Rrcughel, Wouwerman, Metzii
Digilized by Goog[e
mouTE 123.] MUSEES. — COLLECTIONS. 627
du palais Pitii à Florence, du Belvédère à Vienne, de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, de la Haye en Hollande, de Hampton-Court en -Angleterre, n'étaient que les cabinets particuliers des souverains.
Cependantcette galerie de Dresde, ui a le droit d'ainesse sur tant 'autres, n’a pas elle-môine un grand âge. Il y a tout au plus cent ans que l'électeur de Saxe et roi de Pologne -Auguste III commença de la former en achetant, moyennant cent vingt mille écus (4.')0, 000 fr.) la" collection des ducs de Modène, où se trouvaient, entre autres, les cinq tableaux de Corrége. Malgré les malheurs de son règne et les victoires de Frédéric le Grand, qui lui enleva deux fois ses Etats de Saxe, Auguste III augmenta beaucoup ce fonds primitif par de nouvelles acquisitions faites en Italie et dans les Flandres. Ses successeurs, devenus rois de Saxe en 1800, par la grâce de Napoléon, ont continue son ouvrage, la gloire de leur pays.
Aujourd'hui la galerie de Dresde contient 2,217 tableaux ou pastels.
C’est autant que le Louvre et le musée de .Madrid.
« En m’occupant du Laocoon, écrivait Goethe dans ses ^félnoires, j'éprouvai le plus vif désir de voir au moins une fois rassemblés en grand nombre des monuments remarquables de l'art. Je me décidai bientôt au voyage de Dresde. Je n’en fis part à personne. Je voulais voir librement, ne consulter que mes impressions propres. Je tenais de mon jière une aversion décidée pour le séjour des auberges ;j allai loger chez un cordonnier,cousin du théologienqui était mon voisin à Leipsick. Les lettres de mon nouvel bote à son parent m’avaient paru pleines de sens, d’esprit et de gaieté.
« Le lendemain de mon arrivée à Dresde, j’attendis avec impatience l’heure ac l’ouverture de la galerie. En entrant dans ce sanctuaire, mon admiration surpassa mon attente, Cette salle se repliant sur
clle-môme, la pompe, l’extrême propreté, le silence qui y régnaient, les riches tapis, les parquets plus foulés par les curieux que fatigués par les artistes, donnaient l’idée d'une fête unique en son genre. On éprouvait la même impression qu'à l’entrée d’un édifice consacré à la Divinité. Et, en effet, tous les objets d’un pieux respect semblaient être rassemblés dans cette enceinte en l’honneur du dieu qui préside aux arts.
« Le peu de temps que dura mon séjour à Dresde fut consacré à la galerie de tableaux. Les antiques étaient placés dans le pavillon d’un grand jardin. Je ne les vis pas, non plus que les autres curiosités que renfermait la ville. J’étais jileiii de l’idée que trop d’objets m'échapperaient dans la galerie môme. »
-Au mois de sept. 185.5, la galerie qui se trouvait jusqu’alors dans rédifice insuffisant et obscur du StaUgehamde (écuries) fut transférée dans le nouveau musée. « Avec quel plaisir, avecquel bonheur, s’écrie M. L. 'Viardot, avons-nous retrouvé tant de nobles et magnifiques monuments de l’art européen rassemblés enfin sous un abri digne d’en être le temple !. .. Cette galerie, ajoute le même auteur, est portée par d’énormes assises en pierres bossuces qui la font ressembler aux vieux palais de L’iorence, forteresses dans les guerres civiles et ressemblant elles-mêmes par leur base aux constructions cyclopécnncs des anciens Etrusques. Cette solidité massive du rez-de-chaussée donne plus de légèreté et d’élégance aux étages sujiérieurs . . . . Les attiques sont couronnés de statues ; Du côté N. celles de l’ériclès, Phidias, Lysippe et Alexandre, par Hietscbel ; du côté S. celles de Haphaèl et .Michel - Ange , par Hadincl, « statues laites pour confirmer notre opinion que, de nos jours, en Allemagne, la statuaire l'emporte sur la peinture...»
A l’extrémité d’un vaste et riche
628 DRESDE ET SES ENVIROXS. [Route 123.1
vestibule, un bel escalier double conduit le visiteur aux salles du musée. Et ce vestibule mérite déjà de le retenir et de l’intéresser par son principal ornement. C’est une longue frise sculptée qui raconte aux yeux, en une suite de chapitres, toute l’histoire des arts...
E’aufeur de cette frise, -M. Knauer, a rendu son sujet non-seulement avec la science commune en Allemagne, mais avec une sûreté de goût et une flexibilité de talen’t qui sont rares dans tous les pays...
