APERÇU GÉOGRAPHIQUE ET STATISTIQUE
Ce pays, dont l’histoire générale vient d’étre résumée *, et qui s’appelle actuellement DEUTÉCHLANI) en allemand, Germaiiia et Alemagna en italien, Gtrmany en anglais, ALLEMAGNE en français, se trouve placé au centre de l’Europe — Jean-Paul l’appelait son cœur — et il en forme à peu près la quatrième partie, entre le 45° et le 55° lat. N. et les et 36® long. E. Sa pins grande longueur, du N. au S., est d'environ 1,500 kil., sa plus grande largeur, de l'E. à l’O., d’environ 1,300 kil. Il a pour limitr.s : au N., la mer Germanique, le Danemark et la Baltique ; a l’E., les provinces prussiennes de Posen et de Prusse, la Pologne, Cracovie, la Gallicie et la Hongrie; au S., la Dalmatie, l’Adriatique, le royaume lombardo-vénitien et la Suisse ; à l'O., la F'rance, la Belgique et les Pays-Bas. Le. tableau ci-dessus (Totr p. Lxxxi) contient les indications relatives à sa superficie etàsa population. Nous ajouterons senlemcnl ici que cette population se compose, pour la majeure partie, d’Allemands (30,000,000 environ). On y compte à peu près 6,000,000 de Slaves, 300,000 Juifs, .300,000 Français ou Wallons, 5,000 Grecs ou Arméniens, et 500 Bohémiens h l’état nomade.
Les dieision.i de l’Allemagne sont tout à fait arbitraires. On la partage tour à tour en Allemagne septentrionale, centrale et méridionale, ou en haute, movenne et basse Allemagne. La région haute est celle du S., la région basse, celle du N.
Rien île plus varié que l'aspect physique de l’Allemagne. Les points culminants de ses plus hautes montagnes atteignent plus de 4,000 mèt.'; ses plaines les plus basses sont au-dessous du niveau de la mer, qui les inonderait si elle n’était pas retenue par leurs digues, partout où il n’y apas de dunes. Ses principales chaînes de tnontajnes (Voir les mots ci-dessous pour leur description! sont les Alpes (Khétiques, Noriques, Carniques, Juliennes, Dinariques), les Carpathes, les Sudeten, le Kiesengebirge, le Schwarzwald (Forêt Noire), le Haardt, lo Taunus, rOdenwald, le Hundsrück, lo Rhœngebirge, le Fichtelgebirge, le Thüringerwald, le Harz, le Spessart, l’Erzgebirge, le Mittelgebirge, l’Eifel, le Vogelsberg, le Westerwald, le Bœhmerwald, le Wesergebirge, etc. Les eaux qui descendent des divers versants de ces montagnes s’écoulent : au N., dans la mer Germanique et la Baltique, à TE., dans la mer Noire, au S., dans l’Adriatique. Se jettent ;
Dans la mer Germanique : — le Rhin, Rhcin (Voir p. 110), dont l’Allemagne possède presque entièrement la rive dr., du canton des Grisons k l'angle N.-E. de la France, et les deux rives en totalité de ce point à sa sortie par les Pavs-Bas ; principaux affluents en Allemagne : VAhr, l’Alè, l'Elti, l’Erft, îa Kinsig, la Lahn, la Lippe, le ^fain, la Moselle, la Murg, le Meckar, la Pftnz, la Queich, la Rench, la Ruhr, la Sieg, le Speyerbach . la Wupper-, — l'Ems; principaux affluents; la Hase et la Leda ; — le Weser, formé (Voir K. .58) parla Werra etlaFulda: principaux affluents ;(rA!ler, l’Àue. l’Else, laHunte et la Wumme ; — l’Elbe, qui prend sa source dans les .Sudeten, et reçoit toutes les eaux du
* On trouvera, à la fin de l’article consacré k la capitale de chacun des Etats qui composent la Confédération germanique, un résume de rhistoire et de la constitution de cet Etat.
INTRODUCTION.— APERÇU GÉOGRAPHIQUE, lxxxtu
ftlateau de la Bohême: principaux affluents; l’Adler, TAlater, TEoer, ’Elda, le Havel (avec la Sprée), l’Iser, la Jette, la Moldau, la Mulde, rilmejia, l’Oste, la Saale, la Steckenitt, la Stœhr;
Dans la mbr Baltique fOstsee) : - l'Oder, qui prend sa source dans les Sudeten, près de celle de la Vistule; principaux affluents : le Bartsch, le Bo6er , l’fàna, la. Katzbach, la Klodnitz, la Lohe, la Malapane, la Neiise, l’Œlsa, l'Ohlau, l'Oppa, la Perene, le Schwarxwasser, la Stober, l'Ucker, la Warihe; — la Vistule (Weichsel) : principaux affluents : la Brahe, la Dreicens, la Ferse, la Motlau, l'Ossa;
^ Dans la mrr Noire: le Danube (Donau) CVoir l'Aîiemajne du Sud},
firineipnux affluents': l’Altmii/d,. la Blau, la Brentz, la Drave, l’Ens, ’/nn, l’/IIer, l’Isar, la Leck, la March, la Nab, la Raab, la Regen, ia Salza, la Save, la Womttz;
Dans 1' Adriatique : l’EtSch, qui se déverse au B. dans le Pd.
Sur les 500 cours d’eau que l’on compte en Allemagne, 60 sont navigables. Les principaux canaux qui les relient entre eux où avec d’autres mers sont : le canal Loui.i (Main et Danube) le canal de Vienne (Danube et mer Adriatique), le canal Fredéric-Guillaume (l’Oder et la Sprée), le canal Finoïc (rOder et le Havel), le canal Plauen (l'Elbe et le Havel), etc.
