DE BAMBERG A NUREMBERG
NOnKMHKRG ET SES ENVIRONS.
8 mil. Chemin de fer de Bavière ouvert en 1818, d convois par jour. Trajet en 2 h. et 2 h. 1.5 min. pour 2 fl. 24 kr.
1 fl. 3Ckr. et 1 11.
Au delà de Bamberg , le chemin de fer traverse une vallée fertile mais peu pittoresque. On aperçoit çà et là quelques plantations de sapins, mais c’est le houblon qui domino. On a toujours à sa dr. le canal Louis et la Regnitz.
I.es V. sont nombreux. On s’arrête à Uirschaid, puisa Eggohheim d'où l’on aperçoit à sa g., sur la montagne, le château de chasse Jœgcrhurg, ayant appartenu aux anciens prinecs-évéques. — Forrhheim (Ilôt. ; Rvstaur. de la gare.Dairiicher
NUKEMBERG. [Roüte 96.]
Hof)^y. de 4.000 hab., anc. forteresse des évêques de Bamberg, restée inexpugnable pendant la guerre de Trente ans et celle de Sept ans. Cbarlemagne l’a habitée, -àii moyen âge, il s’y tint plusieurs diètes et conciles. 1/église collégiale contient douze tableaux attribués àWohlgemuth. A g. s’ouvre la vallée de la àViesent.
De Forchheim, dans la Suisse fiancoiiienne, R. 101.
Près de Baiersdorf, qu’entourent des collines boisées, se voient encore les ruines do la Scharfeneck, château brûlé par les Suédois en U)34. ün traverse ensuite un tunnel de 350 mi't. avant
6 mil. Erlangen (Ilôt.: Wallfisch, Glocke, Scliuan), V. d’etiv. . 11,000 hab., divisée en ville vieille et en ville neuve. (Cette dernière a été bâtie ajirès la révocation de l’édit de Nantes.) Un grand incendie l’ayant presque entièrement détruite en 1700, elle fut rebâtie avec plus de régularité. Sa prospérité commerciale lui vient des émigrés français qui s’y établirent après la révocation de l'édit de Nantes.
Elle possède une université', fondée en 1743 par le margrave Frédéric de Brandebourg-Bayreuth, et qui compte 500 étudiants. Cette université occupe le château des margraves, bâti en 1700, et renfermant une bibliothèque de 100,000 vol. et do 1 ,000 manuscrits, un cabinet d’histoire naturelle et diverses collections. En 1813, on a élevé, sur la place principale, la statue en bronze tfe son fondateur (par Schwanthaler). Son asile d'alie'ne's est renommé dans toute l'Allemagne. Près du canal, se trouve le monument élevé (par .Schwanthaler) en mémoire do la réunion du Danube et du .Main.
Ce canal, commencé par Charlemagne, repris depuis par le roi Louis I" de Bavière, ne fut achevé qu'en 1846, comme le rappelle l'inscription. Du chemin de fer, on ne voit pas le monument. Le canal a 23 1/2 mil. de long, 18 mèt. de
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large, 1 mèt. S7 cent, de profondeur et 94 écluses. Il a coûté 16 millions de florins. Chaque année, depuis son ouverture, il a porté environ H, 000 bateaux.
.\ MugRendorf et daps la Suisse franconienne, R. loi.
Au delà d’Erlangen, le pays que l’on traverse devient de plus en plus insignifiant. On s’arrête à EUersdorf et à Poppenreuth, et on remarque à dr., au-dessus de Fürth, la tour Gustave-Adolphe, (voir ci-dessous). Enfin, après avoir traversé la Pegnitz, le chemin de fer de Nuremberg à Fürth et la route de terre, on atteint 8 mil. Nuremberg, en allemand, NUinberg — (Hôt. ; fiairischer Ilof, Rolhes Ross, Wütehbach&r Huf, Strauss, Würtemberger Hof; hôtels de 2° classe : Blaue Glocke, Gohlenener Adler, Englischer Hof, Frænkischer Ilof, Rother Hahn. — C.iKiis :
Noris, à côté du musée, Rœssel, Lotter, près de la poste, le Muséum, près de l’église Saint-Laurent, cercle de lecture où l'on est admis sur présentation, — Brasse- KiEs; Leistle, Schustergasse 84; Pfau, Lorenzplatz près du théiUre; .lam- ■merthal, Schildgasse; Himmelsleiler, rès de la poste, etc., et de nomreux jardins-brasseries hors de la ville, tels que Kisskaltszwinger et Spittelthorzioinger, Prater, Rosenau, etc. — Voitures: 1/4 d'heure pour 1 pers. 12 kr.; pour 2 pers.
