DE FRANCFORT A BAMBERG
31 mil. Chemin de fer, terminé en 1854. 4 convois par jour. Trajet eu 6 h. 10 min. et 9 h. 30 min., pour 9 fl. 24 kr.; 6 fl. là kr. et 4 fl. 10 kr. — Le même trajet peut se faire par les paquebots du Mein.
On laisse à g. le village de Bornheim pour s’arrêter à la station de
3/4 mil. Mainkur (Hôt.: de Hesse), d’où on aperçoit, sur la rive g. du Main, la petite ville d’Offenbach (voir R. 21), éloignée de 20 min.
de la station. Sur la colline ombragée d’arbres fruitiers s’étend le village de Bergen, très-fréquenté par les Francfortois à cause de sa belle vue.
Enl759, les Français, commandés par le duc de Broglie, défirent, près de Bergen, les Prussiens et les Hessois, sous les ordres du duc Ferdinand de Brunswick; le 28 nov. 1792 ils y furent défaits à leur tour; enfin le 31 octobte 1813, ils s'y battirent contre les cosaques.— A dr., sur l’autre rive du Main, on remarque le v. de Rumpenheim, dont le château, bâti en 1769, appartient an landgrave Guillaume de Hesse-Cassel, général danois et gouverneur de Co-
DE KKA.NCFOKT A BAMBERU. [Roi;ïK«4.j
^nüibague. La seconde station est •celle de Wilhemsbad, bain très-fréquenté des , habitants de Francfort: il se trouve situé au inilieu d’un beau parc qu’eatourent de belles forêts et on v joue aux jeux de hasard. L’établissement, élégamment meublé, offre toutes les ressources désirables. On peut y dîner à table d’hôte ou à la carte.
Les prix eu sont modérés. Les sources (ferrugineuses), employées én bains et en boissons, guérissent entre autres les maladies qui proviennent d’un affaiblissement total «U local, les rhumatismes, la goutte, les maux d’estomac, etc.
On va surtout se promener à la Faisanderie et au château de Philippsruhe {VS mm.) où conduit une belle allée d’arbres et dont les charmants jardins sont renommés pour leurs orangers. Napoléon l’avait donné à sa sœur Pauline Borghèse. Après la bataille de Hanau, ce château fut transformé en lazaret.
On traverse la Kinzig, qui va se jeter dans le Rhin, sur un affreux pont tube en bois, avant de s’arrêter à
2 1/6 mil. Hanau (Hôt. : Carhherg, Ricsc, Adler), V. de 17,00Ü hab., dont 800 cath. et 600 juifs, située dans la partie la plus fertile de la Wetterau. Elle fut bâtie sur l'emplacement d'une colonie romaine , car on y a trouvé un grand nombre d antiquités. En 1528, le comte Philippe l’entoura de fortifications et y bâtit un nouveau château. La ville neuve date de 1.597; elle fut construite par des protestants exilés des Pays - Bas. Pendant la lierre de Trente ans elle se défenit avec succès contre les Impériaux. En 18i:i, les 30 et 31 oct..
Napoléon y défit les Bavarois et les Autrichiens qui avaient tenté de s'opposer à sa rentrée en France, apres le désastre de Leipsick. La bataille se livra dans le Lamboiwald, de l’autre côté de la Kinzig, sur la route de Leipsick.
Hanau est, après Cassel, la ville la plus importante de la Hesse électorale. Elle possède une cour d’appel, un gymnase, diverses écoles, des hôpitaux, etc., et de nombreux établissements industriels (bijouterie d’or et d'argent renommée, filatures de laines, fabriques de tapis, de soieries, de lainages, de velours, etc.). Elle fait par le Main et le Rhin un commerce assez considérable avec la Hollande. Elle n’a du reste rien d’intéressantpour un étranger. On voit quatorze rues de la belle ploce ■ dumarche, ornée d’une fontaine. Le château renferme les collections de la société liVetteraunienne pour l’histoire naturelle, fondée en 1808.
L’e'glise luthérienne et ['église catholique méritent à peine une visite.
Hanau est la patrie de 3. et 6. ~ Grimm.
Le comté de Hanau, indépendant jusqu’en 1429, fut élevé cette année-là au rang de comté d’empire.
La dernière branche des comtes de Hanau s’étant éteinte en 1736, la Hesse-Cassel et la Hesse-Darmstadt se partagèrent d’abord ses domaines, qui furent ensuite possédés tout entiers par la Hesse- Cassel. En 1803 le comté avait été érigé en principauté ; en 1809 les Français, s’en étant emparés, la réunirent au grand-duché de Francfort Depuis 1813 elle appartient à la Hesse-Cassel.
