‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 43 sur 328 · C.^FKS et confiseurs-pâtissiers · texte numérisé non relu

C.^FKS et confiseurs-pâtissiers

Stolhoerk, dans la Schilder Gasse ; Palandt, HoChstrasse;Jlfos!er, Oben- Marspforten; Oswald, Hochstrasse ; Nelles, Neugasse, près de la cathédrale. (Bon marché.)

Jardins publics : Les deux ^’ardins des hôtels de Deutz ; l’ile de Rheinau et le Bayenhaus , à la pointe du Rhin, au midi de la ville; la, peiite tour au nord de la ville, près du débarcadè,re d’Aix-la-Chapelle ; \a Belle-Vue, près de la porte du Rhin et du débarcadère des-bateaux à vapeur de Düsseldorf, etc.

Théâtres ; Le grand théâtre, rue de la Comédie, a été incendié par la foudre en 1859.— Théâtre d’été à Mülheim, 5 à 8 h. de l’après-midi.

— Théâtre de marionnettes, Weisbüttengasse, 8. — Diorama : dans la WolfsGasse^ au Marché-Neuf : re-

résentations très -remarquables

e paysages et de scènes historiques (château Stolzenfels, bataille de Kulm, etc.) avec un éclairage particulier que l’on change selon îeseflfets qu'on veut produire;

l’entrée coûte 5 et 10 sgr. ; ouvert tous les jours.

Parade et musique militaire , tous les jours à 11 heures 1/2 au Marché-Neuf.

Bains chauds, chez Siegen, dans la Schilder Gasse ; Willms, dans la Ursula Strasse, sur le Rhin, près du pont.. — Bains froids (5 sgr.) dans le Rhin, près du Baventhurm , et du jardin de l’hôtel Beïlevue , à Deutz. — École, de natation, près de l’hôtel Beïlevue, 5 sgr.

Libraires : Boisserée (J. et W.), librairie française et étrangère (Hochstrasse), Eisen, librairie française et étrangère et gravures, Friedrich - Wilhmms Strasse et Domhof; Bædeker, Hochstrasse; Du Mont, Hochstrasse.

Situation et aspect général,

Cologne, en ail. Cœln, est située à 37 mètr. au-dessus de la mer, sur la rive gauche du Rhin, en face de Deutz , son faubourg et la tête du pont (rive droite) avec lequel elle communique par un pont de bateaux de 4C6 mètres de long. Elle a la forme d’un arc tendu dont le Rhin fait la corde. On y comptait en 1858, 10,158 maisons, 30 églises, 108,680 hab. (94, .505 cath.) sans compter4,813 militair. (ycomprise la population de Deutz). C’est une ville forte de 2' classe , défendue par 11 forts et 2 enceintes, le cheflieu de la province du Rhin, de la régence et des deux cercles de son nom, le siège d’un archevêché, le quartier général d’une division militaire , le siège d’une cour d’appel , d’un tribunal de l'“ instance, etc., etc.

Vue dji Rhin ou de Deutz, Cologne offre un aspect animé et pittoresque. Ses murailles et ses tours du moyen âge, les clochers de ses églises, sa cathédrale inachevée, son pont majestueux, les beaux hôtels qui bordent le pont, son riche faubourg de Deutz, son lie, sa petite flottille de bateaux à vapeur et de bateaux à voile, amarrés le long des rives du fleuve ou naviguant sur ses eaux rapides.

forment (les paysages aussi agr(^ables ttue vari(';8. Mais l’intérieur do la ville ne répond pas à son extérieur : c’est un amas confus, un labyrinthe malpropre de rues tortueuses, étroites, sombres, boueuses, pour la plupart encombrées de voitures et de passants, et qui jiar l’agglomération irréllécbie et capricieuse de leurs maisons modernes, sans architecture et sans caractère, composentune des villes les plus mal liâties dos bords du Ithin et môme de l’Allemagne entière.

atstoire.

