet.
On peut de la Wartburg revenir àEisenach, par leMarienlhal, dans lequel s’ouvre, près d’une pièce d’eau, à 30 min. d’Eisenach, sur la route de Cobourg, VAnnenthal, vallée si étroite que dans certains endroits deux hommes peuvent à peine y passer de front (R. 95).
A Cobourg, R. 91; — à Francfort, R. 80 ; — à Fulda, R. 80 ; — à Meiningen, R. 91 ; — à Schweinfurt, R. 85,
Au delà d’Eisenach le chemin de fer remonte la jolie vallée de la Hœrsel que domine à g. le Hœrselberg. On s’arrête à Wutha, puis, entrant dans le duché de Saxe- Cobourg-Gotha, à
16 8/10 mil. Frœftstedt,v. où vient aboutir l’embranchement du chemin de fer de Waltershausen, traîné par des chevaux (1/2 mil.). On découvre une belle vue sur la chaîne du ThüriTigenoald (voir R. 95). On remarque au S.l'Oberhof, et âl’O.
le Grand Inselberg, au-dessus du château Tenneberg.
18 3/10 mil. Gotha (Hôt. : Deutscher Hof, Riesgj Mohr, Prophet. — Libraires : J. Perthes ( cartes géographiques), Thienemann. — Droschken, 5 sgr. la course, 15 sgr. l’heure), V. de 16,000 hab., la seconde résidence du duc de Saxe - Cobourg- Gotha (voir Cobourg) , est agréablement située à la base du Thüringerwald, à 296 mèt., sur le canal de la Lcina.
Ce n’était dans l’origine qu’un village appartenant k l’abbaye de Hersfeld. L’abbé Gotbard l’entoura de murs. Au xii” siècle elle tomba en la possession des langraves de Thuringe, qui y bâtirent un château. Après avoir eu ensuite pour maîtres les margraves de Meissen et l’empereur Adolphe deNassau, puis encore lesmargraves de Meissen, elle échut en 1485k l’électeur Ernest le Pieux, fondateur de la
[Rouît 77.] (iüTHA. .733 .
branche Ernestiiie, cjui bdtii, en 1642, le palais actuel à la place de l’ancien. En 1825 cette branche s’étant éteinte en la personne du duc Frédéric IV, Gotha fut réunie au duché de Saxe-Cobourg. Gotha est la ville où se publie le meilleur journal géographique du inonde entier : Die MittheiUtnyen von Pefermann, éditées par l’institut de Justin Perthes. Il s’v publie aussi chaque année, depuis jirès d’un siècle, un almanach diplomatique et statistique estimé ; il est rédigé en français. Ses saucissons sont aussi renommés.
Laprincipale curiosité de Gotha est le Friedenstein, ce château, plus étendu que beau, qui la domine h 349 met. au-dessus de la mer, et dont les terrasses offrent lies points de vue étendus. Le Friedenstein contient, en effet, les collections suivantes, ouvertes du l" avril au 30 octobre le mardi et et le vendredi de 9 h. kl h., les autres jours moyennant le payement de 1 thaler.
l’Une galerie d’environ 800 tableaux classés par écoles et dont plusieurs de grand prix.
Ue Salle : Animaux de Damm, Hondeioefer, Lober, Root. — 2' Salle : Paysages de Hackert, Reinhardt, Voogd. — 7. Gra/f, le Comédien Eckhof. — 14. 15.
Denner, Tètes d’homme et de femme — 3« Salle ; Fan der IleUt, Portrait d'homme. — 4. 5. Van der Goyen, Environs de Flessingue et le fort Lillo, près d’Anvers. — 22. Brill, Paysage. — 40. Vermeulen, Paysage d’hiver. — 74. Hugtenburg, Louis XIV sur le pont Neuf.— 4® Salle: — l.Fan Dgci, Portrait du peintre 2. Le même, Elisabeth Brant, première femme de Rubens. — 6. Rembrandt, Portrait. — 13. Honthorst, saint Pierre. — 42, Rubens, Jardin d' Amour ( les familles Rubens et Trenck). — ItJ à 49. Le mime.
Tètes de saints.— 5.< Salle : 1. 55. 120. 121. Grand paravent à 74 tableaux, par un peintre de l’École allemande du xvic siècle ; Portraits de Cranach, qui vécut k Gotha, et de son ecole. — 34. Holhtin. Portrait du patricien Sulzer, de
Bile. — 35 . 36. 37. Le mime. Portraits d’hommes. — 39. Le même. Portrait de la célèbre Agnès de Mansfeld, qui fut enlevée du couvent de Gerresbeim, près de Düsseldorf, et épousée par l’archevêque de Cologne Gebhard Truchsess de Waldeburg, en 1.583. — 67. 68. Cranach.
peche et rédemption, Judith et Holopherne. — 78. J. V. Eÿct, Portrait de Philippe le Bon de Bourgogne. — 79. Portrait de Jerôme Holzschuher, copie du tableau de Durer par un de ses élèves.
