‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 76 sur 328 · FRANCFORT ET · texte numérisé non relu

FRANCFORT ET

sous la protection de leur maître.

La môme année, Charles IV les vendit 15,200 heller (deniers) à la ville. En 1417, ils étaient réduits à deux familles; en 1495, leur nombre s’élevait à 104 individus.

Mais déjà, en 1462, le clergé les avait parqués dans une rue, dont les portes se fermaient tous les soirs et qu’il leur était défendu de quitter les dimanches et les jours de fête. Do 1612 à 1614, endant la révolte dos bourgeois, eur rue fut pillée et ils se virent chassés de la ville. Ils y revinrent cependant, car, on 1711, un incendie qui éclata dans leur rue brûla plus de cinq cents maisons ; on 1721, un autre incendie en consuma environ cent cinquante.

• Sous le règne du prince primat, ils acquirent enfin le droit de bourgeoisie, leur rue leur fut ouverte à toute heure et ils purent même habiter les autres quartiers, mais, en 1816, ils se virent de nouveau privés de ces droits, qui leur ont été en partie rendus depuis. Enfin, en 1819, Francfort fut encore le théâtre d’une insurrection populaire dirigée surtout contre les Juifs.

La Friedherger Gasse, qui s’ouvre à l’extrémité de la Zeil, en face de l’arsenal, conduit à l’église Saint-Pierre (prot. et cath.

allem.), vis-à-vis de laquelle s’ouvre la Ftlfeeler Gasse qui aboutit au Friedherger Thor. Si, avant de sortir par cette porte, on tourne à g. dans la Seiter Strasse, on ne tarde pas à remarquer sur la dr.

le IVaisenàaus (maison des Orphelins), et à g. La porte d’un jardin ouvert à tout le monde, et dans lequel s’élève le Musée Bethtnann.

Ce musée, que les étrangers peuvent visiter, surtout de 10 h. à 1 h., moyennant un pourboire de 12 à 18 kr., contient une collection assez restreinte de plâtres des plus célèbres statues de l’Eu’rope. Ce qui y attire un si grand nombre de touristes, c’est la statue d'Ariane, par Dannecker de Stuttgard (1814), exposée sur un

SES ENVIRONS. [Root* 12.]

socle tournant, derrière un rideau de soie rose qui donne au marbre la couleur de la chair. L’Ariane est étendue à demi sur la croupe d’une panthère, ou d’une chimère plutôt, car l’animal ‘qui la porte n’est pas un être vivant et connu. Cette statue a été trop vantée; les éloges exagérés qu'on lui a prodigués lui ont valu de sévères critiques. Elle est certainement au-dessous de sa célébrité.

On montre dans une des salles le plâtre moulé sur la figure du prince Félix Lichnowski, qui fut tué dans l’émeute du 18 septembre 1848, et un tableau représentant ses derniers moments. On dit que tout ce musée de sculpture doit être transféré dans un petit temple bâti tout exprès dans la résidence de ville de la famille Belhmann.

En dehors de la porte Friedberger, on remarque devant la villa de M. Moritz de Bethmanfi, un des

fil U s riches banquiers de Francfort, e Monument élevé par Frédéric- Guillaume II aux Hessois morts en 1792, sous les murs de Francfort, qu’occupait alors l’armée de Custine. En suivant le chemin à gauche de ce monument, on atteinten 20 minutes le nouveau cimetière (voir ci-dessous).

Instituts Stssdel et Senkenber*.

Un bourgeois de Francfort, nommé Jean - Frédéric Stædel, mort en 1819, légua à sa ville natale ses maisons, sa collection de tableaux et de gravures, plus un capital de 1,200,000 fl. pour la fondation d’un Institut des beauxarts. Le but du fondateur, en établissant cet institut, n’était pas seulement de créer un musée proprement dit; il se proposait aussi de fournir aux jeunes gens de Francfort peu favorisés par la fortune, sans distinction de religion ni de sexe, les moyens d’apprendre gratuitement le dessin, la peinture, la gravure, la sculpture et l’architecture. L’Institut Stæ-

[Roütb 12.]

del est administré par cinq directeurs. Les intérêts des fonds servent chaque année à l’acquisition de nouvelles œuvres d’art.

Le Musée, situé dans la Neu- Mainzer Strasse, près de la porte du Taunus, est ouvert tous les jours, le samedi excepté, de 10 h.

