XV
Schw . -Sonders bausen .
Scliw.-Rudolsladt
Liechtenstein
Waldeck
Dir. de rés.
Reuss br. aînée
Reuss br. cadette
Schaumb. Lippe
Lippe
Hesse-Hombourg
Lubeck
I, !• div.
Francfort
Divia der«^.
Brème
I, 2* div.
Hambourg
X, 2* div.
Totaux
ll,437,16|l7,775,936
N. B. Le chiffre des oontinfienU est indiqué d'après l'effectif de 1855. En raison de l'aupmentation de la population, l'armeo fuderale compte aujourd’hui plus de •00,000 hommes.
Pendant que ces grands intérêts se débattaient à Vienne, Napoléon avait quitté l’ile d’Elbe, qu’on lui avait assignée pour retraite, et avait reconquis la France en trois semaines. La guerre recommença aussitôt. La bataille de Waterloo amena la seconde abdication de l’empereur des Français, et le second traité de Paris réduisit encore le territoire laissé à la France.
Pour e.xciter leurs peuples à la levée en masse qui produisit les immenses armées de 1813 et de 1814, le roi de Prnsse et la plupart des souverains allemands avaient promis de remplacer
LXX3CII ITINÉRAIRE DE L’ALLEMAGNE
dans leurs États, après la guerre, le gouvernement absolu par un régime constitutionnel, et un article de l’acte fédératif avait semblé garantir l’exécution de cette promesse. Elle ne fut remplie que par quelques souverains du second ordre, dont les principaux furent le roi de Bavière et celui de Wurtemberg. Le roi de Prusse, qui, le premier, avait parlé de constitution, ne voulut jamais tenir sa parole, et inouruL débiteur de son peuple, comme on l’a souvent répété. Le gouvernement jirussien et celui de l’Autriclie employèrent leur ascendant sur la Diète à supprimer en Allemagne la liberté de la presse, et à paralvser,, dans les petits États, les institutions représentatives. Le mécontentement du peuple allemand couva sourdement pendant quelques années. Il éclata sur plusieurs points , en 1830, après la révolution qui substitua, en France, la branche cadette des Bourbons à la branche aînée. Il y eut des tentatives révolutionnaires à Brunswick, à Dresde, à Gotha, à Cassel, dans l’Oldenbourg, dans le Hanovre ; mais elles ne servirent qu’à provoquer de nouveaux décrets de la Diète, qui appesantirent encore sur l’Allemagne le despotisme administratif. La Prusse, du moins, comprenant la nécessité de donner le change à l’activité intellectuelle de ce grand peuple, entreprit de la tourner vers le développement des intérêts matériels, et, de cette préoccupation, aussi bien que des vues ambitieuses de cette puissance, naquit l’institution du ZoUverein. (Fofr ci-dessous.)
Une autre asjiiration du peuple allemand, que la Diète fédérale avait également déçue, c’était le besoin d’unité nationale. Celle-ci se fit jour au premier bruit de la révolution française de 1848. On vit se former immédiatement des assemblées populaires sur toute la ligne du Rhin. Dès le 27 février, dans une réunion qui eut lieu à Mannheim, une pétition fut rédigée, demandant l’armement du peuple, la liberté absolue de la presse, et la formation immédiate d'un parlement national allemapd. Cette pétition fut revêtue de quatre cents signatures , et une députation partit immédiatement pour Carlsruhe, afin de la présenter au grand-duc de Bade. Celui-ci accorda immédiatement la liberté de la presse, le droit de réunion et le jugement par le jury. Quant au parlement national allemand , la chose ne dépendait pas de nu' seul.
Des faits analogues se passèrent dans le même temps dans la liesse électorale, dans la Hesse-Darmstadt, dans le Wurtemberg, dans le, duché de Nassau, dans la province rhénane prussienne. Des bords du Rhin, le mouvement se propagea en Saxe, en Bavière, en Prusse, en Autriche même. Partout les gouvernements cédèrent, sauf en Prusse et en Autriche où l’on essaya de gagner du temps. Cette manœuvre réussit mal. Vienne s’insurgea le 13 mars, et Berlin le 18. Les péripéties des révolutions de l’Autriche et de la Prusse seront racontées dans l’histoire particulières de ces deux grandes monarchies.
