l’église Sainte-Marie au Capitole
12. le Bayenthurm et le quai. C’est dans cet ordre, généralement suivi, que seront décrits ci-dessous les principaux monuments de Cologne.
Le quai de Cologne, défendu comme ceux de Mayence et de (’oblenz par des murs qui ne sont pas partout pittoresques, offre une promenade encore moins agréable
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que ces derniers, car il est en tout temps, principalement dans les environs du pont, obstrué de marchandises, de voitures, de brouettes, et d’une foule aussi active que malpropre. Du Bayenthor au Thürmchenthor, il a 3,800 pas. En le descendant, on voit d’abord le nouveau port de sûreté {Sicherheitshafen), construit en 1848 et réunissant à la terre ferme l’ancienne lie de Rheinau. Plus loin, au delà du Nagelsthor, du Holzthor et du Rheinthor, se trouvent les embarcadères des bateaux à vapeur. De l’autre côté du pont s’ouvre le port libre IFreihafen], dont les magasinsentrepôts sont toujours encombrés de marchandises. Le plus beau de ces magasins a été construit en 1838 dans le style du Gürzenich.
Ses deux tours sontsurmontées des statues d’Agrippa et de Marsilius.
Enfin, au delà de la porte fortifiée appelée Cunibertus-Cavalier, c’està-dire à l’extrémité septentrionale du quai, s’étend l’ancienport de sûreté, construit en 1810 par les Français.
Pour voir le Rhin, il faut donc aller soit à Deutz, soit sur l’ancien pont de bateaux, soit sur le nouveau pont du chemin de fer plus en aval et qui est devenu une des curiosités de la ville. (Voir ci-dessous.)
La rue Frédéric-Guillaume, qui s’ouvre en face du pont de bateaux, aboutit au marché au foin, (Heumarkt), place sur laquelle se trouve un café, décoré du nom de Bourse. Un peu à l’O. se trouve le Oürsenich ou Kaufha'us (douane), édifice commencé en 1441, achevé en 1474, restauré en 1856, et ainsi appelé du nom de son premiorpropriétaire. Son architecture pittoresque le désigne de loin aux regards. La porte de l’E. est surmontée des statues d’Agrippa et de Marsilius, regardés, l’un comme le fondateur, l’autre comme le protecteur de Cologne. Le rez-dechausséesertd’entrepôt. La grande salle du premier étage a 58 mèt.
33 cent, de long, 23 mèt. 33 eent.
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de large et 8 mèt. de haut. C’est là qu’au moyen âge la ville donnait des fêtes aux ei^ereurs qui venaient la visiter. Frédéric III (1474), Maximilien I"(1486 et 1505), Charles-Quint (1520), y furent reçus avec une pompe fabuleuse. Actuellement elle sert tour à tour de salle d’exposition de tableaux, de salle de concert et de salle de bal pendant les fêtes du carnaval. On n’y remarque guère que ses deux belles cheminées.
L’Hêtel de ville, situé entre le Giirzenich et la cathédrale, est, dit M. V. Hugo, c un de ces ravissants édifices arlequins faits de pièces de tous les temps et de morceaux de tous les styles qu’on rencontre dans les anciennes communes qui se sont elles-mêmes construites lois, mœurs et coutumes, de la même manière. Le mode de formation de ces édifices et de ces coutumes est curieux à étudier. Il y a eu agglomération plutôt que construction, croissance successive, agrandissement capricieux, empiétement sur les voisinages; rien n’a été fait d’après un plan régulier et tracé à l’avance ; tout s’est produit au fur et à mesure, selon les besoins surgissants. 3
Cet intéressant édifice, commencé en 1250 et terminé en 1571, est situé d’un côté sur le Stadthatisplatz et de l’autre sur l’Altmmarkt. 11 est orné au second étage (le porche de laRenaissance), d’une série de petits arcs de triomphe accostés comme des arcades et dédiés par des inscriptions du temps à César, à Auguste, à Agrippa, à Constantin, a Justinien, à Maximilien. Parmi les bas-reliefs sculptés on remarque un homme terrassant un lion. Cet homme se nommait Gryn ; il était maire de Cologne. L’archevêque Engelbert III l’avait, pour se débarrasser de lui, exposé à ce danger auquel il échappa par son courage.
Les habitants, furieux de cette perfidie, s’en vengèrent en pendant à une porte appelée encore
aujourd’hui Pfaffenthor ou la porte du prêtre, le premier prêtre qu’ils rencontrèrent. La grande salle intérieure , où se tenaient les séances de la ligue hanséatique, et qui est ordinairement fermée au public, est ornée de neuf grands tableaux de chevaliers. La bibliothèque Wallraf, léguée à la ville en 1824, y est encore déposée, (1860) en attendant qu’on pui.sse la transférer au nouveau musée.
En face de l’hôtel de ville se trouve la chapelle du Conseil, qui renfermait autrefois le Dombild (voir ci-dessous). Avant l’expulsion des Juifs, elle servait de synagogue. On y a déposé une mosaïque romaine, découverte en creusant les fondations du nouvel hôpital, et une petite collection de vieux tableaux (visibles le dimanche, de 2 à 4 h.). C’est dans sa belle tour, ornée de statues, et construite en 1407, que siégeait autrefois le conseil municipal ; ce conseil tient actuellement ses séances dans le bâtimeht voisin, bâti en 1850.
Au N. de l’hôtel de ville et à peu de distance s’élève la principale curiosité de Cologne, le Dom ou la Cathédrale, dont l’histoire et la description pourraient remplir un volume.