L'original est à Nuremberg.— 6' Salle: 11. Tischbein, Conrad de Souabe, jouant aux échecs avec Frédéric de Bade, reçoit le jugement qui le condamne à mort.— 19.
Van Roden, Lac Albano. — 7' Salle :
12. Teniers.le Dentiste — 48. Th. Keyser, Bourgmestre d’Amsterdam et sa famille. — 11. Dow, Vieille femme filant (la mère du peintre) acheté 13,000 th.— 24. Nelscher. Conseils paternels. — 29. Polter, paysage avec bétail.— 9' Salle: I2.de Heem, fruits. — 11. Van Ost, fruits.— lOo Salle : 11. Bombelli, Pie VII. — 28. Liotard, Ernest II, duc de Saxe- Gotha (pastel). — 11® iSalle ; 4. Titien, Portrait d’homme. — 39. 51. 62. 65.
Guida Reni, saint Laurent, Bacchus et Ariadne.Ëcce Homo, Jeune garçon devant un nid de pigeons. — 70. Patina Vecchio, Christ. — Caracage, Annonciation.
2» Un cabinet d’estampes (environ 50,000 feuilles) avec de nombreuses et belles gravures sur bois et métal d’anciens maîtres italiens et allemands. Dessins k la main.
3» Une Kunst Kammer ou cabinet de curiosités, dans lequel on voit le livre de prières de Jacques D'et d’Anne de Danemark, un anneau de Marie Stuart, une tête de Louis XIV sur améthyste, une statuette de Confucius en saphir, un onyx (Jupiter et Junon), un taureau farnésicn en bronze (1641), des mosa’iques de Raffaêli (n“* 16 et 17, moulin près de 'Tivoli, pyramide de Cajus Cestius), des objets précieux en marbre, eu albâtre, en verre, en émail, en métaux, en corne, en cire, en bois, en liège, en porcelaine, etc,; des miniatures, etc.
;î34 DK FKANCFORT A LEIPSICK. [Uocte 77.1
4° Une hihlioihè(^ue, ouverte tous le.s jours de 11 h. a 1 h., contenant environ 1CÛ,ÜOO vol. et plus de 9,(rt)0 manuscrits, recueillis dans l'Orient par Seelzen, et dont plusieurs sont très-précieux, des incunables, des miniatures, des autographes (entre autres la lettre d’Henri VIII d’Angleterre contre Luther) ;
5" Un muxée d' histoire notureUe;
6“ Un cabinet de monnaies et de tne'dailles, une des collections les plus riches de l'Eurojie ; I0,0ü0 pièces ;
7* Un musée japonais et chinois, composé d'objets curieux que l’on chercherait en vain dans les autres cabinets de l’Europe, tels que livres, meubles, ustensiles de ménage, armes, etc., provenant de la Chine et du Japon ;
8“ Une collection ethnoyraphiquc et historique ; armes diverses, antiquités égyptiennes, étrusques, romaines, allemandes, objets ayant appartenu h Napoléon l'L etc.;
9" Une collection déplâtrés.
Au .S. du château s’étendent de vastes jardins qui renferment quelues monuments, et une pi^ce 'eau sur l’ile de laquelle se trouve le caveau ducal. Près du parc, sur le canal de la Leina, s'élève le nouvel Observatoire, l’un des plus renommés do l’Allemagne, placé sous la direction de M. Hansen. L’ancien observatoire, abandonné aujourd'hui, se trouve sur le Seeberg (1/2 h. voir ci-dessous).
On remarque, en outre, à Gotha :
sur la place du Marché, à l'angle, une maison qui a appartenu à Cranach et qui porte encore sa devise, le serpent ailé avec la couronne; — le Incdtre, et, près du théâtre, la statue de son fondateur, le négociant E. Arnoldi (7 1841) ; — l’hétel de l’Assurance contre l'incendie, à ou de distance du théâtre; — la anqne d'assurances sur la vie, les écuries du duc et le nouveau manège (à g. en entrant du Bahnhof dans la ville) , — le palais du duc (à dr.),qui contient des tableaux modernes, entre autres le tableau de IV'ap-
perx : Charles IX à la Saint-Barthélemy;— le palais du ministère; — la Klosterhrchc, ou l’on peut voirune crucifixion du peintre Jacobs, artistede Gotha, dontla bcllemaison attire les regard près du palais ducal; enfin, l’Institut géographique de Perthes. — Les promenades les plus rapprochées sont le Jardin Minier, le l'eldschlœsschen et la Walkmühle, ces deux dernières, brasseries très-fréquentées parles habitants(3;4 d’h.). On jouit d'une belle vue à la maison de Thurinqe (1 h.'.
Les excursions les plus recommandées des environs de Gotha se trouvent indiquées dans la R. 95, le Thüringerwald.
A Cobourg, R. 90.
fA Gœttingcn, 13 1/4 mil., R. 74, dil. t. 1. jours en 13 h. pour 2 th.
19 1/2 sgr. par : (2 1/2 mil.) Langensalza (hét. : Kreuz, Prinz v.
