HISTOIRE
nées, et s’étenditde l’Elbe au Rhin, et des Alpes à l’Océan. Elle eut pour résultat la conversion de plus de 100,000 païens. Aussi, tandis que Charlemagne, toujours favorable à cette ville, près de laquelle il se plaisait à résider (voir R. 18, Ingelneim), relevait le pont du Rhin, construit par Drusus et détruit par les Barbares, saint Boniface jetait par sa piété, par son zèle apostolique, par ses vertus, les bases de cette puissance qui devait faire de ses successeurs non-seulement les plus hauts dignitaires spirituels de l’Eglise, mais les chefs des princes temporels de l’Empire. En effet, devenus princes sous Hatto , puis électeurs sous Willigis et archichanceliers de (îermanie, les archevêques de Mayence tinrent le premier rang parmi les électeurs.
Lors des interrègnes, ils étaient de droit vicaires de l’empire. Leur royaume temporel, dont la superficie était de 146 milles carrés, la population do 400,000 hab., le revenu do plus d’un million et demi de florins, car c’étaient de véritables souverains, comprenait un grand nombre de villes avec leur territoire, qui appartiennent aujourd’hui k la Bavière, à la Hesse, à la Prusse et au Nassau. Quant à leur autorité spirituelle, elle s’étendit un moment sur presque foute l’Allemagne.
Deux grands faits . dont l’un eut une importance plus qu’européenne, dominent l’histoire de Mayence au moyen âge. En 1247, Arnold de Walboten y fonda la ligue du Rhin; en 1440, Guttemberg y inventa l’imprimerie, La ligue du Rhin eut pour résultat de délivrerlecommercedes exactions de l'aristocratie féodale, en détruisant ou en faisant détruire par l’empereur Rodolphe de Habsburg, tous ces châteaux forts où les nobles avaient jusqu’alors exercé impunément la profession de voleurs de grand chemin. Il serait lus qu’inutile d’énumérer ici les ieqfaits de l’imprimerie (voir ci-
120 DE EUnWiaSHAFEN A MAYENCE. [Route 15.J
dessous In dcscrijilion de la statue de (iutt(Muberg).
Ce fut au xivc siècle que Mayence atteignit à l’apogée de sa j prospérité et de sa gloire ; car, | depuis la Kéforine, elle a été soumise à de bien dures vicissitudes.
Prise et incendiée, en 1552, par Albert, le margrave de Brandebourg, puis, en 1631, par Gustave- Adoljilie, qui en lit le centre de ses opérations, en 1635, par les Inipériatix, en 1644, par tes Français, elle avait été rebâtie, embellie , agrandie par l’électeur .Tean-Philippe le Sage, qui construisit un pont de bateaux sur le Rhin ; mais, en 1688, elle fut prise de nouveau par les Français, qui y commirent d’abominables exces, et qui, l’année suivante, durent l’abandonner aux Impériaux. L’é- " lecteur Lothaire-François et ses successeurs avaient fait disparaître, autant qu’ils l'avaient pu, les traces de la guerre, lorsque la Révolution française éclata.
Mayence eut alors à subir une série de sièges plus désastreux l’un que l’autre. Elle fut prise en 1792 par Custine, assiégée et bombardée en 1793 par les Prussiens eqles Autrichiens, qui forcèrent son héroïque garnison à capituler.
K Un chat valait six francs, dit M.Thiers, la chair de cheval mort quarante-cinq sous la livre. Los ofliciers ne se traitaient pas mieux que les soldats, et Aubert-Dubay et, invitant à dîner son état-major, lui fît servir, comme régal, un chat flanqué de douze souris. Les soldats mangeaient des rats, et allaient sur les bords du Rhin pécher les chevaux morts que 1e fleuve entraînait... Ce qu'il y avait de
i)lus douloureux pour cette malleureuse garnison, c’était la privation absoluede toutesnouvelles.
