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D'AUSSIG

donne à peu près cinq cents litres ar minute, avec une température e 48" cent. La source la plus forte de Scliœnau se nomme Sleinbadquclle : elle donne à peu près un quart de moins que la récédente, avec une température e 37 à 39". Les baigneurs, quelle ue soit leur affluence, ne sont onc jamais exposés à manquer d’eau : la nature a pourvu à leurs besoins avec une libéralité digne de sa puissance. Les produits réunis de toutes ces sources forment une petite rivière d'eau tiède dont la chaleur a déterminé le nom de la ville bdtie sur ses rives , en bohème TepHce, des deux mots tepla, chaude, et ulice, rue.

Les eaux, bien que douées d’une activité extraordinaire sur l’économie animale, ne contiennent qu’une très-petite portion de substance minérale. C’est le carbonate de soude qui y domine , et encore ne s’y trouve-t-il qu’à raison de 2 1/2 grains par livre. Mais elles doivent probablement leurs vertus à la qualité particulière de leur chaleur. Elles sont surtout efficaces pour la goutte, les rhumatismes, les paralysies, les affections nerveuses, les maladies de la peau.

A Teplitz , la vie des baigneurs est réglée comme une montre. On se lève de bonne heure, on boit scrupuleusement la quantité d'eau ordonnée par le docteur, on prend un bain et on se protnène jusqu'à midi dans les jardina du chdieau de Clary. A une heure on dîne ; puis les uns dorment et se reposent, les autres sortent à cheval, h pied ou en voiture, et se répandent en troupes joyeuses dans les environs de la ville. A six heures, tout le monde est de retour, fait sa toilette et se rend au spectacle et au Oartenxaal, — la maison de conversation de Teplitz. — où des bals ont lieu les dimanches et les mercredis après la fermeture du théâtre. Par ordre supérietir, les jeux de hasard sont interdits. Chaque jour ramène le même traite-

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ment, les mêmes plaisirs ou le* mêmes ennuis. Durant les dernières années de sa vie, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, passa régulièrement une partie de la saison des eaux à Teplitz. En 1831 on y vit réunis deux empereurs, deux impératrices, huit altesses impériales, deux rois, dixsept altesses royales, et un grand nombre d’autres altesses.

Les principaux établissements de bains de Teplitz sont : le Stadthadehaus {dans la Bade-Gasse), ouvert en 18-39; le Judenhadehaus ; le Sophienbad; le Fürstenbadehaue; le Gürllerbad; les Herrenhauxbeeder-, le Steinbad (à Schœnau) ; le Stephans ou Tempelbad (près du Steinbad; le Jlfi'7i(iTèad(àSchœnau); le Schlangenbad (à Schœnau). bâti en 1839; et enfin le Schwefelbad on Neubad. au-dessous des ruines du vieux château. Les baignoires de ce dernier établissement sont de véritables bassins dans lesquels l’eau thermale ne cesse pas de couler, et où l’on peut prendre tout le mouvement désiraole.

Il n’en est pas de Teplitz comme de presque toutes les sources thermales où il y a place pour tout le monde excepté pour le pauvre. Ici les droits du pauvre sont respectés, et on voit par les archives de la ville qu’ils l’ont été de tout temps. Il y a trois établissements de bienfaisance ou hospices dont le principal, bâti en 1802, reçoit annuellement 400 pauvres, sans compter plusieurs centaines de malades qui, sans y être logés, y trouvent gratis la nourriture, les bains et tous les soins médicaux.

On y est reçu sur la seule exhibition d’un certificat de pauvreté, sans distinction de nation ni de religion. L’Autriche, la Saxe et la Prusse y ont chacune un hêpiial militaire.

Un certain nombre de baigneurs boivent, après avoir achevé une saison à Teplitz, des eaux minérales éirangères. Aussi le prince de Clary a fait construire, en 18.35, dans le jardin de l’hêpital , une

[Route 127.] TEPLITZ. , 663

Trinkanstall,oii les buveurs se rassemblent de 5 à 8 h. du matin et près de laquelle l’orchestre joue des airs variés.

On compte chaque année environ 5,000 baigneurs à Teplitz. La saison la plus favorable est de mai à septembre. Tout baigneur paye 2 fl. C. .M. (1"' classe), et 1 fl. C. -\I. (2' classe) pour la taxe des eaux. Le prix du bain varie de 12 à .70 kr. ( le linge se paye à part).

Les environs de Teplitz sont agréables sans être fort beaux. Les promenades abondent. Et d’abord, derrière le château s’étend un jardin planté à l’anglaise, auquel la puissance de la végétation donne un caractère de majesté extraordinaire. Sur le bord des pièces d'eau, peuplées par des bandes de cygnes et de canards sauvages, on admire des saules tels qu’il n’en existe pas ailleurs. On en mesure dont la circonférence est de plus de 6 mèt. Le tilleul, cet arbre national de la race slave, atteint, sur cette terre privilégiée, la même taille. C’est là, qu’entre 11 h. et 1 h. se réunit et se promène le monde élégant aux sons de la musique. A LE. du jardin du château s’élève le Schiesshaus, sur le Spitalberg (belle vue), d’où l’on monte à la Kœnigxhœhe, hauteur sur laquelle les habitants de Teplitz ont érigé, en 1842, un monument à Frédéric-Guillaume III (une colonne surmontée d’une victoire). A peu do distance du Schiesshaus, la Schlackenburg offre un beau panorama, ainsi que le Belvédère bâti tout auprès. On y a établi une chambre obscure. — Le Judenherg a été. en 1838, transformé en promenade — Entre Teplitz et Schœnau s'élève le mont de Ligne, appelé autrefois Spitzberg.