{dimanche, 10 h. 1/2) à 1 h. Les étrangers peuvent toutefois le visiter le samedi, de 11 h. à 1 h.

La bibliothèque est ouverte deux fois par semaine, le mardi et le jeudi, de 10 h. à 1 h. L’inspecteur actuel de l’Institut est M. P.

Passavant, le successeur deM. P.

Veit. Il a publié un excellent catalogue, en 162 pages (prix 30 kr.), des collections artistiques confiées à son habile administration. Les principaux tableaux ou objets d’art que l’on rem arque, à des titres divers, dans ce musée, sont:

Sous le vestibule : les bustes en marbre de Raphaël, par Lolsch, et d’Albert | Durer, par Zxcerger.

Dans les antichambres : des gravures coloriées d’apres les tableaux des loges du Vatican; le Bouclier d’ Hercule (selon la description d’Hésiode), en bronze, d'après un modèle en cire de Schwanthaler ; des gravures, des plâtres antiques, des dessins à la main (ébauche en couleurs du Jugement , dernier, fresque de Cornélius).

1. Pérugin, une Madone. — 3. Cima da Conegliano, uneM.adone. — 9. Giorgione, Portrait d’un Condottiere et saint Maurice. — 13. Moretio, la Vierge adorée par saint Sébastien et saint Antoine l’Ermite. — 13. A. da FiesoU, Madone.— 37. Francesco Francia, un Portrait d’homme. — 30. Antonello de Messine, saint Sébastien. — 41. Barnabas de Mutina, Vierge byzantine. — 4.7.

Véronèse, V émis et Mars. — 398. Moretio, une Vierge glorieuse dans le ciel, adorée sur la terre par le pape Grégoire P'', saint Jérome, saint Ambroise et l’empereur Théodose, acheté 32,000 11.

— 101. Le Tintoret, Portrait du doge Marco Antonio Memmo. — 107. Sandro BoticelU, excellent Portrait.

I. 95. Pose, Paysages. — 96. Hiibner,Joh et scs amis. — 99. Lessing, Jean Huss à Constance (tableau trop vanté pt froid, malgré ses qualités incontestables). — 100. Acbenbach, Orage sur la côte de Norvège. — 103. Reihel, Daniel dans la fosse aux lions. — 104. Schtwrr, le Bon Samaritain. — 106. Lessing, F,z7.e\in III en prison. — 109. CaJame, Paysage suisse. — 119. Giovanni Bellini , la Vierge et l’enfant Jésus avec saint Jean et sainte Élisabetli. — 137. Schwind,

danse des Sylphides 138, 439. Funk ,

Paysages. — 435. Gallait, .Abdication de Charles V(abus du rouge). — 437. Ferbo-ckhoven. Etable de moutons. — 433.

Zimermann, Contrée du Tauern en Tyrol.— 431. Morgenstern, Lever de la lune a Venise. — 432. Saal, Paysage norvégien. — 430- Steinle, la Sibylle de Tibur.

IL 110. OeeriecA', le Triomphe de la religion dans les arts, tableau qui a, entra autres défauts, celui de ne pas pouvoir sje passer d’une explication. M. Louis Viardot le juge ainsi : * Il passe pour être le chef-d’œuvre du maître : il est , resté, en quelque sorte, le dernier mot de l’école qu'il a fondée (voir Munich), et qu’ont soutenue, après lui encore, P. Cornélius, P. Veit, J. Schnorr, C. Vogel, H. Hess. 11 représente donc et résume toute cette école ; on y sent partout, avec le travail et le savoir, le culte et la recherche du beau ; mais c’est une composition froide et guindée... dont la touche d’écolier, la peinture molle et fade, terne et morne, allunguit et efface en quelque sorte jusqu'au dessin, qui est sans fermeté, sans relief, sans précision, sous ce triste coloris. .{Musées d'Allemagne).

— 111. Maître de Cologne, du commencement du XV® siècle : les Saintes Femmes pleurant sur le corpsdu Christ, une sainte Véronique, adroite Joseph d’Arimathic. — 131. Maître inconnu , Portrait d’un vieillard. — 134. Hans Grimmer, de Mayence, les deux côtés d’un triptyque. — 139. Roger, de Bruges, une Madone.— 408. Van Eyck, la

I Madone de Tnicqnes. — 409. Pierre

LE MUSÉE STÆDEL.