Preussen) , V. ind. de 9,000 hab.
en deçà de laquelle on sort de la Saxe -Cobourg pour entrer en Prusse. Elle possède, à 30 min.
environ, des bains salins et sulfureux, des bains de pins, les ruines du couvent de Hambourg, enfin un lieu dedivertissement appelé Biràmen. — 2 1/2mil. Mülhausen (Hdt.; Keenig v. Preussen, Üchman), V . entourée de murs, de 16,000 hab., sur rUnstrut, anc. V. libre impériale Münzer, le prédicateur fanatique qpi excita, en 1524-1525, les paysans de la Th u ri nge à la révolte, et qui parlait avec autant de haine de Luther que du pape, en avait fait son quartier général. 11 était parvenu a y réunir une bande de 30,000 hommes. C’est là qu’après sa défaite, à Frankenhausen, il fut torturé et exécuté. V église Sainte- Marte, pittoresquement située sur une colline, date du xiv» siècle; l'eglise Saint-Biaise, du xii" siècle, est ornée d’une belle rosace et d’un portail remarquable. — (2 1/2 mil.), Dingelstadt, b. de 2,800hab., — (2 mil.) Heiligenstadt, voirR. 75. — On sort de Prusse pour entrerdans le Hanovre, à peu près à moitié
[Routb 77.1 ERFURT . 885
chemin de Heiligenstadt et de (3 3/4 mil.) Goettingen. R. 74.] Presque au sortir de Gotha on laisse à g. le ▼. de Siebleben, où Grimm, l’auteur de la Correspondance, est enseveli. Un peu plus loin, à dr., s’élève le Seeberg (30 min. de Gotha), dont l'ohservatoire, construit en 1701, est hors de service aujourd'hui.
20 3/4 mil. Dietendorf, colonie de frères moraves. — Après avoir remarqué sur la droite les trois vieux ch&teaux appelés Qleichen, détruits parla foudre en 1250 — (la Maehsenbwg sert de prison d’Etat, Mühlberg est tout à fait en ruine, et Gleichen est mieux conservé) — on sort de la Saxe-Cobourg pour entrer en Prusse, et on passe devant la Cyriaksburg avant de s’arrêter à la belle station gothique de 22 mil. Erfurt ( Hôt. : Silber, près du chemin de fer: Rcemischer Kaiser; Thüringer Hof ; — Drosch- KEN, 4 sgr. pour 1 pers., 5 sgr.
pour 2 pers.), V. forte de 82,500 hab., dont '7,000 cath., et une garnison de 6,500 h., située sur la Géra, et à la base du Thiirin-
fet'wald (voir R. 95). Elle existait éjà du temps de saint Boniface.
Au xm* siècle, elle fit partie de la ligue hanséatique, et du xin* au XV* siècle elle fut le principal entrepét du commerce entre la haute et la basse Allemagne; elle avait alors près de 60,000 hab. En 1501, Luther y étudia la dialectique et les belles-lettres, car elle possédait alors une université fondée en 1392, et supprimée en 1816. Ce fut là qu’il fit vœu, le 27 juillet 1605, d’embrasser la vie monastique, après avoir vu mourir à ses côtés un de ses amis frappé de la foudre, et qu’il passa crois ans au couvent des Augustins, où il reçut la prêtrise en 1507. En 1524, elle emorassa la Réforme. Elle eut beaucoup à souffrir dans les guerres des Paysans et de Trente ans.
En 1648 elle fut cédée à l’archevêque-électeur de Mayence. Prise en 1759 parles Prussiens, elle échut ^la Prusse en 1803. De 1806 à 1814
elle appartint à la France. En 1808 Napoléon y tint le célèbre congrès appelé l’entrevue d’Erfurt, auquel assistèrent l’empereur Alexandre, les rois de Bavière, de Wurtemberg, de Westphalie et de Saxe ; il habita l’ancien palais des électeurs de Mayence. Depuis 1814 elle fait partie de la Prusse, qui l’avait assiégée en 1813 et qui s’en était emparé sans avoir pu forcer les citadelles à capituler ; elle est une de ses principales places fortes (2* classe). Des deux citadelles, l’une s'appelle le Petersèevj, l’autre là Cyriaksburg.
Le Dom d’Erfurt (cathédrale) .
situé sur une éminence, avait été très-endommagé par la guerre; id roi de Prusse l’a fait restaurer fc grands frais. Le chœur daté de 1353, la nef de 1472, et les denX tours (260 marches, belle vue) sortt du XII* siècle. Il possède dix cloches dont la plus fameuse est appelée la Grosse Suzanne ou Marie Glorieuse et pèse 275 quintaux.
A l’extérieur, on admire surtout son double portail N . ; à l’intérieur, on remarque : les autels de gauche; le couronnement de la Vierge^ bas-relief en bronze, par Pierre Vischer de Nuremberg (au 1" pilier du côté N .) ; près de ce chefd’œuvre , la Transsubstantiation , peinture à l’huile de 1534; sur le mur méridional, saint Christophe, peint à l’huile en 1490; le monument d’un comte de Gleichen avec ses deux femmes (xii* siècle); celui d’un seigneur d’Allenblumen (1424) ; une chaiée en bois, sculptée d’après les dessins de Schinkel ; un beau candélabre du xir* siècle ; des stalles curieusement ciselées; une sainte Famille , par L. Cranach. etc.