A Fulda, R. 80; —à Eisenaefa, R. SO.
Entre Hanau et Aschaffenburg la contrée est peu intéressante.
A g. on voit le Hahnenkamm, à dr.
le donjon de Steinheim, petite v.
sur le Mein.
3/4 mil. Kahl.
4 mil. Dettingen, v. situé sur la rive dr. du Alain, près duquel les .Autrichiens et les Anglais , sous les ordres de Georges II, vainquirent les Français commandés par le maréchal de Noailles, le 29 juin 1743 -, l’armée française, à laquelle les circonstances et les habiles dispositions de son chef avaient assuré une victoire facile.
[Küutk 84. J
fut comproniise par mie imprudence du duc de Grammont, venue du maréchal de Noailles, qui ne voulut pas attendre dans la position ou il avait été jdacé, que l’ennemi vint lui-même s’y livrer.
Klle n’échappa à une déroute complète que par la bravoure de la maison du roi.
Bien que la perte eût été égale des deux côtés, cette bataille eut les conséquences les plus graves pour le reste de la campagne.
« Les Français, dit Voltaire qui l'a racontée avec d’assez longs détails, y firent avorter le fruit des plus belles dispositions, par cette ardeur précipitée et cette indiscipline qui leur avaient fait perdre autrefois les batailles de Poitiers, de Créci, d’Azincourt. » Six semaines après. Voltaire vit à la Haye le comte Stair qui commandait l’armée anglaise; il prit la liberté de lui demander ce qu’il ensait de cette bataille. Le comte tair lui répondit ; « Je pense que les Français ont fait une grande faute et nous deux ; la vôtre a été de ne savoir pas attendre ; les deux nôtres ont été de nous mettre d’abord dans un danger évident d’être perdus, et ensuite de n’avoir pas su profiter de la victoire. »
Un certain nombre d'oiliciers, tués dans cette bataille, furent ensevelis à Klehi-Ostheim (la station située entre Doitingcn et Aschaffenburg). Le cimetière de ce v.
renferme les monuments élevés à leur mémoire.
5 1/4 mil. Aschaffenburg (Hôt. :
Frrihof, Fiairisclier Ilof, Adler), V.
de 7.3Ü0 hab., est située sur la rive dr. du Mein et surl’Aschatf, qui lui donne son nom. La 10' et la i.'i' légion romaine tinrent garnison en ce lieu ; les antiquiti’s i|ui y ont été découvertes en font foi. Les maires du palais des rois franks se bâtirent un château de chasse sur les di'bris du casteUum romain.
Des maisons privées se groupèrent peu il peu autour de ce château, et, dès le VIII' siècle, Aschaffenburg. élevée au rang de ville.
possédait une cglise, une école er.
un couvent de bénédictins fondépar saint Boniface. Après averir appartenu aux ducs de Bavière, elle tomba en la possession des archevêques de Mayeuce, qui, dès 1132, en firent leur résidence d’été. En 1292, il s’y tint un synode, en 1447,. une diète de l’empire ; en 1631, Gustave- Adolphe y établit soa quartier général. Prise en 1634 par les Espagnols, en 1646 par les Français, puis par les Bavarois et par les Suédois, en 1647, par les- Impériaux, elle revint enfin à ses anciens possesseurs. De 1806 à 1813, elle fit partie du grand-duché de Francfort ; depuis 1814, elle appartient à la Bavière.
L’édifice le plus apparent d’Aschalfenburg est l’ancien château des archevêques de Mayence. Cet édifice, bâti de 1605 à 1614, en grès rouge, forme un carré dont chaquecôté a 98 inèt. 33 cent, de long.
Aux quatre angles s’élèvent quatre tours hautes de 60 mèt. Inhabité aujourd’hui, il contient :
1° Une collection d’environ 450 tableaux , pour la plupart assez médiocres , dans laquelle l’ancienne école allemande est représentée par Grüneicald, A. Durer.
Holhein le jeune et L. Cranach. On remarque parmi les tableaux plusmodernes surtout : 77. Franck.
bénédiction du prêtre; — 89, 205, Everdingen, paysages; — 86. Cuyp, cavalier ; — 135. 254. Ruysdaël, paysages; — 173. G. Dow, dentiste; — 48. 2.50. Urancfc. brigand; combat équestre; — 149. de fJeem, fleurs et fruits, etquelques toiles do Vinckenbooms, Alexandre Kierings, Jo~ docus Momper, .4. v. d. Neer, J. H.