Cologne doit son existence à une colonie d’Ubiens, que Marcus Agrippa transporta, sous ’fibère, de la rive dr. du Rhin sur la rive g. pour la défendre contre les Sutvcs, et qu’il y fortifia dans un camp retranché. Agrippine, la lille de frermanicus, la femme de Claude, la mère de Néron, naquit dans ce camp, qui, ayant reçu une colonie de vétérans romain s.échangea son nom de civitas Ubiorurn contre celui de colonia Agrippina, d’où l’on fit plus tard Cologne. A peine fondée, cette colonie prit une grande' importance. Elle devint la capitale de la Germania inferiar. Vitellius y fut proclamé empereur, 'fraian y commandait, lorsque -Nerva l’appela au partage du trône impérial. Sylvain y fut assassiné quelques jours après sa proclamation. Constantin le Grand y fit construire un pont détruit par les Normands, et dont on voit encore les piles quand les eaux sont basses. Les limites de la ville romaine (voir le plant sont encore reconnaissables aujourd'hui. Du reste, les habitants de Cologne eux-mômes n’ont jamais oublié leur origine; jusqu’à l’époque de la Révolution française, les nobles se sont qualifiés de patriciens, les deux bourgmestres ont porté la toge consulaire et se sont fait accompagner par des licteurs, enfin sur les bannières de la ville, on

[Route l.J

pouvait lire cette inscription pompeuse; S. P. Q. C. (le sénat et le peuple de Cologne).

Au commencementdu iv» siècle, les Franks prirent et ravagèrent Cologne. Julien l’Apostat la leur reprit, mais ils s’en emparèrent de nouveau et la gardèrent. Clovis, fils et successeur de Childéric, s’y fit couronner roi. A la suite du partage qui eut lieu entre les enfants do Clovis, elle resta une des principales villes du royaume d'Austrasie, dont Metz était la capitale. Quand les fils de Louis le Débonnaire se partagèrent l’empire de Charlemagne, elle fut comprise dans la Lotharingia, ou part de Lothaire (d'où est venu le mot Lorraine). Plus tard, ello dépendit de la (iermanie. En 881 et88î, les Normands la ravagèrent.

Enfin, Othon I", surnommé le Grand, l’ayant réunie à l’empire germanique, lui accorda de grands privilèges, et la mit sous la protection de son frère., lîruno, duc de Lorraine, archevêque et premier électeur de Cologne. Dèslors sa population s’accrut avec son importance. L’empereur Frédéric flarberousse l’ayant mena(jce, l’archevéque Philippe de fleinsberg, qui l'avait du re.ste considérablement agrandie en la réunissant à ses faubourgs, l'entoura de murs et de fossés dans lesquels il fit passer un bras du Rhin. Mais ses fortifications actuelles, bien postérieures, datent des xii®, xm', xiv' et xve siècles.

En lil2, Cologne fut déclarée ville libre impériale. Elle était alors une des plus grandes, des plus populeuses, des plus riches villes du norcl de l’Europe et de la ligne hanséatique (voir Hambourg). Elle pouvait mettre sur pied une année de 80.000 combattants. En 1259, elle obtint un droit exorbitant, le droit d’étape ou d’entrepôt. Tous les biUiments devaient y débarquerleurs marchandises qui ne pouvaient plus être transportées que sur des bateaux appartenant aux négociants de la

DE PARIS A COLOGNE

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fRouTK 1.1 COLOGNE. 15

ville. Ses marchands jouissaient de privilèges importants on Angleterre. Enfin elle avait des relations non moins actives avec le nord de rAllcmagne, la France, l'Espagne, le Portugal, et surtout avec l’ilalio, qui lui transmit, outre son architecture et ses arts, quelques-unes de ses coutumes caractéristiques (le carnaval et les théAtres de marionnettesl. On l'ap-

fielaitlaRome du Nord et Cologne a Sainte. Aussi Pétrarque, qui la visita en 1.11)3, écrivait à son ami, le cardinal Colonna: « Que cette ville est belle! quelle merveille de trouver une telle ville dans un pays barbare! quelle dignité dans les hommes! que de grâce, que de tendresse dans les femmes! > Elle avait atteint alors à l’apogée de sapui.ssance et de sa splendeur. Sa prospérité allait bientét décliner. D’une part, ladéconverte de l’Amérique donnait une direction nouvelle au commerce de l’Orient; d’autre part, elle était sans cesse déchirée par des dissensions civiles. Ces luttes incessantes avaient eu les résultats les j'ius fâcheux, lorsque des mesures plus qu’imprudentes prises par les tnagistrais et le sénat, à l’instigation du clergé, vinrent hâter les irogrès de sa décadence. En 1425, e jour de la Saint-Barthélemy, tous les juifs furent exilés. En 1618 on expulsa les protestants.

