‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 254 sur 328 · DE BERLIN A POTSDAM · texte numérisé non relu

DE BERLIN A POTSDAM

ET A SANS-SOrCt.

De Berlin à Fotadam.

3 1/2 mil. — Chemin de fer, 3 convois tous les jours, en 30 min. et en 45 min., pour 21, 16 et 10 1/2 sgr.

Les eaux jouent à Polsdam, tes dimanehcs, mardis et jeudis, de 1 h. à 7 h.

N. B. En 1854, les étrangers n'obte-

naient de billets pour Potsdam, à la pare de Berlin, que sur la présentation de leur passe-port, et à leur retour ils étaient obligés de le montrer de nouveau après avoir e(e cernés par un aeiachemeni de soldats et examinés, et quelquefois même interrogés par des agents de police.

En quittant le débarcadère do Berlin on laisse à dr. le jardin botanique et le V. de Schœneberg, et sur la g. les énormes constructions d’un moulin à vapeur ; on aperçoit la croix de fer qui couronne le monument du Kreuzberg. On s’arrête ensuite à

2 mil. Zehhndorf, station au delà de laquelle on traverse des plantations d’arbres résineux. Enfin, un peu avant d’atteindre Potsdam, on remarque sur la dr. Vile des Paons (Pfaueninsel), formée par le Havel. Cette île était la résidence favorite de Frédéric-OuillaumelII pendant Tété (voir ci-dossou.s).

3 1/2 mil. Potsdam. (Hôt. :

Brstaurant à la station; Einsiedler, Schloss Str. 8 ; Deutches Ilaus, Schloss ,Str. G.)

Omnipus. Pendant Tété, du chemin de fer à l’obélisque de §ans- Souoi, à l’arrivée de chaque convoi,et départde l’obélisque 25 min.

avant l'heure fixée pour le départ des convois de Potsdam à Berlin,

1 1/2 sgr. par personne.

Droschken. En ville, la course,

1 à 2 pers. 5 sgr.; 3-4 pers. 7 1/2 8gr.;pour Babelsberg lOet 15 sgr.; retour .5 et 7 1,'2 sgr., si Ton s arrête moins d'une heure. Chaque heure de séjour 5 sgr. en sus.

Au nouveau Palais , auWildpark, à Glienicke, 7 1/2 et 12 1/2 sgr. ; à la Pfauen inse l.'là-l pers, 25 sgr. (retour 1 th. en cas d’un long séjour).

En prenant la voiture à l’heure il faut convenir d'avance du prix de transport. En général on paye pour : 20 min. 5 sgr. et 7 1/2 sgr.; 35 min. 7 1/2 et 10 sgr.; 50 min. 10 et 12 1/2 sgr.; 70 min. 15 et 17 1/2 sgr. (chaque heure suivante 15 et 17 1/2 sgr.); 6 h.. 2 th.; 12 h., 4 th. (pourb. 10 à 15 sgr. par jour).

POT.SDAM.

548 DE JIKKUN .

N.D. Quand on est pressé, trois ou quatre heures suflisent avec une voiture pour visitcrSans-Souci et les palais. Du reste, on varie à l’infini (voir le plan), selon ses goûts et le temps que l’on a à dépenser, une exploration complète de Potsdam et de Sans-Souci. On peut se faire mener directement au Nouveau Palais, et, au sortir du Nouveau Palais (les voitures font le tour des jardins sans y entrer), visiter ii pied le Mausolée, le temple de l’Amitié, Charlottenhof, le bain Romain, la maison Japonaise, 1 Orangerie, Sans-Souci et le Ru.inenbcrg, derrière le palais, puis revenir près de l’otiélisQue et prendre une voilure pour se faire conduire au village russe, au Pfingstberg, au palais de marbre, et enfin îi Potsdam. /

Domhstiquks de i'i.acb. On en trouve partout, et souvent de fort importuns. On doit avoir le soin de faire son prix à l’avance. Ils deviennent utiles quand on est pressé, mais avec le plan ci-joint et les indications qui vont suivre, on doit pouvoir s’en passer. Dana les jardins ils ne prennent d’ordinaire que les allées qui leur conviennent.

PoiiRnoiiiE.s. Les pourboires que l’on donne dans les chilleaux varient nécessairement selon le nombre des personnes qui se trouvent réunies volonlairement ou par le hasard, sous la conduite d'un domestique-cicérone. Si l’on est seul, on ne peut guère se dispenser de donner moins de lü gr.; 5 sgr. suffiront, si le nombre des visiteurs est considérable.

Polsdam , la seconde résidence du roi de Prusse, est une ville d’environ 40,0Ü0hab. non'compris 9,000 soldats , située sur le Havel,

ui y forme un lac, qu’entourent

es coteaux boisés. Au x' siècle, elle était un village wende, appelé Polsdnmhini ou Potsdemp (c’est-àdire sous les chênes). Elle doit son Origine h Krédéric-Ouillaume I" qui y fixa sa résidence, son éclat et sa prospérité à Frédéric IjS

POrsDAM. [Route 105.]

Grand, qui y bJtit ses plus beaux

Calais, et qui y planta ses plus eaux jardins. Du reste, les successeurs de Fri-di'ric II l'ont constamment embellie. On l'a surnommée le Versailles do Berlin.

Elle ne compte pas moins de quatre résidences royales, et elle ressemble en outre au célèbre chef-lieu du département français de Seine-et-Oise par la largeur, la régularité et la tristesse de ses rues. Elle est la patrie de Frédéric- Guillaume III et d'Alexandre de Iluniboldt. Le canal la divise en vieille ville et ville neuve, et elle a cinq faubourgs : les faubourgs de Berlin, de Brandebourg, de Teltow, de Nauen et de Jœgcr.