Deux autres cathédrales ont précédé à Cologne la cathédrale actuelle, l’une construite par saint Materne, l’autre fondée en 784 par Hildeboid, le premier archevêque de la ville, consacrée en 873 et incendiée en 1248. La même année, le 14 août, l’archevêque, Conrad de Hochsteden, posa la première pierre de l’édifice actuel à une profondeur de 15 mètres. Déjà l’archevêque Engelbert, comte d’Altona et de Berg, assassiné en 1225, avait conçu le projet de bâtir une cathédrale sur une immense échelle. Quel fut l’architecte qui traça le plan de cette construction , que six siècles n’ont pu achever? Malgré toutes les recherehes faites pour le découvrir, on ne l’a jamais su. Les luttes.
trop souvent sanglantes, qui éelalùrent aux xui* et xive siècles entre la ville et ses archevêques, ralentirent singulièrement les travaux. Cependant le 27 septembre K122, le chœur fut consacré par l’archevêque Henri II, comte de Hirneiiburg. En 1437, la tour méridionale s élevait déjà à'ia hauteur où on la voit aujourd’hui.
Mais les travaux, si souvent interrompus pendant deux siècles et demi, cessèrent complètement à partir do l’année lô09.
Longtemps oubliée et délaissée, la cathédrale de Cologne fut indignement mutilée au xviti” siècle par les chanoines sans esprit et sans goût qui composaient son chapitre. Une espèce de pavillon grec remplaça son bel autel ; ses quatre anges de bronze se transformèrent on cand.élabros rococo j de lourds fauteuils remplacèrent ses belles stalles de pierre ciselée ; on démolit son admirable chancel de pierre pour entourer le chœur d’une grille en fer ; des vitres ordinaires furent substituées aux vitraux de couleur jugés trop obscurs J enfin on détruisit le tabernacle qui était un chef-d’œuvre de sculpture, pour en jeter les débris dans le Rhin.
La Révolution française, qui fit un magasin à fourrages de la cathédrale de Cologne , y commit moins de dégâts que cet absurde chapitre dont elle l'avait du reste débarra.ssé à jamais, et dont tous les membres (bO) étaient, à l’exception de huit, ducsj princes ou au moins comtes de l’Empire, et devaient faire preuve de seize quartiers. Quand le traité de Lunéville eut annexé à la France la rive g.
du Rhin, la cathédrale do Cologne, réduite à l’état do simple église de paroisse, n’eut pour la de.sservir qu’un curé et deux vicaires. Du reste les ravages du temps qui s’étaient joints a ceux des noniincs et qui, depuis des siècles, n'étaient plus réparés, commençaient à inspirer des craintes sérieuses pour la solidité des par-
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ties achevées. La toiture s'etTondrait. Un moment il fut question de jeter bas ces débris qui menaçaient de s'écrouler. 40,000 francs demandés à Napoléon pour les consolider avaient été refusés. L’évêque français d'Aix-la-Chapelle , ücrthollet, félicita un jour les habitants de Cologne de la belle ruine gothique qu’ils possédaient, et leur donna le conseil do l’entourer d'une plantation de peupliers afin d’en rehausser l’ctfet.
M. Sulpice Boisserée, qui rêvait son achèvement dès 1810, la dessina pour en conserver au moins la souvenir. Quand, après les événements de 1814, Cologne fut cédée à la Prusse, une voix s’éleva dans le Mercure du Hltin, en faveur de la cathédrale ; elle no fut pas écoutée. Une nuit môme, la vieille grue placée au haut de la tour inachevée et qui , depuis quatre siècles, appelait en vain les froides et ingrates générations à terminer l’œuvre de leurs pères, tomba de vétusté. Cet accicient eutd’heureuses conséquences. 11 inspira un tendre intérêt aux bourgeois de la ville pour ces ruines qu’ils n’avaientpas même entourées d’un rideau de peupliers. Cotte grue, ils étaient accoutumés à la voir ; ils ne purent pas s’en passer. En 1819 le conseil municipipal vota des fonds pour la rétablir.
Cependant le prince royal dfi Prusse, Frédéric-Guillaume IV, étant venu à Cologne, avait été.
touché à la vue oe cette cathédrale inachevée et ruinée. Le roi, Son père, cédant à ses sollicita tiens, résolut d’entreprendre les réparations les plus urgentes, qui, de 1820 à 1810. absorbèrent plus de 300,000 thalors. Enfin, lors do l’avénement de Frédéric-Guillaume IV, une société, le Dotnhauverein, patronnée parle nouveau souverain, se forma à Cologne, non plus seulement pour l’entretien, mais pour l’achèvement de la cathédrale. De tous cétés les dond allluèrent, le roi s’imposa pour une somme annuelle do 50,000 th., et
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le 4 septembre 184i eut lieu la seconde fondation de la cathédrale, fûte magnifique dont Cologne ne perdra point le souvenir. Depuis lors, les travaux, dirigés par M Zwirner d'apri s le plan primitif, ont été conlinués sans interruptioDî ils ont absorbé plus d’un million de tlialers (la dépense totale a été évaluée à 5 millions do thalers). Le chœur est terminé; les transsepts sont achevés, les piliers intérieurs de la nef, consacrée en 1848, le sixième anniversaire de la fondation, de l'édifiee, s’élèvent à toute leur hauteur; on travaille activement il la vodte et aux tours.
On prétend qu’en moins de quatre ans le dôme, moins les tours, sera complètement achevé, La société centrale, qui compte do nombreuses associations correspondantes, a pour organe un journal appelé le Domblatt, chargé do stimuler le zèle des catholiques de tous les pays, dont les souscriptions sont nécessaires à l'achèvement de ce monument.
D’après la légende, la cathédrale de Cologne no doit point s’achever. Voici pourquoi. L’archevêque Conrad avait rejeté tous les plans qui lui avaient été présentés. Un jeune architecte do Cologne, désolé de n’avoir point réussi à faire agréer son travail, rflla se promener sur les bords du Rhin pour en finir avec la vie.