18 kr.; pour 3 ou 4 pers. 24 kr ; 6 kr. en pluspour chaque malle. — Porteurs : 12 kr. pour une malle de lagare danslaville. — Lidrairks; Schrag, Raw, Korn, Riegel et Wiessner), — chef-lieu du Landgerichtsbezirk bavarois de son nom, est situé à 351 mèt., dans une
filaine triste et sablonneuse, sur a Pegnitz qui la divise en 2 parties à peu près égales, appelées Saint-Laurent et Saint-Sébald. Sa population, jadis de près de 100, OÜÜ hab., n’en compte plus qu’env.
.56,000, dont 4,000 cath. Vue à l’extérieur, les flèches élancées de ses nombreuses églises, son ancien
château impérial, qui couronne une colline, les murs épais qui l’entourent, les énormes tours qui se dressent à l’entrée de ses portes, ses fossés profonds, lui donnent un aspect pittoresque ; mais c’est surtout à rintérieur qu’il faut la voir et radmirer : aucune ville en Allemagne n’a conservé jusqu’au xix' siècle un caractère plus original, nulle ne forme un ensemble plus complot Elle a seulement le tort d'aimer beaucoup trop le badigeon et la peinture.
« Les deux villes, groupées autour des deux paroisses principales, dit l'auteur de r.4r< en Allemagne, sur deux. collines opposées, que séparent les branches divisées do la Pegnitz, durent avoir deux enceintes particulières, dont on reconnaît encore la place en jetant les yeux sur une carte de la cité «cluelle, et que le rempart du xvie siècle a toutes deux enfermées dans ses vastes flancs. Hans la première enceinte, au nord de la Pegnitz, était la ville du xti' siècle ; dans la seconde, au midi de la rivière, était la ville du xiii« siècle. La première devrait présenter surtout des maisons byzantines ; la seconde dos habitations gothiques, si Nuremberg avait eu, comme on dit, la fortune d’inscrire dans scs monuments les grands principes qui ont présidé au déveoppement de l’architecture du moyen âge. .Mais il faut singulièrement se défier des mensonges de l’admiration vulgaire. La ville a sans doute une physionomie curieuse et peut-être unique ; elle semble avoir été construite au hasard, par le génie peu régulier do la bourgeoisie ; les maisons n’observent aucun alignement, et, outre les saillies que chacune d’elles projette sur la rue, elles font toutes des saillies les unes sur les autres, de manière à se dégager entre elles et à se rendre indépendantes autant qu'il est possible. La pente continuelle du terrain, rembranchement incessant des rues qui se coupent sous
a-20 DE DAMHKRU .
les angles les plus variés, les bras divers Je la Pegnitz qui vont sans cesse en se séparant et en se rejoignant d’une manière inattendue, les avances originales que les maisons font dans l’eau, les pignons bizarres qu’elles élèvent à la rencontre des rues, les encoignures (Ecke)qui pendent sur les façades, les immenses toits rouges, percés de ])lusieurs étages de lucarnes, offrent sans doute un aspect original et imprévu, qui contraste fortement avec toutes les capitales de l'Allemagne, tirées au cordeau, par les princes du dernier siècle. Mais dans tout ce désordre piquant, on ne rencontre pas une maison qui date du xiv' siècle, et à peine en frouve-t-on quelquesunes qui ont gardé la façade du XV'. 11 V a certainement plus de vieilles demeures à Metz et à llcauvais que dans la ville impériale de la Françoise. .Sur tous les pignons qui la décorent, je n'ai pas distingué une seule ogive ; les plus anciennes habitations ont des fençtres carrées et encadré'es de filets; il n’en est guère que deux qui aient conservé des créneaux et quelques ouvertures ogivales; l'une des deux, située en face de Saint-Laurent, est la demeure dos comtes de N'as-, sau, et semble indiquer que les cr<'mcaux et les ogives étaient, mémo dans cette ville industrieuse, une sorte de marque réservée à l'aristocratie.