A jieine a-t-on quitté la station du chemin de fer, que l’on traverse le Ilavel sur le Long pont {Lange Hrüche), appelé aussi pont de Teltow, bâti en 18-25, long de 117 met. et formé de 9 arches en fer. De l’autre côté de ce pont s’ouvre le Lustgarten qui se divise en deux parties : la place de la Parade et le jardin. Les colonnades qui l’entourent ont éti* construites en 1745, par Boumann. Si l’on visite le jardin, on y remarque : un bassin de 113 mi-t. de long et de 47 mèt. de large , entouré de peupliers et au milieu duquel se dresse un groupe colossal, composé de 'Vénus, de Neptune et de Tritons; les bustes en bronze, d’après Rauch , des plus fameux généraux de la guerre dite de r Indépendance, sur des piédestaux de marbre ; douze statues de marbre de peu de valeur artistique provenant de la succession de la maison d’Orange ; deux vases de marbre noir d'Ebeiihecht et six canons de diverses époques. — Les dimanches, à 11 h., on fait de la musique militaire dans le Lustgarten.

A dr., entre le Lustgarten et l'ancien Marché, s'élève le Château Royal ( das Kœnigliche .Schloss ) ou la résidence. Commencé en 16GÜ, par Philippe de Chiese, continué par Slemnard et

■ aÆ I * o7

[Route 105.] LE CHATEAU ROYAl.. 549

Nehring, et achevé en 1701 par de llodt, ce ohiUeau a trois étages • et forme un carré long. On remarque à [’e.xtcrieur : l'escalier vert (Grüne Treppe), entn'e qui était autrefois garnie d’orangers, et l'escalier d’or (Coldene Treppe), bâti sous Frédéric le Grand, détruit par Frédéric-Guillaume III.

et rétabli, par Frédéric- Guillaume IV. L’tnftrù’ur renferme : — au l'' étage-rc2 dc-cbaussée, les cuisines, la .Silberkanuner et diverses pièces destinées aux diverses branches du service; — au 3-! étage. Us appartements habités par Frédéric-G uillauine IV, lorsqu'il n’était que prince royal, et dans lesquels on remarque quelques bons tableaux modernes de Sohn, liegas, Klœber, des paysages de Kalkreuth, et des dessins architecturaux de Hasenppug ; — au 2' étage, les appartements que l’on montre aux étrangers. Ce sont :

1® Les appartements habites par Frédéric le Grand, qui ont été conservés tels qu’ils étaient. L’on remarque, dans la salle à manger, deux tableaux de Lancret et Watteau et le portrait île la Barbcrini par Pesne ; dans la salle de concert, des autographes musicaux de Frédéric, un vieux clavecin de Silbermann, sur lequel Ouanz accompagnait Frédéric; dans le cabinet de travail , la table recou-" verte de velours bleu dont Xapoléon a coupé et emporté un morceau ; dans la bibliothèque, séparée de la chambre à coucher par une balustrade d’argent massif etdes statuettes d'enfant du même métal, le (uipitre à musique dont se servait Frédéric, son garde-vue, la lunette d’approche qu’il a porté-e avec lui dans toutes ses campagnes ; enfin dans une autre salle à manger avec une table ronde pour quatre personnes, deux talileaux de Vanloo et de Lesueur. On voit encore sur les meubles de ces appariements les dégiUs de tout genre qu’y ont causés les chiens trop gâtés de Frédéric.

2“ Les appariements d'Etat ou d’apparat, — galerie de marbre, escalier de marbre , salle de marbre (plafond de Vanloo, représentant l’apothéose du Grand Electeur), salle de bronze ;

3" Les nouveaux appartements ou les appartements russes, ainsi appelés , parce qu’ils ont été remis à neuf pour l’impératrice actuelle de Russie. Napoléon en a habité une partie en 1800 ;

4“ Les appartements de Frédéric- Guillaume III':— salle â manger avec les drapeaux des régiments qui sont en garnison à Potsdam, et, entre autres tableaux, le tableau original de Cunningbam qui représente Fri'déric le Grand entouré de ses généraux ; chambre jaune; chambre bleue ; chambre de travail de la reine Louise; chambre à coucher telle qu’elle était quand la reine Louise l’habitait, avec une belle tète en marbre sculptée, d’après le moule en plâtre, pris sur la figure même de la reine, et qui a servi à Kauch pour les monuments de Charlotteiibourg et du nouveau palais.

N .B. Le singulier club de fumeurs, établi par le père du grand Frédéric, se tenait dans le bâtiment, appelé IJaus arn Bassin.

L’église Sainl-Ni' olas , située en face du château, bâtie de 1830 à 1837, par Schinkel et Persius, et surmonté’e, de 1843 à 1850, par Stüler et Pri'ifor, d’une coupole de 14 mèt. de hauteur, forme un carré dont chaque côté' a .50 mèt. de long sur 33 mèt. de haut. 8ix colonnes de 10 mèt. 06 c. de hauteur, supportent le portique, où monté un escalier ne 14 marches. Le tympan du fronton de la Sæulenhalle est orné du Sermon sur la montagne, par Kiss. On remarque à l’intérieur une fresque sur fond d’or, représentant le Christ avec les évangélistes et les apôtres, et peinte sous la direction de Cornélius, d’après des dessins de Schinkel. La coupole et les arcs de voûte ont été récemment décorés de riches peintures. On jouit

d’une jolie vue du haut de la coupole.— iV. B. .S’adresser au sacristain logé prés de l’église, dan.s le Predigerhaus.

Sur la place du vieux Marché, entre le cliàteau et l'église Saint- Nicolas, s'éli ve un ohchi'que, haut de Ü4 nièt. 06 cent., avec les médaillons en bas-relief fpar Oiese) de Frédéric l"'. Frédéric-Guillaume 1*^ et Frédéric II ; quatre sphinx de marbre de Silésie et quatre ligures de grandeur naturelle de marbre d’Italie.