Les communications étaient si bien interceptées, que depuis trois mois elle ignorait absolument ce I qui se passait en France... Les | Prussiens , qui avaient pratiqué j toute espèce de ruses, avaient fait j imprimer à Francfort de faux Mo- '
nileurs, portant que Dumouriez avait renverst'- la Convention, et que Louis XVII régnait avec une régence. Les Prussiens, placés aux 'avant-postes, transmettaient ces fau.x Moniteurs aux soldats de la garnison, et chaque fois cette lecture répandait les plus grandes inquiétudes... Alors les représentants et Ifs gi'néruux enfermé.s dans Mayence, pensant qu’il ne fallait pas pousser les choses au pire, que si on attendait huit jours de plus, on pourrait manquer de tout et être obligé de rendre la garnison prisonnière ; qu’au contraire, en capitulant, on obtiendrait la libre sortie avec les honneurs de la guerre, et que l’on conserverait vingt mille hommes, devenus les plus braves soldats du monde sous Kléber et Dubayet, décidèrent qu’il fallait remettre la place. Le roi de Prusse fut facile sur les conditions ; il accorda la sortie avec armes et bagages, et n’imposa qu’une condition, c’est que la garnison ne servirait pas d’une année contre les coalisés.
Mais il restait assez d’ennemis à l’intérieur pour utiliser ces admirables soldats, nommés depuis les Mayençais. Ils étaient tellement attachés à leur poste, qu’ils ne voulaient pas obéir à leurs généraux lorsqu’il fallut sortir de la place.
Cependant, ils cédèrent, et tandis que la garnison défilait, le roi de Prusse, plein d'admiration pour sa valeur, appelait par leur nom les principaux officiers qui s’étaient distingués pendant le siège, et les complimentait avec une courtoisie chevaleresque. L’évacuation eut lieu le 25 juillet. »
En 1794 et 1795, Mayence résista plus heureusement à un second siège, mais, à la conclusion de la paix (1797), elle fut cédée à la Franco, et resta jusqu’en 1814 le chef-lieu du département du Mont- Tonnerre. Le congrès de Vienne l'a donnée à la Hesse-Darmstadt, qui la possède encore aujourd’hui ; toutefois elle est aussi une des principales forteresses de la Con-
[Route 15.] MAYENCE.— LE CHATEAU.— LE MUSÉE. 121
fédération germanique, qui y entretient en temps de paix une garnison de 8,000 hommes, moitié Autrichiens, moitié Prussiens, et qui augmente constamment ses fortifications. Le commandant est nommé alternativement pour cinq ans par la Prusse et par rAutriche.
Le 18 novembre 1857, le magasin à poudre, situé près du Gauthor fît expiosion et détruisit une partie de la ville supérieure: 57 maisons furent entièrement démolies, plus de 00 gravement endommagées. Une cinquantaine de personnes y perdirent la vie.
Edifices publics.— Collections.
Rien déplus triste, de plus malpropre que les quais des villes du Rhin. D’affreuses murailles, espèce de fortification parfaitement inutile, et des constructions grossières séparent le quai proprement dit des maisons qui devraient le former, et qu’elles privent d’air, de lumière et de vue. A cet égard, Mayence n’est pas mieux partagée que Coblenz et Cologne. Cette absurde disposition fait du quai une rue, la rue du Rhin {Rhein Strassc)^ la rue des principaux hôtels. Lé chemin de fer de Ludwigshafen vient aboutir à son extrémité inférieure. En la descendant, au contraire, après avoir dépassé le pont du Rhin, on laisse à g. 1 arsenal {/.exighaus], puis le Deutsche Haus , ancienne maison de Tordre Teutonique, palais du grand-duc actuel, en face duquel s’élève l’ancien Château électoral.
Bdti dans la seconde moitié du XVII' siècle, en grès rouge, ce château fut jusqu’en 1792 la résidence des électeurs; plus tard il servit de magasin à fourrage, puis d’entrepôt. La salle du trône a été restaurée. Enfin, on y a réuni la bibliothèque, la galerie de tableaux , les collections d’anliqiiités, de monnaies , d’histoire naturelle. Ces collections sont publiqitcs le mercredi de 2 à 5 h., et le dimanche, de 9 h. à midi!
Mais les autres jours, on peut les
visiter à toute heure moyennant l’achat {côté sud du bâtiment) d’une carte d’entrée qui coûte 12 kr.
La Bibliothèque possède de 90 à 100, UUO vol., de précieux incunables— le Psautier de 1457, le CathoUcon de IftiO, la Bible de 1462 — et un grand nombre de manuscrits des x«, xie et xii' siècles.