Dans l’intervalle qui s’écoula entre ces deux proscriplionsreligieuses, une révolte ayant éclaté parmi les tisserands, les magistrats firent brùltr dix-sept cents métiers. Les fabricants et les ouvriers, exas- ])érés par cet acte de vandalisme, émigrèrent à Aix-la-Chapelle, à Verviers, à Eupen, à Dus.seldorf, Elberfeld, etc., où les juifs les avaient précédf's, où les protestants devaient les suivre. Enfin, pour achever la ruine de cette malheureuse ville, les Hollandais fermèrent, au xvi« siècle, la navigation du Rhin, afi'ranchie seulement çn 18.17.

En 1791, lorsqu'elle tomba sous

la domination française, Cologne était encore une ville libre impériale, mais sa population ne comptait plus que 40,0ü0 hab. Grâce au régime qu’y avait établi le clergé, un tiers de cette population ne vivait que de mendicité. Il y avait à Cologne 13,ü00 mendiants qui venaient chaque jour se ranger devant les portes des églises et des chapitres où ils occupaient des places déterminées, et dont leurs enfants héritaient. Le gouvernement français sécularisa les couvents, supprima un grand nombre d’églises, et prit en outre les mesures nécessaires pour réprimer ces déplorables abus.

La France conserva Cologne jusqu’en 1814. Pendant vingt années cetteville célèbre futle cheflieu d'un des arrondissements du département de la Roér, dont Aixla-Chapelle était le chcf-lieu. Occupée militairement par les Russes en 1814, le traité de Paris la donna h la Prusse. Depuis, sa population qui s’accroît constamment n'a jamais oublié qu’elle doit demamler au travail et non à la mendicité ses moyens d’existence. L’établissement de bateaux à vapeur sur le Rliin, l’ouverture de la navigation du fleuve en 1837, la construction des nombreux chemins de fer qui viennent y aboutir, ont imprimé, depuis quelques années surtout, une grande activité à son commerce et à son industrie. Partout de nouveaux quartiers se fondent, des maisons s’^élèvent où se réparent. Elle s’embellit CH s'agrandissant autant qu’elle peut s’etnbcllir.

Malheureusement, il est défendu de bâtir au dehors de la ville des maisons permanentes. .Aussi étoufTe-t-elle dans son enceinte.

Le résultat des moindres embellissements estime augmentation formidable de loyers.

Cologne est la patrie d’Agrippine, de saint Bruno et de Rubens.

L’électorat de Cologne, un des Etats de l'empire d’Allemagne et l’un des trois électorats ecclésiastiques, faisait partie du cercle du

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le DE PARIS .

Bas-Rhin, et comprenait un grand nombre de provinces et de domaines qui appartiennent aujourd’hui à la Prusse. La ville qui lui donnait son nom était une ville libre enclavée dans le cercle de Westphalic. Au xvi* siècle, Gebhard Truchsess de Waldburg, archevêque de Cologne , ayant embrassé la réforme, épousa la belle comtesse Agnès de Mansfeld, tout en conservant l'épiscopat. Il fut chassé parles Bavarois. Louis XIV s’empara un instant de l’électorat que possédait alors l’archevêque Josepb-Clément, duc de Bavière.

Le dernier électeur, — l’électeurde Cologne portait le titre de grand électeur, — Maiimilien-François- Xavier (le frère de Marie-Antoinette), mort en 1801, était aussi duc de Bavière. — L’électorat de Cologne a été supprimé en 1794.

L’ecols de Cologne (voir l'introduction) a exercé une certaine influence sur l’art en Allemagne.

Elle fut le tronc commun d’où partirent deux grands rameaux qui, s’étendant à l’O. et à l’E. sur les deux bords du Rhin , formèrent les écoles de l’Allemagne et de la Flandre.

Monuments.— Cnrlosltés. — CoUeetions.

A l’aide du plan ci-joint il sera facile aux etrangers de se tracer eux-mêmes leur itinéraire à travers le labyrinthe des rues sales et étroites de Cologne. On peut visiter avec intérêt, en partant des hôtels du quai du Rhin: 1.1e GUrzonich; 2. l’hôtel de ville; 3. la cathédrale; 1. le musée Wallraf; 5. l’église des Jésuites; G. l’église Sainte-Ursule; 7. Saint-Géréon ; 8. la Tour romaine; 9. l’église des Apôtres); 10. l’église Saint-Pierre;

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