Iloox, etc. ;
2* i.'ne collection de 20,000 gravures ;
3“ Une bibliothèque où l’on peut visiter, entre autres livres d’évangiles curieux, celui que l’archevêque do Maj-euce, Albert de Brandebourg, fit orner de miniatures, en 1524, par le peintre de Nuremberg Glockendon.
Les fossés de la ville outélé trans-
ASCH AF F EN B une. .
378 DE FRANCFORT A BAMÜEKG. iRoiîte 84.
formés en promenades (Schœnthal).
Près du Mnin, le dernier roi de Bavière a fait construire, de 1845 à 1849, une villa appelée Pompeianum, parce qu’elle est une imitation exacte d’une maison de Pompeï désignée sous le nom de Castor et Pollux. Devant l’entrée on a planté des cyprès et des orangers.
(S’adresser, pour visiter ce pastiche architectural, au gardien qui habite une petite maison voisine du Bahnhof; '■24 kr. de pourboire.)
La fondation du Dom ou de la Sti/7sHrc/ir d’Asehafl’enburgdate de 974, mais elle a été achevée beaucoup plus târd (le cloître est des x« et XIII' siècles) et, en dernier lieu, a été restaurée en 1852. On remarque, à l’intérieur, le monument en bronze du cardinal Albert de Brandebourg, électeur de Mayence, qui mourut en 1545 h.
Aschaffenburg. Ce monument fut élevé en 1525, pendant la vie de celui auquel il était destiné, par Pierre Vischer, le célèbre artiste de Nuremberg. En face, près du choeur, est celui de l’électeur Frédéric-Charles-Joseph d’Erthal 1802), qui leges emendavil, promovit cominercia, litteratus ipse Utteras litttratosqne muni/ice dotavü, comme le rappelle Tinseription latine rédigée par l’historien Nie.
Vogt. — On remarque aussi dans cette église un bas-relief en bronze (une madone), de Jean Vischer (15.30), un tableau Ae Mattluvus Grünewald (saint Valentin marchant sur un hérétique) et un autre attribué à A. Durer.
Guillaume Heinse , Ixtuteur du célèbre roman Ardinghelio, était lecteur de l’électeur Frédéric- Charles. Il mourut à Aschaffenburg en 1803, et il y fut enseveli dans le cimetière de Sainte-Agathe, où le roi Louis lui a fait élever un monument. On peut voir, dans le cimetière situé près du Werinsbachthor. le caveau de la fainilie Brentano de La Roche où reposent les frèresClémentBrentano (flSlJ) et Christian Brentano (f 1851).
Ce cimetière renferme quelques
beaux monuments funéraires, entre autres ceux de M. de Mergenbaum (•}• 1845', du comte de Hatzfeld, de M. Müneb, etc.
8ur la rive gauche du Mnin, où conduit un pont de pierre bâti en 1430, se trouve, à 15 min. de la ville, le Schcenebusch, beau parc qui renferme un château royal, une orangerie et une restauration.
Darmstadt, R. 11 ; — à Francfort p.ar le •Mcin, R. 8G : — à Wùrzburg, par le Main, R.8G; — à Miltcnberg, par terre, 5 1/4 mil. dilig. tous les jours, en 4 h. 1/2, pour 1 fl. 27 kr., par : (2 1/2 mil.) Obernburg, R. 86; (2 3/4 mil.) Miltenberg, R. 86.
La route de terre d’Aschaffenburg à Würzburg i>asse par: (2 mil.) liain, — (3 mil.) Lohr , — (1 mil. 3/4) Oemünden,- — 12 mil.) Carlstadt et (3 1,4 rail ) Würzburg. Le chemin de fer, qui s’en éloigne seulement entre Hain et Lohr, s’arrête d’abord à Latifach, où il traverse, sur un beau viaduc de 3,033 mèt., le ruisseau de ce nom, qui est profondément encaissé; il monte en^ suite par une pente douce jusqu’au Schwarzkopf, qu’il traverse dans un tunnel, passe à Heigenbriicken, e.t descend, près de Partenstein, dans la vallée de la Lohr par les vallons supérieurs du Spessart , massif montagneux et boisé borné de 3 côtés par le Neckar et se rattachant au Rhoengebirge. Ses forêts, jadis très-vastes, se composent surtout de hêtres. Le Geiersberg, son plus haut sommet, a 624 mèt.