« Si les lignes caractéristiques de l’art du moven âge ont été effacées à .Nuremberg, il faut reconnaître que les habitudes générales de cette grande- et curieuse époue y sont clairement indiquées ans les édifices. La maison du peuple s'y montre, comme dans le vieux temps, faite de bois, et portant devant chaque étage, sous la vaste protection du toit commun, ses grands balcons couverts, espi'Ce d'avant-scene du fover domcstique. Ce sont ces commodes balcons que le riche a remplacés par les encoignures saillantes.
NUUEMUEUU. Koutü Gtl.J
dans lesquelles les femmes accomplissent agréablement leurs travaux, tout à la fois suspendues en dehors de la maison et enfermées cejtendant en son sein. L'appareil de l'existence privée se traduit avec cette naïveté dans toutes les parties de la façade, et fournit à l’art les motifs les plus variés et les plus charmants: au rez-dechaussée, la porte d’entrée, une fenêtre haute qui éclaire le vestibule sans le trahir, une porte basse pour le service des parties inférieures; au premier étage, l’appartement commun, qu’on reconnaît à son encoignure saillante, ayant trois points de vue différents; aux étages supérieurs, les pièces destinées à l’usage de chacun ; dans le toit, la lucarne maîtresse, avec la grue, curieusement sculptée, qui est le signe de la propriété agricole dont elle attend les produits. On peut juger de l'ancienne iirospérité de la ville par le grand nombre des étages et des fenêtres; on sent qu’il y a eu là autrefois, comme aujourd’hui dans nos capitales, un énorme entassement d’individus. Cependant, nulle jtart de palais ; les plus importantes habitations ne sont encore que des maisons de marchands; mais ces marchands du moyen âge ne devaient point ressembler à ceux de notre éj)Oque.
L’absence de boutiques qu'on observe ordinairement dans leurs demeures, ferait croire qu’ils n’exposaient point tant leurs marchandises aux regards; artistes, artisans, négociant.?, travaillaient dans leurs encoignures, et les enseignes dont la sculpture décorait leurs portes et qui avaient ainsi une nécessité, étaient toute la montre qu'ils faisaient. De la sorte, ces bourgeois élevaient leurs édifices privés, oit la pierre remplaçait peu à ]ieu le bois, où les étages s'élevaient et les toits s’agrandissaient iti.?cnsiblement. mais oit se témoignait un dédain à peu près égal pour le plein cintre des anciens édifices religieux et pour
IKuuti. llü.) MJHEMBEKU. J-il
l’ogive des bâtimeiiis plus modernes de la féodalité. »
Bistoire.
Tout ce qu'on sait d’une manière ositive sur l’origine de Nurenierg, c’est qu’elle existait déjà au milieu du xi' siècle. Une chronique de 1050 la mentionne comme un castrum et un oppidum. L’empereur Henri III lui accorda, de 1039 à 1030, le privilège de tenir des marchés, de lever des impôts et de battre monnaie. Henri IV l’habita souvent. Henri V, qui l’avait assiégée et prise," pour la punir d’être restée fidèle à son père, lui accorda, en 1112, de nouvelles immunités. Les empereurs de la maison de Hohenstaufen j fixèrent aussi leur résidence et augmentèrent constamment scs franchises. En 1219, Frédéric II la déclaraindépendante de toutautro souverain que l’empereur. En 1256, après la mort de Frédéric H, elle s’allia à la confédération du Khin. Diis lors, grâce à ses privilèges, elle s’embellit et s’agrandit sans cesse en s'enrichissant. Elle devint bientôt une des villes im- 2>ériales les plus importantes par son étendue et sa richcss-e.
Aussi, en 13.55, Charles IVy tint la fameuse diète où fut ilécrétée la constitution de l’empire germanique, connue sous le nom de huile d'or ; mais ce fut surtout aux xvc et xvie siècles, qu’elle atteignit à l’apogée do sa puissance et de sa prosjjérité. Elle avait un territoire de 25 milles allemands ; elle po.ssédait six villes, une forteresse, une université, une vingtaine de villages. Scs revenus se montaient à 6 millions de florins. Elle pouvait envoyer à scs frais, un contingent de 6,000 hommes, à l’armée de l’empereur Maximilien, car elle était devenue le centre (lu commerce qui se faisait alors entre l'Orient et l Occident, le principal entrepôt du marché de toutes les productions de l’Italie et du Levant; et ce n’était pas seulement une ville commerçante,
Allem. du n.