Avant de se jeter dans le fleuve, il essaya, mais en vain, do crayonner une nouvelle esquisse. Tout il coup le diable, lui apparaissant sous les traits d’un vieillard, lui offrit le dessin do la cathédrale actuelle, en échange de son àme.
Le jeune homme n’osa ni accepter ni refuser, et demanda vingt-quatre heures pour réfléchir. Le lendemain, au moment où l’esprit du mal lui montrait de nouveau son plan enlui rappelantles conditions de la veille, il le lui arracha, et, tirant en môme temps de dessous ses vêtements une relique de sainte Ursule, il en frappa .Satan au front.
Le diable vil bien qu’il était joué,
mais il s'en vengea. « C’est une ruse d’église, s’écria-t-il, la captiiédralc que tu me voles ne sera jamais achevée et ton nom restera inconnu. > En effet il avait déchiré avec sa griffe, en prononçant ces mots, une partie du dessin. Peu de temps après, le jeune architecte mourut de chagrin, car il ne put jamais réparer ce dégât et reconstruire sur le papier la partie qui manquait.
La cathédrale de Cologne, quia la forme d'une croix, s’élève à 18 mèt. au-dessus du Rhin, sur une éminence qui du temps do la domination romaine formait l'angle N'.-E. du castrum. 8a longueur totale est de 51 1 pieds de Cologne ; — c’est la hauteur que devraient avoir ses tours si elles étaient terminées.— Sa largeur à l’entrée est de 231 pieds: c’est aussi la hauteur du pignon antérieur. Enfin la hauteur intérieure du chœur égale la largeur de la partie inférieure de l’église, ICI pieds. Tous ces chiffres sont divisibles par le nombre sacré sept.
A Ve.vtérieur, le chœur et le portail méridional attirent surtout rattention des connaisseurs. Le chœur s’élance d’une forêt de piliers qui y sont rattachés par une double et
uadruple rangée d'arcs-boutants
estinôs à soutenir l'énorme fardeau du toit. Chacun de ces piliers est comme une église en miniature.
Ils ont la forme d’une croix et se composent do quatre flèches avec une autre flèche placée au centre, et toutes terminées par des bouquets de fleurs. Le côté 8. en est beaucoup plus orné que le côté N.
Diverses explications ont été données de cette différence. D'après .M. le professeur Kreuser, « dès les premiers temps du christianisme le côté N. a eusa signification particulière, de même que le côté S.
Lo premier est celui des évangélistes qui ont exprimé la vérité simplement; le second est celui dos prophètes qui l’ont revêtue de figures et d'imagos orientales.
Aussi les femmes, auxquelles il
était prescrit de ne point se -charger d^ornements superflus, se rangeaient du côté N., et les hommes, qui n’étaient point soumis aux mêmes restrictions, occupaient le côté S. » Une assez vaste place, ménagée récemment derrière le chœur, permet de le contempler dans toute sa splendeur. Les basreliefs du portail méridional ont été modelés et sculptés par Mohr sur les dessins de Schwanthaler.
Le portail méridional est également beaucoup plus richement décoré c\ue\e portail septentrional. Les tours son t restées à peu près dans le même état où elles étaient lors de la cessation des travaux. La plus élevée, celle de la Grue, a env. 60 mèt.
de hauteur. Elle renferme les cloches.
L’mtmeur de la cathédrale de Cologne, surtout le chœur, est plus intéressant à visiter que l’extérieur. Le chœur, ouvert de 6 h.
à 10 h. du matin, et de 3 h. h 3 h.
1/2 dans l’après-midi, reste fermé à toutes les autres heures de la journée. Mais on peut y entrer et y voir le Dombild moyennant 15 sgr. (de 1 à 5 pers.). Si l’on veut voir le trésor et la châsse des trois rois, il faut en outre payer 1 th.
15 sgr. (de 1 à 5 pers.) pour l’achèvement de l’église. 15 sgr.
(de 1 à 5 pers.) sont exigés en sus, de ceux qui désirent visiter les ateliers de sculpture et monter dans la galerie extérieure du chœur, d’où l’on découvre une belle vue. Comme il est défendu de circuler dans l’église pendant le service, l’heure de 8 à 9 est la plus favorable pour la visiter sans frais dans tous ses détails.
N. B. D’importuns commissionnaires poursuivent les étrangers jusque dans l’église; leursservices sont inutiles.
L’ensemble admiré, on ne doit as manquer d’aller contempler ans le bas-côté méridional les vitraux de couleur offerts, en 1848, à la cathédrale, parle roi Louis de llavière. t’es vitraux, bien supérieurs à ceux du bas-côté septen-
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trional qui datent de 1508, représentent la Prédication de saint Jean-Baptiste, l’.ânnonciation, la Naissance du Christ, la Cène et la Mort du Christ, la Remise des clefs à saint Pierre et la Descente du Saint-Esprit, la Lapidation de saint Étienne. Ils ont été exécutés d’après des dessins de H. Hess, J. Fischer et J. Hellweger.
Rien de plus gracieux, de plus léger, de plus saisissant que le chœur vu à l’intérieur. Les richesses y abondent. Le catalogue en serait trop long. On y remarque surtout, outre les tombeaux de toutes les formes qui ornent ses sept chapelles :
1“ Les vitraux de couleur que le duc de Brabant, Jean , et le comte Dieterich de Clèves ont fait peindre en 1288 , après la bataille do Worringen;
2° Les douze statues des Apôtres et celles du Christ et de la Vierge qui ornent les quatorze piliers , échantillons curieux de la sculpture au moyen âge ;
3” Les fresques restaurées ou peintes par Steinle en 1844 ;
4“ Les stalles des chanoines derrière lesquelles pendent des tapis brodés ;
5" Dans la troisième chapelle, le tombeau restauré de l’archevêque Conrad de Hochsteden , le fondateur du Dom (•}• 1261) ;
6° Dans la chapelle du milieu, la châsse des trois rois mages , « assez grosse chambre de marbre de toutes couleurs fermée d’épais grillages de cuivre ; architecture hybride et bizarre où les deux styles de Louis XIII et de Louis XV confondent leur coquetterie et leur lourdeur. Trois turbans, mêlés au dessin du grillage principal frap-
fient d’abord le regard. On lève es yeux, et l’on voit un bas-relief, représentant l’Adoration des Macs sous lequel on lit ce médiocre istique :
Corpora sanclûnim reeubant hic terna Magorum, Ex his sublatum nihtl est alibiru locatum.
