‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 35 sur 328 · INTRODUCTION.— LANGUE ET LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION.— LANGUE ET LITTÉRATURE

Fichier, Norder, Otto, Mundt, etc., « tiennent le sceptre dans ce royaume de la fable amoureuse » et le même écrivain qui définit ainsi les romanciers femmes nomme « toute une série de Saphos germaniques, » de la célébrité desquelles nous le rendons volontiers responsable. Ce sont Mmes de Droste, Emma de Rindorf, Agnès Franz, Henriette Otlenheimer, Adélaïde de Stolterfoth, Betty Paoli, etc., etc.

Nous mettrons à part de cette liste un peu mêlée la célèbre Betlina d’Arnim, dont l’enfance a reflété la gloire de Goethe, et Rachel de Varnhagen-von-Ense, qui furent,— chacune dans son genre, — des esprits d’élite.

Lesdeux frères Grimm, ces admirables collecteurs d’antiquités littéraires, — que nous avons omis de nommer en leur lieu et place, — ont, de nos jours, des successeurs nombreux, des imitateurs zélés, véritables chercheurs d'or. M. Schnetzler a réuni les traditions badoises; M. Sommer celles de la Saxe et de la Thuringe. C'est en sc livrant à ce genre de fouilles, qu’Auerbach, le conteur de la Forêt Noire, aura rencontré ce gracieux talent que la traduction commence à naturaliser chez nous.

Nous nous perdrions, sans jirofit pour nos lecteurs, si nous voulions les initier, même superficiellement, aux immenses travaux de philologie et d’archéologie qu’ont multipliés en Allemagne les Bœck, les Hermann, les Zumpt, les Bernhardy, les Lassen, les Bopp, etc., etc. De même pour les traducteurs, car aucun pays ne traduit autant que l’Allemagne, où iM. Jules Janiu ne compte pas moins de dix interprètes difl'érents moins heureu.x encore que M. Eugène Sue, lequel en a de dix sept à vingt*. Mais encore faut-il tenir quelque compte des grands travaux qui ont paru en Allemagne sur l’histoire des littératures étrangères, mentionner en courant l'Histoire de la littéralure grecque de Bernhardy, celle de la littérature latine par Bichr, celle de la littérature espagnole par Bouterweek, et les ouvrages éminents d’Eichhorn et de Wachlcr qui ont embrassé l’histoire combinée du progrès de tout le savoir humain et de tous les ouvrages remarquables.

Quant aux historiens, ils se sont multipliés en .\llemagne de manière <à défier l’énumération. Déjà, en 1827, un érudit, M. Ersch, publiant le répertoire de ce qui avait paru, dans son pays, pour les sciences historiques — depuis 17üü seulement — s’était vu réduit à lui consacrer un volume de treize cent quatrevînKt-sept pages, petit texte, sur deux colonnes. Or, depuis 1827, la production historique, loin de s’arrêter, s’est accrue: on peut s’en assurer en jetant les yeux sur les catalogues dressés pour la foire de Leipsick. Celui de Heinrichs, pour le semestre de juillet à décembre 1846, donnait deux cent soix.ante-treize aWîcles d’histoire, deux cent soixante-six de biographie, deux

I ^f. Matler.

* M. Matter. *

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