c’étaitaussi une ville industrielle, artistique, savante. Ses armes, ses bijoux, ses instruments de mathématiques, de physique et d'astronomie, sa coutellerie et sa serrurerie, ses draps, ses teintures, jouissaient dans toute l’Europe d’une réputation méritée. Ses imprimeries occupaient de nombreux ouvriers. Parmi ses principaux artistes elle comptait; Albert Durer {1471-1528), Pierre Vischer {•(• 1530), Adam Krafl't (1.508), Veit Stoss (•j-15-12), MichelWohlgemuth (1434-1519), parmi ses .littérateurs et ses savants, Hans Folz, Hans Sachs (1495-1576), Melchior Pfintzing, le poète (1481-1535), Celtes (1459-1508), Osiander, le théologien (1498-1552), Peurbach, l'astronome (1423-1461), Eobanus Ilessus, le poète latin (1488-1540), Behaim (1430-1506), qui accompagnait Vasco de Gaina, lorsqu’il découvrit le cap de Bonne-Espérance, et qui fabriqua, en 1490, le premier globe ; Wihbald Pirkheimer, qui fut aussi grand philosophe que grand guerrier, etc. En 1380 elle avait fabriqué les premières cartes ; en 1390, un de scs artisans y bâtit la première papeterie qui existât en Allemagne ; en 1500, Pierre Hele y confectionna la première montre, appelée œuf de Ntircmberg, à cause de sa forme ovale. Vers la même époque, Veit Stoss y inventait la gravure sur bois. En 1517 on y fabriquait la première batterie "de fusil ; en 15;50, Erasme Ebner y découvrait cet alliage do métaux qui a reçu le nom de bronze. Hans Lobsinger, l'inventeur du fusil a air (1560) , et Christophe Donner J'inventcur de la clarinette (1690), étaient nés aussi dans scs murs. Enfin elle prétend avoir la première de toutes les villes allemandes fabriqué des majolica.
Diverses causes contribuèrent à la décadence de. Nuremberg. Les principales furent sans contredit la découverte du cap de Bonne- Espérance qui bouleversa complètement les relations commer-
ai DE liAMHEUG A NTUE.MUEliü. [Houtï Ü6.]
ciales de l’Europe avec le Levant, le changement du goût, qui préféra l'argenterie, la porcelaine et le verre aux ouvrages en métal, mais surtout sa constitution politique et ses institutions industrielles, D’une part, les patriciens qui gouvernaient arbitrairement, ■usaient sans intelligence de leur autorité; d’autre part, les corporations, aveuglées par d'absurdes préjugés ou par de stupides jalousies, expulsèrent les juifs d^ la ville, dont plus tard elles formèrent les portes aux protestants expulsés de France ou des Pays- Bas, et qui transportèrent dans d’autres villes plus hospitalières leurs industries fécondes. La guerre de Trente ans lui porta un coup dont elle ne devait plus se relever.
Dès 1 521, N ureinbergavait adopté la Réforme avec enthousiasme, et lui resta trop fidèle, car elle se montra si intolérante, que pendant plusieurs siècles elle ne permit à aucun catholique de posséder des propriétés dans l’intérieur de ses murs. Quand Wallenstein, réuni à Maximilien de Bavière, parut la menacer, elle appela à son secours le roi de Suède, Gustave- Adolphe, qui, de son coté, s’empressa de se jeter et de se fortifier derrière ses rempartSj afin d'éviter une bataille qu'il eût livrée alors dans des circonstances trop défavorables. En quelques jours, les .Suédois la mirent dans un tel état de défense, que Wallenstein et Maximilien n osèrent pas l’attaquer, préférant établir leur camp sur les hauteurs qui la dominent. Ils choisirent une positicn militaire presqu’inexpugnablo, d’où, interceptant les convois qui arrivaient aux' Suédois do la .Souabe, de la Thuringe etdc lal’ranconie, ils attendirent que la famine obligeiit Gustave à quitter ses lignes et àlour livrer Nuremberg. Le roi de Suède, ayant reçu do nombreux renforts, tenta vainement d'attirerson ennemi à une bataille. Sur de l'avantage de sa position, Wallenstein
n'engagea pas des combats partiels et sans résultats, et persista dans son plan d’atTamer les Suédois. Leur situation devint en effet de moment en moinentpius critique ; les vivres manquaient, l’eau s’épuisa et se corrompit; des maladies contagieuses, suite de la disette, firent plus de victimes que n’en eût enlevé la guerre. Bientéit les mêmes fléaux désolèrent l’armée impériale. Cependant Wallenstein s'obstinait k refuser le combat que Gustave lui offrait chaque jour.
