‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 75 sur 328 · FRANCFORT ET · texte numérisé non relu

FRANCFORT ET

i-yinbales l’clataient tjt l’archima-»

réi liai du saim-eiiipire, l'archicLanuelier, l'arphiéchanson, l’architrésorier et l'architrancliaiit entraient en cortt'ge dans la place.

Au milieu des acolaniations et des fanfares, rarchimaréolial, à cheval, montait dans le tas d'avoinejusqu’k la sangle de la selle, et y remplissait une mesure d’argent ; l’archichancelier prenait le lavoir sur la table, l’archiéchanson remplissait de vin et d’eau le bocal de vermeil; l’architrésorier puisait des monnaies dans l'urne et les jetait au peuple à pleines mains; l’architranchant coupait un morceau de bœuf rôti. En ce momentlà surgissait le grand référendaire de l'empire, qui proclamait à haute voix le nouveau César, et lisait la formule du serment.

Quand il avait fini, le sénat dans la salle, et les bourgeois, sur la place, répondaient gravement :

oui. Fendant la prestation du serment, le nouvel empereur, déjà formidable, ôtait la couronne, et tenait le glaive. »

Dans son ouvrage intitulé :

Dichtung und Wahriieit, Oœthe a fait une curieuse description des fêtesd’un couronnement impérial ; fêtes représentées d'ailleurs sur de vieilles gravures qui sont exosées dans l’escalier de • la ibliothèque.

Le Kaisersaal a été remis à neuf depuis peu d’années. Le plafond est restauré tel qu'il était autrefois d'après un ancien dessin. Les murs sont ornés de portraits fde fantaisie pour la plupart) de cinquante-deux empereurs, de Charlemagne (768) à François II (1792- 1806). Ces portraits qui n’ont pas une égale valeur artistique, — il y en a môme d'assez ridicules de tournure, de costume et de couleur,—sont des présents faits à la république de Francfort par des souverains, des sociétés, de simples particuliers ou même des artistes. Iltnrill est de Passavant, Lolhaire, de Bendemann, Frédéric Barberoitsse, de Leasing. L’archi-

SES KNVIRON.S. [Route 12.]

duc .Tean y figure comme vicaire gênerai do l’empire.

A côté du Kaisersaal “se trouve laChamhrc d’ élection {Wahlzim mer), dans laiiuelle se réunissaient les électeurs ou leurs ambassadeurs pour s’entendre sur l’élection de l’empereur, qui était ensuite proclamé dans la chapelle de la ca thédrale. Sur un fauteuil, entre les deux fenêtres, l’archevêque de Mayence présidait, puis venaient par ordre, assis autour d’une immense table couverte en cuir fauve, chacun au-dessous de son bla.son peint au plafond :

à sa dr. l’archevêque de Mayence, Trêves, Bohême et Saxe; à sa g.

Cologne, le Palatinat, Brandebourg; en face de lui, Brunswick et Bavière. Le sénat tient actuellement ses séances dans cette salle, qui est restée telle qu’elle était autrefois. Les fresques qui l’ornent sont de Colomba (1740).

Le Rœmer contient aussi les Archives de la ville, où l’on conserve, dans une salle dont les murs ont 2 mèt. d’épaisseur, la Bulle d’or {liuUn aurm) octroyée h l’empire par Charles IV', en 1356, et qui resta en vigueur jusqu’à la dissolution de l’empire d’Allemagne (18061. Cette charte fameuse réglait les privilèges des empereurs et des électeurs , et déterminait la manière dont devait se faire à perpétuité, dans la ville de Francfort, l’élection de l’empereur. Elle se compose de quarante- trois feuilles de parchemin in 4°, attachées ensemble par des fils de soie. Elle est écrite en latin. .Son nom lui a été donné à cause de son sceau couvert d’une feuille d’or ( pourboire).

C’est sur la place devant l’hôtel du Rrnmcr, appelée le Rirmerherg, dans les rues, sur le quai que se tiennent les fameuses Foires de Francfort.