10 5/10 mil. Lohr (Hôt. : Post, Krone), V. industrielle (fer, papier, construction de barques) de 4,000 hab., agréablement située sur la rive dr. du Main. Au delà de Lohr, le chemin de fer, presque parallèle à la route de terre, suit la rive dr. du Main jusqu’à Würzburg (voir pour la description plus détaillée du cours du Main, la R. 86).
12 mil. Gemünden (enfranç. conjluent), V. de 1,600 hab., est située à l’embouchure de la Saale dans le .Main, sur les dernières pentes du Spessart et du Rhœn, et dominée par les ruines du château Scho-
Koutb ty.l WURZBURG. 379
renherq, df^truit en 1243. A son extrémité inférieure on remarque une maison de détention nouvellement bâtie.
A Kissinger, R. 81, 5 3/4 mil. omnibus tous les jours, en 5 h., pour 1 fl. 30 kr.
On traverse la Werra entre Gemünden et
14 mil. Carlstadt, V. d’environ 2,600 hab., encore entourée de murs et de tours, et dont la fondation remonte, dit-on, à Charles Martel; plus tard, elle devint une forteresse frontière de l'évéché de WilrzburfT. Son église gothique et son hôtel de ville sont dignes d’attention. En face s’élèvent les ruines de la Carlsburf/. Enfin on s’arrête à Retshach et à Veilshœchheim, qui possède un château et un parc royal ; c’est là qu’en 1246 Henri le Raspon de Thuringefut élu contrè-empereur . k l’instigation du pape Innocent IV. On passe devant le vignoble du Steinberg avant d’atteindre
17 5/10 mil. Wûrzburg (Hôt. :
Adler, Wülchbacher Hof , Kleehaum, Würtenherger Hof, fichu-an), V. de 28,000 hnb., dont 2,200 prot., située sur la rive droite du .Main, k 166 mèt. au-dessus de la mer, dans une plaine fertile, agréable et salubre, mais chaude.
Würzburg s’est appelée tour à tour HerbipolU. Virtebiirg, lEirciburg , Wircelurgum. .Son origine remonte aux premiers temps de l’ère chrétienne. En 688, l’Écossais Kilian qui y était venu, avec Colonat et Totnaw , prêcher le christianisme, y subit le martyre. En 741, saint Doniface y fonda cet évêché célèbre qui a existé jusqu’en 1805 et qui a compté 82 évêfiues. Les Huns la détruisirent vers 910. Au siècle suivant il s’y tint déjk des conciles et des diètes de l’empire. Les luttes de la bourgeoisie et des évêques, des persécutions contre les juifs qui , on 1348, y furent brûlés dans leurs ninisons , des tournois , des fêtes fameuses remplissent son histoire pendant quatre siècles. En 1525
les paysans la dévastèrent. En 1528 elle se déclara pour le catholicisme , malgré sa vieille inimitié contre ses évêques. Enfin des traités longuement débattus mirent un ternie aux querelles sans cesse renaissantes dii pouvoir temporel et du pouvoir spirituel: ils s’entendirent surtout pour détruire les sorciers etles sorcières: en 1616 on en brûla plus de 300. En 1630 les jésuites s’enfuirent à l’approche de Gustave-Adolphe, qui prit et pilla la ville. Le duc Bernard de Wei- ' mar s’en empara à son tour en 1633; mais il dut l'abandonper en 1636.
En 1747 on y livra encore aux flammes une pauvre vieille religieuse, nommée Maria Regina de Singer, accusée de sorcellerie. Occupée et mise à contribution (5 millions de livres) en 1793, par le général français Ohampionnet, Würzburg fut évacuée en 1796, k la suite de la bataille que l’archiduc Charles d’Autriche y avait gagnée sur le général .lourdan. Donnée k la Bavière, en 1801, à l’archiduc Ferdinand d'.Autriche, en 1805, occupée plus tard par les Français , prise par une armée austro-bavaroise en 1813 , elle fut définitivement cédée k la Bavière le 28 juin 1814 et devint le chef-lieu du cercle d’Unterfranken
L’e'vMié de Würzburg, jadis Etat d’empire, avait 496 kil. carrés et 250,000 hab. Sécularisé en 1801, il avait été donné en 1805, par la paix de Presbourg, à l’archiduc Ferdinand , ex-duc de Toscane, en échange de la principauté de Salzbourg, cédée a la Bavière. Il prit alors le nom de grand-duché. Les événements de 1814 l’ont donné à la Bavière avec la ville dont il portait le nom, et le grand-duc Ferdinand d’Autriche recouvra la Toscane.
