TETSCHEN
vue et sur les pentes duquel croît le vin dePodskal. A l’E, on peut monter sur le Galgenberg, d’où \'on jouit également d'une belle vue.
Sur la rive dr., en face du Marienberg, se dresse le Steinberg.
Au-dessous d’Aussig on laisse :
Rive g. le Marienberg et Priesnilz au pied du Nestomitzberg, puis Nesterschitz, station du chemin de fer presque en lace do ' Schvadexi ; Wessixln, presqu’en face de WaUirze ; Pommerle presque en face de KJftn Priesen à l’embouchure du Coldbach, Rungstoeh et
Rive dr. Pschirna: Ober Welhotten ; Tichloxritz ; Nxeder Welhotten.
Rive g. Tupkoxcitz, puis Karditz, au pied du Lippenberg, en face de Neschu itz ; dlalschxcitz ; Wilchdorf; et enfin RÔ^sawitz, d’où une allée d’arbres conduit à la chapelle de Saint-Jean-Képomucène.
Bodenbach, où s’arrête le chemin de fer (voir R. 12.5), est situé sur la rive gauche de l’Elbe, à l’embouchuré de la rivière du même nom, en face du v. d’Alistadt, au-dessous duquel le Polzenbach se jette dans l’Elbe. Depuis 1855 un pont suspendu relie Bodenbach à Tetschen. Le bateau à vapeur s’arrête à Tetschen (Ilôt. :
Badhaus, KroneJj y . de 1,900 hab., pittoresquement située sur la rive dr. de l’Elbe. Son église, de 1687, rappelle en petit l’architecture de Saint-Pierre de Rome. Son beau chdteaxj. couronne un rocher haut de près de 50 mèt. au-dessus du niveau du fleuve, et qu’on appelle le Schlossberg. On jouit d’une belle vue sur le balcondes jardins, qui méritent leur réputation. Ce château appartient au comte Thun; il a été oâti en 1775. On peut y visiter la chapelle, une bibliothèque de 20,000 vol., quelques bons tableaux, une galerie d’armes, une collection de monnaies, les écuries, les serres, etc.
Dans les guerres de Trente ans et de Sept ans, le Schlossberg a été fortifié et occupé tour à tour par les Suédois, les Impériaux, les
658 DK LEITMERITZ A DRESDE. [Route 126.1
Prussiens et les Français. En 1813, les Autrichiens y ont pris position.
Au-dessous de Totschen, on laisse sur la rive g. Ober Grund, en face de Lauha, v. situé à l’embouchure du l.osdorferbach h la base du Quaderberg, nuis grund et Csirle, avant de s'arrêter il Niederg;rund, v. do 75ü hab^ (auberge), situi' sur le Lehmischbach. Tous les voyageurs sont tenus d’y mettre pied ii terre pour faire viser leur passe-port et visiter leurs bagages. Derrière Niedergrund s’élève un rocher de granit appelé Kutschken, et orne de la statue de saint Adolarius. En fate, sur larive dr.;se dressentles Rosenu'ænde (160 mèt.) et le Nasselnkamm.
A peu de distance de Niedergrund, la rive g. de l’Elbe appartient à la Saxe, la rive dr. ne cesse de lui . appartenir qu’au delà de Herrnskretschen. Les pays et les rochers que l’on remarque sur les deux rives du fleuve de Herrnskretschen à l’irna ont été décrits dans la route précédente. Il nous suffira de rappeler ici leurs noms; ce sont ;
Rive g. Le ZirkeJstrin, presque en face du Belvédère, d’où l’on jouit d’une belle vue ;
Rive g. Schœna, sur la hauteur;
Rive dr. Schmilka, à l’embouchure de la Dürre Kamnitz ;
Rive g. Krippen (750 hab.) en face de Posielwitz (400 hab.), deux v.