— Pâques et septembre. — Ces foires no sont plus certainement ce qu’elles étaient au moyen âge, mais elles ont repris une certaine

[Route 12.J LA NOUVELLE BOURSE.— LE DOM. 99

importance depuis la suppression Sa longueur est de S2 sa

des foires d'Olfenbach et l’ad- largeur de 72 met. On y remarjonction de Francfort au Zoll- que : (à dr., près de la porte) une verein (183li). énorme horloge avec un astro-

' Sur le Kœmerberg, du côté S., labe, et un calendrier perpétuel s’élève l'église Saint-Nicolas (réf.), du xv* siècle ; d’anciens tom beaux bâtie au xiii' siècle et restaurée coloriés de la famille de Holzhauen 1846. Le rétable est de Kethel. sen ; de belles lampes en cuivre;

Tout près du Rœmerberg, au un Christ au tombeau, peint au N., est l'église Saint-Paul^ com- xiv' siècle; une Vierge au lit de mencée en 1786, achevée en 18.‘13 mort , sculpture du xv' siècle ; (réf.i. Cette église a vu siéger (dans le chosur) « de curieuses dans ses murs, en 1848 et 1849, le fresques, horribles avec saint Parlement de Francfort (Voir l’In- Bartnélemy, charmantes avec la troduction). En face on a con- Madeleine, une rude et sauvage struit en 1844, dans le style boiserie menuisée vers 1400 ; » byzantin, la nouvelle Bourse (par un Christ sur les genoux de la 'Fierge, Stüler). L’intérieur semi-mau- attribué à Albert Durer; une resque (ouvert de midi à 2 h., Assomption tmaitre-autel), par Veit, offre un aspect bizarre. L’exté- d’après Rubens; une .sainte Famide, rieur est orné de statues ; côté d’après Rubens; un riche mobi- E. : l'Espérance, par Wendelstædt ; lier d'autels sculptés; « sur les la Prudence, par Zwerger ; côté O. ; murailles une collection complète le Commei'ce maritime et le Com- de ces morions fantasques et de meree continental, par Launitz ; ces cimiers effrayants, propres à l’Ait-ifraiie, l’Amérti^ue, l’Europe, la chevalerie germanique ; » une l’Asie et l'Afrique, par Launitz et précieuse peinture sur cuir, re- Zwerger. — La banque et l’agiotage présentant l’intérieur du sépulcre occupent et enrichissent à Franc- de sainte Cécile, et enfin, entre fort un grand nombre d’individus, autres tombeaux, celui de Gün- — L’ancienne bourse se tenait ther de Schwarzburg, élu empedans le Braunfels, vaste édifice reur, en 1349, h Francfort, et situé à peu de distance sur la empoisonné peu de temps apri's. place Notre-Dame, dans lequel Ce monument, qui date de 1352, Maximilien 1" ouvrit, le 31 octo- est pri’s de la iiorte conduisant bre 1495, la haute cour de justice, ii l’ancienne Chapelle d'élection transférée depuis à Spire, et où ( Wahlkapelle ) où les électeurs logèrent plus fard Gustave-Adol- proclamaient l'empereur qu'ils

f die et plusieurs empereurs d’Al- avaient choisi au Rœmer. C’est emagne. Le Palais de justice se au centre de l’église, à l’entrée trouve aussi sur la place Saint- du chœur, au point d’intersection Paul (côté 0.1, du transsept et de la nef que.

Après la proclamation de l’ein- depuis Maximilien II, on a coupereur au Rœmer, venait le cou- ronné les empereurs d’Alleraa- Tonnement à la cathédrale, qui en gne. — N. B. Pour voir le Dom, était peu éloignée (è l’O.). s’adresser au sacristain, qui

Le Dom ou la cathédrale de demeure en face du portail, dans Francfort, appelée aussi église le Kœpeller Hœfchen , n* 12 Saint-Barthélemg — l’église la plus (pourboire, de 12 à 24 kr.). L’heure curieuse de Francfort — est une la plus favorable pour le visiter église gothique en forme de croix, est celle de 1 h. à 3 h. construite à diverses époques (876, A côté du Dora, entièrement 1238, le chœur de 131.5 à 1338, les séparée de lui et appartenant aux latéraux au xiv' siècle), et consa- protestants , s’élève le Jfarrcrée au culte catholique. Elle a thurm, la Tour paroissiale, tour été roataurée nouvellement en 1855. de 87 mèt. de haut, commencée la