Le 23 décembre 1821, un évêché a été établi k Würzburg, k la suite du concordat conclu avec le saintsiège.
Würzburg est une ville forte (système Vauban). On y entre par six portes principales. Ses rues
UE EKA.NCEORI A BAMBEUG. [Route 84.1
soin éiroiies ei, dans certaines parties , bordées de ces vieilles maisons'que recherchent de préférence les artistes et les amateurs du pittoresque. Au premier aspect on remarque le nombre considérable de ses églises; elle en compte en effet plus d’une vingtaine.
4-a Cathédrale ou le Dom s’élève à l’extrémité de la rue qui porte -son nom (Dom Stresse) et qui part du pont du Main. Consacrée à jsaiït Kilian, cl bâtie à l’endroit ■où il souffrit le martyre , cette «éfçlise fut consacrée en 1189 , agrandie eu 1240 (ses trois tours datent de cette époque), modernisée en 1599, et restaurée en 1852.
• L’intérieur renferme ; les monuments funéraires peu remarqua- 'bles des princes-évéques de Würzbiirg, parmi lesquels on signale , particulièrement ceux de K. de ■ Ücherenberg (f 1495) et de L. de Bibra (•{• 1521), exécutés par Kiemenschneider au commencement du XVI' siècle ; ceux des évêques Conrad (■}• 1540), Melchior (•]• 1558), Frédéric (f 1573), et celui de Sébastien Echter; un beau tableau de maître-autel (par Sandrart 1006-88), «et une crucifixion de J. H. Schœn- /«Id peintre allemand de la môme épopue ; une chaire en albâtre de 1609 ; des fonts baptismaux de nS79.
Du côté N. de la cathédrale se trouvent réunis le Stadtgericht (tribunal de la ville) et la Neumüntterkirche , bâtie en l’an 1000, et dont la crypte romane, reste d’une église plus ancienne, renferme le tombeau de saint Kilian. A g. du ■chœur on a érigé, en 1843, un nouveau monument au plus grand poète du moyen âge, 'VValther von der Vogelweido (•[• 1230), qui avait •été enseveli dans le vieux cloître .voisin. Deux inscriptions ont été gravée.s sur ce monument, l’une •en latin, l’autre en allemand; icette dernière est du roi Louis.
•Au-dessus est une coupe où les oiseaux viennent manger du grain.
Le célèbre Minnestenger avait légué en mourant une certaine
so-mme aux oiseaux de la ville qui devaient, eux et leurs descendants, trouver constamment des grains sur sa tombe. Ce vœu ne fut pas toujours rempli; car, à une certaine époque, le chapitre employa à son propre usage l’argent destiné aux petits oiseaux. 'Würzburg a donné son nom à un autre Minnesænger, Conrad de Würzburg, l’auteur de la Guerre de Troie et d’autres poésies estimées, qui, après y avoir vécu longtemps, finit ses jours à Freiburg en Brisgau.
La plus belle eglise de Würzburg est la Mariencapelle , qui se trouve située au X.-O. de la cathédrale , sur la place du Marché.
Cette église, bâtie de 1377 à 1479 dans le style gothique ogival , a été restaurée en 1844. On remarque surtout les sculptures de ses portails, de ses arcs-boutants et, à l’intérieur, de ses colonnes. Les plus belles sont de Riemenschneider , 1506. L’intérieur renferme quelques monuments funéraires.
Les autres églises de Würzburg n’offrent rien de particulièrement intéressant. Elles sont modernes ou modernisées, sans goût, ou de mauvais goût, La Haugerlcirche (à l’E. de riiôpital), fondée en 997, rebâtie de 1670 à 1691, attire l’attention avec ses deux tours et sa haute coupole; elle a le prétention de ressembler à Saint-Pierre de Rome et estsurebargée de dorures.
Le prince de Hohenlohe y a fait un certain nombre do ses miracles.