A travers le grillage jalouse-
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ment serré , derrière une vitre obscure, on aperçoit dans l'ombre un grand el merveilleux reliquaire byzantin en or massif, étincelant d’arabesques, de perles et de diamants Des deuxcétésdu grillage
vénéré, deux mains de cuivre doré sortent du marbre et entr’ouvrent chacune une auménière, au-dessous de laquelle le chapitre a fait graver cette provocation indirecte ; Et apertis thesauris suis abtulerunt ei munera. Vis-à-vis du tombeau brûlent trois lampes do cuivre qui portent les noms des trois rois mages : Gaspar , Melchipr , Balthazar. > Le Rhin.
D’après la tradition , les corps des trois mages avaient été retrouvés dans l’Inde par Hélène , la^ mère de Constantin , qui les emporta à eonstantinople. Abandonnés au temps de Julien l’Apostat , ils furent de nouveau vénérés et invoqués sous le règne de son successeur, puis donnés à Eustargiu», évêque de Milan. Frédéric Barberousse , s’en étant emparé on 1163, en fit cadeau à Renaud de Dassel, l’archevêque de Cologne, qui l’accompagnait. On montre par des ouvertures leurs crânes, couronnés de diadèmes d’argent doré. Leurs noms sont écrits en rubis au-dessus de ces ouvertures.
Outre leurs corps , la châsse contient ceux de saint Félix, de saint Nabor et de saint Grégoire de Spolète. Quand les chanoines quittèrent la ville de Cologne , avant l’occupation française, ils emportèrent cette châsse dans le couvent d’Arnsberg , en Westphalie , avec les autres trésors du Dom. A leur retour elle était dépouillée de ses plus riches ornements. Ces dégâts, nécessités par des besoins urgents, ont été en partie réparés depuis , râce à la générosité des habitants e Cologne , et , malgré un vol commis en 1830, on assure que la châsse des rois mages vaut encore aujourd’hui 2,000,000 de thalers.
Devant cette chapelle des trois Mages se voit une pierre de marbre, sans inscription , qui recouvrait
autrefois les restes de Marie de Médicis , veuve de Henri IV; et mère de Louis XIII, morte à Cologne en 1642 , dans l’exil et la misère. Cette pierre ne recouvre plus aujourd’hui que son cœur et ses entrailles , son corps en ayant été retiré et transporté dans les cayeaux de Saint-Denis, consacrés à la sépulture des rois de France.
En face, derrière le maître autel , est le tombeau de saint Engelbert I*'', qui songea le premier à reconstruire la cathédrale de Cologne.
7” Dans la cinquième chapelle (de Saint-Agnès), le Dombild et le monumentfunéraire de sainte Irmgardis , comtesse de Zütphen ( •}• 1100). Le Dombild , qui ornait avant 1810 la chapelle de l’hêtel de ville , représente , quand il est ouvert, au milieu, l’Adoration des trois rois , et sur les volets , saint Géréon, avec ses compagnons, sainte Ursule , avec ses compagnes ; quand il est fermé , l’Annonciation de la Vierge ; il porte la date de 1410. L’auteur de ce remarquable tableau est resté inconnu; mais on est généralement d’accord pour l’attribuer à maître Etienne Locherer de Cologne, l’élève de maître Guillaume.
8” Dans la 7' chapelle ( Notre- Dame) un nouvel autel gothique avec le grand tableau d’Overbeck représentant l’Assomption de la Vierge. Il a été placé le 25 mars
La Schatikammer,ou la chambre du trésor, — il faut, pour y aller, traverser la sacristie, où l’on conserve dans de vieilles armoires les ornements sacerdotaux — renferme , entre autres curiosités , dont l’énumération serait trop longue , la châsse de saint Engelbert (103.5), des ostensoirs, des croix , des bâtons pastoraux, des crosses, des calices, le glaive de la Justice que l’électeur de Cologne portait à Francfort , lors du couronnement des empereurs, des sculptures sur ivoire , exécutées par le célèbre sculpteur Melchior Paul ,
de l^Oë M733, la croix arcliii^piseopale , haute de 2 mèt. 33 cent., une paix d’or massif, etc. A cclté de cette salle se trouve celle du chapitre, ornée des portraits de la plupart des archevêques, et vis-àvis de laquelle on remarque l’entrée des prisons de l’inquisition , appelées trous de Saint-Pierre. •
En face du portail N. du Dom , Trankgasse n“ 7, on peut visiter le musée Wallraf , collection de tableaux et d’antiquités, ouverte au public le dimanche de 10 h. à midi 1/2 et de 2 à 4 h. On le visite les autres jours moyennant une carte d’entrée qui coûte 10 scr. Ce musée doit être transporte prochainement dans le nouvel édifice, élevé par l’architecte Felten, près de l’église de l’Université', auquel M. Richartz , bourgeois de Colo-
ne, a contribué pour une somme
e 130,000 thalers. 11 fut légué à sa ville natale par le professeur Wallraf et contient des marbres antiques, des mosaïques, des sculptures, des statues, des bustes , des peintures, des antiquités romaines, des vases étrusques, des lampes, des idoles, et un cabinetnumismatiquetrès-riche et très-intéressant.