Enfin ce monarque, pressé parles progrès de la famine, osa tenter, contre l'avis de ses généraux, de forcer l’ennemi dans ses formidables retranchements. Les Suédois firent des prodiges de valeur, mais ils ne purent vaincre la nature, et leur roi se vit contraint de renoncer k une entreprise qui lui avait coûté trois mille de ses plus braves guerriers. Quinze jours après (8 sept. 1052), désespérant de lasser la persévérance ae son adversaire, il leva son camp et quitta les lignes de Nuremberg après y avoir laissé une garnison suffisante. Les deux armées avaient passé plus de deux mois en présence l’une de l'autre, et, dans cet intervalle, elles avaient perdu plus de monde par la contagion et par la disette que n’en coûtèrent les batailles les plus meurtrières do nos guerres modernes ; dix mille habitants de Nuremberg, et près de vingt mille Suédois avaient péri; l'armée impériale, d'abord forte de soixante mille hommes, était réduite k moitié. Cinq jours après la retraite de Gustave- Adol- •plie, Wallenstein levait son camp et gagnait la Saxe sans oser attaquer les 5000 hommes que son adversaire avait laissés dans Nuremberg. Toute la campagne voisine n’était plus qu’un affreux désert encombré de ruines.
En 101!) et 1050, Nuremberg vit célébrer dans ses murs les fêtes auxquelles doiinalieu la conclusion du traité de Westphalie ; mais l’éclat passager dont elle
[Rodte %.] NUREMnERG. 42.‘}
brilla alors s’ôteigoit bientôt. Elle pliait sous le poids des dettes que la guerre de Trente ans lui avait fait contracter etque vintaugnienter la guerre de Sept ans. Le nombre de ses fabriques diminuait peu à peu avec celui des habitants.
Dans sa détresse elle résolut d’avoir recours à ses anciens ennemis, les burgraves de Nuremberg, qui, en 1417, lui avaient vendu, moyennant 12ü,00ü fl. d'or, leur château et une partie de leurs droits ; car les burgraves de Nuremberg étaient devenus électeurs de Brandebourg , puis rois de Prusse. En 179(5, après son occupation par l’armée de Sambre-et- Jleuse,sous les ordres du général Jourdan, elle s’offrit au roi de Prusse à la condition qu'il se chargerait du payement de ses dettes. Vingt-neuf jours de réflexion suffirent à Frédéric-Guillaume, qui refusa ce présent trop onéreux. Enfin l’acte de la Confédération du Rhin l’adonné en 180G à la Bavière, qui lui a rendu une vie nouvelle et qui l'a constamment assainie en l’embellissant, l.’ouverture du canal Louis et des chemins de fer destinés à la relier aux principales villes de l’Allemagne, ont encore augmenté sa prospérité renaissante. Sa population, qui n’était que de 45,381 hab.
en 1843 , dépa.sse aujourd’hui 5t5,000.
Industrie et commerce.
Si Nuremberg n’est plus la ville impériale comtnerçanle et artistique des xv' et xvi' siècles, elle se distingue encore entre toutes les villes de l’Allemagne par son industrie. Qui ne connaît les jouefs de Nuremberg? Ces jouets, fabriqués en grande partie à des prix fabuleusement bas, pardes paysans du Thüringerwald, s’exportent non seulement dans toute l’Europe, mais encore jusqu’en Amérique et en Chine. Sa quincaillerie est justement renommée; ses ouvrages en fil de laiton et ses instruments de mathématiques sont
également recherchés. Elle fabrique aussi de la bijouterie, des télescojjcs, des miroirs, des crayons, do la brosserie, du papier, des tapis, du tabac, etc.
Monaments, curiosités, collecUcns.
N. B. Pour rendre au voyaueur la tâche plus facile, la description des monuments, des curiosités et des collections sera divirée, ainsique la ville elle-mème, en deux parties, côté de Saint-.Sébald, côtç de Saint-Laurent, et, comme le château, qui a été l’origine première de la ville, se trouve situé dans le côté Saint-Sébald, ce côté sera décrit ici le premier.
Côté Saint-Sébald.