A ro. de la cathédrale , sur la place de la Parade, s’ouvre laHof- Strasse , qui conduit au Hofplatx (place du Château) , où s’élève la Iléxidence, ancien château épiscopal et royal. Construit de 1720 à 1744 par farchitccto Jean Balthazar Neumann pour deux évêques de la famille des comtes de Schrenborn . ce château fut habité de 1816 à 1825 par le roi Louis, alors prince royal. On y admire à j’intérieur son bel escalier ; mais si l’on en excepte la chapelle , ses 284 pièces, jadis surchargées de dorures et d’ornements, ne valent
iRoutË 84.] . WUHZBURG. 3sl
pan une visite. Bièrl qu’on l’.ap- d’antiquités, de ^'médailles , eic. pelle la résidence, il est rarement Un pont de 20l met. de long-, habité par la famille royale. Ses construit de Idlô ' à 1G07, et orné de caves, les plus vastes, dit-on , de statues, meten cf jmmunication les l’Allemagne , contiennent plus de deux rives du M ain. Sur la rive g. 23,000 hectolitres de vin. Ses jar- s’élève, à 133! ic ^t., une éminence (lins sont la promenade la plus transformée er , forteresse : c’est fréquentée et la plus agréable de la citadelle on la ^farienburg. Elle la ville. Leurs trois portes de fer a été construire sur l’emplacement intéresseront les amateurs d’une, de l’un des- fjO châteaux forts bâtis serrurerie artistement ouvragée, par Drtisus. et se compose actuel- La rue du Théâtre, qui aboutit à lement d’ur i donjon remarquable l’angle O. de la place du Château, par sa hariteur, de divers fraget qui renferme la poste à dr. et le ments d’un édifice féodal et d’ou-' théâtre à g., conduit à l’Unterc-Pro- vrages plvis ou moins modernes. menade, sur laquelle^ s’élève, du Les évéqv.es y fixèrent leur rési-. côté N., le Julius-Spital, hôpital- d ence à partir de 1250, car cette asile de pauvres et d’infirmes, et ajinée-là. les bourgeois s’étaient école de médecine, ainsi nommé I -v.-évoltés contre l’évêque Hermann, du nom de son fondateur, l’évêque | Elle a partagé depuis les diverses Julius Echter de Mespelhrunn, inortj vicissitudes de la ville, actuelleen 1617. Ce m-ignifique établisse- ment en bon état de défense. Pour ment date de 1572. Il a été recon- . fia visiter, il faut s'adresser au struit depuis en 1690 et 1791. E- n commandant de la ville ; maiselle- 1852, on y a ajouté un beau bât n’a d’intéressant que la vue qu’ellement’ 1 Armlomt'e, où se trouve ,nt offre sur la ville et ses environs.
collections de Du reste, on découvre une vue 1 Ecole de médecine. Ses prop plus belle encore près de la cha-
évaluées à 6 millions d efl., pplè’ voisine de Saint-Nicolas, fon- 600 individus, dont 300 malad Y dee en 700, rebâtie depuis et fréreçoivent tous les jours les se cours quentée par de nombreux pèlerins, et les soins qui peuvent lei ir être Sur le chemin, qui conduit à cette n-êessaires. Le bas-relief de la ! clmpelle, on a placé des sculptuporle principale, représe> .itant la | resdeRicmensclinfider, quifaisaient "i ^ • de 1791. ! autrefois partie d’une montagne des
it élever, ' Oln-iei-.s (1511), élevée devant le sur 1 Untere-Promenade, ( .n face du I portail latéral de l’église Biiriard, Julius-Spital , une belle , sfntue en’ dont on remarque les deux tours bronze’ par Sc-hwantha h.lulius I au-dessous de la Marienburg, près Echter von Mespelbru ' de la rive g. du Main. Les lianes
1' »<5que qui a' des collines que couronnent la «aiversité de i citadelle et la chapelle de SainturzDurg, Julius-M n^imilians-Vni- i Nicolas sont couverts de vignoble.s «wstlæl, qui compte env. 700 élèves, | où l'on récolte des vins estimés.
T Plupart, la iné- I Le plus renommé est le Leisten-
me. Les bâtir aents qu’elle oc-l mein. On lui préfère cependant le “ ^ 0-’!lriùnité de , Steimrein, le meilleur vin de la. •’^f’ delà de Ti--; Franconie, qui se récolte sur le g stde l’hdtel du \ Steinherg, colline sitiii-c au-des-
® ® possède une ! sous de la ville (rive dr.), et d’où fin T-rri 1 ® ^ n «nii scrits l’o n j oiû t a iissi d'une vue agréable.