On y remarque surtout :
Dans les chambres au ree-de-cKaussée, à gauche : des antiquités romaines ; un sarcophage, une Méduse, Jupiter Ammon, Junon, des buste.s d’empereurs et de généraux, Caton, Brutus, Crassus, Oermanicus, Agrippine, Cléopâtre, Vitelliua, Vespasien, Titus; à droite: des armures et autres objets curieux du moyen âge, entre autres une cuirasse de Jean de Wert et l’armure de l'évèque Bernard deGalen.
Au l" étage, des tableaux : au-dessus de la porte, une chasse aux lions , de Sim. Meitter,
1" cliambre : Près do 20 tableaux do 1 ancienne école de Cologne, la plupart sur fond d’or : le Christ crucifié, Marie et les apôtres, de maître Guillaume. Marie et l’enfant Jésus, sainte Barbe et sainte Catherine, du même. Le Jugement dernier, de maître Étienne. Vn Crucifie.
. COLOfiN'E. [Rol'tb 1.)
ment avec les larrons et beaucoup de figures.
2« chambre : La mort de Marie ; Descente de croix, de Schoreeî ; Descente de croix, lYIsraël Je Heckenheim; Musiciens ambulants, deDiirrr; Jésusetsaint Jean, de ürunach. Quelques portraits, de Uolbein. La naissance du Christ, de Memling.
8" chambre : Ravissement de saint François, de Seghere.
P chambre' Cimon, nourri par sa famille, de G. Réni. Portrait, du Titien.
Sainte Famille, de Corrige. Deux têtes, de P. Vironè.<:e. Un homme qui Ht, de Tintoret.
chambre : Un homme Agé qui Ht, de G. Flinck. Plusieurs portraits, de l'an Dyrk et de son école. Ravissement de saint François, de Ruben»,
fi' chambre : Portraits, parmi lesquels se trouve celui de Wallraf, par Mengelberg.
7“ chambre i Elle contient, outre Un grand tableau de HonJekoeter , une Parade en présence de riiéritier jirésomptif de Prusse, depuis Fréd. Quill. IV, peinte en 18;M, par Sim. Meisler.
8' chambre: Tableaux modernes :
Une cour de couvent, par la neige, de Lessing. Le prince Eugène à Belgrade, de Camphausen. Un paysage, de Van der Egckai. Uue ville hollandaise, do do Éoter.
9' chambre: Les Juifs captifs à Babylone, de Bendemann.
C’est aussi pour ce Musée que .Steinle, élève de Cornélius, a composé de beaux cartons, dont le principal représente les deux plus grandes époques du christianisme sous Constantin et Charlemagne.
Près du musée Wallraf se trouve le Jardin botanique avec la TrinkhaUe , où l'on peut se procurer des eaux minérales artificielles.
L’Eglise des Jésuites ou de l’Assomption, située derrière le musée Wallraf, date de 163«. Comme toutes les églises bâties par cet ordre, elle est surchargée d’ornements. On doit une mention particulière aux bas-reliefs et atix
■ .oo^k
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arabesques de la table de communion, cnef-d’nauvre d’un jésuite, à la chaire et au maltro'autel. Ses cloches ont été fondues avec les canons pris par Tilly à Magdebourg, et dont Tilly’lui fit présent. Elle possède la crosse de saint François - Xavier , apétre des Indes, et le rosaire d'Ignace Loyola. ' Le vestibule du séminaire (près de l'église des Jésuites), est orné d'un beau monumenf en marbre, élevé à la mémoire du commandeur de l’ordre Teutonique,de Keusohenberg (•{■ 1603).
Entrt? l’église des Jésuites et le ort de sûreté, mais près du quai u Khin, se trouve l’Eglise de Saint-Cunihert, commencée et consacrée en 1248 par l’archevêque Conrad. Elle occupe la place d’une église biUie en 633, par l'archevêque dont elle porte le nom.
C'est une église du style byzantin qui s’alliait à cette époque au style moresque. Ses vitraux, les plus anciens qu’il y ait à Cologne, excitent l’admiration des connaisseurs. Sa petite porte latérale offre un heureux mélange de l'art oriental et de la forme gothique.
La façade a été restaurée. La tour qu'on y a ajoutée n’a d’autre mérite que d’être grande.
A peu de distance de l’église des.Iésuites, en remontantla place oui sépare laMarzellen Strasse de l’Eigelstein Strasse et la rue qui s’ouvre à dr., on trouve l'Eglise de Sainte-Ursule. L'époque de sa construction est inconnue. L’empereur Henri II, surnommé le Saint, passe poür l’avoir déjà restaurée. Le cnœur et la tour, qui est surmontée d'une magnifique couronne, sont des constructions modernes. On y voit, à gauche du cjiœur, le tombeau de sainte Uritule (16Ô8), sa statue toute en albâtre avec une colombe k ses pieds, et les reliques do ses compagnes, enfermées dans des reliquaires dorés.
D'après la légende, sainte Ursule était la fille d’un roi d'Angleterre. Elle alla d’Angleterre à
Rome escortée do 11,000 vierges.
Le pèlerinage accompli, elle revenait dans son pays en descendant le Rhin, lorsqu’elle fut arrêtée à Cologne par les Huns, qui la massacrèrent avec toutes ses compagnes sans exception, parce qu’elles refusèrent de violer, en faveur de ces barbares, leur voeu de chasteté. Cette légende est représentée dans une série de tableaux plus que médiocres placés coptre-Ie mur, à dr. de l’entrée.
A g. (par le portail du S.) on remarque dix vieux tableaux peints sur ardoise, et représentant les apôtres. Un de ces tableaux porte la date de 1224.