L’Allemagne possède un assez grand nombre de lacs (Seen). La plupart appartiennent à la région des Alpes, dans les bassins du Rhin et du Danube, et à la plaine qui longe la Baltique. Les principaux sont (Foir ces mots): le lac de Constance, le Chieinsee, le Warmsee, l’Ammersee. le Kœnigssee, l’Achensee, le Tegernsee, le 'Walchemsee, le Traunsee, le Hallstœdtersee, la Tollensersee, le Dammersee, le Mœdünsee, le Schwerinersee, le Ruppinersee, etc. ^
Nombreuses et puissantes sont les eaux minérales de l'Allemagne. V. dans ces volumes : Aix-la-Chapelle, Alexandersbad, Alexibad, Altsalza, Altwasser, Antogast, Bade, Baden (près de Vienne), Bertrich, Bilin, Bocklet, Borcette, Brückenau, Cannstadt, Carlsbad, Creuznach, Driburg, Eger. Elster, Ems, Fachingen, Franzensbad, Freien- 'svalde, Gastetn, Geilnau, Geissmar, Gleisweiler, Græfenberg. Griesbach. Hall, Hirschberg, Hombourg, Ilub, Ischl, Kissingen, Kranz, Kreuth, Langenau, Langenschwalbach , Liebensicin, Liebenzell, Marienbad . Mainberg, Meran, Mcrgentheim , Nauheim , Niederselters, Püllna, Pyrmont, Uippoldsau, Salzbrünn, Schandau, Sedlitz, Schlangenbad, Selters, Soden, Tcinach, Teplitz, Wiesbade, ■\Vilbad, etc.
Le climat de l'Allemagne n’est pas aussi varié que les différences de latitude et de hauteur de ses points extrêmes pourraient le faire sup-
goser. Sa température mot’^enne est de -f- 12" cent., les extrêmes sont 0 et-f-22,.’i* pour toute l’ÀHemagne. Son climat parait s'être beaucoup adouci sous l’influence de la civilisation. Avant la conquête romaine, il était plus froid, car, à cette époque, de vastes forêts et d’immenses marais couvraient une grande partie du sol. Il fallait- neuf jours de marche pour traverser dans sa longueur la forêt Hercynienne. La quantité moyenne ds pluie qui tombe dans toute l’Allemagne est de 0,68 cent, par année, dont la majeure partie en été. Le cenf dominant est celui du S. -O., excepté dans la basse Autriche, où le N. -O. est le plus fréquent.
Le règne minéral est fort riche en Allemagne. On y exploite des mines d'orgent (123,000 marcs par an. — Fotr le Harz etl’Erzgebirge); d’or, (182,000 marcs); de cuivre (30,000 quintaux); de fer (3,000 quintaux); de plomb (200,000 qjpintauxj; de mercure, de cobalt, de manganèse, d’étain, d’antimoine; de bismuth, d’arsenic, d’alun, de soufre, de sel
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ITINERAIRE DE L’ALLEMAGNE
{6,000,000 de quintaux nar an>; de bouille, de marbre, de kaolin, de cinabre, de porphyre, de chaux, d’albâtre, d’ardoise, etc. Les principales mines se trouvent indiquées ou décrites dans les pages consacrées ci-dessous aux pays où elles sont situées.
Le règne végétal n’offre rien de particulier. On cultive toutes les céré.ales, tous les fruits, la pomme de terre, la vigne, le tabac, le lin, le houblon. Les arbres les plus communs des forêts sont les pins et les sapins du nord, les chênes et les hêtres dans le centre, les mélèzes et les bouleaux au sud.
Le règne ancmal n’est pas moins varié que les deux autres règnes. On évalues 14,000,000 le nombre des têtes de bétail, à 2,000,000 celui des ciievaux, à 26,000,000 celui des moutons, à 8,000,000 celui des porcs. Le Mecklerabourg et la Holstein fournissent une excellente race chevaline. Les Marches voisines de la Baltique, et notamment la Frise orientale ainsi que la Suisse, offrent une espi-ce bovine remarquable par sa vigueur en même temps que par l’ampleur de ses formes. On trouve plus particulièrement dans l’.Vllemagne centrale, notamment en Saxe et en Silésie, une remarquable race ovine. La ’W’estphalie est justement célèbre pour ses porcs, comme aussi la Saxe prussienne et la Bavière. En fait de gibier, il faut citer le cerf, le chevreuil, le chamois, le sanglier et le lièvre. En fait de carnassiers, on rencontre le loup dans quelques parties de la Prusse rhénane, le lynx dans le Bœhmerwald, et l’ours dans quelques contrées des Alpes. Sur les côtes septentrionales habite le chien de mer, et la loutre dans presque toutes les parties de l’Allemagne. Comme gibier à plumes, on peut citer les perdrix, les coqs de bruyère, les cailles, les canards sauvages, les bécasses, les faisans, les outardes. L’aigle et le vautour abondent dans les Alpes. L’élève des oies et l’éducation des abeilles constituent une industrie particulière au nord de l’Allemagne. La chasse aux alouettes se fait sur une large échelle en Saxe, et il en est de même dans le Thiiringerwald de la chasse aux oiseaux en général. Enfin les fleuves et les rivières abondent en poissons de toute espèce; et on rencontre l’huitre par bancs sur les côtes de la mer du Nord.
LANOUB ET