, 1 ** ontre: Les gl.acis des fortifications qui
viHiini entourent Würzburg ont été, pour
tnrplli’ n hjsdoire lia-' la plupart, transformés en jardins,
un obàorvnin^*”*^ pii.ysique, i et en promenades. Les jardins deiinc^ collection Hi/ttcnplati et de Talnvera sont
382 DE FRAXCFüKT A BAMBERG. Route 83.
tr6s-fr(5quentés les jours de fête.
On peut faire encore d'agréables promenades à VAumühle, à Smolensfc et à Gcebelslahn ; et, un peu plus loin, au vieux château de Spechelfeld ainsi qa’k ceux de Gaihach (bus-reliefs par J'horwaldsen et buste de Schiller par Dannccker) et de Wiesentheid (galerie de tableaux).
A Ansbach, R. 88; — à Gunzenhuuscn, R. 88 ; — à Bamberg, voir ci-dessous ou R. 89; — i Franefori, par le .Main, R. 80 ; —à Heilbronn, R. 87 ; — à Darmstadt, R.
1 1 ; — à Kissingen, voir ci-dessus et R. 8.3; —à Mcrgentheim, R. 87 ;— à Nüremberg, R. 89; ou ci-dessous ;— à .StiUtgatdt, R. 87 ou Allem. du S.
Au delà de Würzburg, le chemin de fer s’éloignant du Main, passe par Rottendurf, et
19 mil. Seligenstadt ( Hét. :
Frankfurter Hof), ancienne ville fortifiée d’env, 2,800 hab. Son ancienne abbaye de bénédictins renlermait jadis les dépouilles mortelles d'Eginhard, le gendre de Charlemagne, et de son épouse Emma, qui ont été transférées en IblO à Erbach (R. 10 A), ün y voit encore le tombeau du duc de Rochechouart, tué à la bataille de Dettingen (voir ci-dessus). — Ea voie, remontant le Fleischbachthal, pa sse aux stations de Bergtheim, Weigohhausenet Rorgrlieinfeld, puis redescend dans la vallée du Main pour arriver par un tunnel de plus de 19 met. de longueur à
23 3/4 mil. Schweinfurt (Hét. :
Rabe, Krone, Lœwe), le Trajeetns Suevorum des Romains, V. industrielle d'env. 8,400 hab., possédant des fabriques de tajns, de toiles, de papiers peints et de tabac. .Tadis ville libre impériale, elle fut incendiée une première fois en 1254, puis de nouveau en 1538 par Albert de Brandebourg, l.ors de la dissolution de l’empire elle fut cédée à la Bavière. Les fortifications qu’on y remarque encore proviennent de Gustave-Adolphe qui y résida quelque temps ; ce fut aussi Gustave-Adolphe qui y fonda un
gymnase, encore llorissant aujourd hui. Un peut visiter en outre l'hâlel de ville gothigue, de 1750, où l’on trouve une belle bibliothèque, et l’église Saint-Jean qui date du xii« siècle.
A Kissingen, R. 83;— à Meiningen, R. 85; — à Eisenacli, 8.5.
Au delà de Schweinfurt, le che min de fer ne quitte plus la rive dr. du Main. Ün passe d abord près d’une fontaine monumentale qui porte cette inscription :Ludovico 1 lætantes et grati cives Svinofurtenses, puis au-dessous de l’ancien chdleau des comtes de Henneberg, appelé Mainberg ^ situé sur une éniinonce et transformé en fabrique de tapis, et on s'arrête à 8'c/ionungeii et à Gœdheim, v. près dur q^uel on remarque le château Theres, couvent londé en 1043.
20 3,4 mil. Hassfurt (Ilôt. ; Post), y. d'env. 1,850 hab., encore entourée de murs, possède, à son extrémité orientale , une petite église appelée Rillercapelle, et recoimnandée aux archuecies. On pa.sse ensuite à 2cif, V. de 1,250 hab., que dominent les ruines de la forteresse Schmachtenberg, construite en 1438, et détruite en 1552 par Albert de Brandebourg. Puis, a la station d’Kbelsbach, on laisse à dr., sur la rive g. du Main , la pet. V. d'Fltmann, au-dessus de laquelle s’élève la vieille tour de rancit-nne forteresse Waldburg.
La roule de terre la traveisaii et restait sur la rive g. Le chemin de fer continue à remonter la rive dr.
du .Main, où il s’arrête il Slaffelbach. A g. on aperçoit , sur des montagnes éloignées , le château de Gtech, à dr. on découvre successivement les tours de l’église de Saint-Michel , l’Altenburg et les quatre tours du Uoni de Bamberg.