La collection d’ antiquités contient un grand nombre d’autels romains, de pierres votives et d’inscriptions trouvés dans la ville et dans les environs. On y voit aussi le modèle lie la statue de Guttemberg, par Thorwaldsen, des bas-reliefs de l'ancien Kaufhaus, détruit en 1805, des chapitaux du palais de Charlemagne à Ingelheim, et un modèle du pont de pierre que Napoléon s’était proposé de faire jeter sur le Rhin. — Le cabinet des monnaies compte environ 2,500 monnaies romaines, 1,800 monnaies mayençaises depuis le temps de Charlemagne jusqu’à la suppression de l’Electorat, et 1,500 autres monnaies ou médailles.— Le cabinet d’histoire naturelle n’a rien de fort intéressant pour un étranger, — Enfin la galerie des tableaux se compose d’envirçn 270 tableaux anciens ou modernes, et d’un certain nombre d aquarelles-gouaches ou lavis, dessins, vitraux, plâtres. Parmi ces tableaux , pour la plupart assez médiocres, on cite principalement :
1. Jordsns^ (Christ et les docteurs). — 2. Le Christ miséricordieux. A'Otto T®nius — ‘1. Titien. Amour filial. — .l. Giordano- Adoration —6. Adam et Ève. pur Albert Durer.— 7. Pierre, Étienne, Érasme et Paulus, de Théophilus Presbgter.
— 10. .Abraham de Moria, de Ferdinand
Bol.— 1 l.Dieti. mort de Puppenheim
IC. U’e/fer, enfant mourant. — 29. .Saint Jérôme en habit de cardinal, œuvre capitale de I.ucas Cranach. ( Le catalogue l’attribue à J. Van Eyk).— 11-44.
Claude iMvrain, paysages. — 47. Saint •Antoine, ermite, de J.-B. Vanloo.— 50.
122 DK LUDWIOSHAFKN A MAYEXCE. [Route 15.]
Tintortt, .Tésiis-Christ et Madeleine. — 51 à 59. Les Neuf Béatitudes de la VierKC , par M. Oriinewald , peintes trente ans avant sa mort, pour l’eleeteur Adolphe 11 de Nassau. — 57. Guida, Europe et Jupiter. — 04. Saint Sebastien,
de Louis Carrache 71. Saint François
d' Assise, de l’ecole italienne. — 73. Bacchanale, du Titien. — 77. Champagne, fondation de la Chartreuse. — 83-91.
Wolgemuth, Hist. de la Passion. — 93.
Saint François-Xavier, par Guerchin.
— 94. Sainte Apolline, par le Daminiquin — 96. Rubens. Samuel sacrant David. — 97. Un Petit Voleur d’oies, par Murillo. — 98. La Femme et les Oiseaux de Rubens et F- Snyders. — 103 Une Madone, de Lionel Spada. — 108, 109 et 110. Trois devants d'autel, de Gaudenzio Ferrari. — 116. Une Madone, de Lorenzo di Credi. — 118. Elisabeth et Marie, de Sshidone. — 137. Un Martyre, d'André Visa. — 163. Heuss, Tborwaldsen. — 180. Portrait de la princesse de Talmouth, par Charles Natoire. — 185. Holbein, jeune femme.
— 187. Jeune Florentin , de Simon Memmi.
N. R. Il a été publié cher. M. Johann Wirth un Catalogue du Musée de Mayence, formant 63 pages ( en allemand). On pourra aussi voir l’horloge astronomique de M. Alexis, et le modèle du pont du Rhin projeté par Napoléon l'r.
Au delà de la place de la Parade, sur laquelle se trouve l’E- 5lt.se Saint-Pierre, s’ouvre la Grosse Bleiche, la plus longue rue de Mayence, qui conduit h la Thierraarkt-Strasse (voir ci-dessous), et au Miinsterthor. A dr. , en remontant cette rue, on trouve le Commandanlur-Palast, palais du. commandant, l’ancienne bibliothèque. Sur une petite place s'élève le Neurbrunnen, construit au commencement de ce siècle.