dont lescarrières fournissent chaque année une grande quantité de pierres ;
Rive dr. Behandau, Wendisch, Fnhre, à l'embouchure du Lachsbach dansl'Elbe; Prossen et le Lilieuxleiti ;
Rive g. Kcenùjstein ; la Kœnigsnane ; le Thi'irmsdorfer Bærenslein ; puis, au détour de l'Elbe, Ober Weixsig ;
Rive dr. Rathen et la Baxtei, plus loin. Wehlen;
Rive g. Pœizscha ;
Rive dr. Ober et Xieder Poste,
Au delà de Pirna, l’Elbe, sortant de la Suisse saxonne proprement dite, s’éloigne du chemin de fer qui, depuis Lobositz, a suivi sa rive g. Après avoir dépassé l’embouchure de la Wesnitz (rive dr.), presque en face de Ileidenau (rive g.), et laissé sur la rive dr. Dirkuitz et Bobrigen, on s’arrête à Pillnitz (htU. près du château), V. d’env. C50 hab., qui n’a d’intéressant que son château, résidence d’été de la cour de Saxe. Ce château se compose de trois parties — le Wasserpalais, le Bergpalais et le Neuepalais, — reliées ensemble par des galeries couvertes. C’est un affreux mélange de tous les styles d’architecture. En 1818, lo l"' mai, l’ancien château où avait été signée, le 25 août 1791, par l’empereur Léopold II, Frédéric-Guillaume 11 de Prusse et le comte d’Artois, l’alliancecontre la France appelée convention de Pillnitz, devint la proie d’un incendie qui consuma également le temple de Vénus et une assez curieuse collection de portraits des dames de la cour saxonne les plus célèbres par leur galanterie. Les états, réunis à Dresde, s’empressèrent d’offrir 50,000 th. au roi Frédéric- Auguste pour réparer ce désastre.
On peut visiter, dans le nouveau palais, rebâti de 1819 à 1820, la chapelle de la cour (catholique), qui renferme des fresques peintes par Vogel de Vogelstein. Les fresques de la salle à manger, où l’on peut assister au dîner de la famille royale, sont aussi mentionnées avec éloges par les habitants de Dresde. Le jardin du château, ouvert aux personnes proprement vêtues qui ne fument pas et qui ne portent pas de paquets, offre une agréable promenade. Le jardin botanique reste fermé pendant le séjour de la famille royale. En son absence, le jardinier de la cour fait voir aux visiteurs les belles serres et le Bærengarten où l’on entretient deux ours, présent de l’empereur Nicolas.
■\n V -E. de Pillnitz s’i'd.'-ve le
Digilized by Googl
[Route 127.] L’ALBRECHTSBURG. — MARIASCHEIN. 659
Borsberg. Du sommet— (trois chemins y conduisent en 1 h. env.) — de cette montagne plantée de vignes, et haute de il65mèt.,on découvre un panorama étendu. On y voit 300 villages et 188 montagnes qu’indique ÏOrtscheide placée au milieu de la plate-forme du bois où montent trente-trois marches. Près du V. de Borsberg s« trouve la Ruine, pavillon où la famille royale vient quelquefois dîner pendant l'été, et dont la terrasse offre une jolie vue.
En face de Pillnitz l'Elbe forme une île do plusde 800 mèt. delong, et de 200 mèt. de large.
N . h. Les voyageurs qui remontent l’Elbe au lieu de la descendre, et qui veulent commencer à Pillnitz leur voyage dans la Suisse saxonne, peuvent aller dePillnitz, en 1 h. 30 min. par Oberpoyrits, dans leLiebethalerGrund, étroite vallée rocheuse moins curieuse que les autres vallées de la Suisse saxonne, et gagner, en 45 min., le village de Lohmen, d’où ils se rendront en 1 h. dans l’Uttewalder Grund (voir R. 124).
Eu descendant l’Elbe de Pillnitz à Dresde, on laisse :
Rive dr. La Maille, allée de châtaigniers qui relie le jardin du château au v. de Hosieru itz, que domine la villa Zuckerhut. On aperçoit encore à l'horizon la chaîne bleuâtre de la Suisse saxonne, où l’on distingue, en portant ses regards de g. à dr., le Lilienstein, la Hennersdorfer Ilœhe, le Papststein, le Gorischsiein, le Kœnigstein, le Zschirnstein, le Pfaffenstein et le large plateau du Schneeberg ;
Rive g. Laubega.it, 900 hab. ;
Rive dr. Niederpoyritz ;
Rive, g. Tolken'itz ;
Rive dr. U’ae/ia'itï, v. au-dessus duquel la Weinbergsvilla du roi de Saxe attire les regards. Les beaux jardins de ce château sont ouverts au publie ;
Rive g. Blaseu-its, 260 hab., patrie de Naiimann, le compositeur «tlemaltre de chapelle ^1741-1801),
auquel on a élevé un beau monument ;
Rive dr. Loschteitz, v. de 1850 hab., dominé par le Loschwitzer Steinberg, et près duquel on remarque le Kœrnersche Weinbergsgrund.itück, et le pavillon où .Schiller a composé Wallenstein et le dernier acte de don Carlos;
Rive dr. l’Alèrec/itsfcurj, bâtie à la place du Findlater Weinberg, ancienne propriété eùibellie par lord Findlater et transformée en restaurant après sa mort. C’est aujourd’hui la résidence d’été du prince Albert de Prusse. Sa femme, la comtesse de Ilohenau, l’habite ordinairement.