104 FRANCFORT ET SES ENVIRONS. [Routb 12.

Chriitophsen, Madone, entre suint Jérûme Cg.) et saint François d’Assise (dr.). — 110. Hans Memling, Portrait d’homme. — 11:1. Hans Holhein le jeune.

Portrait d’homme. — 411. T'on Dych, Portrait d’un jeune homme. — 184.

Ciotlfritd Schatken, une Mère et son lits. — 18(i. Holbema, Entrée d'une forêt. — 100. TIVcHi'a:, .\nimau.s morts. —108.

Jean Steen, Un homme qui plaisante avec une jeune tille.— 301. Wynants.

Paj’sage.— 333. Ererdingen, l'aysage. — 39U. Ruysdaél, Paysage. — 332. Molenaer, un Vumeur. —-243. Adrien Ostade, Intérieur d’une chaumière.— 264. Karel Dujardin, Paysage.— 268. Moucheron, Paysage. — JV/icris, La Femme malade. — 43.3. Ruysdaél, Paysage. — • 434. Pose, Paysage.

347 et suivants : Steinle, dix cartons coloriés pour les peintures à fresque de la chapelle du château Rheineck.

357 et suivanu : Schnorr, cartons (Roland furieux).

363 et suivants : Ramhoux, dessins coloriés (la Divine Comédie de Dante).

La salle dite des Fresques est ornée de belles fresques de M. Philippe Veit. — (L’introduction des arts en Allemagne par le Christianisme, entre l’Italie et l'Allemagne). On y voit aussi des plâtres d après l’antique ou le moyen âge, parmi lesquels on remarque les portes. en bronze du baptistère de Florence, de A. Pisano et A. Ohiberti, et le chefd’œuvre de Vischer, àNurembergivoir Nuremberg).

H. li. Outre la galerie des tableaux, l’Institut Slœdel possède des collections de plâtres, de gravures sur cuivre (.30,000), et de dessins.

Une exposition permanente de tableaux modernes (à vendrel a lieu dans une des salles du fond. Les prix sont marqués sur un livre fixé à un pupitre.

..Près de l’Institut .Slædel s'élève 1 hôtel du baron Cari de Rothschild, en face (n“ 43) de celui do l'électeur de Hesse, et (n» 40) de Celui de la comtesse Reichenbach.

Près de la porte d’Eschenheim, la seule qui se soit conservée intacte depuis le moyen âge (xiv' siècle),

— on s'y rend par la rue d'Eschenheim qui s’ouvre au coin de la Zeil, sur la place d'armes — et où l’on trouve, outre l’ancien paiais dti grand-duc vicaire de l’empire, occupé actuellement par la Société drx Bourgeois, (Bürgerveren, voir cidessus), à dr. le Palais Tour et Taxis. bâti en 13.3.3, siège de la diète gerin.aniqup, on peut aller visiter l’Institut de Sjenkenberg, fondé par le médecin francfortois de ce nom (•}• 1772), qui comprend le musée d’histoire naturelle, enrichi par les curiosités que le naturaliste Rüppel a rapportées de ses voyr.

ges en Egypte, en Nubie et eu Abyssinie, un hépit.al, un jardin botanique et un amphithéâtre d’anatomie. Le musée est ouvert a i public le mercredi de 2 h. à 4 h., et le vendredi de 11 à ] h.. Les autres jours on paye 24 kr. d’entrée.

Promenades et excursions.

Francfort est entouré de promenades agréablement variées, qui ont remplacé ses anciennes fortifications, sous le gouvernement du prince primat. Ces promenades. dessinées et plantées par Rinz, partent du Mein(l’0.), Untermainthor, pour aboutir au Mein ( à l’E.), Obermainthor. En les suivant dans ce sens, on y remarque successivement :

A g., en face de VTintermainthor, au bord du Rhin, la Mainlast, jardin restaurant très-fréquenté pendant la belle saison (entrée. 6 kr.

quand on y fait de la musique).