Les autres édifices ou inonumen'ts publics de Potsdain, sont :

L'église de la gnrnùon, située entre la Garnison-plantage , la Maminon Sir. et la Breite Str. Elle forme un carré long. Sa tour, au sommet de laquelle monte un escalier de 365 marches , renferme un carillon de Hollande qui a coûté 12,000 th., et qui sonne toutes le.s demi-h eures.Gette église a été bàiic de 1750 à 1730. sous Frédé-ric Guillaume l'L par Feldmann, d'après le idan de Gerlach. Un y remarque la chaire en marbre avec des trophées, des aigles et des drapeaux français pris dans les guerres de 1813 à 1813. l’ne armoire en acajou, placée derrière la chaire, contient les habiçs d’uniforme portés par les trois souverains alliés, pendant la campagne de 1813. Les noms des chevaliers do la Croix de fer sont gravés sur ces tables conimémoralivcs. Le caveau pratiqué sons la chaire renferme la dépouille mortelle de Frédéric Guillaiim 1" (dans lin tombeau de marbre noir) et de celle de Frédéric II (dans un sarcophage d'étain . Ce fut là que dans la nuit du 3 au 4 novoiribro 180.5. l'empereur Alexandre, d'accord avec la reine Louise, détermina le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, à conclure ce traité d’alliance qui devint si contraire il la politique et aux intérêts de la Prusse. Il s’y rendit avec lui, y versa des larmes abondantes, et, saisissant son ami dans ses bras, lui fit et lui demanda sur

f POTSDAM. [Route 105.]

,1e cercueil du grand Frédéric le serment d'une amitié éternelle.

Jamais ils ne devaient séparer ni leur cause ni leurs destinées.

< Tilsit allait bientôt montrer, dit M. Thier.s, la solidité d’un tel serment, probablement sincère au moment où il fut préié. » Le 25 octobre 1806, l’avanl-veille de son entrée triomphale à Berlin, Napoléon visita loioinbenu du grand Frédéric et y prit, dit-on, i’épée du vainqueur de Rossbach.qui depuis n’a jamais été retrouvée A son passage sur le champ de bataille il avait déjà eu la faiblesse de détruire le petit monument élevé en souvenir de cette victoire mémorable.

L'/iéteî de ville, construit en 1754, d’après le plan de celui d’Amsterdam sur l'ancien marché, et dont la tour est couronnée d’une staïue colossale d’Atlas portaiitle monde;

l.ccn.siiio.àVaisen Str., 1 9-21. bâti, en 1822-18M, aux frais du roi, d’après un dessin de Schinkel;

I.e Commnndanturgebæude , à l'angle do la Hohenweg Str. en face du château, d’après Palladio;

La slnlne du roi Fréde'ric-GvVlawne HT, au milieu de la place Guillaume, d'après Kiss, inaugurée le 3 août 1845; elle a coûté 12,000 th. aux habitants de Pots- .dain; sur la même place s’élèvent la synagogue et la poste.

L'Exercierhatts, appelé aussi Langesfnll, Mammon Str., biUi on 1734, long de 200 nièt. et large de 23 mèl. Son beau portail massif daie de 1781 ;

Les casernes: la caserne des hussards, située près de la porte de Berlin, et achevée- en 1842(4 étages et 180 fenêtres), et la caserne des hulans, située pri-s de la porte de Brandebourg, sont les plus belles ;

L’église française, à l’un des angles de la j-ilace du Bassin, biltie par Boumann, de 1752 à 1734, d’après le Panthéon de Rome. De chaque côté de l’entrée sont deux statues de Glume, l’Espérance et la Charité :

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[Route 105.] LE DABERTSBERG. — GLIEXICKE. 551

L’église de la Paix {Friedenskirche) , construite de 18l5 à 1852, à l’entrée du parc de Sans-Souci, d’après les dessins de Persius, dans le stvle et sur le jilan de la basilique Saint-Clément de Rome.

Elle a trois nefs longues de29 mèt., ot larges, celle du milieu, de 10 mèt. 33 cent., celles de côté, de 5 mèt. 16 cent. Les fûts des colonnes qui séparent la nef principale des deux nefs latérales sont des monolithes de la carrière de marbre du Hartenberg. Les chapiteaux et les arceaux ainsi que les vases sont en marbre de Carrare. Unemosaïque qui se trouvait autrefois dans l’église Saint-Cyprien Murano, près de Venise, et qui représente le Christ, les apôtres et lesarchanges, orne la voôte de l’autel dont le baldaquin est supporté par quatre colonnes de jaspe oriental, présent de l'empereur Nicolas. Un atrium, entouré d'une colonnade et décoré d’une fontaine, précède l’église proprement dite. A coté s’élève, dans la forme des campaniles italiens, la tour des cloches (Glockenthurm), et divers bâtiments, le presbytère, une école, etc., entourent un second atrium plus grand que le premier. Enfin l'égltso est bordée de deux côtés d’une pièce d’eau qui se déverse dans le fossé de Saus-Souci, et entourée de jardins où l’on remarque une belle statue de marbre, une femme qui puise de l’eau, par F. Hopfgarten, un groupe en albâtre, Jésus et .Marie, et un Christ en bronze, par Thorwaldsen. — NL li. En 1854 il était question d’y placer une grande colonne dont le fût en cristal devait être décoré dans toute sa longueur d’innombrables lignes spirales-de couleurs bleu turquiu et blanc de lait, entrelacées les unes avec les autres. Cette colonne aura un chapiteau corinthien et un socle, tous deux en bronze doré; elle sera élevée sur un piédestal en marbre blanc de Carrare, et elle supportera une figure emblématique de la Paix, en

bronze doré, de 2 mèt. de hauteur;

Le théâtre, stir le canal, près de la porte de Berlin, bâti par Boumann, sous Frédéric-Guillaume II; il peut contenir 800 personnes;

La FchicMer'sclie Gewehr-Fabrick (fabrique d’armes), sur le canal, bâtie en 1780:

Le Militair Waisenhaus (Orphelins militaires), fondé de 1722 à 1721, par Frédéric-Guillaume I", et rebâti par Frédéric 11. Sa tour a 49 mèt. de haut.

