‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 74 sur 328 · J4 FRANCFORT ET · texte numérisé non relu

J4 FRANCFORT ET

plus beaux établissements de co genre que possi'de TAllemagne.

On y reçoit plus de cent journaux.

Les étrangers v sont admis sur la présentation d'un membre. Le Bürgerverein à la porte d'Esehenheim, est aussi très-riche en livres et journaux. 11 faut également se faire présenter par un membre.

Situation et aspect e<lu^ral.

Francfort-sur-le-Mein ( en ail.

Frankfurt -mil ■ Main le chef-lieu de la république de ce nom, le siège de la dii-te germanique et de l’administration fédérale, est située à 9Ü mèt. sur la rive dr. du Mein, et reliée par un pont de pierre de quatorze arches à son faubourg de .Sachsenhausen, situé sur la rive g. Sa population s’élève à 75,000 hab. dont 0,000 cath. et 6,000 juifs. C’est une des plus belles villes de l’Allemagne et elle se recommande tout à la fois à ceux qui aiment les villes neuves et à ceux qui se passionnent surtout pour les vieilles villes. Elle a d’anciens quartiers aux rues étroites, tortueuses, sombres, aux façades peintes ou cuirassées d'écailles, aux pignons sculptés, aux tourelles à angles, etc., et des rues neuves larges, tirées au cordeau, bien aérées, bordées de maisons presque semblables, irréj)rochablement badigeonnées ou plutôt peintes de diverses couleurs, et dont aucun ornement extérieur ne vient gâter la plate et monotone beauté. Si ses anciennes fortifications ont été transformées en de charmants jardins, il lui reste de distance en distance des portes pittoresques et des befi'rois vigies qui lui conservent son caractère moyen âge.

Grâce aux nombreux chemins de fer qvii y aboutissent elle présente à toute heure du jour, un aspect animé. On peut y passer avec intérêt et profitphisd'une journée; mais sept k huit heures bien employées suffiront aux touristts pressés pour visiterses monuments

SES E.WIRONS. [Roüte 12.]

publics et les objets d'art les plus intéressants.

Voici l'itinéraire que nous recommandons :

La statue et la maison de Goethe la Zeil;— le Uœiner: — la Bourse; — le Dom ; — le Pfarrthurm; — le Saalhof; — le Pont; — la Bibliothèque; — la rue des Juifs; — l'Ariane de Dannecker; — la porU> d’Esclicnheim ; — le Musée ou Institut Slacdcl.

Ou reste, k l’aide du plan et des indications qui suivent, chaque voyageur se tracera aisément luiméme son itinéraire.

Histoire .

L’origine de Francfort est inconnue. La première mention qu’en ait faite l’histoire, date de 794.

« C’était alors une ville sur le Mein » où Charlemagne devait avoir bâti un palais; cette année- Ik il y tint un concile qui abolit le culte des idoles. .Son nom (Franconofurt. signifiait le Gué des Franks.

On passait probablement le Mein pW'S de lu porte Saint-Léonard actuelle. En 822 Louis le Débonnaire y bâtit un palais, dont il ne reste plus que la chapelle Sainte-Elisabeth. En 838, le bourg roval, entouré de mur.s et de fossés tut élevé au rang de cité. .Mais apri s la déchéance de Charles le Gros, Arnolphe de Bavière établit sa résidence k Katisbonne, et depuis lors les empereurs d’Allemagne n'habitèrent plus Francfort. Il s'y tint toutefois des diètes et des conciles. En 12.54, elle fut élevée au rang de ville, et la huile d’or la proclama en'1356 ville de couronnement. — En outre, ses foires, fondées, l’une par Charlemagne en septembre, et l’autre par Louis de Bavière k P<âques , la rendirent célèbre dans toute l’Europe en l’enrichissant ; car plus d'une fois quarante mille étrangers s’y trouvèrent réunis, et il s’y vendit pour plus de dix millions de florins de marchandises.