Flnfinon remarque kg. le grand jardin et à dr. le W.aldscnlœsschen, la restauration de Felsner et le bain de Lincke (voir la R. 123), avant de s’arrêter sous la terrasse de Brlibl, au-dessus du pont de l’Elbe, contre leqiiai de l’Altstadt, k Dresde (voir R. 123).
D’AUSSIG A TEPLITZ.
3 mil. Chemin de ouvert au printemps 1858. 1 conv. tous les jours, trajet en 45 min. env. pour 108, 81 et 51 kr iM. C.
Le chemin de fer passe a Predlitz , station qui dessert Türmitz, V. d'env. l.OtiOhab., avec un château moderne . une raffinerie de sucre et des mines de lignite .
On traverse ensuite, en tranchée, la colline Bte/io>ia,qui, au xvesiccle, fut le t'néàlre d’un combat entre les hussites et le margrave de Misnie (voir ci-dessous).
) 4/10 mil Karbilz, pct. V. manufacturière , non loin du champ de bataille de K.ulm (voir ci-dessous).
2 1/10 mil. Mariaschein . lieu de pèlerinage très-fréquente où les .lésuites possèdent un collège, fondé au commencement du xvnil! siècle. Enfin on passe à Probslau, lieu de promenade avec parc et château de chasse, tré§-
660 D’AUSSKÎ
visité par les baigneurs de Teplitz, avant d’atteindre
3 mil. Teplitz (Hdt : Prince de Ligne; Ville de Londre/t , Ross, Hirsch, Post, tous dans la Haupt Sir.; Kænigvon Preussen, entre Teplitz et Schœnau, Neptiin, Rœmi~ scher Kaiser, etc. — »V. 8. Quand on ne veut faire à Teplitz qu’un court séjour, il vaut mieux se loger à la Poste).
Teplitz est une V. de 5,000 hab.
(avec Schœnau) , située sur un petit ruisseau appelé le Saubacn, dans une vallée élevée de 233 mèt.
au-dessus de la mer, entre l’Erzgebirge et le -Mittelgebirgo. Elle n’a par elle-même nen d’intéressant; sans ses eaux, elle nemériterait pas une visite. La place du ChiUeau doit son nom au château qu’y possède le prince Clary, le propriétaire de la ville , et qui a été bâti en 1751. C’est tout simplement une grande maison, mais il rappelle un souvenir historique :
le roi de Prusse, l’empereur d’Autriche et l’empereur de Russie y ont signé en 1813 le premier traité de la Sainte-Alliance. On voit encore sur la place du Château, — outre l’église du château et ïéçlisedela ville, deux églises plus qu ordinaires.— un chef-d’œuvre de mauvais oû t,la DreifaUigkeitss3’ule{cn\onne e la Sainte-Trinité) , haute do 15 mé t. en V., que le comte Franz Cliiry a fait ériger l’année 1718, en souvenir de la peste de 1713. C’est une fontaine représentant l'Assomption. Des nuages de pierre tourbillonnent tout autour de l’obélisque , et sont censés en mouvement vers le ciel pour y porter la Vierge , qui occupe le sommet. Des anges et des chérubins de toute nature y sont collés çh et là, et, pour mieux simuler la vérité du vol , quelques-uns sont tout à fait en l’air. Malheureusement , comme la pierre de taille ne jouit nullement de la légèreté angélique, il a bien fallu soutenir ces simulacres, et c’est à quoi l’artiste est parvenu à l’aide d’enormes barres de fer qui leur
L TEPLITZ. ■ ■' fRouTE 127. J
traversent le corps pour aller se sceller dans le nuage. Ün dirait de loin autartt de mouches piquées autour du monument par des épingles. — On remarque encore sur la place du château la maison de la Croix d’Or, habitée en 1813 par l’empere’ur Alexandre et l’élégant hâtel du Prince de Ligne,
Sur la place du .Marché se trouvent l'hiltel de ville et l’Amthasis, qui n’offrent pas plus d’intérét que les églises.
Le Hermhaus, sur la place des bains, était la demeure de Frédérie-Guillaume III. — Un seul des édifices publics de 'Teplitz mérite une visite à cause des souvenirs qu’il rappelle : c’est un débris de l’ancien monastère des bénédictines. Ce reste de construction, placé derrière la cbapélle , sert aujourd'hui h loger quelques officiers du château.