Cette éminence doit son nom actuel au prince de Ligne, qui y avait fait construire en 1800 une maison de

flaisance détruite en 1813. On y a âli en 1831 une rotonde de style gothique, transformée depuis en restauration. Enfin Schœnau a éea-

lement son parc, placé derrière le Neubad, magnifique aussi, mais moins fréquenté par le beau monde, presquesolitaire, plusprécieux par là même pour beaucoup. C’est derrière ce jardin que s’élève la charmante montagne du SchloSSberg, ou Neuschloss. Elle fut longtemps redoutable. Sur son sommet se dessinent encore avec fierté des tours à demi déchirées.

Ancienne forteresse prise et reprise bien souvent durant les guerres qui tant de fois ont agité ce beau pays, démantelée et en partie démolie au xviP siècle, à la suite de la guerre de Trente ans, où elle avait rendu trop de services à l’innemi qui s’en était deux fois rendu maître, elle n’offre plus depuislors qu’un but de promenade. On y parvient après avoir gravi, à travers une élégante forêt de bouleaux, la pente assez roide d'une petite montagne volcanique dont les ruines forment le couronnement (on y a établi une restauration), et l’on se console bientôt des fatigues de l’ascension en apercevant sous ses pieds toute la ville avec ses riches alentours et les deux chaînes de Mittelgobirge et de l'Erzgebirge, qui forment l’horizon.

Les autres promenades ou excursions des environs de Teplitz,sont :

Le parc de Turn (15 min. par la porte de Dresde) ;

Le Wachholderberg, au S. du Schlossgarten, montagne qui sépare la vallée de Teplitz de celle de la Kiela ;

Le Thiergarten zu Koslen, dans la seigneurie de Billin, et la ruine île Kostenblatt ;

Le château de chasse Dopperlburg (1 h. au N. -O.), bâti en 1703;

L'église et le séminaire de Mariasebein (voir ci-dessus) et près de là, dans la montagne, Graupen, la- Wilhelmshœ]ie et la Jlonetiburg.

Le Louisenfelsen et la Schweizermühle, près de Weiskirchlitz (30 min. au N.-O.);

Le château de Dut. l’abbave

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li'Osspgg et la Riesenburg (roir yilinéraire de V Allemagne du Sud).

Le champ de bataille de Kulm, à 2 h. 30 min. de Teplilz sur la route de Dresde (voir R. 128). Ce fut à Kulm que la France essuya la première de ces .défaites qui devaient ouvrir à l'Europe alliée contre elle le chemin de sa capitale. Le 30 août 1813, le général Vandamme, attaqué près de Kulm par les armées russe, prussienne et autrichienne, y perdit une partie ducorpsd’arinée qu'il commandait et y fut fait prisonnier.

Trois pyramides ont été élevées ar l’Autriche, la Prusse et la ussie sur le champ de bataille de Kulm. Elles sont situées à peu de distance de la route et confiées .à la arde d'un vieux militaire qui s’est istingué dans cette journée fameu.se.

De toutes les excursions des environs de Teplitz, la plus recommandable est encore l’ascension du Milleschauer ou Oonnersberg (3 h. 30 min. suffisent pour aller en voiture jusqu’à Pilkau d’où Ton monte au sommet en 4h min.). Le .Millescbauer, appelé aussi le Donnersberg, ou la montagne du tonnerre, est un volcan éteint faisant partie de la chaîne du Wittelgebirge (montagnes centrales), qu’il domine d'une assez grande hauteur. Le point culminant (1,000 met. cnv.) est couronné d’un pavillon construit par Tordre du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, et ou il venait chaque saison admirer le magnifique panorama qui se déroule aux yeux du spectateur. On y trouve un certain nombre de petites huttes basses, bâties en pierre et décorées à l’intérieur avec de la mousse, qui forment sur un |ictit plateau découvert une sorte de square au milieu duquel un orchestre do musiciens bohèmes vient donner des concerts durant la saison des eaux. Quelques-unes de ces huttes sont de frais asiles où le voyageur peut se reposer de ses fatigues ; d’autres renferment

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des lits où Ton peut passer la nuit; dans la plus grande se trouve un musée qui contient toutes les curiosités naturelles de la montagne.

Chaque porte est ornée d’une inscription poétique composée tout exprès par le propriétaire de ce charmant séjour, dont la fille offre à chacun des hôtes de son père un joli bouquet des plus belles fleurs du Milleschauer.