On peut, de Pofsdam, avant d’aller visiter Sans-Souci, faire une excursion au Babertsberg, à Glienicke et à l’île des Paons (voir cidessus pour le tarif des Droschken).

Le BaberUberg ou Babelsberg

est une colline boisée qui s’élève sur la rive g. du Havel, à l'E. de Poisdam, et sur laquelle le prince de Prusse a faitcoustruire, en 1835, par Persius, d’après les dessins de Schinkel, dans le style anglogOthique, un château agrandi en 1818. Pour s’y rendre de l’embarcadère du chemin de fer, il faut traverser la colonie Nowawess. On découvre une jolie vue de la terrasse et des tours du château. Le parc.ofl’re d’agréables promenades.

On y remarque ; une machine à vapeur à tours gothiques, bâtie en 1844 ; un jet d'eau de forme bizarre; une cascade; un jet d’eau de 43 mèt. de haut ; le Cavalierliaus; le Therhsrunchcn, pastiche en miniature d'un château du moyen âge. etc.

Glienicke (Klein-) est un v. situé sur la rive g. du Havel, k 30 min.

X.-E. de Poisdam, et réuni k la rive dr. par un pont, construit en 18.35, et long de 130 mèt. On y trouve une bonne restauration, et on y voit le château et le parc du prince Charles (cerfs et lions de bronze, jets <reau, serres, casino, belvédère, Thecbæusrdien, Cavalierbaus, Parasolhaus (belle vue), Rohrhaus,'l’eufelsbrücke,casicade, Hundezwinger, lac, etc., etc.).

En se rendant de Glienicke à Plie des Paons (1/2 h.), on laisse è

552 DE liERLIN

gauche le v. de Sacrow, <avec un château et un parc royal. L’église, d’architecture romane, a été construite par Persius et est décorée d'une fresque d’après Regas.

L'île des Faons ( Pfauenin.id), appelée autrefois l’île des I.apins, est située k 1 h. de Potsdam, au N.

E. de Glienicke. La route de voitures qui J conduit traverse le Havel, k (Jlienicke, prend k g.

derrière ce v., et suit la rive g.

du Havel jusqu’au Fæhrhaus, bâti en face de l’ilc. et où l’on trouve des barques pour passer sur l’île.

Elle a 2,600 pas de long, .500 pas de large, et elle est ombragée par plus de 300 vieux chênes. Elle a été le séjour favori de Fr. Guillaume III. On y remarque la villa royale, aux doux tours carrées réunies par un pont de fer; la cuisine royale (stj'le hollandais); le lîosengarten; le Cavalierhaus -, la Meierei (ruine romaine ; la machine à vapeur; le Palmenhaus ; et le port avec la frégate anglaise, présent de Georges IV. — N. B. En face de nie des Paons s’élève Xikolskoe, Hlockhaus russe et café-restaurant (belle vue) très-fréquenté pendant l’été. Tout auprès, on remarque l’église de Saint-Pierre et de Saint- Paul, bâtie d’aprèsun plan de-Schadow (belle vue de la terrasse).

Sans-Souci.

En sortant de Potsdam par la porte de Brandebourg on se trouve sur la place Louise, au centre de laquelle' s’éli’ve une fontaine entourée d'une balustrade gardé'e piar des lions et soutenant des aigles. Quatre nymphes portent une vasque où se tient un jeûne liomme ayant sur la tête une corbeille de poissons livrant passage k l’eau. L’avenue d'arbres qui aboutit sur cette place, k dr., ou au N., conduit en quelques min.

k Vohélisgue, haut de 31 mèt. et couvert de dessins hiéroglyphiques, qui a été élevé k Fentrée principale des jardins de Sans- Souci. On appelle ainsi le vaste

A POTSDAM. [Route 10-5.]

parc qui comprend dans son en- ■ ceinte le château de Sans-Souci, le Nouveau-Palais et Charlottenhof. — K. B. L’aî/érque l’on reinarue presque en face de la porte e Brandebourg, sur la place Louise, mène également dans les jardins par le Grüne Gilter (voir ci-dessous). Avant d'entrer dans le parc de Sans-Souci, on peut visiter le jardin Sicilien, k dr. de l’obélisque; il se compose de quatre terrasses couvertes de treilles et adossées k une colline. L’arc de triomphe qui sert de porte est en terre cuite : il est de proportions très -élégantes. Vis-k-vis de la porte, au pied de la première terrasse, une niche renferme une fête colossale de Gérés adorée par deux panthères; de toutes parts on voit des statues de marbre briller au milieu des pampres.

La grande avenue du jardin de Sans-Souci conduit directement au Nouveau Palais. A peine y a-t-on fait quelques centaines de pas, que l’on atteint le grand bassin de marbre du milieu duquel jaillit le grand jet d’eau {Hanptfontaive'. , qui s’élève k une hauteur do 39 inèt. Ce bassin, dont le diamètre est de 43 mèt., est entou^^3 de douze statues ou groupes de inar-bre mythologiques (1750), parmi lesquels on remarque seulement la Vénus, de Pigalle, et le Mercure, par de Berghes (1844), d’après l’original de Pigalle qui se trouve actuellement au musée royal de Berlin (1748). Quatre colonnes de marbre de 10 mèt. de haut, avec des chapiteaux corinthiens dorés, supportent les statues de Vénus, d’.âpollon, de Bacclius et de l'Espérance, cette dernii' re , d’après Thorvvaldsen. A dr. (N.), comnicn-, cent les terrasses qui montent au château de Sans-Souci (voir cidessous); k g. ;S.), s’élève, sur une colonne, le buste de Paolo Giordano, duc de Bracciano, en porphyre égyptien. Ce buste, acheté avec la colonne, 20,000 th., par Frédéric H, avait été envoyé à Paris par Napoléon. Les Prussiens

[Route 105.1 .SANS-SOUCI. .5.53

eu ont repris possession en I8M.