La Barfüsserkirche (jusqu’en 1522 franciscains minorités) contient une curieuse sculpture (maître autel) du couronnement de la Vierge, avec les statues des douze apôtres.
L’intérieur de la Predigerkirohe (1228), jusqu’en 1523 aux dominicains, intéressera les architectes.
Enfin , la Severitirche , aux trois
BE KKANCFORT A LEIPSICK. [Route 77.]
clochers, bàiie au xiv' siècle, près de la cathédrale, possède de beaux fonts baptismaux de 1467 et un bel archange Michel. Parmi les autres églises , la Reglerkirche seule mérite une visite. Elle possède un bel autel en bois sculpté et coloré, attribué au célèbre Michel Wolgemuth (épisodes du Nouveau Testamentetde lavie de sainte Agnès).
Sur la place du Marché aux l’oissons, que borde Vhâlel de ville, bâti en 125M, on peut visiter une colonne de Roland , semblable à celles que l’on voit à Brême et dans d’autres villes du nord de l’Allemagne, et qui furent probablement élevées après la conversion des Germains au christianisme, pour remplacer les arbres sacrés et les colonnes sous lesquels les anciens Germains tenaient leurs assemblées.
Les étrangers qui s’arrêtent à Erfurt ne manquent pas d’y visiter l’ancien couvent des Augustine , transformé en asile des Orphelins (Martinsstift) et en gymnase erangéligut. On y montre, outre une vieille danse des morts, la petite cellule qu’y occupa Luther quand il se fit moine. <f Les murs ont été blanchis , dit Audin , et sur le plâtre la main des pèlerins a tracé une foule de sentences bibliques, d’hymnes en vers et en prose.
-•V droite en entrant est le portrait de Luther, de grandeur naturelle.
La relique la plus précieuse est le nécessaire de voyage du réformateur, petit meuble soigneusement conservé dans toute sa fraîcheur, et où il enfermait à la fois son argent et deux trésors inestimables : de l’encre et une plume.»
On y voit aussi l’Ancien Testament, traduit par Luther, exemplaire dont plusieurs feuilles de papier attachées au volume renferment des autographes de Luther, de Mélanchthon, de Bugenhagen, etc.
Ce sont des textes bibliques avec une courte exégèse. Celle de Luther est sous verre. L’église du couvent des Augustins a servi, en 1860, de lieu de réunion au jiarle-
ment d’Erfurt (voir l'Introduction).
Les autres édifices publics d’Erfurt sont ; l’ancien coûtent des Vrsulines, aujourd’hui institution de demoiselles; — le Paclchofj qui contient une bibliothèque do 60,000 vol . ; — le théâtre; — l’hrftcl du Gouvernement, jeàis palais de la lieutenance de l’électeur de Mayence et résidence de Napoléon pendant le congrès de souverains de 1808.
Les plus belles rues se nomment Anger et Kræmerbrücke. Près du Dom, SUT la place Frédéric-Guillaume ornée de plantations, on a élevé, en 1774, un obélisque en souvenir du voyage de l’électeur Frédéric-Charles-Joseph.
La promenade la plus fréquentée d’Erfurt est le Sticgerwald (belle vue).
.4 Nordhailsen, K. 75, 10 3/4 mil. 2 dilig. par jour, en 8 h. 1/2, pour 2 th. 4 1/2 sgr.; — à Cobourg, R. 90.
A peu de distance d’Erfurt (tunnel sous les fortifications), le chemin de fer sort de la Prusse pour entrer dans la Saxe-Weimar, et on s’arrête à W ieselbach avant
24 7/10 mil. Weimar (Hêt. : Er6prinz, Russischer Hof, Adler, Eléphant; — RESTAURANT k l'hôtel de ville. — Caïk : Isleib , place du château. — Libraire: Hoffmann.
— Voitures : omnibus 2 1/2 sgr., droschken, 1 pers. 5 sgr.; 2 pers.
7 1/2 sgr.; 3 pers. 10 sgr.), V. de 13,200 hab., dont 280 cath., capitale du grand-duché de Saxe-\4^im,Tr, résidence du grand-duc et siège du gouvernement, située à 216 met. sur l'Ilm. Du chemin de fer, qui la laisse à dr., on la domine entièrement avec les coteaux en pentes douces et trop cultivés dont elle est entourée. Bâtie en 880 par le margrave Poppo, elle devint au x» siècle la résidence des comtes de Weimar. En 1299, la ville et le château furent détruits par un incendie. Après avoir appartenu ensuite aux landgraves deThuringe, elle échut en 1440 à la.Saxe ; en 1483, la branche Ernestine y fixa sa résidence. Elle doit
fKouiK 77.] WEIMAK. 337
la célébrité dont elle jouit au règne de Charles-Auguste (•{• 1828) et de la duchesse Amélie qui y attirèrent et surent y retenir les plus grands écrivains de l'Allemagne :
Wieland, Ilerder, Gœthe, Schiller, Musœus, Bueltiger, etc. « On l'appelait l’Athènes de l’Allemagne, » dit RI"' de Staël, et c’était en effet le seul lieu dans lequel l’intérôt des beaux-arts fût pour ainsi dire national, et servit de lien fraternel entre les rangs divers.... Ce n’était point une petite ville, mais
un grand château On échappait
par l’étendue de la pensée aux bornes des circonstances. . . .»