Des guerres avec les soigneurs du voisinage, les persécutions des

^îi'

[KorTB 12.] HIS“rOIRE. 95

juifs, les progrès de la Iléfonnatioii, les révoltes des bourgeois contre les familles patriciennes, tels furent du commencement du xvc siècle à la guerre de Trente ans, les principaux événements de l'histoire de Francfort. Pendant la guerre de Trente ans, elle se* vit tour à tour mise à contribution par les Suédois, les Impériaux et les Français. La guerre de la Succession lui fit aussi éprouver des pertes considérables; enfin trois incendies, 1711, 1718j 1721, y détruisirent plus de mille maisons.

Deux ordonnances impériales, datées du 14 mars 1732, avaient rétabli la bonne harmonie entre les patriciens et les bourgeois, en réglant la constitution de la ville et en créant la commission bourgeoise perpétuelle. Francfort, tranquille au dedans, n’ayant rien à redouter du dehors — si ce n'est une courte occupation française, de 17.59 à 1762,— parvint pendant le xviiie siècle, à l’apogée de sa richesse et de sa renommée. Mais la Révolution française vint troubler son repos et entamer ses finances. Le 22 octobre 1792, elle dut ouvrir ses portes au général Neuwinger, et, le lendemain, Custine lui imposait une contribution de deux millions île florins. En 1796, Kléber la bombarda pendant deux jours, y brùlacent cinquante maisons, et, après l’avoir forcée à se rendre, lui demanda trois millions de florins. D’autres contributions de guerre furent exigées d’elle de 1799 à 1800, et bien qu'un traité conclu à Ratisbonne le 2.5 février 1803 l'eîitdéclarée ville libre, indépendante et neutre danstoutes les guerres de l’empire, le 18 janvier 1806 Augereau l'occupa et la força à )>ayer une forte somme.

De 1806 à 1815, Francfort fut la capitale du grand-duché de Francfort, donné par Napoléon au prince de Dalberg, prince primat d’Allemagne, et comprenant, entre autres villes, celles d'Aschaffenbourg, Fulda et Hanau. En 1815, le congrès de Vienne dé-

truisit ce grand-duché, qui était déjà détruit de fait depuis 1813, rendit à Francfort son indépendance, la déclara ville libre ou république, membre de la Confédération germanique , et la nomma capitale de cette confédération. L ancienne constitution, après avoir subi quelques modifications, fut votée les 17 et 18 juillet 1814 par la bourgeoisie, et proclamée le 18 octobre suivant.

Le 3 avril 1833, des étudiants ayanttenté de s’emparerde Francfort pour changer la constitution do la Confédration, un arrêté de la diète décida qu’elle serait désormais occupée par un corps de troupes autrichiennes et prussiennes.

En 1850, Francfort a vu rétablir l’ancienne Confédération germanique, qu’elle avait vu détruire en 1848. On trouvera dans l’Introduction un résumé succinct des principaux événements dont elle futlethéAtre durant cette période, et qui appartiennent plus à l’histoire générale de l’Allemagne qu’à la sienne propre. En effet, saconstitution particulière résista, au milieu de tous ces événements, au.x efforts tentés pour la modifier.

La République de Francfort, — dont le terruoire borné au N.

et au N.-E. par la liesse électorale : au S.-E., au S. et au S. -O.

par le grand-duché de Hesse- Darmstadt, et à l'E. par le duché de Nassau, est de 13 kil. sur 9, — a encore sa vieille organisation d’autrefois, son sénat, son corps législatif (composé de vingt sénateurs, de vingt députés permanents de la bourgeoisie et de quarante-cinq membres élus parmi les autres bourgeois), ses bourgmestres, ses échevins et ses syndics, et sa population divisée en quatre classes (la noblesse, les (locteursou lettrés, les bourgeois ou fabricants et marchands, et enfin les paysans). .Ses revenus s’élevaient en 1856 à 1,886,000 fl.

ses dépenses à 1,881,749 fl. La dette se montait à .5,815,000 fl.

96 FRANCKORT ET SES ENVIRONS. [Route 12.]

Aujo\ird hui la ville est occupée par des troupes autrichiennes, prussiennes, bavaroises et le coptingent francforlois qui est d'env.