100 FRANCFORT ET SES ENVIRONS. [Roütk 12.]

14 mai 141.5, et achevée cjuatrevingt-quatorïe ans plus tard. Elle devait être surmontée d’une llèche de 20 mi't., à la place de laquelle on a construit, en 1848, un signal-fanal. Trois çent douze degrés conduisent à la plateforme, d’où l’on découvre une belle vue sur la ville, ses rues, ses églises, ses portes, ses toursvigies, ses jardins, ses promenades : au S., sur le Mein, Sachsenhausen, et à l’horizon, sur rOdenwald, où l’on aperçoit la tour du Melibocus ; à TE., sur le Rhin Otfenbach, Hanau, les hauteurs du Spessart et du Rhœngebirge ; avi N., sur Bornheim, Bockenheim et le ’l’aunus; à TO., sur le Mein, jusqu’auprès de Mayence (pourboire, de 6 à 12 kr.).

Le Dom est entouré de Marchés assez mal tenus, qui en salissent et eh encombrent les abords. La maison de la place du Dom (à TE., n° 4), reconnaissable au buste de Luther, a été habitée par le réformateur qui a souvent parlé au peuple du haut de son balcon.

Parmi les vieilles maisons de ce quartie»-, on remarque, outre la Âlehhvage (1438), prison pour dettes de la ville, la Fiirstensck (1424), dans laFahr-Gasse, le Kaufhaus, leLeinu'andhaus, la maison Ziim Storch (ces trois dernières sur le Weckmarkt), la Maison de pierre (Steinerne Haus), près du Rœmer, à l’entrée du Markt, n” 44, et enfin, le Saalhof (sur le quai, derrière l’église Saint-Nicolas), sombre bâtiment construit en 1717, sur l’emplacement qu’occujiait autrefois la Saala, château que s’était fait construire, en 822, Louis le Débonnaire, où naquit Charles le Chauve, et qu’habita Louis le Germanique. Il n'existc de cet ancien palais que la chapelle de Sainte- Elisabeth, qui, du reste, a été restaurée.— N. li. Pour voir cette chapelle, s'adresseràla concierge.

Si,duSaalhof, on descendlequai du Mein, on y laisse à g. Tembarcaih'-re des bateaux à vïipeur (tra-

versée pour3kr.\ et àdr., au delà du Fahrthor et du Leonhardsthor, Vcglnede Leonhard{ca.th.), bâtie, diton, sur l’emplacement d’un palais de Charlemagne, aujourd’hui com- ‘ plétement détruit. L’intérieur, peu curieux, renferme un tableau de maitre-autel de Stieler, peintre bavarois. Plus loin on trouve la Douane, sur le port libre, où il est défendu de fumer; l'ile Inférieure.

le long de laquelle sont établis des bains chauds et froids : et enfin, au delà de TUntermainthor, la Mainlust (voir ci-dessous).

En remontant au contraire le quai du Mein, on arrive en quelques minutes au Pont de pierre, où aboutit la rue Fahr-Gasse, qui conduit directement à la Zeil. Ce pont, bâti en 1340, a 317 mèt. de long ; il est orné, depuis 1844, d’une statuede Charlemagne, en grès rouge, par Wendelstædt et Zwerger. Il mène à Sachsenhausen, le faubourg de Francfort, v. habité principalement par des jardiniers et des vignerons, et fondé, comme son nom 1 indique, par une colonie de ■Saxons (du temps de Charlemagne); à g., en y entrant, on remarque le Deutsche Ilaus, maison de Tordre Teutonique transformée actuellement en caserne.

Le quai qui, du pont, conduit, sur la rive dr. du Mein, à TObermainthor, s’appelle la Belle Vue (Schœne Aussiclit). Il est bordé de grandes maisons sans style. A' son extrémité supérieure se trouve la Bibliothèque, construite en 1825 et portant l’inscription suivante :

« Studiis libertate reddita- civitas. »

(Architecte, Prof. Hessemer). Cette bibliothèque, ouverte les lundi, mercredi et vendredi, de 2 h. à 4 h., les jeudi et samedi, de 10 h. à 2 h., possède plus de 00,000 vol., des manuscrits, des collections de cartes et de vieux dessins sur bois et sur cuivre (surtout d’Albert Dürer). Au rez-de-chaussée est fa galerie Prehn, ouverte le mardi et le jeudi, de 11 h. à midi, et comptant parmi ses 900 petits tableaux, quelques toil<;s estimées des écoles