En allant de l’église Sainte-Ursule à l’église .Saint-Géréon, on peut visiter (voir le plan), à dr., la Nouvelle maison de détention (Arresthaus), bâtie en 1838 d’après le système cellulaire. A g., se trouvait le théâtre, incendié en IH.'i!) par la foudre; le Palais de justice (.âppellhol), bâti en 1824, et assez semblable à une gare de marchandise ; le Palais du gouvernement ou de larégence (Regierungsgebæudel, construit en 1830 par Biercher, et l’arsenal (Zeughaus) qui date de 1601. Saccagé du temps de la domination française, l’arsenal contient actuellement peu d’objefs curieux.’ Scs fondations reposent sur l’ancien mur de la ville, do construction romaine. A peu de distance on remarque la partie inférieure d’une vieille tour d’origine romaine, mais reconstruite en partie sous les Franks, le Clarenthurm, qui formait de ce côté la limite de la ville. Enfin, dans la rue conduisant à Saint-Géréon, entre la maison de détention et le palais de la Régence, s’élève le palais épiscopal, autrefois l'hôtel Zuydwick, entouré d’un beau iarclin. On a élevé en 18.')7, devant l’archevêché, un pilier gothique surmonté de la vierge, en mémoire de la proclamation du dogme de l’Immaeulée Conception. Le plan du monument est dû il l’architecte .Stalz.
h’Eglise de Sainl-Ge'reon ou des martyrs de la légion thébaine est bâtie, selon l'a tradition, k l’endroit où en 286, sous Dioclétien, saint Géréon fut égorgé avec ses compagnons de la légion thébaine qui aimèrent rnieux , k son exemple , mourir que de renier leur foi. L’impératrice Hélène avait élevé à la même place une basilique remplacée au commencement du XIII' siècle (1212-1227) par l’église actuelle qui a été réaréc en 1434 0tl683. De la vieille asilique déjà rebâtie et consacrée en 1069 par l’archevêque Hanno, il ne reste probablement que les cryptes et des fondations.
Cette église, très- intéressante pour les architectes, se compose d’une grande salle décagone d’où l’on monte, par un escalier élevé, dans un chœur. long et rectangulaire que termine une abside flanquée de deux tours carrées. L’architecture de la coupole présente un mélange harmonieux des styles byzantin, moresque et gothique.
La sacristie, de style ogival, . date probablement du xiv' siècle. — N.
B. Le sacristain laisse entrer, de 1 k 3 pcrs., moyennant le payement de 10 sgr.
De l’église Saint-Géréon k l’cghse des Apôtres la distance est courte. Commencée en 1020, achevée en 1035, incendiée en 1098 et 1199, rebâtie en partie dans les premières années du xiii' siècle, l’église des Apôtres ne peut manquer d’intéresser les architectes et les antiquaires. Le chœur, le transsept oriental, la coupole octogone, les deux petites tours, la partie inférieure de la nef et la grande 'tour sont des débris de la première construction ; le transsept occidental et la partie supérieure de la nef datent au contraire du XIII* siècle. Ses trois absides ou coupoles semi-circulaires, partagées en deux étages de cintres, surmontées par une petite galerie byzantine, et adossant leurs combles k trois hauts frontons, ses deux tourelles, son
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dôme octogone, couronné d’une lanterne, son clocher, transporté sur le frontispice, donnent k celte église un aspect tout particulier qui rappelle Sainte- Sophie de Constantinople. On remarque k l’intérieur une Assomption de la Vierge, par Hülsmann; le Martyre de sainte Catherine, par Pottgiesser, et saint Michel, par MCngelberg (1839).
Près du Neumarlct, k l’extrémité occidentale duquel s’élève l’église dos Apôtres, se trouvent groupés des casernes d’infanterie, la poste, la banque royale et le Krankenhaus (hôpital) , achevé en 1846 (entrée dans l’après-midi pour 5 sgr.).
A l’E. du Krankenhaus l’église Saint-PierrejVTesque contiguë k l’églisc Sainte-Cécile, dont la construction remonte k l’an 1200, renferme le beau tableau que Rubens peignit pour cette église, où il avait été baptisé en 1577. Ce tableau, qui orne le maître autel de marbre construit en 1324, avait été transorté k Paris en 1794. 11 a été renu k la Prusse en 1814. Dans l’intervalle on l’avait remplacé par une copie. Pour voir l’original il faut payer 15 sgr. au sacristain, qui exige 5 sgr. en sus si l’on veut voir aussi les peintures de Lucas de Leyde et d’autres maîtres de l’ancienne école allemande , dont un vieil autel en bois sculpté avait été décoré. — N. B. Les vitraux de couleur de Saint-Pierre méritent une mention ; ils datent de 1528- 1530, et représentent : le Christ portant sa croix, la Crucifixion, la Descente de la croix.
En descendant de l’église Saint- Pierre k Sainte-Marie du Capitole par la Sternon Strasse, on passe devant la maison Ihach ou Jdbach (n“ 10), où naquit Rubens en 1577, et où mourut Marie de Médicis le 3 juillet 1642. Le médaillon de Rubens (ouvrage moderne) orne' le dessus de la porte d’entrée. Une inscription placée sur la porte dit que Marie de Médicis avait fait beaucoup de présents kla villemais que « l’tmpeiueuse révolution» les
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a, en grande partie, dispersas.
Santa-Maria di Capitolio, — la
plus ancienne des églises de Cologne,— est ainsi appelée parce qu’elle occupe l’emplacement du Capitole des Romains. Elle a été construite en 700 par Plectrude, épouse de Pépin d’Héristal et mère de Charles Martel , qui fonda à côté un couvent de cnanoinesses.