îlorrière s'ouvre I.T plus belle entrée des jardins, entre deux sphinx colossaux en marbre de Carrare, iouantavec des Amours, par Ebenhecht. Si l’on est entré par cette porte, appelée Grüne Gitter, on est passé devant la villa Augusta, appartenant h la princesse de Liegnitz, et devant les habitations de l’intendant et du directeur dos jardins royaux.

Entre la porte d'entrée principale et le palais de Sans-.Souci, se trouve, à l’extréiniié N.-E. des jardins, la grotte de S'eptiine. appelée aussi grotte des Coquillages, restaurée en 184i, et contenant une statue de Neptune.

Six terrasses, avons-nous dit, montent du grand bassin au plateau, sur lequel se trouvt? bàti le chdteau de .Sans-Souci. Ces terrasses, transformées pendant l'hiver en serres chaudes, sont ornées, pendant l’été, d’orangers et de lauriers-roses, et ne renferment que dos plantes exotiques. Le plateau de Sans-Soui-i ou la terrasse supérieure est à -2U nièt. au-dessus <lu grand bassin ou de la base de la tcrr.asso inférieure.

Le château de Sans-Souci est un bâtiment à un étage, long de 97 mèt., et profond tle Iti ini't. 31 cent., haut de 9 mi t. :13 cont., composé de trois parties ; le château proprement ilit. au milieu, à dr., en regarilant la fapade, la galerie de tableaux, à g,, le Cavalierhaus, appelé attssi les Krnea Kammern. I.a façade principale est tournée du côté du jardin. Par derrii-re une colonnade de S8 colonnes corinthiennes, forme un demi-cercle. A dr., à l'K. do la galerie do tableaux, s’élève le Mühlenberg, couvert de moulins ii x’ent, mais le moulin à vent historique se trouve à g., derrii're le Cavalierhaus. Personne n'ignoro la réponse du meunier à Frédéric II, qui voulait le forcer à vendre son moulin : « Est-ce qu'd n’y a plus de juges à Berlin? » Ce moulin est considéré comme un

montiment national. I.e mcniiior qui l’exploitait axant fait dt; matix-aises affaires, le roi Frédé’ric- Guillaurne IV l’a acheté, mais, au lieu di; le démolir, il l’a fait reconstruire et il l’a donné eu lie f aux enfants du meunier.

.Sans-.Souci a cté bâti de 1745 à 1747, par Frédéric II, sur le plan qu'il avait donné avec le secours d’un architecte nommé de Knobelsdorf. Le roi Frédéric-Guillaume IV qui l’habitait ]>endant l’été, l’afail r. 'parer avec soin, tout en lui conservant son caractère primitif. — TV. B. S’adresserait t'astollan pour le xdsiter (de 5 à 15 sgr.

de pourboire selon le nombre de personnes).

A l’extérieur, le château de Sans-Souci n’offre rien de particulii’rement intéressant. Ses deux ailes à doux étages ont été reb.lties parPersiusen 18.11-1842. Elles contiennent: colle de dr., les cuisines, celle de g. , lies appartements richement meublés pour les hétes étrangers et les dames de la cour.

On décoiix're de jolies vues : de la colonnade, sur le noux'cau parc, le Ruinenberget Rornstædf, et de la terrasse de la façade jirincipale, sur les jardins. Cette terrasse était le .séjour favori de Frédéric II. C’est là qu’il lit enterrer ses chiens favoris et son cheval Cnndé. celui qu’il monta pendant les dix dernières années de sa x-io. (" est là qu’il manifesta, avant de mourir, le dé’sir d’étre. ensevi'li jirès d’eux, voeu bizarre tpii n'a pas été exaucé..

Tl y avait fait pourtant creuser son caveau aujourd’hui recouvert de terre, et un jour, en le montrant an marquis d’.àrgens, il lui dit :

Quand je serai ht. je serai sans souci. Telle est l'origine du nom de .Sans-Souci. Cetto terrasse, actuellement protégée contre les ardeurs du soleil par un beri'cau de treillage, garnie de Heurs et de plantes grasseset ornée de deux jets d’eau, est fermée au public pendant le séjour de la famille royale à Sans- Souci.

On entre dans le château de

5r>4 DE BERLIN

Sans-Souci par un vestibule d’où l’on passe dans la pe/i(e galerie , parmi les tableaux de laquelle un remarque deux VralteHii. On visite ensuite successivement :

la bibliothèque ronde de Frédéric II ; la chambre à coucher dans laquelle il est mort. On y voit le fauteuil dans lequel il a rendu le dernier soupir ; mais l'ameublement a été changé ; — la salle de concert, ornée do tableaux de Pesne ; — la salle d'audience, appelée aussi salie à manger (tableaux par Watteau, Boulogne, Roux , Coypel, Patenier, Pesne, etc.; — la salie de marbre, do forme ovale (16 colonnes monolithes de marbre blanc, statues de marbre de Gaspar Adam (1748) représentant Vénus , Uranie et Apollon , buste colossal de Charles XII de Suède, par Bouchardon ) ; — une chambre ornée de tableaux par Pesne, Cazé, Lancret, Vanloo ; — la chambre de la reine (tableaux par Lancret, de Troy, Zuccarelli, Pannini , Dubois, Pesne , Van Iluysum) ; — la chambre à coucher de Leurs Majestés (ameublement moderne, tableaux par Canaletto, Marieschi. Dubois, de Bellavita, Pannini, etc.) ; la chambre des fleurs , ou la chambre de Voltaire (elle sert actuellement de cabinet de toilette à S. M. la reine ; oiseaux et fleurs par Bock, meubles modernes , table de travail de Voltaire).