Le Dom, ou la cathédrale, est de tous les édifices de Mayence celui qui, après l’exploration du quai et du pont, reçoit le premier la visite des étrangers. La rue qui
s'ouvre dans la Rhein-Strasse, en face du Fischthor, y conduit. Commencée en 978 par l'archevêque Willigis, incendiée six fois, toujours rebâtie sur un plan plus beau, reconstruite aux xiii», xive et xva siècles, incendiée pondant le siège de 1793, transformée plus tard en magasin à fourrage, rendue au culte en 1804, redevenue pendant les événements de 1813, 1811 et 1815, une "caserne, un abattoir, un grenier à sel et à foin, elle a été enfin restaurée, telle qu'on la voit aujourd’hui, aux frais du gouvernement, par l’architecte Moller, de Darmstadt.
Elle a actuellement 119 mèt. de long et près de, 50 mèt. de large.
Comme les cathédrales de Worms et de Trêves, le Dom de Mayence n’a pas de façade, et se termine à ses deux extrémités, par deux chœurs. « Ce sont dit M. V. Hugo, deux absides romanes, ayant chacune son transsept, qui se regardent et que réunit une grande nef. On dirait deux églises soudées l’une à l’autre par leur façade. Les deux croix se touchent etse mêlent parle pied ..
Elles sont de deux époques différentes, et quoique presque identiques au dessin géometral, aux dimensions près, présentent comme édifices un contraste complet et frappant. La première, et la moins grande, date du x' siècle, la seconde , commencée peu de temps après la première, a été incendiée en 1190, et depuis lors chaque siècle y a mis sa ierre... On dirait la sévère tiare e Grégoire VII, regardant la tiare splendide de Boniface VIII...
Tout ce vénérable ensemble est badigeonné en rose, tout, du haut en bas , les deux absides , la grande nef et les six clochers.
La chose est faite avec recherche et goût. On a décerné le roso pâle au clocher byzantin, et le rose vif au clocher Pompadour. »
Outre cet ensemble, on remarque encore, à l’extérieur de la cathédrale de Mayence, les portes
[Roüte 15.] MAYKNCE.— LA CATHÉDRALE. 123
de bronze, qui s’ouvrent sur la place du Marché (Speise Markt), du côté X. de l'édifice. Ces portes datentdu x'siècle. Elles ont appartenu à l’égli.se, aujourd’hui démolie, de Notre-Dame. En 11.35, l'évôque Adalbert 1«' fit graver en caractères romains, sur les battants d’en haut, les privilèges qu’il accordait a la ville, en reconnaissance du dévouement que lui avaient témoigné ses citoyens, lorsque l’empereur Henri V le tenait prisonnier au chdteau de Trifels (voir R. 22). Ils avaient en effet obtenu sa mise en liberté en s'emparant de la personne de l’Empereur qu’ils gardi-rent comme otage jusqu’à ce que leur souverain leur eût été rendu.
« Si l’intérieur de Mavence rappelle les villes flamandes, ajoute l’auteur du Rhin, l’intérieur de sa cathédrale * rappelle les églises belges. La nef, les chapelles, les deux transsepts et les deux absides, sont sans vitraux, sans mystère, badigeonnés on blanc du pavé à la voôte, mais somptueusement meublés. De toutes parts surgissent à l'œil les fresques, les tableaux, les boiseries, les colonnes torses et dorées; mais les vrais joyaux de cet immense édifice, ce sont les tombeaux des archevêques - électeurs. L’église en est pavée, les autels en sont faits, les piliers en sont étayés, les murs en sont couverts ; ce sont de magnifiques lames do marbre et de pierre, plus précieuses quelquefois par le travail que les lames d’or du temple de .Salomon, .l'ai constaté, tant dans l'église que dans la salle capitulaire et le cloître, un tombeau du viii' siècle. deux du xiii', six du XIV*, six du XV*, onze du xvi*.
huit du xviio et neuf du xviii* ; en
' Le Dom e<l ouvert ju.qrr'à ]0 li. du malin, et dan» l'aprés-midi de S i 4 h. Ani autre» Iienre», il faut s’adreaser an »ni»se, qui e»l Inujours |irlU d'aillenre, movennanl un pourboire de 18 à Ï4 kr., à réciter t’eiplication de tou» le» inonunients.
tout, quarante -trois sépulcres.
Dans ce nombre, je ne compte ni les tombeaux-autels, difficiles à aborder et à explorer, ni les tombeaux-pavés, sombre et confuse mosaïque de la mort, de jour en jour plus effacée sous les pieds de ceux qui vont et qui viennent.