« Si l'on ajoutait foi aux traditions vulgaires , le chœur, que l'on voit encore aujourd’hui dans cette église, serait contemporain des commencements de la race carlovingienne. Cette opinion est démentie parla tombe môme de Plectrude, dont l’elligie sépulcrale, sculptée dans un style étranger à tout le reste de la construction, n’a pu être encastrée qu’à une époque assez récente dans le mur extérieur »e l’abside. » L’édifice actuel, du style roman, doit avoir été bâti en grande partie vers l’an 1000. Il a été restauré en 1818 (le portail et le chœur en 1850), et orné de vitraux de couleur. Ûutre le tombeau de sa fondatrice ,^H»ossède un tableau d’autel d’floert Durer (?). Ce tableau , po|P en 1521, et placé dans une cna^lle à gauche du chœur, représente d’un côté Morte mourante et environnée des apôtres , et de l’autre la dispersion des apôtres. Dans la chapelle opposée, — la chapelle de Hardenrath, — on remarque d’antiques peintures sur pierre, par Israël de Meckenheim. On y voit encore un Miracle de Saint-Martin par Lebrun, les portraits du bourgmestre Hardenrath et de sa femme par Geldorp mort en 1618 à Cologne, etc.
Les magnifiques ciselures sur
f lierre de la tribune de l’orgue et es vitraux de couleur, méritent aussi de fixer l'attention du visiteur- La tour a été bâtie après 1037 , l’ancienne s’étant écroulée cette année-là. Il ne reste aucun vestige du couvent.
Les autres églises de Cologne qui peuvent intéresser les antiquaires sont :
Le Grand- Sain^Martin (près du Allem. du n.
port libre), consacré en 1172. Sa liante tour est du commencement du XVI' siècle. On doit eu restaurer l’extérieur et l’intérieur ; il possède d’anciens fonts baptismaux et une chaire moderne.
S aint-Panlale'on (près de l’ancien embarcadère du chemin de fer de Bonn). Sa fondation date de 670.
En 950, l’archevôque Bruno, frère de l’empereur Othon le Grand , fit bâtir cette église et l’abbaye du même nom avec les pierres du pont jeté par Constantin sur le Rhin. On voit sa tombe devant le chœur. A dr. du maître-autel est celle de l’impératrice Théophanie, épouse d’Othon II ; à g., celle du comte Hermann de Züiphen, abbé du couvent (toutes deux du siècle dernier). La belle sculpture gothiue que l’on remarque au-dessous e l’orgue a été restaurée. Depuis 1819, cette église, la plus ancienne église chrétienne de Cologne, mais dont la majeure partie date de 1622, est devenue le temple de la garnison protestante.
Saint-Georges, bâtie de 1060 à 1074.
Le chœur est plus élevé que la nef.
On y remarque une crypte et un baptistère de 1200.
L’église des Minorités (Minoritonstrasse), édifice gothique du milieu du xm* siècle , récemment réparé par le conseiller de commerce Richartz,lemême qui afait construire le nouveau Musée. Cette église renferme le tombeau de Duns Scott (t 1308).
L’église de Santa-Maria in Lyslârchen^lprks du Rhin) , où l’on voit un tableau -de Beckenkamp (l’Ensevelissement du Christ), copie d’un ancien tableaude J.dcMabuse;
L’église de Saint-Séverin{hors de la ville), bâtie au milieu du iv' siècle par l’archevôque Séverin, mais reconstruite en grande partie au commencement du xi'siècle et récemment restaurée à l’intérieur.
Parmi les tableaux, généralement sans valeur, on distingue une Cène de de Bruyn, peinte en 1.5.36. Le clocher de sa haute tour attire de loin les regards.
5(J DE PARIS i
Parmi les autres édifices de Cologne qui méritent au moins une mention, il ne faut pas oublier:
1“ le Tempelkaus (Rliein -Casse., n° 8), l’ancienne inaiso;i de l’ordre des Templiers, bAtie à la fin du XII' siècle ou au eommenèenient du xiiie, et restaurée en 1840. Elle sert actuellement de llourse (A 3 li.) et de lieu de réunion pour la Chambre du ooromerce, la Société do navigation, etc.; 2°la iVotivede Synagogue, au S. du nouveau Musée; 8" l’ancienns gare d'Aûr-la-Chapelle qui, dit-on, doit être transformée en Ecole polytechnique aux frais du conseiller Kichartz ; le nouvel hépital civil, comprenant l'hospice des aliénés.
GoUeoUons parUoDliéres.
En fait de collections particulières, on cite celles de MM. : le D' Dormagen, Johannis Strassc (tableaux des peintres de Cologne);—Haon; Eulogiusplatz (une Crucifixion de Lucas de Leyde) ; — âferîo,Unter Fettenhennen (madones de 'Van Eyck, Mabuse, Cranach, tableaux de Q. Messys, de de Clappis (1516), de B. von Orley, de Fra Bartolomeo, de Paul Veronèse, d'Andrea del Sarto, de L.
Giordano, de Holbeih, portraits de Rembrandt, Van der Ilelst, Maas, etc.); — Oppenheim, Buden Gasse (tableaux de Velasquez, Van Eyck, Guerchin, Salvator Rosa);
• — Jos: Essingh, Neuinarkt (tableaux de Luini, Zuccaro, Paul Veronèse, Caravage, AlbertDürcr, Breughel, A. van der Werf^ etc.).
— Weyer, Rothgerberbacli., n" 1 (344 tableaux de : Rubens (Ste-Famille), Oiorgone, Carrache, Messys, B. von Ürley, JordaenSj.Molenaer, etc.), etcelles do MM.Gei/er, Zonoî», Bourel, Engel , Clave von Bonhaben, Maria Abiasz etc. — L’expoiition permanente des tableaux ( Glockengasse, 13, près de la poste, renferme un grand nombre de tableaux modernes des dcoles de Berlin, Düsseldorf, Munich et Bruxelles. Entrée : 5sgr. — Autre exposition chez M, longer, Budengasse.
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Le gymnasedes.Tésuites, c’èst-àdiro le gymnase catholique, possède une des plus importantes bibliothèques de Cologne. Elle se compose de 64,u00 volumes, parmi lesquels se trouvent près de 2,000 incunables, 2.50 éditions des Aides, et une foule de précieux manuscrits.