Le Château de Nuremberg (di« liiirg] occupe la position la plus septentrionale et la plus élevée de l'intérieur de la ville. Il couronne un groupe de rochers d'où l’on découvre une vue étendue. Sa fondation remonte au règne de Conrad II (1030). Les successeurs de Conrad et surtout F'rédéric Barberousse se plurent ,à l’embellir et h l'habiter. Plus tard il servit de résidence aux burgraves de Nuremberg. Il fut reconstruit en-, tii’rcment en 1520. En 1855 il a été restauré et offert par la ville au roi .Maximilieu.
On monte au château deNuremberg par la Burg Strasse. Avant d’y arriver, on passe devant une espèce de grotte où l’on a placé, en 1820, un Christ sur la montagne des Oliviers, par Pierre Harsdœrfer. Près de la tour pentagone, la partie la plus ancienne du château, on jouit déjà d’une belle vue sur la ville et ses environs. Dans le parapet du mur, on remarque des fers à cheval qui rappellent, dit-on, le saut hardi que fil, sur son coursier, un cheValier voleur nommé Eppelin de Gailingen. La porte franchie, on se trouve sur la terrasse appelée Freiwig. La chapelle de Walpurgis, près do laquelle on a passé, contient une petite collection d’antiquités. Passant alors sous une
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porte en arcade (à dr.), appelée Hinimelstlior, on arrive dans une sorte de cour {Vorhof], où monte aussi de la ville un chemin escarpé, et ou se trouvent : la tour ronde appelée T'esfiirr, le point le plus élevé do Nuremberg; la fontaine creusée dans le roc ; le lleide.nthurm qui, avec la tour pentagone, forme la partie la plus ancienne du chAteau {on l'appelle « tour des Païens, » parce qu'elle est ornée der vieilles sculptures qui passent pour d'anciennes idoles du paganisme); enfin les deux chapelles du chAteau (Schloss Capellen). Situées l'une au-dessus de l’autre, elles furent prohahlement construites au xi' siècle ; l'inférieure, ou celle de Sainte- Marguerite. entre 1021 et 1000; la supérieure ou celle d’Ottmar, entre 1030 et lO.IO; elles sont du style byzantin... On en voit de semblables dans certains chAieaux du moyen Age, à Gelnhausen et à Eger. IvJi partie supérieure était réservée au seigneur et à sa famille, la partie inférie'urc restait seule ouverte à ses vassaux et à ses serviteurs. On y remarque entre autres bas-reliefs en pierre ou en marbre ceux qui représentent Pharaon dans la mer Kouge, la Cène, la Uésurrcction du Christ et le Couronnement do la Vierge, et deux bas-reliefs en bois attribués à Veit Stoss (un groupe de saints et le jugement dernier).
Une porto particulière, qui s’ouvre au délit des deux chapelles, conduit dans la cour du château
S rement dite, au milieu délaie s’élève un vieux tilleul qui, selon la tradition, aurait été planté par l’impératrice Cunégonde, dont la tête sculptée que l’on remarque près de l’habitation du Castcllan, serait le portrait. t,a statue placée nu-dessi>us dans une niche vient de l'église des dominicains. On dit cet arbre Agé de plus de 700 ans ; il a f) mèt. de circonférence à 1 mèt. 33 cent, au-dessus du sol.
La plus grande partie des bâtiments qui entourent cette cour a
l NUKE.MBEKG [Route 96.]
dû être construite enlôSO.En 1833, un escalier de style gothique y a été ajouté d’après les dessins de Heideloff. Les appartements meublés pour la famille royale renferment des vitraux de couleur, deux beaux poêles de porcelaine (1657), d’intéressants tableaux de :
Hans Schœuffelin , Hans Culmbach, Martin Schœn, Lucas Cranach, Wohlgemuth, Burgkmair, etc., et quelques sculptures sur bois de Veit .Stoss. On montre sur une Tafel les noms de tous les empereurs qui ont habité le château depuis Henri III (1050), jusqu'au souverain actuel delà Bavière.
Les bastions du chAteau de Nuremberg (du eété N.) ont été construits d’après le système de fortifications proposé par Albert Durer à son retour d'Italie. On les a transformés en jardins publi.es où l ’on aétabli des cafés-restaurants. — -Y. B. On peut sortir du chAteau au N. jiarle Vestnerthor qui conduit au Kühherg(voir ci-dessous).