Le 5 mars 1848, cinquante et un citoyens du grand-duché de
INTRODUCTION.— RÉSUMÉ HISTORIQUE. Lxxxni
Bade, du Wurtemberg, de la Hesse, de la Bavière, de la Prusse rhénane, etc., se réunirent à Heidelberg, et formèrent d’office un comité chargé de préparer la réunion d’une assemblée nationale. Ce comité convoqua pour le 30 mars, à Francfort, une assemblée préparatoire, Vorparlament, composée de tous les membres actuels et de tous les anciens membres des Chambres constitutionnelles existant en Allemagne. Ce Vorparlament devait faire une loi électorale, fixer le jour de l’élection et celui de la réunion de l’assemblée nationale Tout cela fut fait par des citoyens qui ne tenaient leur mandat que d'eux-mêmes, en dehors des gouvernements et sans que ces gouvernements essayassent de s’y
opposer.
Le Vorparlament s’ouvrit le 31 mars, à Francfort, dans la salle du Rœmer, où se faisait autrefois le couronnement des empereurs. Il arbora solennellement l’antique drapeau de l’Empire germanique, or, rouge et noir. Il admit à la représentation tous
ies^ays de langue allemande , par conséquent la vieille Prusse, qui n’avait jamais fait partie de la Confédération germanique, la Posnanie, province polonaise annexée à la Prusse, le Schleswig,
Frovince en litige entre le Danemark et l’Allemagne, et où élément allemaud ne formait pas la moitié de la population générale. Le Vorparlament se montra dès le principe aussi entre-
Êrenant que devait l’être bientôt l’assemblée nationale elle-même.
n ce qui concerne la question du Sclileswig, nous devons ajouter que la Diète officielle, qui n’avait pas cessé de siéger à Francfort à côté du Vorparlament, alla encore plus loin que lui. Elle approuva le parti allemand du Schleswig, qui avait pris les armes, reconnut le gouvernement insurrectionnel qu’il s’était donné, et réclama pour lui les secours du roi de Prusse, qui envoya immédiatement dix mille hommes dans le Schleswig. La
Ïossession du Schleswig, pavs maritime, où se trouve*le port de hel , sur la Baltique, était d'un grand intérêt pour la Confédération germanique, quelque forme qu’elle dût prendre.
Le Vorparlament déclara tout Allemand majeur électeur et éligible, sans distinction de cens ni de religion, laissantd’ailleurs aux différents Etats à décider si le suffrage universel serait direct ou à deux degrés. Il fut presque partout à deux degrés.
Cependant l’Allemagne était en feu lies combats journaliers entre les Prussiens et les Danois ensanglantaient le Schleswig. A Berlin, l’émeute grondait sans cesse. La guerre civile déchirait le grand-duché de Bade. Les Tchèques de Bohême avaient pris les armes contre les Allemands, et ne voulaient pas d’assemblée nationale. Une seconde révolution éclata dans Vienne le
15 mai. ■ Cependant les élections se firent avec calme, et, le 18 mai 1848, Francfort vit s’ouvrir, au milieu de l’ivresse
Sublique, l’assemblée qui allait, pensait-on, constituer l’unité e l’Allemagne.
L’unité de l’Allemagne , c'était ou la déposition de tous les souverains de l’Allemagne, moins un, ou leur assujettissement.
txxxiv
ITINÉRAIRE DE L’ALLEMAGNE, leur transformation en préfets héréclifaires. Comment n-t-on pii croire qu’ils y consentiraient? ou comment a-t-on pu se flatter (le les y contraindre, lorsqu’ils avaient seuls l’argent et la force matérielle?
Cette insoluble difficulté ne fit point hésiter un seul moment le parlement de Francfort. Il commein^a par décréter la création d’un vicaire de l’Empire, chef provisoire du pouvoir exécutif pour toute l’Allemagne, et décerna cette dignité à l’archiduc Jean d’Autriche, frère puîné de l’empereur François, qui était mort, et oncle de Ferdinand II, l'empereur régnant, qui devait bientôt résigner la couronne à son neveu François-Joseph. Puis il s’occupa de rédiger la constitution du futur Empire, et la fit précéder d’une déclaration de droits (jui furent intitulés fondamentaux {Grundrechte).Cc sont à peu près les principes généraux de toutes les constitutions libres. Mais le paragraphe relatif aux limites du territoire allemand donna lieu à une délibération longue, passionnée, tumultueuse, où l'on vit avec surprise fes représentants de l’unité, sans souci du droit d’autrui, adjuger à l’Allemagne le Schleswig, décréter l’annexion du grand-duché de Posen,appuyerladomination del’Autricheen Italie, applaudir au bombardement de Prague et à l’oppression des populations slaves, proclamer enfin le principe de la nationalité quand il était favorable à leurs vues, et le nier quand il leur était contraire. Telle était, à cet égard , la violence du patriotisme allemand que, la Prusse ayant conclu un armistice avec le Danemark et le parlement ayant repoussé la proposition d’annuler cet armistice, une émeute formidable eut lieu à Francfortle 18 septembre, des combats meurtriers s’engagèrent dans les rues, et deux généraux, membres de l’assemblée, furent massacrés par le.s insurgés, qui ne furent réduits qu’au prix d’une grande effusion de sang. Le contre-coup de ces agitations se fit sentir à la fois à Cologne et surtout dans le duçhé de Bade.