La Galerie de tableaux a été

bâtie, en 1756, sous Frédéric IL La salle prinripale a 86 met. de long et 12 met. de large. Au milieu se trouve une coupole soutenue par des colonnes de marbre. Ses plus beaux tableaux ont été transportés au musée de Berlin. On y voit encore cependant des toiles attribuées à Rubens , à t’orrége , à Guido Keni , à Paul Véronèse, k Tintoret, à Van Dyck, k Breughel, k Téniers , à Van der Wertf, etc.

Le Cavalierhaus , qui fait pendant à la Galerie de tableaux, a servi tour à tour de théâtre et d’orangerie. En 18.54, on a construit

L POT8DAM. ■ [Roütk 105.J

une magnifique orangerie sur le plateau voisin.

Ce serait ici le lieu, k coup sûr, de raconter la liaison de Frédéric II et de Voltaire. Mais les bornes qui nous sont imposées ne nous permettent pas d’entrer dans de pareils détails. Rappelons seulement que Potsdam , ou Sans- Souci, fut, comme l’a dit un de ses plus illustres hôtes, le palais d’Alcine. Au premier aspect , il apparaissait à ceux qui l’approchaient comme un séjour délicieux où l'heureux voyageur devait trouver réunies toutes les jouissances matérielles et intellectuelles. A peine y était-on entré que l’on se voyait accueilli avec l’hospitalité la plus empressée , enivré par les plus douces flatteries , encouragé par les plus magnifitjues promesses; mais les insensés qui franchissaient ce seuil enchanté le cœur plein d’espérance etde joie, après quelques courts instants d’un bonheur illusoire , expiaient cruellement leur folie par de longues années d’opprobre et de misère.

Derrière le château de Sans- Souci (au N.) s’élève le Ruinenberg ou Montagne des Ruines, hauteur au sommet de laquelle on a construit des ruines artificielles, ui cachent le réservoir de 50 mèt.

e diamètre et de 4 mèt. de profondeur, dont les eaux alimentent les jets d’eau et les bassins de Sans-Souci. On y monte en 15 minutes. Du haut de la tour (120 marches, 3 sgr. de pourboire', on découvre une vue étendue sur le Havel et ses lacs, l’ile des Paons, Glienicke, le Babertsberg, Potsdam, Sans-Souci et le v. de Bornstædt.

De la nouvelle Orangerie, bâtie k ro. de Sans-Souci, on peut redescendre , par une charmante villa italienne (la maison deSello), et le jardin italien, dans la grande avenue qui conduit en ligne droite de l'entrée principale au Nouveau Palais.

Le Nouveau Palais (Neue Palais' a été construit par Frédéric II.

Roüte 105.1 LE NOUVEAU PALAIS. 555

après la paix de Huberisburg qui mit fin à la guerre de Sept ans, pour prouver à ses ennemis que ses finances étaient loin d'ôire épuisées. Il fut achevé en six années (de 17C3 .*i 17(i0), d’après les dessins de Bri'niing. Il a coAlé 2,8.10,443 th. .Sa façade principale n’a pas moins de 227 met. de long et de 322 fenêtres. Eile se compose d’un corps de bâtiment principal et de quatre ailes. Le dôme qui le surmonte est de mauvais goût. En demi-cercle, devant le palais, sont rangées des statues modernes, presquetoutes de Schiizel , reproduisant des antiques.

L'intérieur contient 200 salles ou chambres plus ou moins richement d.'corées (s’adresser, pour le visiter, au Cnsiellan; de 5 à 15 sgr. de pourboire, selon le nombre de personnes). On y remarque, parmi les salles qui sont montrées aux étrangers ;

Au rez-de-chaussée : \e vestibule (marbres de Silésie, vase de porcelaine donné par l’empereur Nicolas et représentant Pierre le Grand dans une barque secouée par la tempête) ; — la salle des caquiUages et des minéraux (tables de pierre noire ornées de nacre de perle, hauts reliefs de marbre, plafond de Niedlich, le tout de fort mauvais goût; — les salles de réception [tableaux de Berghem, Caravage. Lebrun, Paul Véronèse, Titien, Tintoret, Nicolas Poussin, Van Dyck, Terburg, etc ); — salle à manger (service de porcelaine de Sèvres donné par le roi Louis- Philippe, 1840); — cabinet de travail (tableaux de Van der Meulen , Breughel , Guerchin, Van der Werir, Albnnc. Netscher, Watteau, Lancret, Wigmann, Fyt. etc);

Au premier étage ; le cabinet de travail (tableaux do Guido Ueni, Paul Véronèse , Boulogne , Van Dyck, Ann. Carrache, Bassano, Lesueur, Lancret, etc.). Les salles suivantes sont ornéeségalemcntde tableaux par dilB rents maîtres. Il serait inutile d’indiquer les sujets, puisqu’on n’a pas le temps de les

voir à son aise comme dans un musée, forcé que l’on est de suivre un cicérone en livrée qui récite sa leçon de sa voix la plus monotone ; — la grande salle de marbre, longue de 33 met., large de 2<) met., haute de 13 mèt.. 8on plafond, peint par Vanloo, représente l’assemblée des dieux, réunis pour recevoir Ganymède. Les quatre grands tableaux sont ; le Sacrifice d' Iphigénie en Aulide, par N. Vanloo , l'Enlèvement d'Hélène , par Pesne (achevé par Rode), le Jugement de Paris, par Pierre, Bacchus etAriaru, par Restout ; — letie.sfiî>uî«, avec des murs et des colonnes en stuc, etun plafond de Fisch ; — la galerie .supérieure ( tableaux de Guido Rcni {Diogène, Lucrèce) (copie), Ruggieri {David et Bethsabée, Lucrèce et Tarquin), Luca Giordano {l’enlèvement des Satines, le jugement de Paris); — la chambre à coucher du roi Frédéric - Guillaume III; —le théâtre (on y ajoué, en 1841, l’Antigone de Sophocle, musique de .Mendelssohn) ; la bibliothèque de Frédéric II, On y remarque un exemplaire (copie manuscrite) des épigrammes et des poésies de Frédéric II, annoté en marge par 'Voltaire; et une lettre autographe de Frédéric II; — au delà de diverses salles, le cabinet de travail, la chambre à coueher, le salon partieulier de Frédéric II ; — la salle de concert; — la salle d'audience ; la salle de réception. Parmi ses tableaux se trouvent un Festin de Balthazar, par Ferdinand Bol , et une copie de la Nuit du Corrége, par Dietrich; — la Galerie de marbre supérieure (plafond de Rode, tables ornées de mosaïques qui ont été découvertes, en 1745, dans la villa Adriani, etc.).