Entre la Mainlust et le pont du chemin de fo»,* est la villa de l’électeur de Hesse. Près du pont du chemin de fer (2 kr. par personne), le Grimiiininnen jaillit sous des tilleuls séculaires;

A g., plus loin, devant les portes St-Galhis et du Taunus, les embarcadères dos chemins de fer de Horn bourg, du Mein-Neckar, du Taunus et du Mein-Weser (bon café, We stendhall);

Plus loin, près de l’étang des poissons dorés, une petite éini-

[Route 12. j BOCKENHEIM.

nencc, plantée de pins et de bouleaux, et ornée d’un monument (buste ressemblant) en l’honneur du fondateur de ces promenades, le sénateur GuioUett, par Launitz;

A dr., la porte de Bockenheim{liacres pour Bockenheim, 6 kr. par ersonne). La chaussée de g., omragée de châtaigniers, conduit à Bockenheim (15 min.); le troisième jardin à dr. est celui de M. Rothschild; il mérite d’étre visité-r-les billots d’entrée qu’on remet au portier (pourboire) se délivrent au comptoir de la rue des Juifs (voir ci-dessus). — Bockenheim est une V. de la Hesse électorale, située sur le chemin de fer de Hambourg (voir R. 13) et très-fréquentée par les Francfortois. Elle

fiossèdc un théâtre d’été etd’oxcelents cafés {Fritz, Hauswald, Jansen). De Bockenheim on va en 20 min. à Hausen (jardins de Braumann } , en 30 min. à Rœdelheim (Hesse-Darmstadt), sur la Xied (château, casino etc.), et en 45min.

au Jægerhæuschen dans le Rebstœcker Wald ;

A dr. la porte d’Eschenheim (voir ci-dessus Institut de Senkenberg).

Le premier chemin, à g., conduit à rAiîée des Soupirs, où se trouvent de bonnes laiteries et d’où l’on peut gagner le cimetière ;

A g., au delà de la porte d’Eschenheim , le Friedhofsu-eg qui conduit,, en 15 min. , au nouveau Cimetière {Friedhof], où l’on remarque entre autres tombeaux ou monuments , celui de la famille netlimann (pourboire, 30 kr.l, avec des bas-reliefs de ïhorwaldscn ; ceux du conseiller Schlosser (ami de Goethe); de la comtesse de Reichenbach, épouse de l’électeur de Hesse (-flSl?); des soldats tués dans l’insurrection de septembre 1848 ; du comte d’Auerswald (tué le 18 septembre 1848); de Sœmmering le n aturaliste (■}• 1830); de Feuerbach le criminaliste (•[• 1833), etc. — AL B. Il faut se faire montrer la Chambre des Morts, créée dans le but de prévenir les inhumations précipitées qui mettent au cercueil la léthargie

•LE CIME'l'IÈRE. 105

rise pour le trépas. C’est un corps e bâtiment dans lequel dix cellules, consacrées aux morts, sont disposées autour d’une petite salle habitée par un veilleur. On laisse le cadavre dans son cercueil, que l’on place sur un châssis de fer.

Au-dessus de l’endroitoùl'on pose le cercueil pendent, attachés à des fils légers, dix dés de cuivre; on fait entrer dans c,es dés les cinq doigts de chaque main du mort; au moindre mouvement qui fait remuer le fil, la sonnette avertit le veilleur qu’un ingénieux mécanisme force de ne pas dormir, sous peine de perdre sa place.

Chaque cellule est chauffée par un poêle et aérée par le haut. Du portail de ce cimetière, on a une belle vue sur la chaîne du Taunus.

— A l’E. se trouve le cimetière actuel des Juifs, avec beau portail et chambre des morts.

dr., la porte Friedberger, où l'on voit le monument des Hessois, et où on laisse à g. la route de Hombourg (voir R. 13). A 10 min.

sur cette route est le jardin Gattinger (musique, vin, bière, cidre);

A dr., V Allerheiligenthor, et, à g., la chaussée qui conduit aux nouveaux Jardins (5 min.), au café Kayser (5 min.), au Schwager'sche Felsenkeller (10 min.), au Rœderherg (belle vue et bon vin); à la Mainkur; à Wilhelmsbad et à Hanau (voir R. 76).

A g., entre l’Allerheiligenthor et l’Obermainthor, le Rechneigraben, étang peuplé de cygnes, près duquel a été inhumé le sénateur Guiollet.

V Obermainthor est situé à l’extrémitédela Belle 'Vue (voir ci-dessus). On peut traverser le Mein en bateau pour 3 kr.

Sur la rive opposée du Mein, on

f>eut aller se promener : — (par ’Affenthor) au Bauers Felsenkeller (15 min.); au Henrichs Felsenkeller (15 min.), belles vues; à Oberrad (30 min.), et à Offenhach (voir cidessous); — (par le Schaumainthor) :

à la. Mainschanze, jardin-restaurant (belle vue);' au Sandhof (30 min.),

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