Le musée proprement dit occupe le premier étage... D'une rotonde centrale, cjui est comme le point d’intersection des écoles, partent deux séries d’autres rotondes, trois à dr., trois à g., carrées malré leur nom, et toutes éclairées 'en haut. Ces deux séries se terminent. aux extrémités du bâtiment, chacune par trois vastes chambres, et, sur leur flanc, dans toute la longueur de l’édifice, s’étend une autre série île 21 cabinets, éclairés par des fenêtres latérales. De même que dans la Pinacothèque de Munich, les grands tableaux, ceux qui, pour être vus dans l’ensemble de leur composition, demandent une longue reculée, occupent les six rotondes.
D’un côté sont les maîtres esjiagnols, français, allemands et flamands, dont la série se termine par un grand chef-d’œuvre de l’art du Nord, la Eierye de Ilolbein; de l’autre les maîtres italiens, dont la série est couronnée par un grand chef-d’œuvre de l'art du .Midi, la Vierge de Saint- f!i.vte de Raphaël.
I.cs 21 cabinets sont remplis par les petits tableaux de chevalet dont il faut regarder de prés les fins détails. Qu’il faut flairer, comme disait Rembrandt... Le second étage, placéau-dessusdes cabinets, est un vrai débarras, un vrai bric~ à-brae,oii sont amoncelées une foule de médiocrités...» E. Vi.tHnOT.
N. U. Nous ferons jiour le musée de Dresde ce que nous avons fait pour celui de Berlin. Nous traduirons du catalogue , en sui-
vant l’ordre des numéros afin de faciliter les recherches, la description sommaire des tableaux qui nous ont paru ou qui ont paru à d’autres, plus compétents que nous en matii^re d’art, les plus dignes d’être signalés à l’attention des visiteurs. Le plan ci-joint les aidera à se reconnaître plus facilement dans les nombreuses salles do ce grand édifice.
« La galerie de Dresde , dit M. L. Viardot, contient un entresol , où le visiteur, fera bien de s’arrêter après avoir admiré la frise du vestibule, et avant de monter le grand escalier des rotondes. Il y trouvera une riche collection de pastels qui garnissaient l'antichambre de l'ancienne galerie, mais qui méritaient mieux que de ressembler ainsi aux bagatelles de la porte. Il y en a de Liolard et de Latour, qui furent célèbres en France au milieu du xviii' siècle: tous deux ont retracé la forte et noble tête du maréchal Maurice de Saxe , et Liotard a laissé dans le portrait en pied d’une jetine fille qu’on appelait la Chocolatière de Ftemir , une sorte de petit chef-d’œuvre comparable aux meilleures peintures de Chardin. Il y en a plusieurs , et d’excellents, par Raphaël Mengs, entre autres le portrait de son père Ismacl Mengs , l’émaillcur , et le sien projire à vingt ans: il yen a de sa so?ur l’hérésia Maron ; il y en a surtout de la Vénitienne Rosalba ('arriéra, née en 1672. morte en 1756, qui les a tous précédés dans ce genre de peinture alors nouveau, sa part seule monte à cent quarante-trois cadres, où so trouvent,parmidc nombreux portraits, historiques et intéressants pour la plupart , quelques autres sujets, même sacrés , traités avec une grâce mignarde et une chaude couleurqui s’approche, autant que le permet la matière, de celle des grands Vénitiens.
« Dans ce même entre-sol , qui ferait de hauts salons à Paris, sont rassemblées deux autres collec-
[Route 123.] LA GALERIK DE TABLEAUX. 629
lions. La première se compose d’œuvres des deux Canaletti. On y compte, d’une part, 6 grandes T’ues de Feni.se, par Antonio Canale , l'oncle, aussi belles que vastes..., d’autre part , jusqu a 33 autres Vues , prises à Venise , à Vérone, et enfin à Dresde même , par Bernardo Belotto, leneveu, qui, devenu peintre d’Auguste IV, vécut plusieurs années à la cour de Saxe et mourut à Varsovie.
« La seconde de ces deux belles collections, réléguée avec les pastels à l'entre-sol, est celle des œuvres de Wilbelm-Ernest Dietrich, autre peintrede cour, né à Weimar en 1712, mort à Dresde en l’77 L... Dietrich n’a nas moins de 51 ouvrages dans la galerie, et pas un ne peut s’appeler original; ce sont tous des imitations, dans les genres les plus divers, les plus opposés. » L. V’iabdot.
Nous ne citerons de cette collection que quelques toiles , rappelant la manière de différents maîtres : 2122. Une femme et ses enfants à une fenêtre (G. Dow). — 212.5.2155. Bergeries(à la'Watteau).
— 212d. Diane et Calisto (tableau peint en 2 h. en présence du roi Auguste II). — 2138. Cavaliers en marche { manière de Salvator Rosa). — 2139. .Sainte Famille (école de Raphaël). — 2113. Siméon et la sainte Famille ( manière hollandaise).— 2 1.57. Baigneuses (manière de Pœlemburg).
Galerie du premier éU(e.