J’omets également les quatre ou cinq tombeaux insignifiants du xtx* siècle. Toutes ces tombes, cinq exceptées, sont des sépultures d’archevêques. Sur ces trente-huit cénotaphes, dispersés sans ordre chronologique et comme au hasard sous une forêt de colonnes byzantines à chapiteaux énigmatiques, l’art de six siècles se développe, végète et ' croise inextricablement ses rameaux, d’où tombent, comme un double fruit, l’histoire de la pen- ! sée en môme temps que l’histoire i des faits... Toutes les fantaisies I d’époque, d’artiste et de mourant ' se mêlent à toutes les épitaphes. .
! Les armoiries , les manteaux I héraldiques, la mitre, la cou- 1 ronne, le chapeau électoral, le I chapeau cardinal, les sceptres, i les épées, les crosses, abondent,
I s’entassent et s’amoncellent sur I ces monuments, et s’efforcent de i recomposer devant l'œil du pas- I sant cette grande et formidable I figure qui présidait les neuf électeurs de l’empire d’Allemagne, et qu’on appelait l'archevêque de .Mayence. »
Il serait inutile d’énumérer ici t >us ces monuments. Los plus curieux au point de vue de l’ait ont été exécutés à la fin du xvc siècle ou au commencent du xvie. Ce sont ceux du prince Albert do •Saxe (1484), du chanoine Rcrnard de Rreidenbach (1407), d’Albert do Brandebourg (1.515), de l'archevêque Berthold de Henneberg (1504), de l’archevêque Jacob de i.iebenstein (1508) etc. ^lais trois tombes attirent à d’autres titres l'attention des étrangers, celles de saint Boniface, de Fastrada et de Frauenlob. Le monument élevé à saint Boniface (voir ci-des-
Ii4 dp; LUDWIGSHAFKN a MAYENCE. IUoutk 15.J
sus) date de 1357 ; il est en grès rouge, dans le côté g. de la uef.
I.e tombeau de Fastrada date du viii' siècle. C’est une simule lame de marbre blanc aujourd'hui enchàssi'e dans un mur, et dont l’épitaphe est écrite en lettres romaines avec les abréviations byzantines. <t F aslradana pia Caroli cenjux vocitata, Christo diterta jacet koc sub marmore tecta. Anna septingentesimo nonagesimo quarto. »
Fastrada fut la troisième ou la quatrième femme de Charlemagne.
Elle mourut à Francfort en 719.
Son époux lui fit élever un superbe mausolée dans l'église de Saint-Alban, détruite par le margrave Albert do Brandebourg, l.a pierre de son tombeau a été transportée dans la cathédrale. Quant a Frauenlob (louange des femmes), c’était un chanoine de la cathédrale, nommé Henri de Meissen, qui vécut dans les dernières années du xiiie siècle et les uremièresannées du xiv'siècle. Il fut un des premiers Minnesængers, et il chanta surtout la Vierge et les femmes, comme le rappelle l’inscriptiondeson tombeau. Quand il mourut, en 1.317, les femmes de Mayence, oui l’avaient raillé et insulté pendant sa vie, voulurent orter son cercueil, et firent des liations de vin sur sa tombe, qu’elles baignèrenj de leurs larmes. Ces femmes et ce cercueil chargé de fleurs et de couronnes sont ciselés dans la lame, un peu plus bas que la tète (rétablie en 1783 telle qu’elle existait avant sa destruction par des ouvriers négligents). En 1843, les dames de Mayence se sont cotisées pour faire élever un monument à Frauenlob par le sculpteur Schvvanthaler.
Ce monument est placé à côté de la porte qui conduit ii l'ancienne bibliothèque de la cathédrale.
On remarque encore dans l’intérieur de la cathédrale de Mayence:
les escaliers byzantins de la vieille abside de 978, et sa magnifique urne baptismale en bronze du xive siècle, « coiffée sous l'Empire,
époque de goilt, d’une espèce do casserole:» la chaire, récemment restaurée ; les vitraux de la fenêtre du milieu (dans le chœur) par Helmle (1831); et dans la grande abside, « une grosse boiserie de chœur eu chêne noir où le style tourmenté et furieux du xviiic siècle se déploie et s’insurge contre la ligne droite avec tant de violence, qu’il atteint presque la beauté. »
l.a salle capitulaire qui avoisine le chœur, sombre et superbe halle romane appelée Mémorie, conduit dans les cloitrei du xiv* siècle qui avaient cruellement souffert en 1793, à l’époque du bombardement, mais qui ont été récemment restaurés.