Le duché de Saxe- Weimar-Eis£nach, État de laConfédération germanique . se compose de trois parties principales et de plusieurs parcelles de territoire comprises entre la Prusse, la Bavière, la Saxe royale, la Hesse électorale , la Saxe-Cobourg-Gotha, la Saxe-Altenbourg, la Saxe-Meiningen, et les principautés de Reuss et de Schwarzbourg. Il se divise en trois cercles : Weimar, Eisenach, Neustadt, comprenant 32 villes , 13 bourgs et 604 villages. Sa superficie est de 66 mil. carrés; sa population de 270,000 hab., dont 12,000 cath.
seulement; son budget de 1,. 744. 300 th. (dépenses), s’élevait en 1855 à 5,632,180 th. (recettes) ; sa dette à 1,551,000 th. Son armée se compose de 3 bataillons d’inf. et d’un corps de gendarmerie formant ensemble un effectif d’env. 3,500 hommes.
Il occupe le 12» rang dans la diète avec les autres Saxes grandducales et ducales, et possède 1 voix dans \e plénum. Il se forma en 1485, lors du partage que firent les princes Ernest et Albert des États de leur père Frédéric le Bon; de 1805 â 1813, il fit partie de la Confédération, et en 1815 il obtint un grand accroissement de territoire avec le titre de grandduché , qu’il ne possédait point auparavant. Sa constitution du 5 mai 1816 a été modifiée le 15 octobre 1850. Sa loi électorale date du 0 avril 1852. Les États se divisent
actuellement en diète ordinaire et en diète extraordinaire La première s’assemble tous les trois ans, et ordinairement à la dernière année de la période financière.
Gœthk a vécu ,56 ans à Weimar, de 1776 à 1832, année de sa mort.
La maison qu’il habita et où il rendit le dernier soupir est louée maintenant, et les étrangers ne peuvent plus la visiter (Frauenplan, en face de la Fontaine). Ses collections sont montrées le vendredi.— N. li. S’adresser au secrétaire Schuchardt.
RI. Alfred Michiels, qui a visité cette maison a l’époque où les étrangers y étaient encore admis, en a fait la description suivante :
« On m’introduisit d’abord dans une petite pièce oblongue, située au premier étage et servant d’antichambre à la pièce principale.
Elle est occupée d’un coté par un meuble que les termes ordinaires ne pourraient désigner avec précision, car sa forme résulte de l’usage spécial auquel Gœthe l’avait consacré. C’est une énorme commode divisée en une multitudede compartiments.... Chaque case renferme un tiroir qui contient des spécimens de produits minéralogiques.... Entre ce casier gigantesque et la croisée, une longue, jaune et maigre pendule de campagne se dresse contre la muraille.... C’est celle qui a sonné pour Gœthe toutes les heures de l’enfance et de la jeunesse. ...
« De l’antichambre on entre dans la salle de travail. Une table de sapin, rude, sans couleur, à peine rabotée, en occupe le milieu ; le fauteuil qu’on voit auprès brille également par des qualités
négatives Gœthe croyait que si
la misère déchire et troue de tous côtés la pensée, une recherche trop grande du confortable en relâcne la trame et finit même presque toujours par la désorganiser, t .le no veux point m'amollir! »
disait-il.
< A gauche du fauteuil, une corbeille elevée sur trois pieds reco-
rî.-W DE FRANCFORT A LEIPSICK [Rovt« TT.I
vait son mouchoir, son canif, des ciseaux et autres menus ustensiles qu’il employait fréquemment et voulait avoir sous lamain. Du reste, il ne s’asseyait devant cette table que pour étudier , jamais pour écrire.
t Gœthe n’écrivait de sa propre main que ses ouvrages en vers. Il se plaçait alors debout, près d’une fenêtre, devant un pupitre fort élevé, et restait dans Cette position jusqu’i ce qu’il se sentît la tête lasse. Pour les ouvrages en prose, il dictait et se promenait pendant que son secrétaire tenait la plume. D’après le témoignage de Cet homme lui-même, son maître s'exprimait avec une telle raidité qu’ilavaitbeaucoupde peine le suivre. Comme le travail durait quelquefois cinq oh six heures, il éprouvait à la fin une lassitudé èxtraordinaitedansles doigts.
«En qualité de bibliothécaire du grana-duc, il n’avait besoin de posséder que très-peu de livres :
ceux de la ville étaient à sa disposition. Quelques volumes seulement occupent deux ou trois planches qui longent le mur, derrière son fauteuil, au-dessus d’un vaste coffre pareil à celui de l’entrée.