Industrie et commerce.
Les principales branches d’industrie exploitées à Cologne sont :
le raffinage du sucre de betterave, la fabrication des étoffes de soie et de coton (1,200 ouvriers); la fabrication des machines ii Bayenthal (6.50 ouvriers), la bonneierie, les manufactures de tabac, la chapellerie , la fabrication de blanc do céruse et de la colle-forto, la fa’iencerie, la broderie et la fabrication des dentelle*", etc.; ladraperie, autrefois si importante, y est aujourd’hui réduite k quelques métiers. On y fait un commerce actif de fer et de houille. Avant toi^. Cologne doit sa réputation ind^ptrielle k l'eau qui porte son nom, et qui y occupe vingt-quatre fabriques. Le descendant direct de Jean-Marie Farina, l'inventeur de cette eau si connue (1670-1680), demeure en face du .Tülichsplatz.
Mais il y a k Cologne plus de vingt maisons du même nom. La fabrique de M. Zanoli (Hoch-Strasse) mérite aussi d'être recommandée.
Une caisse de six flacons coûte 2 th. 6 sgr.
Promenades et excursions.
Avant la construction du nouveau pont du chemin de fer, le pont de bateaux qui unit Cologne k Deutz était la promenade la plus fréquentée de Cologne. Ce pont, soutenu par trente-neuf pontons, a 460 mètres environ de longueur, Le I^ont fixe , construit sous la direction de l'architecte Lolide, a été inauguré en 1859. Il repose sur trois piles et deux culées, et se continue dans Cologne par deux travées en fer jetées sur
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le quai ; là il se bifurque : lluii, de ses bras, supporté par dix arches, mène à la place sitqée derrière le dôme; i’aulre, biais et courbe, et conipusi- de seize arches en pierre, de deux grandes arches en 1er, sur la rue, aboutit à la grande station.
I.e tablier est formé de deux tubes, l’un pour les convois, l’autre pour les voitures et les piétons, ayant ensemble une largeur de 17 mèt.
Pour en rendre les abords plus faciles. on a détruit ce qui restait de l’ancienne enceinte romaine. Bientôt le pont fixe sera orné de deiix statues équestres. Quant U cqIIc de Frédéric-Guillaume ill , par Blæser et Dorn, il est question de la placer sur le N'euniarkt.
Deutz (Hôt. : Bellevue , Prince- Charles), la tête du pont dé Cologne, le castrum Divitensium ou Tuitium des Humains, est uné ville très-ancienne. Au dire de certains historiens, elle doit son origine à un chAtcau qu'y bâtit Constantin le Grand, et que l’archevêatie Bruno fit détruire avec le pont de pierre, en 955, pour agrandir l’église et construire l’abbaye de Saint-Pantaléon. Pendant lëursdémélésavec la bourgeoisie de Cologne, les archevêques s’y fortifièrent. Détruite en 1370 jiar cette bourgeoisie victorieuse. reconstruite depuis, prise et saccagée enlC33 par les Suédois, elle s’est relevée peu à peu de ses ruines, mais elle n'a été refortifiée i|U’on 1816. Le gouvernement prussien y a fait construire de grands ateliers d’artillerie. Son ancienne abbaye de bénédictins, fondée en 1001, est actuellement une caserne de cavalerie.
Deutz est très-fréquentée par les habitants de Cologne et par les étrangers qui visitent cette ville.
On va, surtout le soir, dans les jardins dos hôtels Bellevue et du Prince - Charles , entendre de la musique en s’y rafraîchissant, et jouir de la belle vue sur le Khin et sur la ville. Parmi les édifices qui dominent ses maisons, on remarque, en portant le regard du S. au N., le Bayenthurm, Saint-
Séverin, Saint-Martin, Saint- Géréon, la cathédrale et Saint-Cunibert.
Une industrie particulière k Deutz est celle de la peinture .sur porcelaine. Le principal établissement de ce genre est celui de Bruckmann et fils.
Dans le charmant village voisin de Kalk, on voit une statue de la Vierge, qui attire de nombreux pèlerins.
On peut aussi faire le tour des fortifications de Cologne, dont les glacis sont plantés de beaux arbres, en longeahtle portde sûreté, près du village de Mclalen, ou aller visiter le cimetière (30 min. du Hahnenthor sur la route d’Aix-la- Chapelle, beaux monuments funéraires, belle vue), et la pépinière de la ville, porte de Saint-Géréon.
La grande garç des marchandises doit être construite dans le voisinage de la porte de .Saint-Géréon et réunie par son embranchement à la gare centrale.
Une excursion plus éloignée est celle de l’église de l’Abbaye d’Altenberg (5 h. au N.-E.) située dans la charmante v.illée de la Dhün, et récemment restaurée dans sa splendeur première. La diligence, qui va tous les jours de Cologne h Lennep, passe h Strasserhof, relais de poste situé à 80 min. de cette église— un des beaux monuments gothiques de l’Allemagne — qui fut achevée en 1255, le chœur en 1379 (l’abbaye avait été fondée en 1133 par le’ comte Eberhard de flergl, incendiée en 1815 et restaurée depuis 1835. Elle contient, entre autres monuments funéraires, ceux des comtes d’Altena, des comtes eldes ducs de Berg.
De Deutz à Siegburftet Alteiikirchen, R. 39;— k Cohleiitz, R. 38;— k Franufiirt, R. 39 ou 38, 18 ou 17 et 14;— à Düsseldorf, K. 12 ou 13, 47 et 49;— à Nimègue, K. 17;— k Elberfeld, H. 43 et .'19;— à Mimlen, H.siiovre, Brunswick, Magdebourg, Berlin, eter, R. 49; — k Marhurg, route 41 et 76 ; — k Trêves, 80.
DE PAKIS A