En face du Nouveau Palais sont les Communs, deux châteaux à colonnades ei à péristyle, réunis par un demi-cercle de colonnes et surmontés de dômes rien moins lie gracieux. Ces bâtiments talent destinés dans l’origine à la réception des étrangers, et servent actuellement de casernes

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]ioiir lo Lchr-Infantorie TKaiailloii ^bataillon d'iiisiniotion .

Du fîôti.' oppo-îù aux Cüinuuuis, à dr. de la llauptalice, eu allant au Nouveau l’alais, ou jieut visiter le Mausoléum, appelé autrefois le temple «les Auii<|ui.'s, pasiieiie de la rotonde de Kouic.qui renreruie une statue en marbre de lit reine Louise, pareille à celle tjui se trouve à Cliarlotienburç', tnai.s plus belle et plus touelianie encore.

Dp cbof d’œuvre a coûté à Haucii quinze années d'études. — -Y. li .

Pour solaire ouvrir le .Mau.soléiiin, s'adrcsserau (’astellan du Nouveau l’alai.s. Plus loin , du tnêiiio eéiti-, c’est-à-dire au N'., s’éieiulont les noxn-canx jardin': (neue Anlagen;, au delà desquels se trouvent la Tour (i'/ioioi.s'c (Drachenhaus) et le Hrh'pdère. Du coté opposé , à la môme distance du château ptte le iM(iu.sol<''uin , est le Temple de l’Amitié, bâti en marbre d'Italie et renfermant la statue plus que médiocre de la margrave de itayreuth, la sœur de Kri'-dérie II (en marbre). Knlin au .S. liu tein|)le de l’Amitié, c’est-à-dire à g. en regardant le palais, sont group'is. dans un petit espace, la Faisanderie, Charlottonhof et le bain Komain.

La Faisanderie intéressera tous les amateurs de beaux oiseaux bien soignos; derrli're s'étend le Wildpark royal . parc jibur le gibier, établi en 1S12 et contenant H,.500 inorgen de bois, de prairies, de marais et d’eau. On y a tran.sporté les cerfs de File des Paons et les faisan* du Thicrgartcn de Berlin. t>n jouit d'une )olie vue pri's de la maison havarvisa construite sur une colline, i>ar l'architecte Hesse, dans le style des maisons des montagnards bavarois.

Charlotlenhof est un petit château bâti en 1H20 par Frmléric- (îuillaume IV, sur le modèle d’une villa italienne et entouré d’tin jardin de roses (Rosengarten), qui possède une des plus riches eolmetions de roses faites jusqu'à ce jour. De nombreux lets d'eau jaillissent de tous côtés. Devant

V PO'LSDAM. [Route 105.]

la terra.sse, ttn buste en bronze de la reine ib'core uiie colcmne dt' marbre. Les arabesques peintes sur les murs de la véranda entourent des mé-daillons de porcelaine sur lcs(|uels sont représentés en protil divers membrc.sde la famille royale. Eu face du grand jet d'eau ttn l’urU, d'a]o’t's Thorwaldsen, et un Mtrctire d’ajiri s Canova ornent le para[>et du vélarium. Les quatre hennés do marbre de Carrare, placé’s à l’entrée du Gartanueg , vis à-vis du château , (lortcnt les bustes do (lu'the. Schiller. 5Vieland et llcrder. Enfin, à l'entrée du château, une reituction en bronze de la rclèbre amazone de Kiss (voir lîorlin) attire les regards dos cojinaisseurs. Tels sont, avec un Faune d a[)rès Ranch, placé dans un bostjuot de roses, un Enfant jouant avec un oiseau, ]iar lierghes, et rjuelquos imitations de l’antique, les principales curiosités artistiqttes que l'on peut remarquer à l'extérieur do Charlottenhûf. L'intérieur se compose 'de dix petites picc'cs richement meublées. déi-orées d'objets précieux, surtout à cause de leur valeur ou des souvenirs <]tii s'y rattachent, mais contenant j eu d’objets d'art pro)>rement dits. — Entre Charlotteniiofei le bain Romain, on voit sur un petit monticule une haute colonne portant la statue do tlermanieu.s.

Le bain Romain a été bâti à peu do distance au N.-E. du château do < 'harlottcnhof , pri's .du Gærtnerhaus (maison ilc jardinier', construite dans le style italien et couverte lie tuiles de bois, iln y remar(|nc : sous les arcades, les « staïucs (d'apri's l'antique) do la Diane de Versailles et de la Vénus de Ciipouc; dans Fn/rii'm tine baignoire de jaspe de lOtiral et des statuettes de bronze; dans l’j'mjihniuui un grotipe admirable en marbre de liciisehell, nqirés ntain Hermann et Dorotbéc; un autre groupe, sculpté- p.ir Wolf, figure llébé et Ganymède. La salle de bain proprement dite est

[Route 105.J LE PALAIS DE JIAHBRE. 557

pavée en marbre , mais les murs sont en stiie ; on y voit une copie du Triomphe d’Alexandre parTlior- ■waldsen, et do belles cariatides en marbre de Wolf, reproduites en

fdàtre au nouveau musée de Berin. De Tatrium rouge deux portes cachées conduisent dans le l’irtdarium et dans la salle de billard.