Des plantes, des curiosités remplissent les tiroirs de ce meuble.
On y remarque le Sardanapale que lord Byron avait donné à Goethe.
« Le cabinet de travail communique par une porte avec la chambre à coucher
« Au chevet du lit , on me fit remarquer le fauteuil dans lequel Gœthe rendit le dernier soupit’.
On venait de l’y placer, lorsqu’il s’écria : De la lumière ! de la lumière! M ehr Licht! mehr Licht! Les domestiques s’empressèrent d’écarter les rideaux et d’ouvrir la fenêtre ; il parut admirer un instant la beauté du jour, puis, penchant la tête sur son épaule gauche, il ferma les yeux. Sa fille crut u’il dormait, et couvrit son front 'une visière verte , de crainte qu’un rayon de soleil, descendant comme une gloire sur ce visage
sublime, ne troublftt son court et dernier Sommeil. Hélas! il était mort.
« Outre son cabinet de travail, Gœthe en avait un autre que je nommerai cabinet de réception.
Destiné aux étrangers que sa célébrité attirait chez lui, il l’avait fait décorer avec plus de soin que le précédent. Des armoires à panneaux de verre cachent les murailles de trois côtés.... Derrière cette clôture diaphane, on aperoit une multitude de statuettes, e vases, d’antiquités et de choses rares ou singulières.... > ScHiLLsaest mort aussi à Weimar en 1805. La petite maisofi qu’il habitait sur l’esplanade a été achetée par la ville, qui y a réuni un petit musée lehillénen. On y voit le cabinet du poSte et son bureau.
Son piano, sOn lit et d’autres meubles et objets qui lui ont servi.
Hbrder habita la maison qui fait l’angle au nord de l’église de la ville. La maison de WiEtaND, au N. du théAtre , est actuellement occupée par sa petite-fille. Enfin les armes de Lucas Cranack indiquent encore la maison où il demeura, et qui, située en face de l’hôtel de ville, appartient aujourd’hui au libraire Hoffmann.
Le nouveau cimetière, qui se trouve au S. de la ville, renferme le caveau grand-ducal (5 sgr. de
fiourboire au fossoyeur) où Schiler et Gœthe sont ensevelis près de leur ami et protecteur le grandduc Charles-Auguste. On y voit aussi le tombeau de Hummel le compositeur (•{■ 1837), du satiriste Johannes Falk cf 1826) , et du célèbre acteur P. A. Wolff {f 1828).
Dans l’ancien cimetière, voisin de l’église Saint- Jacques (près de l’entrée de la ville du côté du chemin de fer), on peut visiter les tombeaux de Bode , le célèbre traducteur (•f 1793), de Musæus le conteur (+ 1787), de Lucas Cranach (•{■ 1553) , le pictoT eelerrimtis, avec sa statue de grandeur naturelle ; enfin Herder(-{- 1803) a été inhumé dans l’église de la ville. Sur la
VjlJUglL
[Kohtk 77.' WKIMAR. 33Ô
simple pierre qui recouvre ses vol. et 800 cartes) occupe une restes, on lit ces trois mots qui tour ronde qui servait autrefois de étaient sa devise : Lumière, Amour, poudrière et un bâtiment moderne. Fie. Le tombeau de Wieland se Les étrangers vont y visiter, entre trouve à Ossmannstedt, à 1 mil. de autres curiosités, des portraits par Weimar sur la route d’Iéna (voir L. Cranach , des portraits et des R. 93). statues de Charles -Auguste , le
Le Palais du Grand-Duc est un èusfe colossal de Goethe par David assez beau bâtiment meublé avec Ü831) , son buste en marbre par élégance et avec goût , mais qui Trippel (1788), le buste de Schiller n’a rien de particulièrement re- en marbre par Dannecker , des marquable. Depuis quelques an- bustes de Herder, Tieck, Wielànd, nées, quatre de ses salles, consa- Winckelmann, la robe de moine de crées à Herder, à Schiller, à Gœthe Luther, le modèle d’une frégate, et à Wieland , ont été ornées de taillé en ivoire par Piéfré |e fresques (par Neher, Preller et Grând. le ceinturon en cuir dé Jæger), qui représentent les prin- Gustave-Adolphe, percé dè la cipaux personnages des chefs- balle qui le tua à. Lützèn ^ une d’œuvre de ces grands écrivains collection de monnaies ét de mé- (1.5 sgr. de pourboire pour une dailles , etc. Le public est adhpis personne seule , et 1 th. pour une tous les jours de 9 à midi et dé 2 k société). Les bustesdeSchilleretde 4 h., excepté pendant les vacances Wieland, par Wagner, et celui de ,|du mois de juin.