On jouit d’une belle vue sur la ville et ses environs au haut de la tour qui a 94 raèt. d’élévation.
N.-B. S’adresser au sacristain qui a la clef (de 12 à 24 kr. de pourboire selon le nombre de personnes). Maisla vue est plus étendue et plus belle du haut de la tour de Saint-Étienne, église située près du Gauthor, dans la partie la plus élevée de la ville, odtie en 1317, et contenant quelques vieilles eintures sur fond d’or et de nomreux monuments. Elle a beaucoup souffert de l’explosion de la poudrière en 1857.
I.es autres églises de Mavence, Saint-Ignace, Saint-Pierre, ifes Augustins et Saint-Emmeran, ne méritent pas une visite.
haplace du AfarcAéfSpeise Markt) qui entoure deux côtés de la c.itnédrale, est ornée d’une jolie fontaine de la renaissance allemande, bâtie par Albert de Brandebourg (1540), en souvenir des victoires de Charles V et delà captivité de François I".
Tout auprès de la place du Marché est la place de Guttemlierg,
autrefois la place du Th àtre, sur laquelle on a érigé, en 1837, une statue en bronze de Guttemberg, fondue à Paris par Crozatier, d’après le modèle de Thorwaldsen.
Le piédestal de cette statue est en
[Route 15.] STATUE DE GUÏTEMBERG.— TOURBE DRUSUS. 125
marbre de Lahn ; les quatre faees sont ornées de bas-reliefs en bronze. Sur la face antérieure on lit :
Johannem Geiisfleisch de Gutenberg, Patricium Moguntinum,
Ære per totam Europam collato Posuerunt cires.
Mnrcciïxvii.
A Jean Gensfleisch de Gutenberg, patricien de Mayence, les citoyens de cette ville, aidés des contributions de toute l'Europe, ont érigé cette statue. 1837.
Sur la face postérieure :
Ârtem, quœ Græcos latuit, latuiique Latinos,
Germani solcrs extudit ingeniiim.
Nunc, quidquid veteres supiunt sapiuntque récentes.
Non sibi, sed popuiis omnibus id sapiunt.
b’art qui resta inconnu aux Grecs ej aux Latins, le génie inventif d'un Germain ' sut le découvrir. Maintenant tout ce que savent les anciens, tous ce que savent les modernes, ils ne le savent plus seulement pour eux, ils le savent pour toutes les nations.'
Guttemberg ou Gutenberg, naquit il .viayeiice, tlu 13113 it l-lOO, d’une famille noble nommée Sulgclocb zum Gutenberg. On voit encore au.\ angles des rues Pfandliausgasse et Emmerangasse, la maison où il reçut le jour. Vers 1421 il alla s’établir à Strasbourg où il fit ses premiers essais typographiques avec des caractères mobiles en bois. Revenu à Mayence vers l’année 1443, il s'y associa avec Eust et tschœirer, et il imprima dans la maison Hof zum Jungen, désignée à l’attention des passants par une inscription, la hiblialatina dite aux quarante-deux lignes. Plus tard ses associés transportèrent leur imprimerie rue dos Cordonniers, dans la maison dite zum Heimhrecht ou HeinerJwf, et qu’on nomme aujourd’hui la maison des Trois Rois { Urei - Kœnigsbof ). Guttemberg
habita la maison oecupée actuellement par le Casino. Il n’a mis son nom, on ne sait pourquoi, à aucun des livres qu’il imprima. Aussi, ne peut-on déterminer avec éertitude les ouvrages sortis de ses presses.
La statue de Guttemberg fait face au nouveau Théâtre, bâti en 1838, par l’architecte Moller, d’après le modèle d’un théâtre antique , et dont l’aile orientale renferme le bazar à prix fixe appelé Industrie-Halle. Les meubles et les objets en peau des fabriques majençaises jouissent d’une réputation méritée. A peu de distance du théâtre, s’élève la Fruchthalle, construite en 1839par Geier. Celte vaste salle a 52 mèt. de long, 37 mèt. de 'large, et près de 19 mèt. de haut. On peut, îi volonté, la convertir en une salle de bal, de concert, d’exposition, etc.