1,000 h. sur le pied de guerre.

Le Journal de Francfort, dont le premier numéro fut publié en 1615, eut, il y a queli^ues années, une certaine autorité. Il reçoit quelquefois des communications officielles.

Monuments pablic*. — Curiosités.

Oolleotlons.

Les débarcadères des clierains de fer — Heidelberg- Mannheim, Mayence-Wiesbade-Cassel - Berlin — se trouvent situés près de la rive dr. du Mein, entre la porte Saint- Gallus et la porte du Taunus. C'est donc en général par la porte du Taunus que les étrangers entrent dans Francfort. Au delà de cette porte, on croise la Neu-Mainzer- Straese, dans laquelle on laisse à g.

le musée Stœdei (voir ci-dessous), et suivant la Gross-Gallen-dasse, appelée la rue des Millionnaires, (hôtel de Bruxelles à g.), on atteint en quelques minuteslc Rossmarkt, pri s de la Zeil, c.-à.-d. les principau.x hôtels de la ville.

.Sur le Rossmarkt, la plus vaste plaçe de Francfort (hôtel d’Angleterre, café Milani), s’élève un monument en grès à la mémoire de Guttemberg. Le groupe qui surmonte la fontaine représente les trois inventeurs de l’imprimerie, Guttemberg, Faust et dchreffer. — Les quatre figures qui entourent le piédestal sont , la Théologie, la Science, l’Industrie, la Poésie. Le plan du monument est de Launitz (1855).

A dr. du Rossmarkt, jirès du café Milani, s'ouvre le Grosse Hirschgraben, dont la deuxième maison à dr. porte, depuis 1845, cette inscription sur une table de marbre blanc.

Hier vard Johann Wolfgang Gœthe, am -JS August 171'J, goborcii.

Ici naquit Jean-Wolfgang Goethe, le 28 août 1749 * .

i Fnnefort i «n niiira aussi Fierrt et

Au-dessus de la porte on remarque les armoiries prophétiques que le père de Goethe choisit lors de son mariage avec la fille du sénateur Textor, — trois lyres en fer à cheval suimontées d’une étoile.

(Son grand-père avait été maréchal ferrant). Gœlhe habita dans cette maison une mansarde du troisième étage qui donne sur la cour, mais il est né au second étage. C’est là qu’il écrivit Gœt»

de Berlichingen, une partie de Werther et ses premières poésies.

La chambre qu il occupa est encore telle qn il l’a quittée. On y voit une vue de Francfort, dessinée par lui, et au-dessous de laquelle il a écrit des vers.

A g. du Rossmarkt s’étend, jusu’à la place du Théâtre, une allée 'arbres appelée Allée (à g. Eglise française réformée, hôtel et café de Hollande, bonnes glàces chez Rœder), au milieu de laquelle un petit nombre de Francfortois, admirateurs de Goethe, ont élevé à ce poète un monument en bronze (par Schwantbaler, fondu par .Stiglmaier). La statue (4 rnèt.

62 cent.), élevée sur un piédestal de 4 mèl. (Goethe est représenté debout, une couronne de laurier à la main gauche, s’appuyant du coude sur un tronc de chêne), a été souvent critiquée. On lui re—

E roche surtout de la lourdeur. Les as-rcliefs du piédestal, au contraire, sont généralement loués et admirés. Ils représentent, celui de devant, les trois muses : la Poésie dramatique, la Poésie lyrique, et l’Epopée; celui de g., Iphigénie, Oreste et Thoas (personnages d Iphigénie en Tauride), Faust et Méphistophélès ; celui qui est par derrière, Gœtz de Berlichingen, Egmont, le Tasse, la fiancée de Corinthe soulevant le couvercle du cercueil, Proméihée, enfin le roi des Aunes, tenant l’enfant dans ses bras : celui dedr. , Mignon avec Wilhelm Meister et le joueur

George. Schloiser, OElôeiisfcblwger, Griesbech, Bellina {TArnim, Sarigny, BuUinann, Biurne, Feuerbach, Clemeiu Brtulano, VogJ etc.