Herder méritent d'attirer l’atten- Près de la place de là Parade se tion du visiteur, ainsiqueles portes trouve le Reithaus (manège) j àu en bronzeornéesde reiiefsmodelés bord de l’Ilm, l'église grecque, le par Angélique Facius d’après les Fiir.'itenJiaus.avec la salle des États, croquis de -Neher. On montre, dans les bureaux du ministère et la une des salles, l’armure du duc cour d’assises , lé Rothe-Schloss ét Bernard, le célèbre général de la la Hauptioache (corps de garde), guerre de Trente ans, l’allié de Derrière ces d ivers bâtiments .s’ê- Gustave-Adolphe , et l’un de ses lève, sur la place du Marché, l’hdiel doigts qu’il avait perdu sur un de ville construit en 1841 dans le champ de bataille, et qu'il portait style gothique. Parmi les aulrès toujours avec lui. édihees publics, qüi méritent une
La Kunslsammlung, près du théâ- visite , se trouve la Stadtkérche tre , dans le Witthums-palais, ou- (église de la ville), construite en verte le jeudi de 10 h. à 1 h., est 1400; elle renferme un des plus pauvre en tableaux , mais elle beaux tableaux de L. Cranach , la possède de riches collections de crucifixion (maître-autel), où il gravures et de dessins. On y re- s’est lui-même représenté avec ses marque surtout les cartons origi- amis Luther et Mélanchthoti. Lè naux de la Cène de Léonard de petit tableau représentant Luther Ftnci, des cartons deRaphaèl, Mi- enmoine,enehcvalierGeorgeeten chel-Ange, A. Durer, Lucas Crd- vieillard, est de Vischer, un élève nach; des dessins de Nie. Poussin, du même maître. Quatorze mem- Watteau, Greuze,Chodowieclci;^nSn bres de la famille grand-ducale, des œuvres plus modernes de parmi lesquels on distingue le due Preller et de Jacob Carstens, fonda- Bernard , sont enterrés dans l’éteur et conservateur de la collée- glise, ainsi que Herder auquel on tion. — Le même édifice renferme à érigé, en 1850, en face de réglisè, le musée de lecture, ouvert tous les une statue en bronze parSchaller. jours. ^ Le théâtre, qui a été què^que
En face du palais , de l’autfe temps sous la aircctiôn dé ftœthe côté de la place delà Paradé, la et de Schiller, à générâlemèht une bibliothèque grahd-ducale ( 143,000 bonne troupe.
340 DE FRANCFORT A LEIPSICK. [Roüik 77.
Le 4 septembre 1857 a été inauguré sur la place du théâtre le groupe de Schiller et de Goethe par Rietschel. Lesdeux poètes, l'un en habit de cour, l’autre, couronné de lauriers , tiennent leurs mains entrelacées. Le même jour fut dévoilée, sur le Frauenplan, la statue de Wieland par Casser.
Au S. du château s’étend , sur les bords de l’Ilm, le Sctdosspark.
Cette agréable promenade où l’on remarque le jardin botanique , le Rcemische Haus , l'habitation d'été, plusque modeste, de Goethe, elle pavillon des templiers avec la statue colossale du poète par Steinhæuser, communique avec le v. d’Ober-Weimar et avec le Belvédère, château d’été possédant de belles serres et entouré d’un petit parc.
On peut aussi s’y rendre par une belle allée de tilleuls quiyconduit en 1 h. On pourra encore visiter f (45 min. à l’E. de Weimar) le château et le parc de Tieffurt , villa de la princesse Amélie, habitée souvent par Goethe et Schiller ; — (1 h.
au N.) Ettersburg , résidence d’été 30 min. du grand-duc ; — la Herdersruhe, où Herder aimait à se reposer ; — le Grafenschloss , près de Buchfarth , Ossmannstedt ( voir ci-dessous), etc.
A Cobourg, R. 91 ; — à Rudolstadt, R. 91 et 95; — à Sondershausen , 9 1/9 mil. dilig. tous les jours, en 19 h. 1/4, pour 1 th. 17 l/2sgr..R.75.
On laisse k dr. Ossmannstedt. où est enterré Wieland (f 1813) dans son jardin avec sa femme et son amie Sophie Breniano, et on traverse l’Ilm, avant
26 8/10 mil. Apolda , V. industrielle de4,500 hab., à2 mil.d’léna (voir R. 93). — 2 voit., vont tous les jours en 1 h. 3/4 pour 10 sgr., à
283/10mil.Su?sa,V.del,400hab., près de laquelle on laisse k g. le champ de bataille d’Auerstædt (voir léna). Sortant ensuite de la Saxe -Weimar pour entrer en Prusse, au confluent de l’ilm et de la Saale , on traverse plusieurs fois la rivière. De nombreuses maisons
animent les paysages qui se succèdent rapidement. On a k peine eu le temps de regarder les deux tours de la Saaleck et le vieux château de la Rudchburg, que l’on aperçoit le joli bain de
29 5/10 mil.Kœsen (Hôt.: Muthige Rilter, Kursaal, Restaurant de la gare), dont les charmants environs, autant que les salines, attirent chaque année un certain nombre de > baigneurs et surtout de baigneuses. On y fait aussi des cures de petit-lait et de raisins. Les plus jolies promenades sont le Him~ melreich, le Gcettersitz , le Kuchergarten , le Knabenberg , la Katze
et le Katzenberg et plusieurs anciens châteaux (voir ci-dessous).