C’est là, au-dessus de la source principale, située à peu de distance dans la rue qui descend au fond delà place, que s’élevait jadis le couvent de la reine Jutta. En 1126; à peine remis des dévastations que les hussites, sous la conduite du moine Jean, lui avaient fait subir cinq ans auparavant, repris par les impitoyables taborites , il fut inondé du sang innocent des soeurs. A l’exception de cinq d’entre elles, qui s’élaient enfuies à (îraupen, toutes furent mises à mort par l’épée. Les murailles souillées par le sang et l’incendie, et en partie démolies, assèrent des mains de l’abbesse ans celles du terrible Jakubko de VV’resowec, qui, en récompense de ses services, devint maître de toute la seigneurie de Teplitz. C’est lui qui , cette même année , joignant ses troupes à celles de l’rocope, avait décidé la victoire sur la colline de Biehana : le Saxon, qui, avec la puissante armée qu’il conduisait , s’était flatté de réduire la Bohême à merci, fut presque entièrement anéanti ; les hussites vainqueurs se lavèrent dans le sang; trois cents gentilshommes
[ROT7TE 127.] TEPLITZ.
et six mille soldats, qu’ils avaient ] faits prisonniers , furent égorgés j par eux sur le champ de bataille.
On montre encore au milieu des [ sillons un arbre qui surmonte la I fosse où furent jetés quatorze gé- | néraux, et sept princes reposent ] dans l’église du village voisin. La j ville voisine d’Aussig avait reçu de la même main de bien autres | sépultures. Toute sa population ' massacrée avait été ensevelie .sous i ses ruines, et il fallut des années ■ avant que de nouveaux habitants | osassentrebàtir sur remplacement j de cette cité changée en cime- , tière. ;
L’origine de Teplitz , quoique j fort ancienne, n’est pas des plus nobles. Suivant la tradition, la ' truie d’un seigneur slave s'étant égarée , on se mit en recherche, | et on finit par la trouver au milieu | d’un bois fort épais, enfoncée dans un marécage , où elle se ré- :
chauffait avec ses petits : car on I était enhiver.Le seigneur, instruit ' de cette merveille , vint s'établir :
avec sa famille près de ces sources bienfaisantes, et donna ainsi nais- ; sance au foyer de population qui I ne tarda pas à se grouper autour 1 delui.Quelques historiens de Hohé- ; merapportent cefait au viir siècle, I c’est-à-dire à peu près au temps où Charlemagne commençait à pousser son épée jusque dans ces montagnes. D’autres, moins ambitieux, le rapportent au xi' siècle. ' Il est parfaitement certain que 'l’eplitz existait dès le xii' siècle car il en est fait mention dans les titres d'une abbaye fondée h. cette époque par Jiitta, femme de Vladislas II, duc de liohéine. La eon- j struction des bains paraît beaucoup plus moderne. Elle remonte à Vladi.slas Kinsky, oncle du Kinsky qui périt à Eger avec ^\’allenstein.
Les eaux étaient cependant dès lors en grand renom, car on les trouve citées parmi les plus célèbres du monde, dans les ouvrages de Paracelse et d’,\gricolaqui sont du xvie siècle. Dans le milieu du même siècle, un poète bohème.
Mitis de Limussa, a fait de leurs vertus le sujet d’un poème latin qui nous montre que, dès cette epoque. il existait des salles dans lesquelles on se baignait en commun , comme cela se pratique encore dans quelques endroits , et notamment à Teplitz môme.
Les bains sont, la propriété du comte de Clary, qui est en même temps le seigneur de la ville, et ce mot do seigneur doit s’entendre danslepursens du moyen âge.
Du reste, dit un voyageur contemporain, on ne peut qu’adresser des éloges à cette opulente famille pour la manière libérale et éclairée avec laquelle sont entretenus les thermes, les promenades, et tout ce qui touche a la prospérité de la ville.
Les eaux de Teplitz sont extrêmement abondantes. Elles sortent, au pied d’une montagne de formation volcanique, dans le fond de deux fissures assez étroites qui se joignent à peu près à angle droit, et dont l’une se nomme proprement Teplitz, et l’autfe Schtenau.
Les maisons ont juste la place nécessaire, surtout dans le vallon de .Schœnau. Les pentes abruptes du jiorphyre les enserrent des deux côtés. Les sources sont au nombre de 12. Leur température varie de 2.') à 28“ cent. Sur chacune de ces sources est construit un établissement , et comme ces établissements sont tous assez considérables, ils remplissent VI ritablement la ville. Toutes les eaux jouissent il peu près des mômes propriétés physiques, et ne sont vraisemblablement que des conduites diverses d’une même chaudière souterraine. Suivant que ces conduites sont plus étroites et plus sinueuses près de la surface ou reçoivent des inhltrations du sol, les eaux en sortent avec une température moins élevée et une proportion de sels plus restreinte. La source la plus forte de Teplitz porte le nom do IlauptqueJle : elle sort d’un gouffre qui descend verticalement dans le porphyre, et