[Route 12. J LA ZEIL. —

de Harpe, Ilennann et Dorothée.

Le Rüssiiiarkt ou le Steinweg {hôtel du Cygne et de l'L'nion), qui s’ouvre à dr., à l’extrémité de l’Allée, conduisent à la place de la Parade {hôtel de Paris, café Xeuf, librairie Jügel], sur laquelle on remarque le corpsde garde(ifa«pfwaehe), à g., etàdr.,1 église Sainte- Catherine (réf.), bâtie en 1680. — On y fait de la musique militaire trois fois par semaine, à midi.

A la place de la Parade commence la Zeil, la plus belle rue de Francfort par sa largeur, ses hôtels, ses magasins, son animation. Au côté N. de celte large rue, se trouvent la poste, l'hôtel de Russie, le Darmstædter Hof, résidence du grand-duc de Hesse, l’hôtel de l'Empereur romain et les maisons de MM. Mumm et de Rosthch'ild. A son extrémité inférieure sont le corps de garde des constables, et l’arsennî, où l’on fond des cloches et des canons.

A dr. ou au S. s’ouvrent plusieurs rues qui descendent par la vieille ville a la cathédrale et au Uœmer.

Le Roemer, — on appelle ainsi Vhôtel de ville,— est au point de vue historique, le monument le plus curieux de Francfort. Son origine est inconnue. On ne sait pas non plus pourquoi il porte ce nom. Le doit-il à un palais de Charlemagne, qu’il a remplacé, et qu'on désignait par l'épithète de Romain, ou bien à des marchands lombards et romains qui y seraient venus vendre leurs marchandises pendant les foires? — (le rçz-de-chausséc sert encore à cet usage) — les étymologisies n’ont pas su se mettre d’accord. Quoi qu’il en soit, la ville l’acheta en 1405 pour en faire l’hôtel de ville.

Il a été bâti et rebâti à diverses époques.

D’une grande salle basse et torte, voûtée en ogive et mal entretenue, on monte par un large escalieràrampe Louis XIII, tapissé de mauvais tableaux sans cadre, au Kaisersaal (salle des Empe-

Allem. du n.

’reurs), ouvert au public les lundi; mercredi et vendredi, de 11 h.

à 1 b., et tous les jours aux étrangers, moyennant un pourboire (de 12 à 30 kr. selon le nombre des personnes). Quand les électeurs assemblés dans la salle de l’élection (voir ci-dessous) avaient enfin désigné l’empereur, le sénat de Francfort se réunissaitdans cettesaüe ; les bourgeois, divisés en quatorze sections, selon les quatorze quartiers de la ville, se rassemblaient au dehors .dans la place appelée le Rœmerberg,

« une de ces places trapèzes autour desquelles tous les styles et tous les caprices de l’architecture bourgeoise au moyen âge et à la renaissance se trouvent représentés par des maisons modèles, où, selon l’époque et le goût, l’ornementation a tout employé avec un à-propos religieux, l’ardoise comme ta pierre, le plomb comme le bois. » « Alors, dit M. V. Hugo, les cinq fenêtres du Kaisersaal s’ouvraient, faisant face au peuple. La grande fenêtre, celle du milieu, était surmontée d’un dais, et restait vide.

A la moyenne fenêtre de droite, ornée d’un balcon de fer noir, l’empereur apparaissait, seul, en .

grand costume, la couronne en tête. A sa droite il avait, réunis dans la petite fenêtre, les trois électeurs archevêques de Mayence, de Trêves et de Cologne. Au.x deux autres fenêtres, à gauche de la grande fenêtre vide, se tenaient, dans la moyenne, Bohême, Bavière et le palatin du Rhin ; dans la petite. Saxe, Brunswick et Brandebourg. Dans la place, devant la façade du Rœmer, au milieu d’un vaste carré vide entouré de gardes, il y avait un grand monceau d’avoine, une urne pleine de monnaies d’or et d'argent, une table ortant un lavoir d’argent et un ocal de vermeil, et une autre table chargée d’un bœuf rôti tout entier. Au moment où paraissait l’Empereur, les trompettes et les

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