Cette question des limites revint lorsqu’il fallut discuter la constitution elle-même. L’afisemblée s’y montra moins absolue relativement au Schleswig et à la Posnanie; mais elle prit, au sujet des pays non allemands gouvernés par une puissance allemande, une décision qui entraînait la dissolution à bref délai de l’Autriche, Le gouvernement autricliien, qui venait de vaincre à Vienne l'insurrection, fit deux réponses à ce décret. D’abord, il fit fusiller sans jugement un membre de l’assemblée nationale, Joseph Blum, qui se trouva ]>armi les insurgés. Ensuite il envoya à Francfort une note déclarant que l’Autriche poursuivrait imperturbablement la fusion des races réunies sous ses lois, sans s'inquiéter dos volontés du parlement, et n’écouterait sur ce point que son intérêt et son honneur. L’assemlilée releva le gant : elle déclara l’Autriche exclue do la Confédération. Après quoi elle décréta que la couronne impériale serait donnée à l'un des princes régnants. C’était désigner suffisamment le roi de Prusse, à qui, l’empereur d’Au-
INTRODUCTION.— RÉSUMÉ HISTORIQUE. lxxxv
triche exclu, aucun souverain de l’Allemagne ne pouvait disputer le premier rang.
n serait peu utile d’entrer dans les détails de la Constitution de Francfort, qui n’a jamais été exécutée. L’Autriche, exclue, déclara nettement son opposition et devint menaçante. Le roi de Prusse, à qui une députation du parlement alla offrir la couronne impériale, répondit qu’il attendrait, pour prendre un parti, que tous les cabinets de l’Allemagne, consultés officiellement, eussent exprimé leur avis. L’Autriche accusa le parlement d’avoir excédé ses pouvoirs, et rappela ses représentants. Alors l'assemblée nationale, découragée, se décomposa rapidement. Quelques-uns de ses membres se réunirent à Gotha, où ils ne firent rien, d’autres à Stuttgart, oi’i ils furent dispersés par la police. Ainsi s’évanouit le rêve de l’unité allemande. Apres des efforts infructueux de la Prusse pour constituer à son profit une union restreinte des Etats les plus rapprochés de ses frontières ; après une lutte diplomatique entre elle et l’Autriche, qui n’a pas eu de résultats bien sérieux; après des agitations douloureuses et stériles dans quelques Etats de second ordre, la Confédération germanique a été purement et simplement rétablie sur le pied où l’avait mise l’acte fédératif du 8 juin 1815.
Les derniers événements qui ont agité l’Europe ont de nouveau mis en lumière les vices de cette constitution. L’Allemagne est restée spectatrice des guerres d’Orient et d’Italie, en donnant au monde le ridicule spectacle de rivalités mesquines qui ont paralysé son action. Aussi les aspirations unitaires se sont réveillées plus vives que jamais: dans plusieurs Etats secondaires on réclame impérieusement des changements aux constitutions réactionnaires qui ont partout remplacé les concessions faites en 1848, et, des 1856, la question de Schleswig-Holstein surgissait de nouveau. Comme alors, la Prusse semblait vouloir se mettre à la tète du mouvement national ; mais jusqu’à présent tous ses efforts pour arriver à qne révision du pacte fédéral et à une réorganisation plus homogène de l’armée de la Confédération sont restés sans effet.
La question de Holstein est encore pendante; l’antagonisme entre la Prusse et l’Autriche continue à diviser la Confédération en deux camps, et il est à craindre que, pour longtemps encore, l’unité nationale ne reste à l’état de simple aspiration.
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Lxxivi ITINÉRAIRE DE UALLEMAGNE.