Du côté o])posé au bain Romain, près du Gærtnerhaus, est le pni:i7lon, dont l’inté'rieur, orné de peintures de Schiermer, de Biermann et autres artistes , renferme une .belle statuette en bronze de Thorxvaldsen ( Amazone blessée tombant de cheval), sur un piédestal décoré de hauts-reliefs , des tableaux représentant des vues d’Italie, un vase de Bohême et une cheminée de style (•gyptien , présent de l'empereur Alexandre.

En revenant du bain Romain à la porte principale des jardins de Sans-Mouci , on peut visiter (voir le plan) la Maison Japonaise, ornée de peintures représentant des .singes , et appelée , par Frédéric II, la salle aux singes (la fontaine en bronze qui se trouve en face est de Kiss); — la Eénus de Papenhofen , le graml l'a.te de marbre d’Ebenliecbt il’après Porradini, et un autre vase qui lui fait pendant.

Derrière la villa de la princesse Liegnitz, sur lo bord du Havel, s’élève une mosquée turque, dont le minaret attire de loin les regards. Cette mosquée renferme une machine îi vapeur de la force de 40 chevaux, destinée a monter les eaux dh Havel à Sans-.Souci ; son minaret est sa cheminée. Elle a été biUie par Persius.

Dans une direction opposém, on va visiter encore, au N. de Potsdam, Alexandrowka , lo Plingslberg et lo palais de marbre.

Alexandrowka est une colonie russe établie en 1870 par Frédéric-Otiillaumo III, au dtîlà du .\aucnerthor, à rextr<'raité' do la .Legcr- Allce. Elle se compose de onze maisons de bois et d'une chapelle grecque surmontée de trois dénies

en forme do bulbes comme ceux du Kremlin, et était habitée, dans l'origine, par les chanteurs russes attachés alors au P' régiment de la garde.

A peu de distance d'Alcx.androwka, un château royal de Plaisance ^ inachevé couronne le Pfingstberg, colline sablonneuse sur les versants O. et .S de laquelle Ion a [liante des vignes. Ce châ- : teaii s’appelle le Belvédère. Du haut ’ de ses tours (pourboire) on découvre un panorama étendu sur Potsdam et ses environs; quand le teni[is est clair, on voit même Berlin , .Spandnu et Brandenburg.

Une bonne route de voitures eoiij duit jusqti’au sommet. A sa base 'est un café-restaurant aiqmié l’E- 1 h/seum . et VEcote des sous-ojjiciers.

I Lo Palais de marbre Marmor Palais) a été 1 âti dans le .Verte I Garten, au bord du lleiligon See, j par Frédéric-tiuiilaume II, de ] 1780 à 1794, et a.jiievc par Frédé- I ric-üuillaume IV. Frédéric-Guillaume II y e.st mort le 10 nov.

1797. Dans les jardins qui l’entourent et qui olircnt de jolis poinis de vue sur le Hoiligeii 8eo,on remarque : tine statue de Frédéric- Cuilîaunie II.; les ruines d’un temple (ces ruines artilieielles con- I lieniieni les cuisines qui eonimtiniquent jiar un souterrain avec le eluUeau) ; un obélisque de marbre de bilésie : une pyramide égyptienne (c'est une glaeiire); la' .Meierei (style gotiiique); la Grotte; l’Frmitage : la maison de bains; la Maison verte ; le Temjilo mo- I resqnc; l'Orangerie, l’n pont de I pierre a été construit [lar .8eha- I dow sur le behiofergraben , qui réunit le lleiligen Sce au Havel, j Le i’alaisdc marbre n'i'st point i bâti en marbre comme son nom l’indique , mais en briques ; les portes, les fenêtres et la jrise sont seules en m.trbre. Il fnrnie un I arré dont cliaqne côté- à 23 nièt.

•’l.’i cent, de long. Au-dessus de sa terrasse, s't’dèvc un bel véslèro terminé [lar une coupole , d’où l’on découvre une jolie vue. Los deux

558 DK BERLIN A

vases Je l’entrée son t de Cavazeppi.

Les sculptures antiques qui en ornaient autrefois l’intérieur ont été transportées en 18i6 au musée de Berlin , et remplacées par des sculptures modernes (Hapfgarten , Jtlercure, Bacchus; Thorwaldscn , Achille; Mœller, Jeune Fille, et le (f arçon avec le Chien: Tassaert , Vénus; Troschel , Minerve, etc.).

Ses principales curiosités sont les fresques peintes sous ses colonnades ouvertes et représentant les unes (par Kolbe) des scènes de l'histoire des Niebelungen, les autres (par Lombeck les vues des villes ou se sont passés les principaux épisodes de celte histoire: à g. (le Rhin), Aix-la-Chapelle, Spire, Worms, Drachenfels, Loreh, Bacharach, Trêves, Metz, la Pfalz; à dr. (le Danube) la Ilunnenburg, Passau, Melk,Traisenmauer, Aggstein; Persenbeug, Pechlarn, Presbourg , Bude-Pesth. — A'. B. Pour visiter l'intérieur du château, s’adresser au Castellan qui demeure dans la maison hollandaise. On y remarque la salle des Grottes , l’a Chambre jaune , la Chambre verte, la Chambre blanche , la Chambre bleue, la Salle de concert, le Cabinet oriental, etc.

Enfin, avant de quitter Potsdam, on peut monter sur le Brauhausberg, qui domine au S. le débarcadère du chemin de fer, et dont le belvédère en forme de tour offre un beau point do vue. Un autre belvédère a été élevé en 1854 sur le Kalihnberg (1/2 h.).

De Potsdam à BrandenburR et à Maadebourg, R. 49;— à Wittenberg, R. 103.

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