Enfin on franchit le Main un peu au-dessus de sa jonction avec la Regiiilz, avant de s’arrêter à 31 mil. Bamberg (Hét. : Ramberger Hof, dans la ville, Dcutsclies Haus, sur la rive dr. de la Uegnitz, près du pont de fil de i'er, Erlanger
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Hof, près de l'embarcadère du chemin de fer, à 10 mm. de la ville; Drei K'roneii. — Libraire, Buchner.' V. de 24,000 hab. dont 1,800 prot agréablement située dans une plaine fertile, au pied et le long des pentes d’une chaîne de collines, sur la Kegnitz, qui la partage en trois parues, et dominée par les ruines de l’Altenburg.
La fondation de Bamberg date du IX" siècle. Ce furent des Saxons qui.se fixèrent en ce lieu pour la première fois. Klle dut ensuite sa première église à Charlemagne, et son nom aux comtes de Babenqui devinrent margraves d’Autriche et dont la famille s’éteignit en 1246. En 1007, l’empereur Henri II y créa un évêché souverain (200,000 hab. , supprimé à la paix de Luncville et réuni ,àla Bavière. Depuis elle est devenue la résidence du prince royal de Bavière, et le siège d'un archevêcb(‘ (le second de la Bavière). Elle a perdu, en 1803, son université créée en 1648; chef-lieu du cercle Oberfranken, ellepossède une cour d appel, un tribunal de cercle, un lycée académique, un gymnase, de nombreuses écoles, etc. Bon industrie ( pépinières , brasseries , moulins à huile, à farine, h tan construction de bateaux, fabrica’tion de draps, cuirs, tabac, etc.) et son commerce (grains, bois, bières, etc.) l'ont élevée à un haut degré de pro.spérité. Du reste, les chemins de fer, qui la relient par Leipsick avec toute l’Allemagne du nord et de l’ouest, par Francfort avec le Rhin, la Belgique ci la France, par Nuremberg, .Munich, I.ind.au avec i'.\llomagne du sud, la Suisse, le Danube, elle canal du Main au Rhin, lui .assurent un brillant avenir. C'est une ville animée, plus intéressante encore par ses beaux monumentsque par son agréable position et ses jolis environs.
, Il faut de 15 il 20 min. pour aller du Bahnhof à la cathédrale de Bamberg, une des plus curieuses églises de l’Allemagne. Après avoir
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traversé le faubourg, on franchit le bras X, de la Regnitz, sur un pont de chaînes de fer (le pont Louis), construit en 1829, et l’on entre dans la partie de la ville qui occupe 1 île formée par la Regnitz.
On laisse d'abord à dr. le Priester- Seminar, sur la place de Maximilien, puis, sur la place du .Marché, l’église de Saint - Martin ^ bâtie en 17:t0 par les Jésuites. L'ancien Collegium, qui y est attenant, contient à dr. les salles de cours du lycanim (philosophie et théologie catholique), et le cabinet de physique; à g. la bibliothèque avec7ü,00ü vol., 26,000 manuscrits (notamment la Bible qu'Alcuin fit copier pour Charlemagne), un grand nombre de miniatures, et le cabinet d’histoire naturelle de Linder. La bibliothèque s’est enrichie durant ces dernières années des curiosités artistiques qu’avait rassemblées M. Heller (nombreux dessins d’Albert Dürer et d’autres maîtres, aquarelles du xv' au xix" siècle, etc.).
La poste, le théâtre, la cour d'appel, les casernes et le tir se trouvent aussi situés sur File de la Regnitz. Près du pont de pierre (affreux Christ en croix) qui traverse le bras S. de la Regnitz, à l’endroit où le canal Louis, qui unit le MainauDanube (voir R. 96), débourlie dans la Regnitz, s’élève l’hôtel de t'iKe,- dont les murs sont recouverts de fresques grossières.
Après avoir passé sous sa porte, on monte dans la ville haute, sur la place Caroline, formée d’un côté par la cathédrale, de l'autre par l’ancien château, et des deux autres,par la r .'sidence.
La cathédrale de Bamberg (Domkirche) fut fondée en 1004 par Henri II, le dernier empereur de la maison de Saxe, qui, après avoir donné la ville de Bamberg en domaine à sa femme Cunégonde, y établit dans la même année un évêché et une cathédrale. En 1007 elle était déjà fort avancée ; consacrée en 1012 par le patriarche Jean d’Aquilée, assisté de quarante-cinq
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