! bv ■

IRoutb 1-2.1 LA RUE DES JUIFS. lül

flamande et allemande. Dans le vestibule on reinarc^uc, outre des anticjuités de Franclort, des antiquités égyptiennes, grecques et romaines, la statue en marbre de Gœtke (par Marchesi) , achetée 12,000 fl., et donnée à la ville par MM.Myl ius, Rüppol etSeufferlield, et les bustes de deux Francfortois célèbres, Thomas ■ et Kirchner, Thistoriographe de la ville, par Zwerger et Launitz. Parmi les curiosités bibliographiques de la bibliothèque, on cite surtout la Bible mazarine, de Guttemberg, imprimée à Mayence de 1450 à 1455, la Bible de Mayence de 1462, sur parchemin, avec des majuscules magnifiquement peintes, une Bible manuscrite, achetée à Rome vers l’an 13.50. et possédée jusqu’à la découverte de'Timprimerie par la famille Guttemberg, etc.

Derrière la bibliothèque, dans la Lange Strasse, est VMpital des Etrangers-ou du Saint-Esprit, dont deux statues colossales, la .Maladie et la Guén'so7i (par Launitz) ornent le portail. Près de l’hôpital on a une jolie vue sur la Reicheneigraben (voir ci-dessous).

La première rue à g., au delà de l’hôpital conduit à l'ancien cimetière des Juifs, près duquel s’élève Vhâpitaldes Juifs, fondé par la famille Rothschild, à l’entrée de la me des Juifs (Judengasse) :

« Deux longues rangées de maisons noires, sombres, hautes, sinistres, parallèles, presque pareilles; entre ces maisons toutes contiguës et compactes, et comme serrées avec terreur les unes contre les autres, une chaussée

étroite, obscure rien que des

portes bâtardes, surmontées d’un treillis de fer bizarrement brouillé ;... à côté des portes, un judas grillé, à demi entr’ouvert sur une

allée ténébreuse Partout la

oussière, la cendre, les toiles 'araignée, l’écroulement vermoulu, la misère plutôt affectée ue réelle.... Un air d'angoisse et e crainte répandusur les façades des édifices.... Dans les allées des

rez-de-chaussée , des entassements de ballots et de marchandises; des forteresses plutôt que des maisons; des cavernes plutôt

que des forteresses » Jusqu’en

1806 cette rue était fermée tous les soirs, au coucher du soleil, au moyen de portes et de verrous, et aucun de ses malheureux habitants n’en pouvait sortir, sans encourir les plus rigoureuses punitions. Malheureusement pour les amateurs du pittoresque, heureusement pour la salubrité publique, la description de l’auteur du Rhin n’est plus entièrement vraie aujourd’hui. Une partie de la rue des Juifs est tombée sous le marteau des démolisseurs ; l’air et la lumière y pénètrent déjà de tous côtés. ^

C’est dans cette rue, au milieu, à dr.. n» 118, qu’est né l’écrivain Louis Bœrne. Plus loin, du môme coté (no 153), est la maison où sont nés tous les Rothschild. Leur mère n’a jamais voulu l’échanger contre un palais; elle l’a habitée jusqu’à sa mort (1849).

A l’extrémité de la vieille rue des Juifs, se trouvait la vieille Synagogue. On en a construit une nouvelle à l’extrémité N., dans la Scb'dtzenstrasse, dans le style oriental. Elle fut inaugurée en 18,53.

Non loin de là sont les Comptoirs des frères de Rothschild , où l’on donne très-libéralement aux étrangers qui en font la demande les cartes nécessaires pour voir les beaux jardins de Bockenheim (voir ci-dessous).

On se demande pourquoi les Juifs ont habité Francfort; car ils y ont toujours été victimes des plus indignes persécutions. Sans remonterplus haut dans l’histoire, en 1349, la peste faisant d’afi'reux ravages; on les accusa d’avoir empoisonné les fontaines, et des moines mendiants brûlèrent leurs demeures. Ils étaient alors disséminés dans tous les quartiers, et ils s’appelaient les valets de chambre de r empereur, pour se mettre

dby

Page 1