Derrière la Fruchtnalle est le Gymnase.
La ruel.ouis, qui s’ouvre sur la place de Guttemberg, conduit au Thiermarlit, carré long, planté de tilleuls, et bordé au 8. par l'Hôtel du Gouvernement ou de la Régence (l'ancienne préfecture), et h l’O. par la caserne d’artillerie prussienne, la caserne d’infanterie prussienne et le Casino militaire prussien. La Colonne de la Fontaine doit avoir fait partie du -Palais de Charlemagne. à Ingclheim. A dr., a l'extrémité de la Grosse Bleiche Cvoir ci-dessus), se trouve (è dr.) lepalais du Gouvernement (Regievungs P.allast, l’ancien palais du comte d’Ostein.
Les amateurs d’antiquités peuvent visiter encore à Mayence la Tour de Orusus, appelée aussi Adlersiein, ou la pierre de l'Aigle, et Eichelstein, la pierre du Gland.
Ce monument , de construction romaine, a été considéré par certains savants, comme le tombeau de Drusus, le gendre d’Auguste et le fondateur de Mayence, qui mourut dans ce fort des suites d'une chute de cheval. Il se trouve actuellement dans la citadelle, aux
126 DE LUDWIGSHAFEN A SPIRE. [Route 16.]
quatre bastions nommés Germanictix, Drums, Tacituis et Alarm. Il suffit, pour le voir, tle s’adresser au corps de parde de la j)orte de la citadelle. Un soldat y conduit les étrangers (12 kr.de pourboire).
Les bomiftes et le temps en ont singulièrement modifié l'extérieur, sa base est aujourd'hui plus étroite que sa partie supérieure. Il a 14 mèt. de haut. On peut monter au sommet, d’où l’on découvre un joli point de vue.
Les jiromenades des environs de Mayence ne sont pas nombreuses.
Le pont du Rhin offre des points de vue agréables. Mais on va surtout, dans les beaux jours d’été, respirer l'air frais dans les Neuen Anlagen (les nouvelles plantations) qui s’étendent, eh face de l’embouchure du Mein, au-dessus de la ville : il faut sortir par le Neu- | thor, pour s’y rendre. Le vendredi de r> a 7 h. du soir, la garnison de la ville T fait une excellente musitjue. il y a un café à chaque extrémité de ce joli jardin, établi sur le terrain qu’occupait jadis ce chéUeau des électeurs, appelé la Favorite, où, en 1792, fut rédigé !
le manifeste du duc de Brunswick à la nation française.
Le cimetière, devant la porte de Munster, est joliment situé. Entre autres monuments intéressants, l’on distingue celui des vétérans de l’armée napoléonienne ; un autre a été érigé en souvenir des j soldats tombés dans l'insurrection du 21 mai 1848.
Les villages les plus voisins de la ville sont aussi très-fréquentés par les habitants, les dimanches et jours de fêle. Le plus agréable à visiter, à cause des points de vue qu’offrent les hauteurs qui le dominent, est celui de IFeiMenau (1 h.) sur la route de Worms (voir ci-dessus). Dans une direction opposée, Vallée du Rhin conduit aux moulins de Ilarden et à Mombach (1 h. env.). En allant à Zahlbach (20 min. par le Gauthor), on peut voir les restes d’un aqueduc romain, qui portait à Moguntiacum |
I les eaux d’une fontaine, située au- ! dessus du v. de Fintheim (Fon- ' tanæ). Quant k la pet. V. de Castel I (voir K. 4), située sur la rive du Rhin, en face de -Mayence, elle I n’offre rien de curieux que ses j fortifications et ses casernes, à l’épreuve de la bombe, bâties en I î8.‘Î2 par les ingénieurs autrichiens : Cura Confederationis.
I De Mayence à Aliey, R. 23; — à I Bingen, R. 18; — a Coblenz, R. 17 ou 18;
I — à Creiiznach, R. 2; — à Darmstadt, R. 11 ; — à Francfort , R. 14; — à Kai-
! serslautem, R. 23; — à Paris, R. 2;
j à Wiesbade, R 19.
I DE LCDWIt;SH.\FEN (MANNHEIM )