Alexandre de Humboldt plaçait la vue du Milleschauer au cinquième rang parmi les plus beaux panoramas du globe. De son sommet, on découvre en effet: au S., une plaine sans bornes, la Bohême tout entière, à l’extrémité de laquelle apparaît TOchsenberg, un des points de la chaîne qui sé-

fiarc la Bohême de la Moravie ; e Ilradschin de Prague, un peu à g. et en avant de TOchsenberg; en se rapprochant encore, de nombreuses éminences d’origine volcanique et couvertes d’anciens châteaux ; au pied de la montagne, le V. dominé par l’énorme château de Millescbau ; au S. O., au-dessus de Laun et à l’horizon, les montagnes du Rokitz.ru, ramification de la chaîne du Bœhmerwald, qui sépare la Bohême de la Bavière ; à l’O., la chaîne du Mittelgebirge de laquelle dépend le Milleschauer, chaîne basaltique couverte de bois et de forêts, et dont le point culminant est le Grosse-Franz, audessus duquel, à g., se détache sur le ciel le groupe des montagnes de Carlsbad: entre le Fichtelgebirge et TErzgebirge,et le Milleschauer, la ville de Saatz, les vallées de TEger et de laBiela, Brüx,le château de Bilin, les châteaux du Rotjienhaus, d’Eisenberg, de Dux, de Riesenburg, de Kremusch, le çouvent d’Ossegg, etc.; au N., la plaine de la Biela, bordée par les massifs élevés de TErzgebirge, Teplitz, Kuhn et ses monuments; à TE., les chaînes de montagnes entre lesquelles TElbe passe de la Bohême en 8axe, Melnick, Leitmeritz, Theresienstadt, le M'intcrberg (voir la Suisse saxonne), et

fRouTB 130.1 DE DRESDE A POSEN. 66,5

enfin le Riesengebirge qui forme l’horizon.

De Teplitz à Dresde, R. 1-28 ; — à Prague. R. 129;— à Carlsbad, voir r/ti'neraire de l'Allemagne du Sud.

DE TEPLITZ A DRESDE.

PAR PKTERSWALOE.

8 mil. — Depuis rétablissement du chemiu de fer, cette route n’est plus desservie par des voitures publiques. Lorsqu'ou veut aller maintenant de Teplitz à Dresde on prend le chemin de fer jusqu'à Auisig (R. 127 , et d’Aussig à Dresde, soit le chemin de fer, soit le bateau à vapeur, R. 125 et 126.

On passe à r«rn, à Sobochleben et à Kulm, où l'on peut visiter le champ de bataille (voir Teplitz, R. 127) avant d’.itteir.dre

2 mil. Arbesau, v. de 300 hab.

Au delà d'Arbesau, la route gravit (il faut env. 1 h. pour monter jusqu’au sommet) les hauteurs de Nollmdorf, d’où l’on découvre, près de la petite église, une vue étendue sur la plaine comprise entre le Mittelgebirge et l'Erzgcbirge. Au S. se dresse le groupe volcanique du Milleschauer, qui attire surtout l’attention (voir R.

127). On descend à

1 1/2 nul. Peterswalde (Ilét.

Post), long V. où se trouve la douane autrichienne, et au delà duquel on sort de l’Autriche (Donôine) pour entrer en Saxe On passe ensuite à Hœllendorf, à liergieshübel (bain d'eaux minérales) et à Zchüta, entre Peterswalde ot

2 1/2 mil. Pirna, où l’on rejoint la R. 125.

2 mil. Dresde (voir R. 123).

DE TEPLITZ A PRAGUE.

PAR DILIN.

12 3/4 mil. — Cette route n’est plus desservie par des voitures publiques depuis l'établissement du chemin de fer de

Dresde à Prague. Lorsqu’on veut aller de Teplitz à Prague, on prend le chemin de fer de Teplitz à A ssig (voir R. 127), et le chemin de fer d’Aussig à Prague (R. 195).

1 mil. Bilin (Hôt. : Lœtve, Ross), V. de 3,200 hab., sur la Bitda, dans une situation pittoresque. On y remarque un beau château des princes de Lobkowitz, bâti en 1680. Ses sources minérales, acidulés et salines, sont très-fréquentées. On en exporte chaque année près de 100,000 cruchons. On y labrique une grande quantité de magnésie. Avant d'y arriver, on a laissé, à g., au fond de la vallée de la lliela, Schwartz^ résidence d'été des archevêques de Prague.

En la quittant, on laisse à dr. le Biliner Stein, haut rocher de basalte, appelé aussi Borzehen, et transformé en une promenade agréable. On passe ensuite à Mereschowils, puis à Kosel, et on découvre une belle vue en descendant à

3 mil. Laun (Hôt. Post), V. de 2,000 hab., sur l’Kger.

2 mil. Jungfernteinitz.

2 mil. Schlan (Ildt. Post), où l’on rejoint la route de Prague à Carlsbail (voir VItinéraire de l'Allemagne du Sud).

2 1/2 mil. Strzedokluk (voir

l’Allemagne du Sud.)

2 1/4 mil. Prague (voir rfO’néraire de l’Allemagne du Sud).

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