Pour les bains, voir le Guide aux bains d'Europe, par Ad. Jeanne, et Le Pileur. —On laisse ensuite k dr.
Hchulporta, V. dont l’église gothique date en partie du xiii' siècle, et possède des sculptures et des tableaux de G. Schadow. Sa vieille école, ancien couvent de cisterciens transformé en école par l’électeur Maurice (1543), a eu
our élève Klopstock, Lessinget
ichte. C’est aujourd’hui une institution prussienne. Tout ce pays est rempli de souvenirs des campagnes de 1806 et 1813 (voir léna et Leipsick).
30 3/10 mil. Naumhurg (Hôt. : Sæchsischer Hof, Preussicher Hof, Stem), V. industrielle de 15,000 hab., située, k une certaine distance de la station, sur la Saale et entre des collines couvertes de vignes qui la cachent en partie.
Sa cathédral^, achevée en 1249, oflfre un mélange remarquable du style roman et du style gothique.
Outre quelques tableaux anciens sur fond d’or, elle possède des tableaux modernes de Schadow, Rehbenitz, Schnorr, Olivier, Senff, Veit, Eggers, Vogel et Næhe. Ses statues du xiii» siècle sont fort belles. L’église Saint-Vinceslas possède un bon tableau de Cranach (voir léna pour la campagne de 1806).
On aperçoit k g. la V. de Fri-
Digilized by Guug!
[Routk 78.J burg et Gœseck, château du comte Zech-Burkersrode, au-dessus de rUnstrut qui vient se jeter dans la Saale, et, à dr., la haute tour de la Schœnburg, berceau de Louis le Sauteur, après avoir traversé la Saale et avant de la franchir de nouveau. Les vignobles plantés sur les hauteurs voisines sont les plus septentrionaux de l’Allemagne. Ils produisent un mauvais vin.
32 1/10 mil. Weissenfels (Hôt. :
Schütze, drei Schwæne) , V. indust.
de 11,000 hab. env., située sur la Saale qu’y traverse un beau pont. L’ancien château des ducs de Weissenfels - Querfurt , branche
.éteinte en 1716, sert aujourd'hui de caserne. Du chemin de fer, on voit à dr. sur une hauteur une maison de campagne marquée de la lettre N. C’est dans cette maison que Napoléon passa la nuit qui suivit la bataille de Leipsick.
Après la bataille de Lützen, le cadavre de Gustave-Adolphe fut transporté et embaumé en présence du duc Bernard de Saxe- Weimar dans une salle de la maison de ville (Ainthaus). Il était percé de huit blessures; une partie de la muraille tachée de sang a été mise à l’abri de tout contact extérieur. Sa veuve se fit remettre le corps. Le cœur fut envoyé à Slocknolm , mais les entrailles ontété ensevelies kWeissenfels dans la Klosterkirche.
Weissenfels fut la résidence des poètes Novalis et MUllner qui y moururent, le premier en 1801, le second en 1827. Seumc y vit le jour. Schlegel et Ileydenreichsont enterrés dans le cimetière de littrgwerben, petit village situé à 30 min de 'Weissenfels.
A Lützen, voir ci-dessous, 3 mil., l dilig. tous les jours, en 1 h. 1/2, pour 10 sgr.; — à Géra, K. ÜL; — à Halle, R. 79.
33 3/lÜ mil. Corbetha, v. situé (à peu près à égale distance) entre Rossbach et Lützen. A Rossbach, Frédéric II remporta, leônovem-
bre 1757, une victoire éclatanteavec 22,000 Prussiens sur 60,000- FrançaisetAutrichiens commandé»
par le maréchal Soubise. A Lützen
fiérit, le 5 novembre 1632, dès es premières charges , le roi de Suède, Gustave-Adolphe, dans cette bataille queBernard de Saxe, son successeur, gagna sur Wallenstein. Le 2 mai 1813, Napoléon y battit les Russes et les Autrichiens réunis (voir Leipsick).
Un bloc de granit, recouvert d’une toiture gothique (1838) et entouré de peupliers, indique la place où Gustave-Adolphe fut blessé mortellement. Lützen, V. de l,400hab., est à 2 -1/5 mil. de Leipsick ; une.
dil. y conduit tous les jours en2h.
1/4, pour 10 sgr.
A Corbetha le chemin de fer se divise en deux embranchements :
celui de Halle, qu’on laisse à g.
(voir R. 79), et celui de Leipsick.
34 8/10 mil. Dürrenberg, grande saline , en deçà de laquelle on franchit la Saale sur un pont de 20 arches. On laisse ensuite à g.
le village de Kœtschau avant d’atteindre
36 1/10 mil. Markramtædt, petite V. située près de la frontière prussienne. On franchit successivement la Luppe et l’Elster, laissant à dr. le v. de Gohlis.
37 8/10 mil. Leipzig (voir R. 102).