En rede.scendant du château, on peut aller visiter, au-dessous du château, près du Thiergartnerthor, à l’angle de la rue qui porte le nom d’.Albert Durer, la Maisond'Albert Durer (n» 376). Du reste le médaillon du peintre la désigne il l’attention publique. Elle appartient actuellement à la société d'Albert Durer qtii y tient scs séances et qui y fait ses expositions. L’intérieur a subi des transformations telles qu’il n’y a plus aucun intérêt à le visiter^
En face de la maison . d’.Albert Diirer un chevalier armé décore l’angle d’une maison, appelée la maison de Pilate. Ce chevalier de son vivant se nommait Martin Kœtzcl. C’était un riche patricien qui entreprit, en 1477,1e voyage de la Palestine pour compter le nombre de pas qui séparaient la maison de Pilate du Golgotha. Son dessein était de mesurer une distance égale à partir île sa maison de Nuremberg jusqu’au cimetière Saint-Jean, afin de charger ie célèbre maçon et tailleur de pierre,
[Route 9G.] XTUEMBEUd. I2.>
Adam Krafft, d'élever sept stations dans l’intervalle et de sculpter au bout un calvaire avec le Citrist et les deux larrons. Mais, de retour à Nuremberg, d avait perdu sa mesure. Il fit donc, en 1488, un .second voyage dont le résultat fut plus heureux. Car, cette fois, revenu sain et sauf avec sa mesure, il put faire exécuter son projet tel qu'il l’avait conçu (voir ci- «lessous).
La lierg Strasse descend de la maison d'Albert Dürer k la place d’Albert Dürer, sur laquelle on a élevé, en 1840 (la première pierre avait été posée le 7 avril 1828), une Statue en bronze, fondue par Hurgschmiet d’après le modèle de Kauch, k Albert Dürer. Cette statue, placée sur un piédestal de pderre blanche, a 3 mèt. 06 cent, de haut. Albert Dürer y est représenté avec le costume qu’il s’est presque toujours donné dans ses portraits: il porte une robe fourrée de riches pelleteries, scs cheveux pendent sur ses épaules en longues boucles fines.
Albert Dürer, que l’on a surnommé le Raphaël de l'art allemand. naquit k Nuremberg en 1471 ; il y mourut en 1528, après y avoir passé la plus grande partie de sa vie, la partie la plus active et la plus féconde quand il fut de retour de ses voyages en Italie et des l’ays-llas. Et cependant sa ville natale ne possède aucun des ouvrages qui ont immortalisé son nom. Ses plus beaux tableaux sont aujourd’hui k Vienne, k Munich, a Venise. Les uns furent donnés par les magistrats de Nuremberg aux rois et aux électeurs, les autres furent vendus par les particuliers qui les possédaient. Le plus important de tous ceux qui y sont restés est le portrait du bourgmestre Ilolzschuher, riche patricien, ami du peintre. Ce portrait (1528), peint en pleine lumière, a été conservé religieusement dans la même famille qui le montre obligeamment aux étrangers sur leur demande.
La maison qui le renferme se trouve derrière l’.Egidienkirche.
« Il y a plusieurs raisons, dit M. L. Viardot, pour appeler Albert Dürer la plus complète personnification de l’art allemand. Elevé, comme Martin Schœn, dans l'atelier d'un orfèvre, non-seulement il fut peintre et graveur, mais encore, comme Michel-Ange, il cultiva l'architecture, la sculpture et môme les lettres. Ami d’Erasme, que l'indifférence plus que la foi retint dans le catholicisme, et de Mélanchfhon, qui défendit avec douceur les doctrinesdu fougueux Luther, il resta, de même que sa ville natale, étrangcrauxquerellcs et aux passions de son époque, se trouvant ainsi comme sur un terrain neutre entre les deux camps religieux qui divisaient l'Allemagne. Son génie semble résumer le caractère de son pays ; il est grave, lent et profond, bon, maislort, et quelquefois terrible, plus puissant que gracieux, et empreint d’un mysticisme particulier qui compose les cap'rices les plus déréglés de l’imagination avec les objets de la plus exacte réalité; c’est ce qu'on appelle le fantastique. Enfin, voyageant alternativement k Bruges et k Venise, villes au milieu desquelles il se trouvait pdacé presque k des distances égales, ami de I.ucas de Leyde et de Haphaid, Albert Duri’r sc fit un art mi-parti, si l’on peutainsi dire, qui réunit aux brillantes délicatesses du naturalisme flamand le style plus noble, plus varié, plus penseur, do l’idéalisme italien.»